Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2612727
jeudi 1 octobre 2026
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2612727 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 septembre 2026, M. A... B... demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d’ordonner la suspension de l’exécution de la décision du 24 août 2026 par laquelle la commission de discipline du baccalauréat de l’académie de Versailles a prononcé à son encontre une interdiction de subir tout examen conduisant à l’obtention du baccalauréat et tout diplôme délivré par un établissement public dispensant des formations post-baccalauréat pendant un an, assortie du sursis en intégralité et la nullité du groupe d’épreuves terminales, jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur la requête ;
2°) d’enjoindre au service interacadémique des examens et des concours et au jury de réexaminer provisoirement sa situation en rétablissant ses notes ou en organisant une mesure de contrôle/rattrapage adaptée.
Il fait valoir :
- la condition d’urgence est remplie ;
- il existe plusieurs moyens de nature à créer un doute quant à la légalité de la décision attaquée :
. la matérialité des faits et de la fraude n’est pas établie ;
. l’administration ne prouve pas la fraude et a inversé la charge de la preuve ;
. le prononcé de la nullité de l’ensemble des épreuves n’est ni justifié ni motivé et est disproportionné ;
. le prononcé de la nullité de cinq épreuves au regard du seul doute sur l’épreuve de français est disproportionné ;
. il n’est pas établi que le président de la commission de discipline ait été régulièrement nommé ni que le quorum était atteint et qu’il n’existait pas d’incompatibilité des membres qui siégeaient.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 22 septembre 2026 sous le n° 2612726 par laquelle M. B... demande l’annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l’éducation ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Feral, premier vice-président, pour statuer sur les demandes de référés.
Considérant ce qui suit :
1. Par la présente requête, M. B... demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, d’ordonner la suspension de l’exécution de la décision du 24 août 2026 par laquelle la commission de discipline du baccalauréat de l’académie de Versailles a prononcé à son encontre une interdiction de subir tout examen conduisant à l’obtention du baccalauréat et tout diplôme délivré par un établissement public dispensant des formations post-baccalauréat pendant un an, assortie du sursis en intégralité et la nullité du groupe d’épreuves terminales, jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur la requête.
2. Aux termes du premier alinéa de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ». L’article L. 522-3 du même code dispose : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ». En vertu de ces dernières dispositions, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête, sans instruction ni audience, notamment lorsqu’elle est dénuée d’urgence, ou qu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci est mal fondée.
3. En l’espèce, pour justifier de l’urgence à suspendre l’exécution de la décision en litige, M. B... fait valoir que cette décision a des effets immédiats et graves. Toutefois, il résulte de l’instruction que le relevé de notes du requérant indique « Refusé avec CFEPS ». Ainsi, s’il n’a pas obtenu son baccalauréat, il est néanmoins titulaire du certificat de fin d’études professionnelles secondaires (CFEPS) qui atteste de son niveau d’études et lui permet de poursuivre certaines formations. La décision en litige n’y faisant pas obstacle. En outre, le requérant ne démontre pas qu’il aurait été préalablement accepté dans une formation post-bac à laquelle il ne pourrait désormais plus accéder du fait de la décision attaquée. M. B... ne fournit d’ailleurs aucun élément concret sur le parcours qu’il comptait suivre après son baccalauréat et ne démontre ainsi pas que la décision en litige ferait désormais obstacle à la poursuite de ce parcours. Si M. B... fait également état de la nécessité d’organiser une année aménagée, de l’incertitude sur les unités à suivre, de la préparation d’un nouveau GEVA-sco et de la modification des modalités de composition pour éviter de nouvelles suspicions liées à l’usage d’un ordinateur, ces éléments ne sont pas de nature à caractériser une situation d’urgence. Par suite, la condition d’urgence exigée par les dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut être regardée comme remplie.
4. En tout état de cause, les moyens tirés de l’absence de matérialité des faits reprochés à M. B... et d’absence de démonstration par l’administration de la fraude ne sont pas de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision. La copie de français de M. B... fait en effet apparaitre un tel écart de maîtrise de la langue et du sujet traité entre sa partie I et sa partie II qu’il ne peut être sérieusement soutenu que la fraude par recours à une intelligence artificielle pendant l’épreuve n’est pas établie. Les réponses apportées dans la partie I sont succinctes, empreintes de fautes de syntaxe et d’orthographe grossières et le lexique employé très limité alors que dans la partie II, le style, l’orthographe et les références littéraires et philosophiques mobilisées démontrent une maîtrise plus que parfaite de la langue française et des connaissances allant bien au-delà de ce qu’il est normalement attendu même des meilleurs candidats à une telle épreuve. Les justifications apportées par le requérant pour expliquer cette différence entre les deux parties de sa copie sont, à cet égard, peu convaincantes. Les autres moyens, invoqués tirés de ce que le prononcé de la nullité de l’ensemble des épreuves n’est ni justifié ni motivé et est disproportionné et de ce que le prononcé de la nullité de cinq épreuves au regard du seul doute sur l’épreuve de français est disproportionné ne sont pas davantage de nature à créer un doute sérieux quant à légalité de la décision.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B... doit être rejetée en toutes ses conclusions sur le fondement des dispositions précitées de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....
Fait à Versailles, le 1er octobre 2026.
Le juge des référés,
R. Feral
La République mande et ordonne au ministre de l’éducation nationale en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Par une requête enregistrée le 22 septembre 2026, M. A... B... demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d’ordonner la suspension de l’exécution de la décision du 24 août 2026 par laquelle la commission de discipline du baccalauréat de l’académie de Versailles a prononcé à son encontre une interdiction de subir tout examen conduisant à l’obtention du baccalauréat et tout diplôme délivré par un établissement public dispensant des formations post-baccalauréat pendant un an, assortie du sursis en intégralité et la nullité du groupe d’épreuves terminales, jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur la requête ;
2°) d’enjoindre au service interacadémique des examens et des concours et au jury de réexaminer provisoirement sa situation en rétablissant ses notes ou en organisant une mesure de contrôle/rattrapage adaptée.
Il fait valoir :
- la condition d’urgence est remplie ;
- il existe plusieurs moyens de nature à créer un doute quant à la légalité de la décision attaquée :
. la matérialité des faits et de la fraude n’est pas établie ;
. l’administration ne prouve pas la fraude et a inversé la charge de la preuve ;
. le prononcé de la nullité de l’ensemble des épreuves n’est ni justifié ni motivé et est disproportionné ;
. le prononcé de la nullité de cinq épreuves au regard du seul doute sur l’épreuve de français est disproportionné ;
. il n’est pas établi que le président de la commission de discipline ait été régulièrement nommé ni que le quorum était atteint et qu’il n’existait pas d’incompatibilité des membres qui siégeaient.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 22 septembre 2026 sous le n° 2612726 par laquelle M. B... demande l’annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l’éducation ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Feral, premier vice-président, pour statuer sur les demandes de référés.
Considérant ce qui suit :
1. Par la présente requête, M. B... demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, d’ordonner la suspension de l’exécution de la décision du 24 août 2026 par laquelle la commission de discipline du baccalauréat de l’académie de Versailles a prononcé à son encontre une interdiction de subir tout examen conduisant à l’obtention du baccalauréat et tout diplôme délivré par un établissement public dispensant des formations post-baccalauréat pendant un an, assortie du sursis en intégralité et la nullité du groupe d’épreuves terminales, jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur la requête.
2. Aux termes du premier alinéa de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ». L’article L. 522-3 du même code dispose : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ». En vertu de ces dernières dispositions, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête, sans instruction ni audience, notamment lorsqu’elle est dénuée d’urgence, ou qu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci est mal fondée.
3. En l’espèce, pour justifier de l’urgence à suspendre l’exécution de la décision en litige, M. B... fait valoir que cette décision a des effets immédiats et graves. Toutefois, il résulte de l’instruction que le relevé de notes du requérant indique « Refusé avec CFEPS ». Ainsi, s’il n’a pas obtenu son baccalauréat, il est néanmoins titulaire du certificat de fin d’études professionnelles secondaires (CFEPS) qui atteste de son niveau d’études et lui permet de poursuivre certaines formations. La décision en litige n’y faisant pas obstacle. En outre, le requérant ne démontre pas qu’il aurait été préalablement accepté dans une formation post-bac à laquelle il ne pourrait désormais plus accéder du fait de la décision attaquée. M. B... ne fournit d’ailleurs aucun élément concret sur le parcours qu’il comptait suivre après son baccalauréat et ne démontre ainsi pas que la décision en litige ferait désormais obstacle à la poursuite de ce parcours. Si M. B... fait également état de la nécessité d’organiser une année aménagée, de l’incertitude sur les unités à suivre, de la préparation d’un nouveau GEVA-sco et de la modification des modalités de composition pour éviter de nouvelles suspicions liées à l’usage d’un ordinateur, ces éléments ne sont pas de nature à caractériser une situation d’urgence. Par suite, la condition d’urgence exigée par les dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut être regardée comme remplie.
4. En tout état de cause, les moyens tirés de l’absence de matérialité des faits reprochés à M. B... et d’absence de démonstration par l’administration de la fraude ne sont pas de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision. La copie de français de M. B... fait en effet apparaitre un tel écart de maîtrise de la langue et du sujet traité entre sa partie I et sa partie II qu’il ne peut être sérieusement soutenu que la fraude par recours à une intelligence artificielle pendant l’épreuve n’est pas établie. Les réponses apportées dans la partie I sont succinctes, empreintes de fautes de syntaxe et d’orthographe grossières et le lexique employé très limité alors que dans la partie II, le style, l’orthographe et les références littéraires et philosophiques mobilisées démontrent une maîtrise plus que parfaite de la langue française et des connaissances allant bien au-delà de ce qu’il est normalement attendu même des meilleurs candidats à une telle épreuve. Les justifications apportées par le requérant pour expliquer cette différence entre les deux parties de sa copie sont, à cet égard, peu convaincantes. Les autres moyens, invoqués tirés de ce que le prononcé de la nullité de l’ensemble des épreuves n’est ni justifié ni motivé et est disproportionné et de ce que le prononcé de la nullité de cinq épreuves au regard du seul doute sur l’épreuve de français est disproportionné ne sont pas davantage de nature à créer un doute sérieux quant à légalité de la décision.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B... doit être rejetée en toutes ses conclusions sur le fondement des dispositions précitées de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....
Fait à Versailles, le 1er octobre 2026.
Le juge des référés,
R. Feral
La République mande et ordonne au ministre de l’éducation nationale en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
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