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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-1801725

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-1801725

vendredi 3 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-1801725
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Avocat requérantSCP CARON - DAQUO - AMOUEL - PEREIRA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance du 28 décembre 2017, le tribunal a enjoint au préfet de la Somme d'assurer le logement de M. A B, sous astreinte de 10 euros par jour de retard à compter du 1er février 2018.

Par un mémoire, enregistré le 12 octobre 2021, le préfet de la Somme demande au tribunal de bien vouloir ordonner la liquidation définitive de l'astreinte, liquidation qui devrait trouver son terme au 9 juillet 2018, date du départ effectif de M. B et de son épouse du centre d'accueil pour demandeurs d'asile d'Amiens.

Il soutient que l'administration a perdu tout contact avec M. B et son épouse, Mme C, qui ont " disparu " depuis juillet 2018. Il ajoute que, par courrier du 15 juillet 2020, une actualisation de la situation de M. B a été demandée en dernier lieu par la DDCS de la Somme, mais que le courrier lui a été retourné pour cause de destinataire inconnu à l'adresse renseignée. Il estime que cela confirme l'impossibilité de contacter et, par voie de conséquence, de reloger M. B.

Par des observations, enregistrées le 26 décembre 2022, le préfet de la Somme demande au tribunal de procéder à la liquidation définitive de l'astreinte à la date du 28 juin 2018.

Il fait valoir que, à la suite du dépôt d'une demande de titre de séjour en 2022, l'association Emmaüs Somme a produit deux attestations d'hébergement, l'une en juin 2018 et l'autre en janvier 2022, précisant que M. B était hébergé à Emmaüs Somme depuis le 28 juin 2018.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R.778-8 du code de justice administrative : " Lorsque le président du tribunal administratif () constate, d'office ou sur la saisine du requérant, que l'injonction prononcée n'a pas été exécutée, il procède à la liquidation de l'astreinte en faveur du fonds prévu à l'article L.300-2 du code de la construction et de l'habitation./ Le président du tribunal () peut statuer par ordonnance, dans les conditions prévues par le chapitre II du titre IV du livre VII du présent code, après avoir invité les parties à présenter leurs observations sur l'exécution de l'injonction prononcée. / Il liquide l'astreinte en tenant compte de la période pendant laquelle, postérieurement à l'expiration du délai imparti par le jugement, l'injonction est demeurée inexécutée par le fait de l'administration. Il peut, eu égard aux circonstances de l'espèce, modérer le montant dû par l'Etat voire, à titre exceptionnel, déclarer qu'il n'y a pas lieu de liquider l'astreinte. "

2. Par une ordonnance du 28 décembre 2017, le tribunal a enjoint au préfet de la Somme d'assurer le logement de M. B et a prononcé une astreinte de 10 euros par jour de retard à compter du 1er février 2018, cette astreinte étant destinée au fonds national d'accompagnement vers et dans le logement en application de l'article L.441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation.

3. Si M. B n'a pas été logé dans un logement correspondant aux caractéristiques déterminées par la commission de médiation de la Somme dans sa décision du 13 juillet 2017, il résulte de l'instruction que l'intéressé est demeuré injoignable après son départ du centre d'accueil pour demandeurs d'asile et qu'il est hébergé depuis le 28 juin 2018 au sein d'Emmaüs Somme. Dans ces conditions, M. B doit être regardé comme ayant renoncé au bénéfice de la décision du 13 juillet 2017. L'administration se trouvait ainsi déliée, à la date du 28 juin 2018, de l'obligation d'exécution prononcée par le jugement du 28 décembre 2017. Par suite, l'astreinte prononcée par ce jugement doit être définitivement liquidée, pour la période du 1er février 2018 au 28 juin 2018, à la somme de 1470 euros. L'Etat versera cette somme au fonds national d'accompagnement vers et dans le logement, sous déduction, s'il y a lieu, des sommes déjà versées en application des dispositions du I de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation.

O R D O N N E :

Article 1er : L'Etat versera au fonds national d'accompagnement vers et dans le logement la somme de 1 470 euros au titre de la liquidation définitive de l'astreinte prononcée par l'ordonnance n° 1801725 du 28 décembre 2017, sous réserve des versements déjà effectués.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.

Copie en sera adressée au préfet de la Somme.

Fait à Amiens, le 3 mai 2024.

La présidente,

Signé

F. Demurger

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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