Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2612850
jeudi 1 octobre 2026
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2612850 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 23 septembre 2026, l’association Maison de la Sagesse demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l’exécution de la décision du président du conseil départemental des Yvelines du 27 juillet 2026 par laquelle il a maintenu en attente sa demande d’autorisation d’ouverture d’un lieu de vie et d’accueil jusqu’à ce qu’il soit statué au fond ;
2°) d’enjoindre au président du conseil départemental de ne pas maintenir l’examen de sa demande d’autorisation en attente et de reprendre l’examen de cette demande, dans le délai que le juge des référés estimera approprié et, si cela est possible, dans un délai de 15 jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir ;
3°) de mettre à la charge du département des Yvelines la somme que le tribunal estimera approprié au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu :
- la requête enregistrée le 23 septembre 2026 sous le n° 2612849 par laquelle l’association Maison de la Sagesse demande l’annulation de la décision en litige ;
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l’action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné, en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, M. Féral, premier vice-président, comme juge des référés.
Considérant ce qui suit :
1. L’association Maison de la Sagesse a sollicité auprès des services du conseil départemental des Yvelines une autorisation d’ouverture d’un projet de lieu de vie et d’accueil destiné à des mineurs et jeunes majeurs en difficultés sociale, éducative ou familiale, pour sept personnes à Limay. Par la présente requête, l’association requérante demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l’exécution de la décision du président du conseil départemental des Yvelines du 27 juillet 2026 par laquelle il a maintenu en attente sa demande d’autorisation.
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ». En vertu de l’article L. 522‑3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d’urgence n’est pas remplie ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée.
3. Il résulte de ces dispositions que la condition d’urgence à laquelle est subordonné le prononcé d’une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre ; il appartient au juge des référés, saisi d’une demande tendant à la suspension d’une telle décision, d’apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l’exécution de la décision soit suspendue.
4. En l’espèce, pour justifier de l’urgence, l’association requérante fait valoir qu’elle a déjà conclu un bail pour les locaux destinés à accueillir le lieu de vie et d’accueil et que le maintien en attente de sa demande d’autorisation est susceptible de lui faire perdre le bénéfice du bail et donc du site retenu pour l’activité. Elle fait également valoir qu’elle a souscrit un prêt d’un montant de 50 000 euros dont le remboursement doit intervenir au plus tard le 1er janvier 2027 et qu’elle a déjà signé deux promesses d’embauche en vue d’une prise de fonction le 1er novembre 2026. Toutefois, il résulte des termes mêmes du bail produit que celui-ci a été conclu de manière ferme pour une durée de 9 ans à compter du jour de signature, le 5 juin 2026. La clause résolutoire prévue à l’article 14 indique qu’elle s’appliquera à défaut d’obtention de l’autorisation demandée par l’association, de sorte que la décision d’attente en litige n’emporte pas résolution immédiate de ce bail. En outre, l’article 6 du bail prévoit que le paiement du loyer est suspendu dans l’attente de l’obtention de l’autorisation qui devra intervenir dans les six mois de la signature, soit avant le 5 décembre 2026 et qu’à défaut d’obtention de l’autorisation à cette date, le bail « pourra » être résilié. Cette échéance est encore lointaine et la résiliation prévue n’est pas automatique, mais laissée à l’appréciation du bailleur. En outre, la reconnaissance de dette produite, qui n’a pas date certaine et dont il n’est pas établi qu’elle aurait fait l’objet d’une déclaration auprès des services fiscaux, ne saurait suffire à établir l’existence du prêt allégué et de l’obligation de son remboursement au 1er janvier 2027. En tout état de cause, cette échéance est encore lointaine à la date de la présente ordonnance. Par ailleurs, le 2ème alinéa de l’article L. 313-2 du code de l’action sociale et des familles, que l’association requérante ne peut ignorer dès lors qu’elle s’en prévaut dans ses écritures devant le tribunal, relatif aux demandes d’autorisation prévoit que « l’absence de réponse dans le délai de six mois suivant la date de dépôt de la demande vaut rejet de celle-ci ». Il résulte de l’instruction que l’association Maison de la Sagesse a déposé sa demande auprès du conseil départemental le 6 janvier 2026, de sorte qu’une décision implicite de rejet est née six mois plus tard, le 6 juillet 2026. Or, les promesses d’embauche produites ont été signées quelques jours seulement avant cette date, de sorte que l’association requérante, en signant ces promesses d’embauche dans ce contexte, sans s’entourer de garanties comme l’insertion d’une condition suspensive liée à l’obtention de l’autorisation, a participé elle-même à créer la situation d’urgence qu’elle décrit. Enfin, au demeurant, alors que la décision en litige est datée du 27 juillet 2026, ce n’est que le 23 septembre suivant que l’association requérante a saisi le juge des référés, contribuant ainsi à la situation d’urgence qu’elle décrit. Dans ces conditions l’existence d’un préjudice grave et immédiat caractérisant une situation d’urgence au sens des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative et justifiant que soit prise à très bref délai une mesure provisoire ne peut, dans les circonstances de l’espèce, être regardée comme établie.
5. Il résulte de tout ce qui précède qu’il y a lieu de rejeter la requête de l’association Maison de la Sagesse en toutes ses conclusions en application des dispositions précitées de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de l’association Maison de la Sagesse est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à l’association Maison de la Sagesse.
Fait à Versailles, le 1er octobre 2026.
Le juge des référés
R. Féral
La République mandate et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies à droit commun, contre les parties privées, à pourvoir à l'exécution à la présente décision.
Par une requête enregistrée le 23 septembre 2026, l’association Maison de la Sagesse demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l’exécution de la décision du président du conseil départemental des Yvelines du 27 juillet 2026 par laquelle il a maintenu en attente sa demande d’autorisation d’ouverture d’un lieu de vie et d’accueil jusqu’à ce qu’il soit statué au fond ;
2°) d’enjoindre au président du conseil départemental de ne pas maintenir l’examen de sa demande d’autorisation en attente et de reprendre l’examen de cette demande, dans le délai que le juge des référés estimera approprié et, si cela est possible, dans un délai de 15 jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir ;
3°) de mettre à la charge du département des Yvelines la somme que le tribunal estimera approprié au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu :
- la requête enregistrée le 23 septembre 2026 sous le n° 2612849 par laquelle l’association Maison de la Sagesse demande l’annulation de la décision en litige ;
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l’action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné, en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, M. Féral, premier vice-président, comme juge des référés.
Considérant ce qui suit :
1. L’association Maison de la Sagesse a sollicité auprès des services du conseil départemental des Yvelines une autorisation d’ouverture d’un projet de lieu de vie et d’accueil destiné à des mineurs et jeunes majeurs en difficultés sociale, éducative ou familiale, pour sept personnes à Limay. Par la présente requête, l’association requérante demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l’exécution de la décision du président du conseil départemental des Yvelines du 27 juillet 2026 par laquelle il a maintenu en attente sa demande d’autorisation.
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ». En vertu de l’article L. 522‑3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d’urgence n’est pas remplie ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée.
3. Il résulte de ces dispositions que la condition d’urgence à laquelle est subordonné le prononcé d’une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre ; il appartient au juge des référés, saisi d’une demande tendant à la suspension d’une telle décision, d’apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l’exécution de la décision soit suspendue.
4. En l’espèce, pour justifier de l’urgence, l’association requérante fait valoir qu’elle a déjà conclu un bail pour les locaux destinés à accueillir le lieu de vie et d’accueil et que le maintien en attente de sa demande d’autorisation est susceptible de lui faire perdre le bénéfice du bail et donc du site retenu pour l’activité. Elle fait également valoir qu’elle a souscrit un prêt d’un montant de 50 000 euros dont le remboursement doit intervenir au plus tard le 1er janvier 2027 et qu’elle a déjà signé deux promesses d’embauche en vue d’une prise de fonction le 1er novembre 2026. Toutefois, il résulte des termes mêmes du bail produit que celui-ci a été conclu de manière ferme pour une durée de 9 ans à compter du jour de signature, le 5 juin 2026. La clause résolutoire prévue à l’article 14 indique qu’elle s’appliquera à défaut d’obtention de l’autorisation demandée par l’association, de sorte que la décision d’attente en litige n’emporte pas résolution immédiate de ce bail. En outre, l’article 6 du bail prévoit que le paiement du loyer est suspendu dans l’attente de l’obtention de l’autorisation qui devra intervenir dans les six mois de la signature, soit avant le 5 décembre 2026 et qu’à défaut d’obtention de l’autorisation à cette date, le bail « pourra » être résilié. Cette échéance est encore lointaine et la résiliation prévue n’est pas automatique, mais laissée à l’appréciation du bailleur. En outre, la reconnaissance de dette produite, qui n’a pas date certaine et dont il n’est pas établi qu’elle aurait fait l’objet d’une déclaration auprès des services fiscaux, ne saurait suffire à établir l’existence du prêt allégué et de l’obligation de son remboursement au 1er janvier 2027. En tout état de cause, cette échéance est encore lointaine à la date de la présente ordonnance. Par ailleurs, le 2ème alinéa de l’article L. 313-2 du code de l’action sociale et des familles, que l’association requérante ne peut ignorer dès lors qu’elle s’en prévaut dans ses écritures devant le tribunal, relatif aux demandes d’autorisation prévoit que « l’absence de réponse dans le délai de six mois suivant la date de dépôt de la demande vaut rejet de celle-ci ». Il résulte de l’instruction que l’association Maison de la Sagesse a déposé sa demande auprès du conseil départemental le 6 janvier 2026, de sorte qu’une décision implicite de rejet est née six mois plus tard, le 6 juillet 2026. Or, les promesses d’embauche produites ont été signées quelques jours seulement avant cette date, de sorte que l’association requérante, en signant ces promesses d’embauche dans ce contexte, sans s’entourer de garanties comme l’insertion d’une condition suspensive liée à l’obtention de l’autorisation, a participé elle-même à créer la situation d’urgence qu’elle décrit. Enfin, au demeurant, alors que la décision en litige est datée du 27 juillet 2026, ce n’est que le 23 septembre suivant que l’association requérante a saisi le juge des référés, contribuant ainsi à la situation d’urgence qu’elle décrit. Dans ces conditions l’existence d’un préjudice grave et immédiat caractérisant une situation d’urgence au sens des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative et justifiant que soit prise à très bref délai une mesure provisoire ne peut, dans les circonstances de l’espèce, être regardée comme établie.
5. Il résulte de tout ce qui précède qu’il y a lieu de rejeter la requête de l’association Maison de la Sagesse en toutes ses conclusions en application des dispositions précitées de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de l’association Maison de la Sagesse est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à l’association Maison de la Sagesse.
Fait à Versailles, le 1er octobre 2026.
Le juge des référés
R. Féral
La République mandate et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies à droit commun, contre les parties privées, à pourvoir à l'exécution à la présente décision.
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