lundi 30 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-1501337 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP FABIGNON LARDON-GALEOTE EVEN REMOISSONNET KRAMER ALLARD REBOURCET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, et des mémoires complémentaires, enregistrés les 23 avril 2015, 11 avril, 13 octobre, et 9 novembre 2022, 5 mai, 9 juin et 30 juin 2023, le dernier n'ayant pas été communiqué, le groupement hospitalier public du sud de l'Oise (GHPSO), représenté par
Me Mauvenu, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de lui donner acte du désistement des conclusions à fins de condamnation de la société Air Liquide Santé ;
2°) de condamner la société Brezillon SA à lui verser, à titre principal, sur le fondement de la garantie de parfait achèvement, à titre subsidiaire, sur le fondement de la responsabilité contractuelle ou de la garantie décennale, une somme totale de 235 516, 62 euros hors taxes en réparation des désordres dont sont affectés les bâtiments du centre hospitalier Laënnec de Creil à la suite de l'opération de travaux de restructuration et d'extension dont ils ont fait l'objet, assortie des intérêts au taux légal, ainsi que de leur capitalisation ;
3°) de condamner, en réparation des désordres des mêmes bâtiments, la société Artisal à lui verser, à titre principal, sur le fondement de la garantie de parfait achèvement, à titre subsidiaire, et solidairement avec le mandataire du groupement de maitrise d'œuvre, sur le fondement de la garantie décennale, à titre plus subsidiaire, et solidairement avec le mandataire du groupement de maitrise d'œuvre, sur le fondement de la responsabilité contractuelle, une somme de 4 536 euros hors taxes, assortie des intérêts au taux légal, ainsi que de leur capitalisation ;
4°) de condamner, en réparation des désordres des mêmes bâtiments, la société SAS Saga à lui verser, à titre principal, sur le fondement de la garantie de parfait achèvement, à titre subsidiaire, et solidairement avec le mandataire du groupement de maitrise d'œuvre, sur le fondement de la responsabilité contractuelle, une somme totale de 13 800 euros hors taxes, assortie des intérêts au taux légal, ainsi que de leur capitalisation ;
5°) de condamner, en réparation des désordres des mêmes bâtiments, la société Axima concept à lui verser, à titre principal, sur le fondement de la garantie de parfait achèvement, à titre subsidiaire, et solidairement avec le mandataire du groupement de maitrise d'œuvre, sur le fondement de la responsabilité contractuelle, une somme de 4 235 euros hors taxes, assortie des intérêts au taux légal, ainsi que de leur capitalisation ;
6°) de condamner, en réparation des désordres des mêmes bâtiments, la société Rougnon à lui verser, sur le fondement de la garantie de parfait achèvement, une somme totale de
20 892, 29 euros hors taxes, assortie des intérêts au taux légal, ainsi que de leur capitalisation ;
7°) de condamner, en réparation des désordres des mêmes bâtiments, la société Colas à lui verser, à titre principal, sur le fondement de la garantie de parfait achèvement, à titre subsidiaire, et solidairement avec le mandataire du groupement de maitrise d'œuvre, sur le fondement de la garantie décennale, à titre plus subsidiaire, et solidairement avec le mandataire du groupement de maitrise d'œuvre, sur le fondement de la responsabilité contractuelle, une somme de 121 308 euros hors taxes, assortie des intérêts au taux légal, ainsi que de leur capitalisation ;
8°) de condamner solidairement, en réparation des désordres des mêmes bâtiments, les sociétés Saga et Artisal à lui verser, sur le fondement de la garantie de parfait achèvement, une somme de 1 920 euros hors taxes, assortie des intérêts au taux légal, ainsi que de leur capitalisation ;
9°) de condamner solidairement, en réparation des désordres des mêmes bâtiments, les sociétés Brezillon et Axima à lui verser, à titre principal sur le fondement de la garantie de parfait achèvement, à titre subsidiaire, sur le fondement de la garantie décennale, solidairement avec le maitre d'œuvre, à titre plus subsidiaire, sur le fondement de la garantie contractuelle, solidairement avec le maitre d'œuvre, une somme de 1 125 euros hors taxes, assortie des intérêts au taux légal, ainsi que de leur capitalisation ;
10°) de condamner solidairement, en réparation des désordres des mêmes bâtiments, les sociétés Saga et Cegelec, à lui verser, à titre principal sur le fondement de la garantie de parfait achèvement et, à titre subsidiaire, sur le fondement de la garantie décennale, une somme de
1 092 euros hors taxes, assortie des intérêts au taux légal, ainsi que de leur capitalisation ;
11°) de condamner solidairement, en réparation des désordres des mêmes bâtiments, les sociétés Brézillon, Saga, Axima, Concast solutions France, Screg Nord Picardie, Eliez, Dubois grandes cuisines, Air liquide santé, Cegelec nord tertiaire, Creil sols, Artisal, ILM installations laboratoires Mang, à lui verser, à titre principal, sur le fondement de la garantie de parfait achèvement, à titre subsidiaire, solidairement avec le groupement de maitrise d'œuvre, sur le fondement de la garantie décennale, une somme de 21 802, 80 euros hors taxes, assortie des intérêts au taux légal, ainsi que de leur capitalisation ;
12°) de condamner solidairement, en réparation des désordres des mêmes bâtiments, les sociétés Eliez et Artisal à lui verser, à titre principal sur le fondement de la garantie de parfait achèvement, à titre subsidiaire, sur le fondement de la garantie biennale, et à titre plus subsidiaire, sur le fondement de la garantie décennale, une somme de 106 114, 50 euros hors taxes, assortie des intérêts au taux légal, ainsi que de leur capitalisation ;
13°) de condamner solidairement, en réparation des désordres des mêmes bâtiments, les sociétés Eliez, Creil sols et Saga à lui verser, à titre principal sur le fondement de la garantie de parfait achèvement, et à titre subsidiaire, sur le fondement de la garantie décennale, une somme de 7 225 euros hors taxes, assortie des intérêts au taux légal, ainsi que de leur capitalisation ;
14°) de condamner solidairement, en réparation des désordres des mêmes bâtiments, les sociétés Creil sols, Artisal, Les plâtres modernes C. Jobin et Michel Beauvais, mandataire du groupement de maitrise d'œuvre, à lui verser, à titre principal sur le fondement de la garantie décennale, à titre subsidiaire, sur le fondement de la garantie contractuelle, une somme de
59 946, 08 euros hors taxes, assortie des intérêts au taux légal, ainsi que de leur capitalisation ;
15°) de condamner solidairement, en réparation des désordres des mêmes bâtiments, les sociétés Saga et Michel Beauvais, mandataire du groupement de maitrise d'œuvre, à lui verser, sur le fondement de la responsabilité contractuelle, une somme totale de 720 euros hors taxes, assortie des intérêts au taux légal, ainsi que de leur capitalisation ;
16°) de condamner solidairement, en réparation des désordres des mêmes bâtiments, les sociétés Cegelec et Michel Beauvais, mandataire du groupement de maitrise d'œuvre, à lui verser, sur le fondement de la responsabilité contractuelle, une somme totale de 360 euros hors taxes, assortie des intérêts au taux légal, ainsi que de leur capitalisation ;
17°) de mettre à la charge des sociétés Brézillon SA, Saga SAS, Axima concept, Concast solutions France, Screg Nord Picardie, Eliez, Dubois grandes cuisines, Cegelec nord tertiaire, Creil sols, Artisal, ILM installations laboratoires Mang, Les plâtres modernes C. Jobin et la société Agence Michel Beauvais et associés, en qualité de mandataire du groupement de maitrise d'œuvre qu'elle a formé avec la société Jacobs France et la société Economie 80, une somme de
50 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi qu'une somme de 56 709, 50 euros toutes charges comprises, au titre des frais de l'expertise.
Il soutient que :
S'agissant de la société Rougnon :
- les désordres relatifs au calage de la batterie terminale froide, pour un montant de
240 euros hors taxes, au raccordement des condensats du climatiseur dans les toilettes C03C14, pour un montant de 480 euros hors taxes, au désalignement des poulies d'entrainement, pour un montant de 240 euros hors taxes, au dysfonctionnement du rideau d'air chaud à l'entrée, pour un montant de 17 413, 29 euros hors taxes, et à la difficulté pour procéder au remplacement d'un filtre dans le local dénommé " eau glacée ", pour un montant de 2 519 euros hors taxes, sont imputables à cette société au titre de la garantie de parfait achèvement ;
S'agissant de la société Saga :
- les désordres décrits dans les fiches GPA 120 167, pour un montant de 3 360 euros hors taxes, GPA 120 446, pour un montant de 720 euros hors taxes, GPA 120 507, pour un montant de 3840 euros hors taxes, GPA 120 575, pour un montant de 240 euros hors taxes, GPA 120 236, pour un montant de 650 euros hors taxes, GPA 122 239, pour un montant de 3 900 euros hors taxes, la réserve n° 53 relative au vide sanitaire relative au manque d'isolant thermique sur le réseau RIA, pour un montant de 370 euros hors taxes, et les réserves 70 et 104, concernant l'évacuation des terrasses R+7 et R+8, pour un montant de 720 euros hors taxes, sont imputables à cette société sur le fondement de la garantie de parfait achèvement ;
S'agissant de la société Artisal :
- le désordre " huissier 15 " relatif à l'absence d'oculus sur les portes de laboratoire T31/T06, T38/T36, T14, T15, T16/T03, T43 et T45/T04 et C05/C15, pour un montant de
4 536 euros hors taxes, lui est imputable, à titre principal sur le fondement de la garantie de parfait achèvement, à titre subsidiaire, et solidairement avec le mandataire du groupement de maitrise d'œuvre, sur le fondement de la garantie décennale et, à titre plus subsidiaire, et solidairement avec le mandataire du groupement de maitrise d'œuvre, sur le fondement de la responsabilité contractuelle de droit commun ;
S'agissant de la société Axima :
- le désordre décrit dans la fiche GPA 119 641 relatif aux groupes froids, pour un montant de 4 235 euros hors taxes, lui est imputable, à titre principal, sur le fondement de la garantie de parfait achèvement et, à titre subsidiaire, sur le fondement de la responsabilité contractuelle de droit commun
S'agissant la société Brézillon :
- le désordre décrit dans la fiche GPA 116 675, pour un montant de 2 310 euros hors taxes, lui est imputable, à titre principal, sur le fondement de la garantie de parfait achèvement et, à titre subsidiaire sur fondement de la responsabilité contractuelle de droit commun ;
- les désordres décrits dans la fiche GPA 118 780, relatif à deux trous dans un mur pour des passages de câbles, pour un montant de 450 euros hors taxes, dans les fiches GPA 119 330 et 119 332, relatifs à la reprise de fissures et de peinture sur le mur près des ascenseurs, pour un montant de 7 225 euros hors taxes, lui sont imputables sur le fondement de la garantie de parfait achèvement ;
- le désordre " huissier 7 et 8 ", relatif à la porte du local " groupe électrogène ", pour un montant de 11 222, 93 euros hors taxes, lui est imputable, à titre principal, sur le fondement de la garantie de parfait achèvement, à titre subsidiaire, sur le fondement de la garantie décennale et, à titre plus subsidiaire, et solidairement avec le mandataire du groupement de maitrise d'œuvre, sur le fondement de la responsabilité contractuelle de droit commun ;
- le désordre " huissier 13 " relatif aux infiltrations dans le couloir du sous-sol près des ascenseurs, ainsi que dans le local mitoyen, pour un montant de 5 961, 29 euros hors taxes, à titre principal, lui est imputable sur le fondement de la garantie de parfait achèvement et, à titre subsidiaire, lui est imputable solidairement avec le groupement de maitrise d'œuvre, sur le fondement de la responsabilité contractuelle de droit commun ;
- le désordre " huissier 14 " relatif à une fuite dans le local C02C29, pour un montant de 3 309, 30 euros hors taxes, le désordre relatif aux différentes fissures extérieures sur les façades de la rotonde, pour un montant de 78 060 euros hors taxes, et le désordre relatif aux fissures extérieures du bâtiment cuisine, pour un montant de 126 978, 10 euros hors taxes, lui sont imputables, à titre principal, sur le fondement de la garantie de parfait achèvement, et à titre subsidiaire, sur le fondement de la garantie décennale ;
S'agissant de la société Colas :
- les désordres relatifs à l'installation d'un dégrilleur sur une partie du réseau des eaux usées et à l'évacuation sous le laboratoire en contre-pente, pour un montant de 121 308 euros hors taxes sont imputables à la société Colas à titre principal, sur le fondement de la garantie de parfait achèvement, à titre subsidiaire, et solidairement avec le groupement de maitrise d'œuvre, sur le fondement de la garantie décennale et, à titre plus subsidiaire, et solidairement avec le groupement de maitrise d'œuvre, sur le fondement de la responsabilité contractuelle de droit commun ;
S'agissant des demandes de condamnation solidaires :
- la réserve 7/62 correspondant à la désinfection des endoscopes, pour un montant de 1 920 euros hors taxes, est solidairement imputable aux sociétés Saga et Artisal, sur le fondement de la garantie de parfait achèvement ;
- le désordre " huissier 18 ", relatif au dysfonctionnement de la climatisation dans certains bureaux, en raison de l'absence d'aimants sur les battants de fenêtre, d'un montant de 1 125 euros hors taxes, est imputable solidairement aux sociétés Brezillon et Axima, à titre principal, sur le fondement de la garantie de parfait achèvement, à titre subsidiaire, solidairement avec le groupement de maitrise d'œuvre, sur le fondement de la garantie décennale et, à titre plus subsidiaire, également solidairement avec le groupement de maitrise d'œuvre, sur le fondement de la responsabilité contractuelle de droit commun ;
- le désordre " DST 13/68 " relatif à la ventilation de deux locaux techniques du sous-sol accueillant des transformateurs, pour un montant de 1092 euros hors taxes, est imputable solidairement aux sociétés Saga et Cegelec, à titre principal sur le fondement de la garantie de parfait achèvement et, à titre subsidiaire, sur le fondement de la garantie décennale ;
- les désordres décrits dans les fiches GPA 118 808 et 118 809 relatifs à la remise en état d'un portail, de voirie et des barrières de l'esplanade d'entrée de l'hôpital et de celles des logements de fonction, pour un montant de 21 802, 80 euros hors taxes, est imputable solidairement aux sociétés Brézillon SA, Saga SAS, Axima concept, Concast solutions France, Screg Nord Picardie, Eliez, Dubois grandes cuisines, Air liquide santé, Cegelec nord tertiaire, Creil sols, Artisal, ILM installations laboratoires Mang, à titre principal, sur le fondement de la garantie de parfait achèvement, à titre subsidiaire, solidairement avec le groupement de maitrise d'œuvre, sur le fondement de la garantie décennale ;
- le désordre relatif aux fissures légères constatées sur la peinture à de nombreux endroits aux angles hauts des portes dans les couloirs du bâtiment C', pour un montant de 106 114, 50 euros hors taxes, est imputable solidairement aux sociétés Eliez et Artisal, à titre principal, sur le fondement de la garantie de parfait achèvement, à titre subsidiaire, sur le fondement de la garantie décennale ;
- le désordre décrit dans la fiche GPA 115 960 et relatif à la mise en résine de tous les socles de la cuisine, ainsi qu'à la réalisation de l'étanchéité des passages de canalisations dans les fourreaux, pour un montant de 7 225, euros hors taxes est imputable solidairement aux sociétés Eliez, Creil sols et Saga, à titre principal, sur le fondement de la garantie de parfait achèvement et, à titre subsidiaire, sur le fondement de la garantie décennale ;
- les désordres relatifs à l'altération des cloisons dans les locaux CO3P14, COP17, COP10, COP 11, COP 18, COP 19 et COP 40, pour un montant de 21 687, 04 euros hors taxes, et à l'altération de cloisons dans la chambre froide située au sous-sol, dans le local CO2P11, pour un montant de 59 946, 08 euros hors taxes, sont solidairement imputables aux sociétés Creil sols, Artisal et les plâtres modernes C. Jobin et au mandataire du groupement de maitrise d'œuvre, sur le fondement de la garantie décennale et, à titre subsidiaire, sur le fondement de la responsabilité contractuelle de droit commun ;
- les désordres relatifs à l'absence de livraison de la paillasse dessinée sur le plan d'architecte dans le local CO2W14, pour un montant de 360 euros hors taxes, et à l'absence de livraison du vidoir et du lave-bassin dessinés sur le plan d'architecte, pour un montant de 360 euros hors taxes, sont imputables solidairement à la société Saga et au mandataire du groupement de maitrise d'œuvre, sur le fondement de la responsabilité contractuelle de droit commun ;
- le désordre relatif au défaut de bandeau électrique au pied d'un des murs de la pièce COP2T15, pour un montant de 360 euros hors taxes, est imputable solidairement à la société Saga et au mandataire du groupement de maitrise d'œuvre, sur le fondement de la responsabilité contractuelle de droit commun.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 25 novembre 2016 et 1er juillet 2022, la
SAS Eliez, représentée par Me Vaillant, demande au tribunal :
1°) à titre principal, de rejeter la requête ;
2°) à titre subsidiaire, de condamner les sociétés Brézillon SA, Saga SAS, Axima concept, Concast solutions France, Screg Nord Picardie, Dubois grandes cuisines, Air liquide santé, Cegelec nord tertiaire, Creil sols, Artisal, ILM installations laboratoires Mang et la société Agence Michel Beauvais et associés, en qualité de mandataire du groupement de maitrise d'œuvre qu'elle a formé avec la société Jacobs France et la société Economie 80, à la garantir de toute condamnation prononcée à son encontre ;
3°) de mettre à la charge du GHPSO une somme de 5 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa responsabilité ne peut être engagée sur le fondement de la garantie décennale, dès lors que les fissures constatées sur les peintures qu'elle a réalisées ne portent pas atteinte à la solidité de l'ouvrage, ni ne l'affectent dans ses éléments constitutifs ;
- l'expert n'a retenu aucune faute dans la réalisation de son lot ;
- la garantie de parfait achèvement ne couvre pas les désordres résultant de l'usure normale ;
- les conditions de la garantie de parfait achèvement ne sont pas réunies s'agissant de la mise en résine de dés de béton, dès lors que cette prestation n'était pas prévue dans le marché et ne figurait pas non plus dans la liste des réserves lors de la réception ;
- sa responsabilité n'est pas retenue par l'expert s'agissant du désordre relatif à la remise en état d'un portail, de voirie et des barrières de l'esplanade d'entrée de l'hôpital et de celles des logements de fonction ;
- à titre subsidiaire, il convient d'appliquer un taux de vétusté de 14% par an ;
- à titre très subsidiaire, les conditions de condamnation solidaire ne sont pas remplies la concernant, dès lors qu'il est possible de procéder à la répartition des parts de responsabilité de chaque entreprise.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 12 décembre 2016, 23 juin 2022, et 1er mars 2023, la société Air liquide santé, représentée par Me Beaumont, demande au tribunal :
1°) de donner acte au GHPSO du désistement des conclusions dirigées à son encontre ;
2°) de rejeter les conclusions d'appel en garantie dirigées à son encontre ;
3°) de mettre à la charge du GHPSO une somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le GHPSO s'est désisté des conclusions dirigées à son encontre ;
- l'expertise exclut sa responsabilité de tout chef de préjudice.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 30 décembre 2016 et 10 novembre 2022, la société Saga tertiaire, représentée par Me Gibeault, demande au tribunal :
1°) à titre principal, de rejeter les conclusions du GHPSO dirigées à son encontre, ainsi que les conclusions d'appel en garantie dirigées à son encontre ;
2°) à titre subsidiaire, de condamner la société Cegelec nord tertiaire à la garantir contre une condamnation pour le désordre 13/68, de condamner les sociétés Brézillon SA, Axima concept, Concast solutions France, Screg Nord Picardie, Eliez, Dubois grandes cuisines, Air liquide santé, Cegelec nord tertiaire, Creil sols, Artisal, ILM installations laboratoires Mang à la garantir contre une condamnation pour le désordre GPA 118 808 et 118 809, de condamner les sociétés Eliez et Creil sols à la garantir contre une condamnation pour le désordre GPA 115 960, à condamner le groupement de maîtrise d'œuvre à la garantir contre toute condamnation pour les désordres 3/58, 6/61 et 8/63 ;
3°) de mettre à la charge du GHPSO une somme de 10 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les désordres décrits dans les fiches GPA 120 A67, GPA 120 446, GPA 120 507, GPA 120 575, ainsi que la réserve 7/62 ne peuvent lui être imputables, dès lors qu'elle est intervenue pour y remédier ;
- le désordre GPA 115 960 n'est pas établi et résulte de l'utilisation par les personnels de l'hôpital de jets d'eau sous pression pour nettoyer les sols ;
- les désordres " réserve 53, 70 et 104 " ne sont pas établis, dès lors que les compléments demandés par le GHPSO pour y remédier ne sont pas utiles ;
- la réserve 9/64 n'a pas été contestée au cours des opérations d'expertise et ne la concerne pas ;
- il n'est pas justifié de la réalité des désordres DST 13/68, GPA 118 808, 118 809,
DST 5/60 et 12/67, DST 3/58, 6/61 et 8/63.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 12 janvier 2017 et 12 octobre 2022, la
SA Axima concept, représentée par Me Lebegue, demande au tribunal :
1°) de rejeter les conclusions du GHPSO dirigées à son encontre, ainsi que les conclusions d'appel en garantie dirigées à son encontre ;
2°) de mettre à la charge du GHPSO une somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le désordre GPA 119 641 relatif aux groupes froids résulte de la résiliation des phases 2 et 3 du marché et il ne peut être retenu aucune faute à son encontre, dès lors qu'elle a interrogé le maitre d'ouvrage sur les conséquences de cette résiliation sur les groupes froids ;
- le désordre relatif aux aimants n'a été relevé ni lors des opérations de réception, ni lors de l'année de garantie de parfait achèvement et ne relève pas davantage de la garantie décennale, dès lors qu'il ne compromet pas la solidité ni la destination de l'ouvrage ;
- sa responsabilité n'est pas retenue par l'expert s'agissant du désordre relatif à la remise en état d'un portail, de voirie et des barrières de l'esplanade d'entrée de l'hôpital et de celles des logements de fonction ;
- les conclusions à fin d'appel en garantie présentées par la société Eliez ne sont pas justifiées.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 27 juin 2022, 13 juillet 2022, et 16 juin 2023, la société Creil sols, représentée par Me Kramer, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) à titre principal, de rejeter les conclusions du GHPSO dirigées à son encontre, ainsi que les conclusions d'appel en garantie dirigées à son encontre ;
2°) à titre subsidiaire, de limiter à 21 802, 80 euros toutes taxes comprises et à 260 euros hors taxes, soit 312 euros toutes taxes comprises, les sommes auxquelles la condamnation à indemniser la GHPSO au titre du préjudice relatif à la remise en état d'un portail, de voirie et des barrières de l'esplanade d'entrée de l'hôpital et de celles des logements de fonction et au titre du préjudice relatif à la mise en résine de tous les socles de la cuisine et l'étanchéité des passages de canalisation dans les fourreaux, pourraient être prononcées ;
3°) à titre subsidiaire, de limiter à 2 168, 70 euros hors taxes, soit 2 602, 45 euros toutes taxes comprises, et à 5 444, 47 euros hors taxes, soit 6 533, 36 euros toutes taxes comprises, les sommes auxquelles elle pourrait être condamnée à indemniser le GHPSO, au titre des désordres affectant de bâtiment cuisine et au titre des désordres relatifs aux parois de la chambre froide située au sous-sol ;
4°) à titre subsidiaire, de limiter à 10% la part à laquelle elle pourrait être condamnée sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi qu'en ce qui concerne les opérations d'expertise.
Elle soutient que :
- sa responsabilité n'est pas retenue par l'expert s'agissant du désordre relatif à la remise en état d'un portail, de voirie et des barrières de l'esplanade d'entrée de l'hôpital et de celles des logements de fonction ;
- la somme demandée au titre de ce désordre est limitée à 21 802, 80 euros toutes taxes comprises, compte tenu des frais pris en charge par le GHPSO ;
- elle n'est pas responsable du désordre correspondant à la mise en résine des socles de la cuisine et de la réalisation de l'étanchéité des passages de canalisation dans les fourreaux, dès lors que ces travaux ne relevaient pas du lot qui lui a été attribué ;
- à titre subsidiaire, la réparation du préjudice résultant de ce désordre est limitée à
260 euros hors taxes ;
- elle n'est pas responsable des désordres affectant le bâtiment cuisine ;
- à titre subsidiaire, la somme à laquelle elle pourrait être condamnée au titre de ce désordre serait limitée à 10% du montant retenu par le jugement ;
- le désordre correspondant à la reprise des parois de la chambre froide située au sous-sol est limité à la somme de 54 444, 65 euros hors taxes, soit 65 333, 58 euros toutes taxes comprises, comme le préconise l'expertise ;
- la somme à laquelle elle pourrait être condamnée au titre de ce désordre serait limitée à 10% du montant retenu par le jugement ;
- les conclusions à fin d'appel en garantie présentées par les sociétés Eliez, Saga tertiaire et Artisal ne sont pas justifiées.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 juillet 2022, la société Cegelec nord tertiaire, représentée par Me Keller, demande au tribunal :
1°) à titre principal, de rejeter les conclusions du GHPSO dirigées à son encontre, ainsi que les conclusions d'appel en garantie dirigées à son encontre ;
2°) à titre subsidiaire, de limiter à 1 092 euros hors taxes, soit 1 310,40 euros toutes taxes comprises, la somme à laquelle la condamnation à indemniser le GHPSO au titre du désordre DST 13/68 pourrait être prononcée ;
3°) de mettre à la charge du GHPSO une somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le désordre 13/68, qui porte uniquement sur les traversées des murs coupe-feu, n'a fait l'objet ni de réserve, ni de signalement dans le délai de garantie de parfait achèvement et ne rend pas l'ouvrage impropre à sa destination, non plus qu'il n'en compromet la solidité ;
- la condamnation solidaire avec la société Saga ne peut être recherchée, dès lors qu'il n'existe pas de lien contractuel entre elles et que leurs interventions respectives n'ont pas concouru au même dommage ;
- sa responsabilité n'est pas retenue par l'expert s'agissant du désordre relatif à la remise en état d'un portail, de voirie et des barrières de l'esplanade d'entrée de l'hôpital et de celles des logements de fonction, qui, en outre, ne relevait pas des prestations prévues par le marché ;
- le désordre intitulé " Huissier 17 ", correspondant à l'absence de plinthe électrique dans une des pièces, n'a pas fait l'objet de réserve à la réception ;
- les conclusions à fin d'appel en garantie présentées par la société Eliez ne sont pas justifiées.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 27 octobre 2016, 26 septembre, 9 novembre, 13 décembre 2022, 24 mai et 13 juin 2023, la société Bouygues bâtiment Ile-de-France, venant aux droits de la société Brézillon, représentée par Me Otto, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de lui donner acte de ce qu'elle ne conteste pas le bien-fondé des condamnations demandées par le GHPSO sur le fondement de la garantie de parfait achèvement, pour les désordres décrits dans les fiches GPA 116 675, pour une somme de 2 772 euros, GPA 118 780, pour une somme de 540 euros ;
2°) de limiter à 2 550 euros la somme à laquelle la condamnation à indemniser le GHPSO au titre du désordre décrit dans les fiches GPA 119 330 et 119 332, pourrait être prononcée ;
3°) de rejeter les conclusions indemnitaires présentées par le GHPSO au titre des désordres " huissier 7 et 8 ", " huissier 13 ", " huissier 14 ", " huissier 18 ", ainsi qu'au titre du désordre relatif à la remise en état d'un portail, de voirie et des barrières de l'esplanade d'entrée de l'hôpital et de celles des logements de fonction ;
4°) à titre principal, de rejeter les conclusions indemnitaires présentées par le GHPSO au titre des désordres concernant les façades de la rotonde, à titre subsidiaire, de limiter la somme à laquelle elle pourrait être condamnée au titre de ce désordre à 53 566 euros ou, à titre plus subsidiaire, à la somme de 62 614 euros ;
5°) à titre principal, de rejeter les conclusions indemnitaires présentées par le GHPSO au titre des désordres concernant les façades du bâtiment cuisine, à titre subsidiaire, de limiter la somme à laquelle elle pourrait être condamnée au titre de ce désordre à 126 978, 10 euros ;
6°) de rejeter les conclusions d'appel en garantie présentées par les sociétés Eliez, Agence Michel Beauvais et associés, et Artisal ;
7°) de réduire à de plus justes proportions les sommes qu'elle serait condamnée à verser au GHPSO sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi qu'en ce qui concerne les opérations d'expertise.
Elle soutient que :
- les désordres décrits dans les fiches GPA 116 675 et GPA 118 780 sont justifiés ;
- le désordre décrit dans la fiche GPA 119 130 et 119 332 doit être limité au coût effectif de sa reprise, tel qu'il ressort du chiffrage retenu par l'expert, à la somme de 2 550 euros hors taxes, soit à la somme de 3 060 euros toutes taxes comprises ;
- le désordre " huissier 7 et 8 " est entièrement imputable au GHPSO, dès lors qu'aucune réserve n'a été émise à la réception et que l'intervention, qui est à l'origine du désordre, ne peut résulter que de l'initiative du GHPSO, qui en avait la garde ;
- les désordres " huissier 13 " et " huissier 14 " ne lui sont pas imputables, dès lors qu'ils relèvent de prestations supplémentaires ;
- le désordre " huissier 18 " ne lui est pas imputable, dès lors qu'il n'a pas fait l'objet de réserve à la réception, ni de signalement pendant la période de garantie de parfait achèvement ;
- les désordres concernant les façades de la rotonde ne lui sont pas imputables au titre de la garantie de parfait achèvement, dès lors que les réserves la concernant ont été levées et que les désordres sont limités à des reprises de peinture ;
- à titre subsidiaire, le chiffrage de ces désordres devrait être limité au montant retenu par l'expert ;
- le désordre relatif aux façades du bâtiment cuisine ne lui est pas imputable, dès lors que les travaux de reprise auxquels elle a procédé sont satisfaisants, les fissures constatées lors de l'expertise, qui ne sont pas ouvertes, mais seulement des empreintes en creux, ne constituant qu'un problème esthétique ;
- à titre subsidiaire, le chiffrage de ces désordres devrait être limité au montant retenu par l'expert ;
- sa responsabilité n'est pas retenue par l'expert s'agissant du désordre relatif à la remise en état d'un portail, de voirie et des barrières de l'esplanade d'entrée de l'hôpital et de celles des logements de fonction ;
- les conclusions à fin d'appel en garantie présentées par la société Eliez ne sont pas justifiées.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 13 octobre et 4 novembre 2022, la
SAS d'architecture Michel Beauvais, représentée par Me Goulet, demande au tribunal :
1°) de rejeter les conclusions du GHPSO dirigées à son encontre ;
2°) à titre subsidiaire, de condamner la société Bouygues, venant aux droits de la société Brézillon, ainsi que les sociétés Saga, Axima concept, Screg, Eliez, Cegelec, Artisal, Colas, ainsi que le BET NOX à la garantir de toute condamnation prononcée à son encontre ;
3°) de mettre à la charge du GHPSO une somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- aucune faute ne peut lui être reprochée sur les opérations de réception ;
- aucune demande n'est dirigée contre elle, de sorte qu'elle ne peut pas être condamnée ;
- le désordre " huissier 15 " ne lui est pas imputable, dès lors qu'il résulte d'un défaut de programmation du GHPSO ;
- le désordre relatif au groupe froid ne pourrait être imputé qu'à la société Artisal ;
- le désordre " huissier 13 " est uniquement imputable au GHPSO, dès lors qu'il résulte de la résiliation des phases 2 et 3 du marché initial ;
- à titre subsidiaire, le montant du préjudice résultant de ce désordre devrait être limité à 1 224, 16 euros ;
- le désordre " huissier 18 " a été signalé après la période de garantie de parfait achèvement, et serait imputable aux entreprises Brezillon et Axima, ou à l'entreprise chargée de la maintenance ;
- les désordres relatifs au dégrilleur et au bouchage du réseau d'égouts du sas ambulance résultent de la résiliation des phases 2 et 3, et relèvent, dès lors, de prestations supplémentaires, la solution qu'elle avait proposée pour le dégrilleur étant provisoire ;
- à titre subsidiaire, la seule responsabilité du bureau d'études techniques Jacobs pourrait être recherchée pour le dégrilleur ;
- des réserves ont été émises au sujet du désordre relatif à la remise en état d'un portail, de voirie et des barrières de l'esplanade d'entrée de l'hôpital et de celles des logements de fonction, de sorte que sa responsabilité ne peut être recherchée ;
- les désordres relatifs à l'altération des cloisons dans les locaux CO3P14, COP17, COP10, COP 11, COP 18, COP 19 et COP 40 est imputable au GHPSO, en raison des techniques de nettoyage inappropriées mises en œuvre par le personnel de l'établissement ;
- à titre subsidiaire, sa part de responsabilité devrait être limitée à 10%, dès lors que le bureau de contrôle avait validé le choix des matériaux ;
- le désordre relatif aux parois de la chambre froide doit être limité à la somme de 39 044, 49 euros retenue par l'expert ;
- les désordres 3/58, 6/61, 8/63 et " huissier 17 " ne lui sont pas imputables, et relèveraient, à titre subsidiaire, de la seule responsabilité du bureau d'études techniques ;
- le bureau d'étude techniques NOX, venant aux droits de la société Jacobs, devrait la garantir des condamnations prononcées à son encontre, dès lors qu'elles concernent des désordres techniques ;
- les sociétés Bouygues, venant aux droits de la société Brézillon, Saga, Axima concept, Screg, Eliez, Cegelec, Artisal et Colas devraient la garantir pour les désordres qu'elle serait condamnée à indemniser.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 10 novembre 2022 et 29 juin 2023, ce dernier n'ayant pas été communiqué, la SAS Artisal, représentée par Me Pouilly, demande au tribunal :
1°) à titre principal, de rejeter les conclusions du GHPSO dirigées à son encontre, ainsi que les conclusions d'appel en garantie dirigées à son encontre ;
2°) à titre subsidiaire, de condamner la SAS Bouygues bâtiment Ile-de-France, la
SAS Saga, la SA Axima concept, la SARL Concast solutions France, la société Screg Nord Picardie, la société Eliez, la SA Dubois grandes cuisines, la SA Air Liquide santé, la SAS Cegelec Nord tertiaire, la société Creil sols, la SAS ILM installations laboratoires Mang, la SAS agence Michel Beauvais et associés et la société Les Plâtres modernes Claude Jobin, à la garantir contre toute condamnation mise à sa charge ;
3°) de mettre à la charge du GHPSO une somme de 10 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le désordre " réserve 62 " n'est pas motivé ;
- le désordre relatif aux portes avec oculus ne figurait pas dans le lot qui lui a été attribué, de sorte qu'il relève de travaux supplémentaires ;
- sa responsabilité n'est pas retenue par l'expert s'agissant du désordre relatif à la remise en état d'un portail, de voirie et des barrières de l'esplanade d'entrée de l'hôpital et de celles des logements de fonction ;
- sa responsabilité pour le désordre relatif aux peintures et fissures dans les couloirs du bâtiment C' rotonde n'est pas retenue par l'expert ;
- sa responsabilité n'a été retenue pour aucun des désordres dont le GHPSO demande l'indemnisation, de sorte qu'elle ne peut être condamnée à rembourser les frais d'expertise, ni la somme demandée par le GHPSO sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 3 avril et 13 juin 2023, la société Les Plâtres modernes Claude Jobin, représentée par Me Cagneaux-Dumont, demande au tribunal :
1°) à titre principal, de rejeter, pour irrecevabilité, les conclusions dirigées à son encontre par le GHPSO ;
2°) à titre subsidiaire, de rejeter les conclusions du GHPSO dirigées à son encontre ;
3°) à titre plus subsidiaire, de condamner la société Generali Iard à la garantir contre les condamnations prononcées à son encontre ;
4°) de rejeter les conclusions d'appel en garantie dirigées à son encontre ;
5°) de mettre à la charge du GHPSO une somme de 5 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les conclusions dirigées à son encontre par le GHPSO ne sont recevables ni au titre de la garantie décennale, ni au titre de la garantie de bon fonctionnement, dès lors qu'elle est intervenue en qualité de sous-traitant de la société Artisal ;
- les conclusions fondées sur la garantie de bon fonctionnement ne sont pas recevables, dès lors que les désordres ne concernent pas des éléments d'équipement indissociables de l'ouvrage ;
- à titre subsidiaire, le GHPSO doit être regardé comme ayant accepté les risques inhérents au choix des matériaux, dès lors que leur modification résulte de ses propres demandes ;
- à titre subsidiaire, les désordres résultent d'une faute du maitre d'ouvrage, dès lors qu'ils sont causés par les techniques de nettoyage mises en œuvre par le personnel de l'établissement, ainsi que par des chocs de chariots ayant abîmé les cloisons ;
- les désordres de la laverie sont imputables à la société Creil sols, dès lors que leur aggravation résulte de la création d'une contre-pente dans la réalisation des sols ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 juin 2023, la société Rougnon, représentée par Me Scanvic, demande au tribunal :
1°) de rejeter la requête ;
2°) de mettre à la charge du GHPSO une somme de 5 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les conclusions présentées sur le fondement de la garantie de parfait achèvement sont irrecevables, dès lors que la réception du lot qui lui a été attribué a été prononcée sans réserve et que les dates auxquelles les désordres ont été signalés postérieurement ne sont pas précisées ;
- les interventions des services techniques du GHPSO pour reprendre les désordres " huissier 4 ", " huissier 5 " et " huissier 24 " ne sont pas justifiées ;
- le désordre relatif au rideau d'air chaud n'est pas établi, dès lors qu'il n'a pas pu être constaté contradictoirement ;
- le désordre relatif au filtre dans le local dénommé " eau glacée " ne relève pas de la garantie décennale ;
- les intérêts ne peuvent commencer à courir avant la date de saisine du tribunal.
Par ordonnance du 14 juin 2023, la clôture de l'instruction a été fixée en dernier lieu au 30 juin 2023, à 12 heures.
Par lettre du 1er février 2024, les parties ont été informées, sur le fondement de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le tribunal était susceptible de relever d'office le moyen tiré de l'irrecevabilité des conclusions dirigées à l'encontre de la société Colas, qui ont été présentées aux termes d'un mémoire du 11 avril 2022, soit plus de deux mois à compter de l'enregistrement de la requête, à une date à laquelle des demandes nouvelles ne pouvaient plus être présentées.
Par un mémoire, enregistré le 5 février 2024, qui n'a pas été communiqué, le GHPSO a produit des observations en réponse à ce moyen d'ordre public.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des marchés publics, alors en vigueur ;
- le cahier des clauses administratives générales travaux, issu du décret du 21 janvier 1976 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Rondepierre, rapporteure,
- les conclusions de Mme Minet, rapporteure publique,
- et les observations de Me Maridonneau, représentant le GHPSO, celles de Me Otto, représentant la société Bouygues Bâtiment Ile-de-France, celles de Me Gibeault, représentant la SAS Saga, celles de Me Kouakou, représentant la société Eliez, ainsi que celles de Me Keller, représentant la société Cegelec Nord Tertiaire.
Une note en délibéré a été présentée par la société Bouygues bâtiment Ile-de-France, venant aux droits de la société Brézillon, le 7 février 2024.
Considérant ce qui suit :
1. Le centre hospitalier Laënnec de Creil, fusionné au sein du groupe hospitalier public du Sud de l'Oise (GHPSO) le 1er janvier 2012, a entrepris, à compter de 2003, la restructuration et l'extension de ses bâtiments au terme d'un projet comportant trois phases. La maîtrise d'œuvre a été confiée à un groupement de sociétés dont le mandataire était l'agence Michel Beauvais et associés et qui comprenait la société Jacobs France, devenue la SAS Nox Industrie et Process (BET NOX), et la SCP Economie 80, par un acte d'engagement du 10 juillet 2003. Les 14 lots du marché public de travaux ont été attribués en mars 2010 aux sociétés Brezillon pour le lot n° 1 " clos et couvert ", Artisal pour le lot n° 2 " cloisons, menuiseries intérieurs et faux plafond ", Eliez pour le lot n° 3 " sols souples et coulés " et pour le lot n° 5 " Peinture et revêtement muraux ", Creil sols pour le lot n° 4 " sols scellés faïence ", SCREG Nord Picardie pour le lot n° 6 " voirie, réseaux divers et espaces verts ", Saga pour le lot n° 7 " plomberie sanitaire ", Air liquide santé pour le lot n° 8 " fluides médicaux ", ILM Installations Laboratoire pour le lot n° 9 " paillasses ", Axima concept et Rougnon, répondant en groupement, pour le lot n° 10 " chauffage, ventilation, climatisation, désenfumage et synthèse ", Cegelec Nord tertiaire pour le lot n° 11 " électricité ", Koné, également nommée Concast solutions France, pour le lot n° 12 " ascenseurs ", Swisslog pour le lot n° 13 " transport pneumatique ", et Dubois Grandes Cuisines pour le lot n° 14 " équipement de cuisine ". Par un ordre de service du 10 mars 2010, le chantier a débuté le 1er avril 2010. Par un ordre de service du 18 mai 2011, le GHPSO a prononcé la résiliation partielle du marché pour motif d'intérêt général, et notamment des phases 2 et 3 de l'opération. Les travaux réalisés au titre de la phase 1 ont été réceptionnés, le cas échéant, avec réserves, le 7 juin 2013. Par les arrêts 15DA00447 et 18DA00300, la cour administrative d'appel de Douai a ordonné une expertise en vue de déterminer les origines des malfaçons de l'ouvrage. Le rapport d'expertise a été rendu le 15 janvier 2022.
2. Le GHPSO demande au tribunal de condamner :
- la société Brezillon à lui verser une somme totale de 235 516, 62 euros hors taxes, correspondant à huit désordres, à titre principal, sur le fondement de la garantie de parfait achèvement, à titre subsidiaire, sur le fondement de la responsabilité contractuelle pour trois des huit désordres, et sur le fondement de la garantie décennale pour trois autres désordres ;
- la société Artisal à lui verser une somme de 4 536 euros hors taxes, correspondant à un désordre pour lequel sa responsabilité est recherchée, à titre principal, sur le fondement de la garantie de parfait achèvement, à titre subsidiaire, et solidairement avec le mandataire du groupement de maitrise d'œuvre, sur le fondement de la garantie décennale, et à titre plus subsidiaire, et solidairement avec le mandataire du groupement de maitrise d'œuvre, sur le fondement de la responsabilité contractuelle ;
- la société Saga à lui verser une somme totale de 13 800 euros hors taxes, correspondant à huit désordres, sur le fondement de la garantie de parfait achèvement ;
- la société Axima à lui verser une somme de 4 235 euros hors taxes, correspondant à un désordre pour lequel sa responsabilité est recherchée, à titre principal, sur le fondement de la garantie de parfait achèvement, à titre subsidiaire, et solidairement avec le mandataire du groupement de maitrise d'œuvre, sur le fondement de la responsabilité contractuelle ;
- la société Rougnon à lui verser une somme totale de 20 892, 29 euros hors taxes, correspondant à cinq désordres, sur le fondement de la garantie de parfait achèvement ;
- la société Colas à lui verser une somme de 121 308 euros hors taxes, correspondant à deux désordres, à titre principal, sur le fondement de la garantie de parfait achèvement, à titre subsidiaire, et solidairement avec le mandataire du groupement de maitrise d'œuvre, sur le fondement de la garantie décennale, et à titre plus subsidiaire, et solidairement avec le mandataire du groupement de maitrise d'œuvre, sur le fondement de la responsabilité contractuelle ;
- solidairement les sociétés Saga et Artisal à lui verser une somme de 1 920 euros hors taxes correspondant à un désordre pour lequel leur responsabilité est recherchée sur le fondement de la garantie de parfait achèvement ;
- solidairement les sociétés Brezillon et Axima à lui verser une somme de 1 125 euros hors taxes, correspondant à un désordre pour lequel leur responsabilité est recherchée, à titre principal, sur le fondement de la garantie de parfait achèvement, à titre subsidiaire, sur le fondement de la garantie décennale, solidairement avec le maitre d'œuvre, et à titre plus subsidiaire, sur le fondement de la garantie contractuelle, solidairement avec le maitre d'œuvre ;
- solidairement les sociétés Saga et Cegelec, à lui verser une somme de 1 092 euros hors taxes, correspondant à un désordre pour lequel leur responsabilité est recherchée, à titre principal, sur le fondement de la garantie de parfait achèvement, à titre subsidiaire, sur le fondement de la garantie décennale ;
- solidairement les sociétés Brézillon, Saga, Axima, Concast solutions France, Screg Nord Picardie, Eliez, Dubois grandes cuisines, Air liquide santé, Cegelec nord tertiaire, Creil sols, Artisal, ILM installations laboratoires Mang, à lui verser une somme de 21 802, 80 euros hors taxes, correspondant à un désordre pour lequel est recherchée leur responsabilité, à titre principal, sur le fondement de la garantie de parfait achèvement, à titre subsidiaire, solidairement avec le groupement de maitrise d'œuvre, sur le fondement de la garantie décennale ;
- solidairement les sociétés Eliez et Artisal à lui verser une somme de 106 114, 50 euros hors taxes, correspondant à un désordre pour lequel leur responsabilité est recherchée, à titre principal, sur le fondement de la garantie de parfait achèvement, à titre subsidiaire, sur le fondement de la garantie biennale, et à titre plus subsidiaire, sur le fondement de la garantie décennale ;
- solidairement les sociétés Eliez, Creil sols et Saga à lui verser une somme de 7 225 euros hors taxes, correspondant à un désordre pour lequel leur responsabilité est recherchée, à titre principal, sur le fondement de la garantie de parfait achèvement, et à titre subsidiaire, sur le fondement de la garantie décennale ;
- solidairement les sociétés Creil sols, Artisal, Les plâtres modernes C. Jobin et Michel Beauvais, mandataire du groupement de maitrise d'œuvre, à lui verser une somme de
21 687, 04 euros hors taxes, correspondant à un désordre pour lequel leur responsabilité est recherchée, à titre principal, sur le fondement de la garantie décennale, et à titre subsidiaire, sur le fondement de la garantie contractuelle ;
- solidairement les sociétés Saga et Michel Beauvais, mandataire du groupement de maitrise d'œuvre, à lui verser une somme totale de 720 euros hors taxes, correspondant à deux désordres pour lesquels leur responsabilité est recherchée sur le fondement de la responsabilité contractuelle ;
- solidairement les sociétés Cegelec et Michel Beauvais, mandataire du groupement de maitrise d'œuvre, à lui verser une somme totale de 360 euros hors taxes, correspondant à un désordre pour lequel leur responsabilité est recherchée sur le fondement de la responsabilité contractuelle.
3. La société Eliez demande au tribunal de rejeter la requête et, à titre subsidiaire, de condamner les sociétés Brézillon, Saga, Axima, Concast solutions France, Screg Nord Picardie, Dubois grandes cuisines, Air liquide santé, Cegelec nord tertiaire, Creil sols, Artisal, ILM installations laboratoires Mang et Agence Michel Beauvais et associés à la garantir de toute condamnation prononcée à son encontre.
4. La société Air Liquide Santé demande au tribunal de donner acte au GHPSO du désistement des conclusions dirigées à son encontre et, à titre subsidiaire, de rejeter les demandes d'appel en garantie dirigées à son encontre.
5. La société Saga demande au tribunal de rejeter la requête, ainsi que les conclusions d'appel en garantie dirigées à son encontre. A titre subsidiaire, elle demande de condamner la société Cegelec à la garantir contre une condamnation pour le désordre 13/68, de condamner les sociétés Brézillon, Axima, Concast solutions France, Screg Nord Picardie, Eliez, Dubois grandes cuisines, Air liquide santé, Cegelec nord tertiaire, Creil sols, Artisal, ILM installations laboratoires Mang à la garantir contre une condamnation pour les désordres GPA 118 808 et 118 809, de condamner les sociétés Eliez et Creil sols à la garantir contre une condamnation pour le désordre GPA 115 960, à condamner le groupement de maîtrise d'œuvre à la garantir contre toute condamnation pour les désordres 3/58, 6/61 et 8/63.
6. La société Axima concept demande au tribunal de rejeter la requête ainsi que les conclusions d'appel en garantie présentées à son encontre.
7. La société Creil sols demande au tribunal, à titre principal, de rejeter la requête, ainsi que les conclusions d'appel en garantie présentées à son encontre, et à titre subsidiaire, de limiter à 21 802, 80 euros toutes taxes comprises et à 260 euros hors taxes, soit 312 euros toutes taxes comprises, les sommes auxquelles elle serait condamnée à indemniser la GHPSO au titre du préjudice relatif aux désordres 118 808 et 118 809, et de limiter à 2 168, 70 euros hors taxes, soit 2 602, 45 euros toutes taxes comprises, et à 5 444, 47 euros hors taxes, soit 6 533, 36 euros toutes taxes comprises, les sommes auxquelles elle pourrait être condamnée à indemniser le GHPSO, au titre des désordres " huissier 1 " et " huissier 2 ".
8. La société Cégelec Nord tertiaire demande au tribunal, à titre principal, de rejeter la requête, ainsi que les conclusions d'appel en garantie présentées à son encontre, et à titre subsidiaire, de limiter à 1 092 euros hors taxes, soit 1 310 euros toutes taxes comprises, la somme à laquelle la condamnation à indemniser le GHPSO au titre du désordre DST 13/68 pourrait être prononcée.
9. La société Bouygues bâtiment Ile-de-France, venant aux droits de la société Brézillon, demande au tribunal de limiter à 2 550 euros la somme à laquelle la condamnation à indemniser le GHPSO, au titre du désordre décrit dans les fiches GPA 119 330 et 119 332, pourrait être prononcée, et de rejeter les conclusions indemnitaires présentées par le GHPSO au titre des désordres " huissier 7 et 8 ", " huissier 13 ", " huissier 14 ", " huissier 18 ", ainsi qu'au titre des désordres 118 808 et 118 809, de rejeter les conclusions indemnitaires du GHPSO pour les désordres concernant les façades de la rotonde, à titre subsidiaire, de limiter la somme à laquelle elle pourrait être condamnée au titre de ce désordre à 53 566 euros, ou, à titre plus subsidiaire, à la somme de 62 614 euros, de rejeter les conclusions indemnitaires du GHPSO concernant les façades du bâtiment cuisine, à titre subsidiaire, de limiter la somme à laquelle elle pourrait être condamnée au titre de ce désordre à 126 978, 10 euros et de rejeter les appels en garantie dirigés à son encontre.
10. La société Michel Beauvais demande au tribunal de rejeter les conclusions présentées par le GHPSO à son encontre et de condamner la société Bouygues, venant aux droits de la société Brézillon, ainsi que les sociétés Saga, Axima concept, Screg, Eliez, Cegelec, Artisal, Colas, ainsi que le BET NOX à la garantir de toute condamnation prononcée à son encontre.
11. La société Artisal demande au tribunal, à titre principal, de rejeter les conclusions du GHPSO dirigées à son encontre, ainsi que les conclusions d'appel en garantie dirigées à son encontre, et à titre subsidiaire, de condamner la SAS Bouygues bâtiment Ile-de-France, la
SAS Saga, la SA Axima concept, la SARL Concast solutions France, la société Screg Nord Picardie, la société Eliez, la SA Dubois grandes cuisines, la SA Air Liquide santé, la SAS Cegelec Nord tertiaire la société Creil sols, la SAS ILM installations laboratoires Mang, la SAS agence Michel Beauvais et associés et la société Les Plâtres modernes Claude Jobin, à la garantir contre toute condamnation mise à sa charge.
12. La société Les Plâtres modernes Claude Jobin demande au tribunal, à titre principal, de rejeter la requête, ainsi que les appels en garantie dirigés à son encontre, et à titre subsidiaire, de condamner la société Generali Iard à la garantir contre les condamnations prononcées à son encontre.
13. La société Rougnon demande au tribunal de rejeter la requête.
Sur le désistement des conclusions dirigées contre la société Air Liquide Santé :
14. Par un mémoire enregistré le 13 octobre 2022, le GHPSO a déclaré se désister des conclusions dirigées contre la société Air Liquide Santé. Aucune circonstance ne s'oppose à ce qu'il soit donné acte de ce désistement pur et simple.
Sur les conclusions indemnitaires :
15. D'une part, aux termes de l'article 9.5 du CCAP du marché : " Le délai de garantie de parfait achèvement est d'un an pour l'ensemble des ouvrages et commencera à la réception des travaux ". Aux termes de l'article 44 du CCAG travaux du 21 janvier 1976, applicable au litige : " Le délai de garantie est, sauf stipulation différente du marché et sauf prolongation décidée comme il est dit au 2 du présent article, d'un an à compter de la date d'effet de la réception, ou de six mois à compter de cette date si le marché ne concerne que des travaux d'entretien ou des terrassements. / Pendant le délai de garantie, indépendamment des obligations qui peuvent résulter pour lui de l'application du 4 de l'article 41, l'entrepreneur est tenu à une obligation dite "obligation de parfait achèvement" au titre de laquelle il doit : / a) Exécuter les travaux et prestations éventuels de finition ou de reprise prévus aux 5 et 6 de l'article 41 ; / b) Remédier à tous les désordres signalés, par le maître de l'ouvrage ou le maître d'œuvre, de telle sorte que l'ouvrage soit conforme à l'état où il était lors de la réception ou après correction des imperfections constatées lors de celle-ci ; / c) Procéder, le cas échéant, aux travaux confortatifs ou modificatifs dont la nécessité serait apparue à l'issue des épreuves effectuées conformément au C.C.A.P. ; / d) Remettre au maître d'œuvre les plans des ouvrages conformes à l'exécution dans les conditions précisées à l'article 40. / Les dépenses correspondant aux travaux complémentaires prescrits par le maître de l'ouvrage ou le maître d'œuvre ayant pour objet de remédier aux déficiences énoncées aux b et c ci-dessus ne sont à la charge de l'entrepreneur que si la cause de ces déficiences lui est imputable. / L'obligation de parfait achèvement ne s'étend pas aux travaux nécessaires pour remédier aux effets de l'usage ou de l'usure normale. () ". La garantie de parfait achèvement s'étend à la reprise d'une part des désordres ayant fait l'objet de réserves dans le procès-verbal de réception, d'autre part de ceux qui apparaissent et sont signalés dans l'année suivant la date de réception.
16. D'autre part, il résulte des principes qui régissent la garantie décennale des constructeurs que des désordres apparus dans le délai d'épreuve de dix ans, de nature à compromettre la solidité de l'ouvrage ou à le rendre impropre à sa destination dans un délai prévisible, engagent leur responsabilité, même s'ils ne se sont pas révélés dans toute leur étendue avant l'expiration du délai de dix ans. Le constructeur dont la responsabilité est recherchée sur ce fondement ne peut en être exonéré, outre les cas de force majeure et de faute du maître d'ouvrage, que lorsque, eu égard aux missions qui lui étaient confiées, il n'apparaît pas que les désordres lui soient en quelque manière imputables
17. Enfin, la réception est l'acte par lequel le maître de l'ouvrage déclare accepter l'ouvrage avec ou sans réserve et qui met fin aux rapports contractuels entre le maître de l'ouvrage et les constructeurs en ce qui concerne la réalisation de l'ouvrage. Si elle interdit, par conséquent, au maître de l'ouvrage d'invoquer, après qu'elle a été prononcée, et sous réserve de la garantie de parfait achèvement, des désordres apparents causés à l'ouvrage ou des désordres causés aux tiers, dont il est alors réputé avoir renoncé à demander la réparation, elle ne met fin aux obligations contractuelles des constructeurs que dans cette seule mesure. Ainsi la réception demeure, par elle-même, sans effet sur les droits et obligations financiers nés de l'exécution du marché, à raison notamment de retards ou de travaux supplémentaires, dont la détermination intervient définitivement lors de l'établissement du solde du décompte définitif. Seule l'intervention du décompte général et définitif du marché a pour conséquence d'interdire au maître de l'ouvrage toute réclamation à cet égard.
En ce qui concerne les conclusions dirigées contre la seule société Bouygues bâtiment Ile-de-France, venant aux droits de la société Brézillon :
18. En premier lieu, il est constant que plusieurs malfaçons dans la réalisation du lot
n° 1 ont fait l'objet de réserves dans l'année qui a suivi la réception du 7 juin 2013, sans que la société Brézillon n'y ait remédié pendant cette période, ou de manière insuffisante, de sorte que le GHPSO est fondé à en demander l'indemnisation sur le fondement de la garantie de parfait achèvement, dont les principes sont rappelés au point 15. Il en va ainsi :
- du désordre n° 116 675, relatif à un joint défectueux entre les blocs fenêtres et le laboratoire, pour un montant de 2 772 euros toutes taxes comprises ;
- du désordre n° 118 780, relatif à deux trous laissés dans une cloison pour un passage de câbles, pour un montant de 540 euros toutes taxes comprises ;
- des désordres nos 119 330 et 119 332, relatifs à des fissures de dilatation de peinture, pour un montant qu'il conviendra toutefois de ramener à 2 700 euros toutes taxes comprises, dès lors que ce seul montant est justifié par le devis fourni par le GHPSO à l'appui de ses demandes ;
- du désordre relatif aux fissures extérieures du bâtiment cuisine, pour un montant de 152 373, 72 euros toutes taxes comprises ;
- du désordre relatif aux fissures apparues sur les façades de la rotonde relevées dès le 6 mai 2014, pour un montant qu'il convient toutefois de ramener à 64 396, 80 euros toutes taxes comprises, dès lors que le devis sur lequel le GHPSO justifie son préjudice comporte des prestations inutiles à la reprise des travaux.
19. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction que si la porte coupe-feu du local " groupe électrogène " est dysfonctionnelle après avoir été tronçonnée en haut du vantail semi-fixe, un tel désordre, dont la première constatation date du 24 juillet 2014, et qui n'aurait pu qu'être apparent lors des opérations de réception, ne peut être imputé à la société Brézillon. Par suite, le GHPSO n'est fondé à rechercher la responsabilité de la société Brézillon ni sur le fondement de la garantie de parfait achèvement, ni sur le terrain décennal, ni enfin, sur le fondement de la garantie contractuelle. Enfin, alors qu'il n'établit pas sérieusement que le désordre était visible avant sa première constatation et notamment pas lors des opérations de réception, le GHPSO n'est pas davantage fondé à rechercher la responsabilité solidaire du maître d'œuvre.
20. En troisième lieu, il résulte de l'instruction que les infiltrations d'eau dans le couloir du sous-sol ont pour origine la résiliation partielle du marché, intervenue le 18 mai 2011 et ayant notamment eu pour effet de ne pas faire réaliser la troisième phase des travaux initialement prévue et qui comportait les travaux d'étanchéité de cette zone. Pour cette raison, le GHPSO n'est pas fondé à rechercher la responsabilité de la société Brézillon pour ce désordre, ni au titre de la garantie de parfait achèvement, ni sur le fondement de la responsabilité contractuelle. Par ailleurs, à supposer qu'il soit fondé à rechercher la responsabilité contractuelle du maître d'œuvre à raison d'un manquement à son obligation de conseil qui aurait permis d'éviter ce désordre, le GHPSO, qui aurait, en toute hypothèse, dû s'acquitter du prix des travaux supplémentaires nécessaires au traitement de ces désordres, ne justifie pas d'un préjudice.
21. En quatrième lieu, il résulte de l'instruction que l'origine de la fuite dans le local C02C29 provient d'un bâtiment préexistant, qui n'a pas été modifié dans le cadre du marché, le mauvais état des joints relevant de l'entretien normal du bâtiment. Dans ces conditions, le GHPSO, qui ne démontre pas sérieusement de lien entre les travaux du marché et ces fuites, n'est fondé à rechercher la responsabilité de la société Brézillon ni sur le fondement de la garantie de parfait achèvement, ni au titre de la garantie décennale.
22. Il résulte de ce qui précède que le GHPSO est fondé à demander la condamnation de la société Bouygues bâtiment Ile-de-France, venant aux droits de la société Brézillon au titre de la garantie de parfait achèvement pour une somme de 222 782, 52 euros qu'il y a lieu d'assortir des intérêts au taux légal à compter du 11 avril 2022, date à laquelle ont été précisées ses demandes, ainsi que de leur capitalisation à compter du 11 avril 2023, puis à chaque date anniversaire
En ce qui concerne les conclusions dirigées contre la seule société Artisal :
23. Si le GHPSO soutient que l'absence d'oculi sur huit portes de laboratoires constitue une faute de nature à engager la responsabilité de la société Artisal, il résulte de l'instruction qu'aucun des documents du marché ne faisait figurer ces portes dans la liste de celles pour lesquelles était requis un tel équipement. Il ne résulte par ailleurs pas des normes techniques dont se prévaut le GHPSO que les portes de laboratoires doivent être obligatoirement dotées d'oculi, alors que l'emploi de cet équipement ne constitue qu'une recommandation. Dans ces conditions, et alors que le GHPSO démontre pas qu'une instruction ait été spécifiquement donnée en ce sens, celui-ci n'est fondé à rechercher ni la responsabilité de la société Artisal, ni celle du maître d'œuvre à raison de ce désordre.
En ce qui concerne les conclusions dirigées contre la seule société Saga :
24. Il résulte de l'instruction que plusieurs malfaçons dans la réalisation du lot n° 7 ont fait l'objet de réserves dans l'année qui a suivi la réception du 7 juin 2013, sans que la société Saga ne justifie être intervenue pendant cette période, de sorte que le GHPSO est fondé à en demander l'indemnisation sur le fondement de la garantie de parfait achèvement, dont les principes sont rappelés au point 15. Il en va ainsi :
- du désordre n° 120 167, relatif au bouchage des échangeurs du SPIREC 800, dont il résulte de l'instruction que la réparation a été réalisée par les services techniques du GHPSO, le préjudice étant ainsi justifié à hauteur de 3 360 euros hors taxes ;
- du désordre n° 120 446, relatif au piquage d'une canalisation d'eau adoucie partant d'un local technique, ainsi qu'à l'absence de clapet anti-retour et de disconnecteur, dont il résulte de l'instruction qu'il a été réparé par les services techniques du GHPSO, le préjudice étant ainsi justifié à hauteur de 720 euros hors taxes ;
- du désordre n° 120 507, relatif au dysfonctionnement d'une pompe de relevage, dont il résulte de l'instruction qu'il a été réparé par les services techniques du GHPSO, le préjudice étant ainsi justifié à hauteur de 3 840 euros hors taxes ;
- du désordre n° 120 575, relatif à une fuite de chasse d'eau, dont il résulte de l'instruction qu'il a été réparé par les services techniques du GHPSO, le préjudice étant ainsi justifié à hauteur de 240 euros hors taxes ;
- du désordre n° 120 236, résultant d'une fuite récurrente sur une bride visée sur le réseau primaire, pour un montant de 780 euros toutes taxes comprises ;
- du désordre n° 122 239, relatif aux dégradations sur les plâtres et la peinture dans les locaux C02W13 et C02W18, dont il résulte de l'instruction que la réparation peut être prise en charge par les services techniques du GHPSO, le préjudice étant ainsi ramené à la somme de
790 euros hors taxes ;
- du désordre ayant fait l'objet de la réserve n° 53 lors des opérations de réception, et relatif au défaut de fourniture de plusieurs mètres d'isolant thermique dans un vide sanitaire, pour un montant de 444 euros toutes taxes comprises ;
- des désordres ayant fait l'objet des réserves n° 70 et n° 104 lors des opérations de réception, et relatifs aux évacuations des terrasses " R+7 " et " R+8 ", pour un montant de
864 euros toutes taxes comprises.
25. Il résulte de ce qui précède que le GHPSO est fondé à rechercher la responsabilité de société Saga au titre de la garantie de parfait achèvement pour une somme de 11 038 euros, qu'il y a lieu d'assortir des intérêts au taux légal à compter du 11 avril 2022, date à laquelle ont été précisées ses demandes, ainsi que de leur capitalisation à compter du 11 avril 2023, puis à chaque date anniversaire.
En ce qui concerne les conclusions dirigées contre la seule société Axima :
26. Il est constant qu'alors le raccordement de quatre nouveaux groupes froids, livrés dès la première phase, était initialement prévue de manière progressive, durant l'exécution des trois phases du marché, l'intervention de la résiliation partielle du marché impliquait l'adaptation du logiciel initial aux conditions réelles de fonctionnement des équipements. S'il résulte de l'instruction que la société Axima a interrogé le GHPSO sur les effets de cette résiliation dans la réalisation des travaux qui lui étaient confiés en vertu du lot n° 10, elle aurait toutefois dû, dans le cadre de son devoir de conseil, adapter la programmation de ces groupes froids. Dans ces conditions, le GHPSO, qui a dû faire procéder à la modification du logiciel de pilotage de ces équipements, afin de résoudre le désordre n° 119 641, pour un montant de 5 082 euros toutes taxes comprises, est fondé à rechercher sa responsabilité sur le fondement de la garantie de parfait achèvement, à hauteur de cette même somme, qu'il y a lieu d'assortir des intérêts au taux légal à compter du 11 avril 2022, date à laquelle ont été précisées ses demandes, ainsi que de leur capitalisation à compter du 11 avril 2023, puis à chaque date anniversaire.
En ce qui concerne les conclusions dirigées contre la seule société Rougnon :
27. En premier lieu, aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. / Le délai prévu au premier alinéa n'est pas applicable à la contestation des mesures prises pour l'exécution d'un contrat ". Le délai de recours prévu par ces dispositions n'est pas applicable à un recours, relatif à une créance née de travaux publics, dirigé contre une personne morale de droit privé qui n'est pas chargée d'une mission de service public administratif. Par suite, il ne peut être opposé à l'auteur d'un tel recours aucun délai au-delà duquel il ne pourrait, devant la juridiction de première instance, régulariser sa requête au regard de l'article R. 411-1 du code de justice administrative ou formuler des conclusions présentant le caractère d'une demande nouvelle car reposant sur une cause juridique distincte de celle invoquée dans sa requête.
28. A supposer que la société Rougnon ait entendu soulever une fin de non-recevoir tirée de la tardiveté des conclusions dirigées à son encontre et présentées pour la première fois par le GHPSO le 11 avril 2022, il résulte des principes rappelés au point précédent qu'il n'y aurait pas lieu d'y faire droit.
29. En deuxième lieu, il est constant que plusieurs malfaçons dans la réalisation du lot
n° 10 ont fait l'objet de réserves dans l'année qui a suivi la réception du 7 juin 2013, sans que la société Rougnon n'y ait remédié pendant cette période, de sorte que le GHPSO est fondé à en demander l'indemnisation sur le fondement de la garantie de parfait achèvement, dont les principes sont rappelés au point 15. Il en va ainsi :
- du désordre " huissier 4 ", relatif au calage de la batterie terminale froide, dont il résulte de l'instruction que la réparation a été réalisée par les services techniques du GHPSO, le préjudice étant ainsi justifié à hauteur de 240 euros hors taxes ;
- du désordre " huissier 5 ", relatif au raccordement des condensant du climatiseur dans les toilettes C03C14, dont il résulte de l'instruction que la réparation a été réalisée par les services techniques du GHPSO, le préjudice étant ainsi justifié à hauteur de 480 euros hors taxes ;
- du désordre " huissier 24 ", relatif au réglage du désalignement des poulies d'entrainement, dont il résulte de l'instruction que la réparation a été réalisée par les services techniques du GHPSO, le préjudice étant ainsi justifié à hauteur de 240 euros hors taxes ;
- du désordre " huissier 23 ", relatif au dysfonctionnement du filtre dans le local " eau glacée ", pour un montant de 3 022, 80 euros toutes taxes comprises.
30. En troisième lieu, il résulte de l'instruction que le désordre n° 119 547 " huissier 12 ", relatif au dysfonctionnement du rideau d'air chaud nécessitait uniquement une intervention sur la commande de cet équipement. Par suite, le GHPSO, qui a fait procéder au remplacement de l'intégralité de ce rideau d'air chaud, ne justifie pas de la réalité du préjudice dont il se prévaut et n'est pas fondé à rechercher la responsabilité de la société Rougnon pour ce désordre.
31. Il résulte de ce qui précède que le GHPSO est fondé à rechercher la responsabilité de société Rougnon au titre de la garantie de parfait achèvement pour une somme de 3 982, 80 euros, qu'il y a lieu d'assortir des intérêts au taux légal à compter du
11 avril 2022, date à laquelle ont été précisées ses demandes, ainsi que de leur capitalisation à compter du 11 avril 2023, puis à chaque date anniversaire.
En ce qui concerne les conclusions dirigées contre la seule société Colas :
32. Alors que l'existence d'un lien contractuel avec la société Colas n'est pas démontrée, non plus, par suite, que sa qualité de constructeur à son égard, le GHPSO n'est fondé à rechercher la responsabilité de cette société sur aucun des fondements dont il se prévaut. Par ailleurs, en admettant que le GHPSO demande à ce titre la condamnation solidaire du maître d'œuvre, il ne résulte pas de l'instruction que les désordres " huissier 25 " et 114 832, à les supposer établis, alors qu'il résulte de l'instruction que l'égout n'a été bouché qu'une fois, sans qu'un tel évènement ne se produise à nouveau depuis 2013, trouvent leur cause dans les agissements de celui-ci. Par suite, les conclusions présentées à ce titre par le GHPSO doivent être rejetées.
En ce qui concerne les conclusions dirigées solidairement contre les sociétés Saga et Artisal :
33. Il est constant que les services techniques du GHPSO ont procédé aux modifications nécessaires pour remédier à la réserve " 7/62 " relative à l'absence d'un passe-plat ainsi que d'un lave-endoscopes. Il résulte par ailleurs de l'instruction que ce désordre est uniquement imputable à la société Saga, qui sera, par suite, condamnée à verser au GHPSO une somme de
1 920 euros hors taxes, qu'il y a lieu d'assortir des intérêts au taux légal à compter du
11 avril 2022, date à laquelle ont été précisées ses demandes, ainsi que de leur capitalisation à compter du 11 avril 2023, puis à chaque date anniversaire.
34. Il résulte de ce qui vient d'être dit que les conclusions par lesquelles la société Artisal appelle la société Saga en garantie sont dépourvues d'objet et seront rejetées.
En ce qui concerne les conclusions dirigées solidairement contre les sociétés Brezillon et Axima :
35. Il résulte de l'instruction que les 200 aimants dont l'absence constitue le désordre allégué par le GHPSO étaient présents lors des opérations de réception. Par ailleurs, s'il est constant qu'en l'absence de ces aimants sur le battant de fenêtres, le fonctionnement de la climatisation de plusieurs pièces est compromis, un tel désordre n'est toutefois pas de nature à compromettre la solidité ni la destination de l'ouvrage. Pour ces raisons, le GHPSO, qui n'établit par ailleurs aucun manquement aux obligations contractuelles des sociétés Brezillon ou Axima, ni à celles de son maître d'œuvre, n'est fondé à rechercher leur responsabilité sur aucun des fondements dont il se prévaut.
En ce qui concerne les conclusions dirigées solidairement contre les sociétés Saga et Cegelec :
36. Le désordre dont il est demandé la réparation concerne uniquement des trous dans le mur d'un local technique, dont la ventilation n'est par ailleurs pas compromise. Dès lors qu'il résulte de l'instruction que la société Saga est à l'origine de ces trous, le GHPSO est fondé à rechercher la responsabilité de cette dernière sur le fondement de la garantie de parfait achèvement, pour une somme de 1 310, 40 euros toutes taxes comprises, qu'il y a lieu d'assortir des intérêts au taux légal à compter du 11 avril 2022, date à laquelle ont été précisées ses demandes, ainsi que de leur capitalisation à compter du 11 avril 2023, puis à chaque date anniversaire.
37. Alors qu'elles ne sont étayées par aucun élément sérieux, les conclusions par lesquelles la société Saga demande à être garantie par la société Cegelec contre cette condamnation seront rejetées.
En ce qui concerne les conclusions dirigées solidairement contre les sociétés Brézillon, Saga, Axima, Concast solutions France, Screg Nord Picardie, Eliez, Dubois grandes cuisines, Air liquide santé, Cegelec nord tertiaire, Creil sols, Artisal, ILM installations laboratoires Mang :
38. Il ne résulte pas de l'instruction que les désordres 118 808 et 118 809 relatifs à la remise en état du portail, de la voirie et des barrières de l'esplanade d'entrée et des logements de fonction seraient imputables à l'une des sociétés dont la responsabilité est recherchée par le GHPSO à ce titre. Dans ces conditions, les conclusions qu'elle présente sur ce fondement doivent être rejetées.
39. Il résulte de ce qui vient d'être dit que tant les conclusions présentées par la société Eliez que celles présentées par la société Saga afin d'appel en garantie sont dépourvues d'objet et seront rejetées.
En ce qui concerne les conclusions dirigées solidairement contre les sociétés Eliez et Artisal :
40. D'une part, les fissures apparues sur la peinture des couloirs dans le bâtiment C' Rotonde ont fait l'objet de réserves lors des opérations de réception et il résulte d'autre part de l'instruction, que ces fissures concernent les seules peintures réalisées par la société Eliez, et non les cloisons et plâtres dont la société Artisal était chargée. Par suite, le GHPSO est fondé à rechercher la responsabilité de la société Eliez sur le fondement de la garantie de parfait achèvement, et, sans qu'elle ne soit fondée à soutenir qu'un coefficient de vétusté doive être appliqué, à condamner cette dernière à verser au centre hospitalier la somme de
127 337, 40 euros toutes taxes comprises, qu'il y a lieu d'assortir des intérêts au taux légal à compter du 11 avril 2022, date à laquelle ont été précisées ses demandes, ainsi que de leur capitalisation à compter du 11 avril 2023, puis à chaque date anniversaire.
41. Il résulte de ce qui vient d'être exposé que les conclusions à fin d'appel en garantie présentées par la société Artisal sont dépourvues d'objet et que celles présentées par la société Eliez ne sont pas fondées.
En ce qui concerne les conclusions dirigées solidairement contre les sociétés Eliez, Creil sols et Saga :
42. Il résulte de l'instruction que le désordre constaté le 15 novembre 2013 sous le numéro 115 960 concerne, d'une part, le défaut de mise en résine de plusieurs dés de béton, imputable à la seule société Eliez et, d'autre part, l'absence d'étanchéification de passages de canalisations dans des fourreaux, imputable à la seule société Saga, sans toutefois qu'aucun de ces désordres n'ait concouru à la réalisation de l'autre. Dans ces conditions, le GHPSO est fondé à rechercher, sur le fondement de la garantie de parfait achèvement, d'une part, la responsabilité de la seule société Eliez, à hauteur de 312 euros toutes taxes comprises et, d'autre part, la responsabilité de la seule société Saga, à hauteur de 1 320 euros toutes taxes comprises, sans que la responsabilité solidaire de la société Creil sols ne puisse par ailleurs être recherchée, dès lors qu'il ne résulte pas de l'instruction qu'elle ait été responsable de l'un ou l'autre de ces désordres. Il y a, par ailleurs, lieu d'assortir ces sommes des intérêts au taux légal à compter du
11 avril 2022, date à laquelle ont été précisées ses demandes, ainsi que de leur capitalisation à compter du 11 avril 2023, puis à chaque date anniversaire.
43. Compte tenu de ce qui vient d'être exposé, les conclusions présentées par la société Eliez à fins de faire garantir sa condamnation par les sociétés Saga et Creil sols doivent être rejetées.
En ce qui concerne les conclusions dirigées solidairement contre les sociétés Creil Sols, Artisal, Les Plâtres modernes C Jobin et la société Michel Beauvais, mandataire du groupement de maitrise d'œuvre :
44. En premier lieu, il résulte de l'instruction que la société Les Plâtres modernes C Jobin est intervenue en qualité de sous-traitant de la société Artisal, sans être liée par un contrat avec le GHPSO, qui n'est, par suite, fondé à rechercher sa responsabilité ni sur le fondement de la garantie décennale, ni sur le fondement de la garantie contractuelle.
45. En deuxième lieu, il résulte de ce qui vient d'être dit que les conclusions présentées par la société Les Plâtres modernes C Jobin à fin d'appel en garantie sont sans objet et doivent être rejetées.
46. En troisième lieu, conformément aux principes rappelés au point 16 du présent jugement, dès lors que les désordres relatifs à la gaine de la laverie C03P14 et au plafond de la chambre froide C02P11, située en-dessous, ne rendent pas l'ouvrage impropre à sa destination, le GHPSO n'est pas fondé à agir sur le fondement de la responsabilité décennale pour en obtenir réparation.
47. En quatrième lieu, il résulte de l'instruction que les désordres décrits au point précédent sont en partie imputables aux sociétés Creil sols, Artisal, et Michel Beauvais, le personnel du GHPSO, en n'évacuant pas systématiquement les eaux stagnantes et en n'évitant pas les chocs des chariots sur les cloisons, ayant toutefois également concouru à leur réalisation. Dans ces conditions, il convient de limiter à 50% la responsabilité solidaire des sociétés Creil sols, Artisal, et Michel Beauvais et de les condamner solidairement à verser au GHPSO une somme de 4 420, 15 euros toutes taxes comprises au titre du désordre concernant le local C03P14 et une somme de 32 666, 79 euros toutes taxes comprises au titre du désordre concernant le local C02P11, sommes qu'il y a lieu d'assortir des intérêts au taux légal à compter du 11 avril 2022, date à laquelle ont été précisées les demandes du GHPSO, ainsi que de leur capitalisation à compter du 11 avril 2023, puis à chaque date anniversaire.
48. En cinquième lieu, dès lors qu'il résulte de l'instruction que la part de responsabilité imputable aux fautes de la société Artisal dans la réalisation de ces désordres peut être fixée à 20%, il y a lieu de condamner les sociétés Creil sols et Michel Beauvais à la garantir à hauteur de 80% de la somme qu'elle est condamnée à payer à ce titre.
49. En dernier lieu, si la société Michel Beauvais demande à être garantie par la société BET NOX, en qualité de membre du groupement solidaire de maitrise d'œuvre, elle ne démontre pas, en se prévalant de la seule circonstance que le suivi technique des travaux qui seraient à l'origine des désordres imputés au groupement de maitrise d'œuvre relevait de la seule responsabilité du bureau d'études techniques du groupement, ce qui, au demeurant, ne résulte ni de la seule mention " bureau d'études TCE " figurant sur l'acte d'engagement du lot n°1 du marché litigieux, ni du reste de l'instruction, que la société BET NOX aurait commis une faute. Par suite, son appel en garantie ne peut qu'être rejeté.
En ce qui concerne les conclusions dirigées solidairement contre les sociétés Saga et Michel Beauvais, mandataire du groupement de maîtrise d'œuvre :
50. En premier lieu, il est constant qu'alors que les plans d'architecte du lot n° 7 du marché prévoyaient une paillasse dans le local C02W14, ainsi qu'un vidoir et un lave-bassin, ces équipements n'ont pas été installés par la société Saga. Dans ces conditions, le GHPSO est fondé à rechercher la responsabilité solidaire de cette société et de celle du groupement de maîtrise d'œuvre, qui ont manqué à leur obligation de conseil, et qui seront condamnés à ce titre à verser une somme de 864 euros toutes taxes comprises, qu'il y a lieu d'assortir des intérêts au taux légal à compter du 11 avril 2022, date à laquelle ont été précisées ses demandes, ainsi que de leur capitalisation à compter du 11 avril 2023, puis à chaque date anniversaire.
51. En second lieu, et pour les mêmes raisons que celles exposées ci-dessus au point 49, la société Michel Beauvais n'est pas fondée à demander à être garantie par la société BET NOX des condamnations prononcées à son encontre.
En ce qui concerne les conclusions dirigées solidairement contre les sociétés Cegelec et Michel Beauvais, mandataire du groupement de maîtrise d'œuvre :
52. En premier lieu, alors qu'il résulte de l'instruction que le désordre " huissier 17 " n'avait pas fait l'objet de réserve lors de la réception, il est constant que la cloison concernée est dépourvue de bandeau électrique, un tel défaut étant de nature à engager la responsabilité solidaire de Cegelec Nord tertiaire, en qualité de titulaire du lot " électricité ", et du groupement de maitrise d'œuvre, en raison du manquement à leur obligation de conseil. Dans ces conditions, il y a lieu de les condamner solidairement à verser au GHPSO la somme de 432 euros toutes taxes comprises, qu'il y a lieu d'assortir des intérêts au taux légal à compter du 11 avril 2022, date à laquelle ont été précisées ses demandes, ainsi que de leur capitalisation à compter du
11 avril 2023, puis à chaque date anniversaire.
53. En second lieu, et pour les mêmes raisons que celles exposées ci-dessus au point 49, la société Michel Beauvais n'est pas fondée à demander à être garantie par la société BET NOX des condamnations prononcées à son encontre.
Sur l'actualisation des prix :
54. Alors qu'il n'établit pas avoir été dans l'impossibilité matérielle ou financière de réaliser les travaux après le dépôt du rapport d'expertise, le GHPSO n'est pas fondé à demander l'actualisation des prix retenus par l'expert. Par suite, les conclusions qu'il présente à cet effet seront rejetées.
Sur les frais d'expertise :
55. Aux termes d'un jugement n° 1901716 du 14 avril 2023, les frais d'expertise ont été taxés et liquidés à la somme de 56 709, 50 euros toutes taxes comprises et mis à la charge définitive du GHPSO. Par suite, les conclusions présentées par ce dernier sont dépourvues d'objet et ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
56. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu, d'une part, de mettre à la charge du GHPSO la somme de 1 500 euros à verser à la société Air Liquide au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et, d'autre part, de rejeter les autres demandes présentées de toutes parts sur ce même fondement.
D E C I D E :
Article 1er : Il est donné acte du désistement des conclusions de la requête à fins de condamnation de la société Air Liquide Santé.
Article 2 : La société Bouygues bâtiment Ile-de-France, venant aux droits de la société Brézillon, est condamnée à verser au GHPSO la somme de 222 782, 52 euros, assortie des intérêts à compter du 11 avril 2022, ainsi que de leur capitalisation à compter du 11 avril 2023, puis à chaque date anniversaire.
Article 3 : La société Saga est condamnée à verser au GHPSO la somme de
15 588, 40 euros assortie des intérêts à compter du 11 avril 2022, ainsi que de leur capitalisation à compter du 11 avril 2023, puis à chaque date anniversaire.
Article 4 : La société Axima est condamnée à verser au GHPSO la somme de 5 082 euros, assortie des intérêts à compter du 11 avril 2022, ainsi que de leur capitalisation à compter du
11 avril 2023, puis à chaque date anniversaire.
Article 5 : La société Rougnon est condamnée à verser au GHPSO la somme de
3 982, 80 euros, assortie des intérêts à compter du 11 avril 2022, ainsi que de leur capitalisation à compter du 11 avril 2023, puis à chaque date anniversaire.
Article 6 : La société Eliez est condamnée à verser au GHPSO la somme de
127 649, 40 euros, assortie des intérêts à compter du 11 avril 2022, ainsi que de leur capitalisation à compter du 11 avril 2023, puis à chaque date anniversaire.
Article 7 : Les sociétés Creil sols, Artisal et Michel Beauvais sont solidairement condamnées à verser au GHPSO la somme de 37 086, 94 euros, assortie des intérêts à compter du 11 avril 2022, ainsi que de leur capitalisation à compter du 11 avril 2023, puis à chaque date anniversaire.
Article 8 : Les sociétés Creil sols et Michel Beauvais sont condamnées à garantir la société Artisal à hauteur de 80% de la condamnation prononcée à l'encontre de cette dernière par l'article précédent.
Article 9 : Les sociétés Saga et Michel Beauvais sont solidairement condamnées à verser au GHPSO la somme de 864 euros, assortie des intérêts à compter du 11 avril 2022, ainsi que de leur capitalisation à compter du 11 avril 2023, puis à chaque date anniversaire.
Article 10 : Les sociétés Cegelec Nord tertiaire et Michel Beauvais sont solidairement condamnées à verser au GHPSO la somme de 432 euros, assortie des intérêts à compter du
11 avril 2022, ainsi que de leur capitalisation à compter du 11 avril 2023, puis à chaque date anniversaire.
Article 11 : Le GHPSO versera à la société Air Liquide Santé la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 12 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 13 : Le présent jugement sera notifié au groupement hospitalier public du sud de l'Oise, à la SA Air Liquide Santé, à la SAS Bouygues Bâtiment Ile-de-France, venant aux droits de la société Brézillon, à la SAS Artisal, à la SAS Eliez, à la SARL Creil sols, à la société Screg Nord Picardie, à la SAS Saga, à la SAS ILM installations laboratoires Mang (ILM Agencement), à la SA Axima concept, à la SARL Rougnon, à la SASU Cegelec Nord tertiaire, à la
SARL Concast solutions France (SARL Kone), à la SA Dubois grandes cuisines, à la SA Les plâtres modernes C. Jobin, à la SAS Agence Michel Beauvais et Associés, à la SARL Economie 80 et à la SELAFA MJA, liquidateur de la société Nox Industrie et Process.
Délibéré après l'audience du 7 février 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Thérain, président,
- Mme Rondepierre, première conseillère,
- M. Truy, premier conseiller honoraire.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 septembre 2024.
La rapporteure,
signé
A. Rondepierre
Le président,
signé
S. Thérain
La greffière,
signé
S. Chatellain
La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026