Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2606303

jeudi 1 octobre 2026

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2606303
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation7éme chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance n° 2600062 du 23 avril 2026, enregistrée le même jour au greffe de ce tribunal, le président du tribunal administratif de Saint-Martin a transmis au tribunal, en application de l’article R. 351-3 du code de justice administrative, la requête présentée par M. A... B....

Par cette requête, enregistrée le 7 avril 2026, M. B... demande au tribunal :

1°) d’annuler l’arrêté du 8 mars 2026 par lequel le préfet de Seine-et-Marne lui a fait obligation de quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays de destination en cas d’exécution d’office de cette obligation, et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d’une durée d’un an ;

2°) d’enjoindre au préfet de Seine-et-Marne de réexaminer sa situation.

Il soutient que :

- le préfet de Seine-et-Marne a commis une erreur d’appréciation au regard des stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il a commis une erreur manifeste dans l’appréciation des conséquences de ses décisions sur sa situation personnelle.

Par un mémoire en défense, enregistré le 30 juin 2026, le préfet de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. B... ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 3 juillet 2026, la clôture d'instruction a été fixée au 20 juillet 2026.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience, en application des dispositions de l’article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Le rapport de Mme Benoit, première conseillère, a été entendu au cours de l’audience publique.


Considérant ce qui suit :

1. M. A... B..., ressortissant algérien né le 13 mai 1998, a déclaré être entré en France en 2021. Il a été interpellé par les services de police le 7 mars 2026. Par un arrêté du 8 mars 2026, dont l’intéressé demande l’annulation, le préfet de Seine-et-Marne lui a fait obligation de quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays de destination en cas d’exécution d’office de cette obligation, et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d’une durée d’un an.


Sur les conclusions à fin d’annulation :

2. Lors de son audition par les services de police le 8 mars 2026, M. B... a déclaré être sans emploi et sans ressources. Il a ajouté qu’il était célibataire et sans enfant à charge. Le requérant ne produit aucun élément relatif à des liens qu’il aurait noués en France, ou aux conditions de son insertion dans la société française. Il ne ressort pas des pièces du dossier qu’il serait dépourvu d’attaches familiales dans son pays d’origine, où il a vécu au moins jusqu’à l’âge de vingt-deux ans. Dès lors, eu égard aux circonstances propres à la vie familiale du requérant, et compte-tenu des conditions de son séjour en France, l’arrêté attaqué n’a pas porté au droit de l’intéressé au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris. Il n’est ainsi pas entaché d’erreur d’appréciation au regard des stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Ce moyen doit être écarté.

3. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 2, le moyen tiré d’une erreur manifeste dans l’appréciation par le préfet de Seine-et-Marne des conséquences de ses décisions sur la situation personnelle de M. B... doit être écarté.

4. Il résulte de tout ce qui précède que M. B... n’est pas fondé à demander l’annulation de l’arrêté du préfet de Seine-et-Marne du 8 mars 2026.

Sur les conclusions à fin d’injonction :

5. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d’annulation, n’appelle aucune mesure d’exécution. Les conclusions à fin d’injonction présentées par M. B... doivent, dès lors, être rejetées.


D E C I D E :


Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A... B... et au préfet de Seine-et-Marne.


Délibéré après l'audience du 24 septembre 2026, à laquelle siégeaient :

M. Mauny, président,
Mme Benoit, première conseillère,
M. Lutz, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er octobre 2026.



La rapporteure,


Signé


C. Benoit




Le président,


Signé


O. Mauny

La greffière,


Signé


A. Attia


La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution du présent jugement.