jeudi 22 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-1803603 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | WACQUET ET ASSOCIES |
Vu les procédures suivantes :
I. Par un jugement n° 1803603 du 14 mai 2020, le tribunal, avant de statuer sur les conclusions de la requête de M. et Mme C, présentée pour leur fils, M. B C, a ordonné une expertise afin de lui permettre de statuer sur le principe même de la responsabilité du centre hospitalier universitaire d'Amiens-Picardie et l'évaluation des préjudices éventuellement indemnisables.
Le rapport de l'expert, établi par le docteur D, a été déposé au greffe du tribunal le 28 avril 2021.
Par un mémoire enregistré le 23 août 2021, la caisse primaire d'assurance maladie de l'Oise demande au tribunal de condamner le centre hospitalier universitaire d'Amiens-Picardie à lui rembourser la somme de 832,87 euros au titre des débours exposés, assortie des intérêts légaux et de mettre à sa charge l'indemnité forfaitaire de gestion prévue à l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 4 juin 2021 et le 20 avril 2022, le centre hospitalier universitaire d'Amiens-Picardie, représenté par la SCP Lebègue Derbise, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la requête n'est pas chiffrée ;
- il n'a pas commis d'erreur fautive de diagnostic alors notamment que celui-ci reste incertain ;
- à supposer l'erreur de diagnostic établie et fautive, il ne pourrait en résulter qu'une perte de chance pour M. C.
Par ordonnance du 22 avril 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 13 mai 2022.
II. Par une requête, enregistrée sous le n° 2102843, le 12 août 2021, M. B C, représenté par la SELARL Wacquet et Associés, demande au tribunal :
1°) de condamner le centre hospitalier universitaire d'Amiens-Picardie à lui verser la somme globale de 202 442 euros en réparation de ses préjudices ;
2°) de mettre à la charge du centre hospitalier universitaire d'Amiens-Picardie, outre les dépens, la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la responsabilité du centre hospitalier universitaire d'Amiens-Picardie est engagée du fait de l'erreur de diagnostic commise par ses services dans les suites de l'intervention chirurgicale du 26 mars 2017 ;
- il a subi un préjudice lié à la nécessité de recourir à l'assistance d'une tierce personne avant la consolidation de son état d'un montant de 4 340 euros ;
- il subit un préjudice lié à l'incidence professionnelle de ses séquelles qui peut être évalué à la somme de 150 000 euros ;
- il a subi un déficit fonctionnel temporaire de 25 % du 21 juin 2017 au 20 avril 2018 et de 10 % du 21 avril 2018 au 17 février 2021 dont l'indemnisation doit être fixée à 5 002 euros ;
- il a subi un préjudice esthétique temporaire d'un montant de 2 000 euros ;
- il a subi un préjudice lié aux souffrances endurées d'un montant de 2 000 euros ;
- il subit un déficit fonctionnel permanent dont l'indemnisation doit être fixée à 27 600 euros ;
- il subit un préjudice esthétique permanent d'un montant de 1 500 euros ;
- il subit un préjudice d'agrément d'un montant de 10 000 euros.
Par un mémoire enregistré le 23 août 2021, la caisse primaire d'assurance maladie de l'Oise demande au tribunal de condamner le centre hospitalier universitaire d'Amiens-Picardie à lui rembourser la somme de 832,87 euros au titre des débours exposés, assortie des intérêts légaux et de mettre à sa charge l'indemnité forfaitaire de gestion prévue à l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 juillet 2022, le centre hospitalier universitaire d'Amiens-Picardie, représenté par la SCP Lebègue Derbise, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la requête est tardive ;
- il n'a pas commis d'erreur fautive de diagnostic alors notamment que celui-ci reste incertain ;
- à supposer l'erreur de diagnostic établie et fautive, il ne pourrait en résulter qu'une perte de chance pour M. C.
Par ordonnance du 30 juin 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 15 septembre 2022.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- l'ordonnance du 3 juin 2021, par laquelle la présidente du tribunal a taxé les frais de l'expertise réalisée par le Dr D.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de M. Beaujard, rapporteur public,
- et les observations de Me Lucas, représentant M. C, et de Me Denys, représentant le centre hospitalier universitaire d'Amiens-Picardie.
Considérant ce qui suit :
1. A la suite d'une chute, M. B C, alors âgé de quatorze ans, a subi une intervention tendant à la réduction sous anesthésie générale d'une fracture très déplacée de l'ensemble radius-cubitus le 26 mars 2017. En raison de la persistance de divers désordres que l'intéressé impute aux conditions de sa prise en charge, il demande que soit engagée la responsabilité du centre hospitalier universitaire d'Amiens-Picardie.
Sur la jonction :
2. Les requêtes n°s 1803603 et 2102843, présentées pour M. C, ont le même objet et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur la fin de non-recevoir opposée dans l'instance n° 1803603 :
3. Aux termes de l'article R. 411-1 du code de justice administrative : " La juridiction est saisie par requête. La requête indique les nom et domicile des parties. Elle contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge. / L'auteur d'une requête ne contenant l'exposé d'aucun moyen ne peut la régulariser par le dépôt d'un mémoire exposant un ou plusieurs moyens que jusqu'à l'expiration du délai de recours ".
4. En dépit de la fin de non-recevoir opposée en ce sens et d'une demande adressée par le tribunal le 8 juin 2021, les requérants n'ont pas chiffré leurs prétentions y compris en cours d'instance. Par suite, la fin de non-recevoir tirée de l'absence de chiffrage de la demande indemnitaire doit être accueillie.
Sur la fin de non-recevoir opposée dans l'instance n° 2102843 :
5. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle ".
6. D'une part, il résulte de l'instruction que, par une décision du 29 novembre 2018, qui comportait la mention complète des voies et délais de recours, le centre hospitalier universitaire d'Amiens-Picardie a rejeté la demande par laquelle M. et Mme C, en leur qualité de représentants légaux de leur fils mineur B C, ont sollicité la réparation des préjudices subis par celui-ci en raison des conditions de prise en charge des suites de sa fracture par ce centre hospitalier. Dans ces conditions, et alors qu'un requérant peut se borner à demander à l'administration réparation d'un préjudice qu'il estime avoir subi pour ne chiffrer ses prétentions que devant le juge administratif, cette demande constituait une réclamation préalable ayant lié le contentieux, dont la notification de la décision de rejet a fait naître un délai de recours contentieux de deux mois.
7. D'autre part, la décision par laquelle l'administration rejette une réclamation tendant à la réparation des conséquences dommageables d'un fait qui lui est imputé lie le contentieux indemnitaire à l'égard du demandeur pour l'ensemble des dommages causés par ce fait générateur, quels que soient les chefs de préjudice auxquels se rattachent les dommages invoqués par la victime et que sa réclamation ait ou non spécifié les chefs de préjudice en question. Par suite, la victime, ou ses représentants légaux, sont recevables à demander au juge administratif, dans les deux mois suivant la notification de la décision ayant rejeté leur réclamation, la condamnation de l'administration à les indemniser de tout dommage ayant résulté de ce fait générateur, y compris en invoquant des chefs de préjudice qui n'étaient pas mentionnés dans leur réclamation.
8. En revanche, si une fois expiré ce délai de deux mois, la victime saisit le juge d'une demande indemnitaire portant sur la réparation de dommages causés par le même fait générateur, cette demande est tardive et, par suite, irrecevable. Il en va ainsi alors même que ce recours indemnitaire indiquerait pour la première fois les chefs de préjudice auxquels se rattachent les dommages, ou invoquerait d'autres chefs de préjudice, ou aurait été précédé d'une nouvelle décision administrative de rejet à la suite d'une nouvelle réclamation portant sur les conséquences de ce même fait générateur.
9. Il n'est fait exception à ce qui est dit au point précédent que dans le cas où la victime demande réparation de dommages qui, tout en étant causés par le même fait générateur, sont nés, ou se sont aggravés, ou ont été révélés dans toute leur ampleur postérieurement à la décision administrative ayant rejeté sa réclamation. Dans ce cas, qu'il s'agisse de dommages relevant de chefs de préjudice figurant déjà dans cette réclamation ou de dommages relevant de chefs de préjudice nouveaux, la victime peut saisir l'administration d'une nouvelle réclamation portant sur ces nouveaux éléments et, en cas de refus, introduire un recours indemnitaire dans les deux mois suivant la notification de ce refus.
10. En l'espèce, à la suite du rapport d'expertise déposé le 28 avril 2021, M. C, devenu majeur, a, par une réclamation du 25 juin 2021, reçue le 30 juin 2021, sollicité la réparation des dommages qui, tout en étant causés par le même fait générateur, ont été révélés dans toute leur ampleur par ce rapport, postérieurement à la décision du 29 novembre 2018 portant rejet de leur première réclamation, de sorte qu'il était fondé à saisir le centre hospitalier universitaire d'Amiens-Picardie de cette nouvelle réclamation portant sur ces éléments nouveaux et, le cas échéant, à introduire un recours indemnitaire dans les deux mois suivant l'intervention de la décision implicite de rejet de cette demande. Il résulte de ce qui précède que la requête présentée par M. C est recevable et que la fin de non-recevoir tirée de la tardiveté de la requête n° 2102843 opposée par le centre hospitalier universitaire d'Amiens-Picardie doit être écartée.
Sur la responsabilité :
11. Aux termes de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute () ".
12. Il résulte de l'instruction que l'état de M. C se caractérise, depuis le retrait du plâtre consécutif à l'intervention chirurgicale du 26 mars 2017, par une amyotrophie très importante de l'avant-bras gauche, une rétractation et un déficit de mobilité à la fois du poignet et des doigts longs.
13. Il résulte du rapport d'expertise que M. C souffre d'un syndrome des loges post-opératoire qui n'a pas été diagnostiqué par les médecins du centre hospitalier universitaire d'Amiens-Picardie qui ont posé un diagnostic erroné d'algoneurodystrophie qui ne pouvait toutefois correspondre aux symptômes de M. C alors, selon l'expert, qu'en cas d'algoneurodystrophie, seuls le poignet et la main auraient été atteints d'amyotrophie et qu'il aurait dû être constaté des raideurs articulaires et non des raideurs liées aux tendons. Ainsi, alors que M. C présentait une amyotrophie assez sévère de l'avant-bras et des loges hypothénarienne et thénarienne, ainsi qu'il ressort des pièces de son dossier médical, l'expert relève qu'il appartenait au centre hospitalier d'Amiens-Picardie d'effectuer une mesure de pression dans les loges, examen complémentaire auquel il n'a pas été procédé. Par suite, M. C est fondé à soutenir que le centre hospitalier universitaire d'Amiens-Picardie a commis une faute en n'établissant pas le diagnostic du syndrome des loges post-opératoire au vu des symptômes présentés par lui et des examens qui auraient dû en résulter.
Sur la perte de chance :
14. Dans le cas où la faute commise lors de la prise en charge ou le traitement d'un patient dans un établissement public hospitalier a compromis ses chances d'obtenir une amélioration de son état de santé ou d'échapper à son aggravation, le préjudice résultant directement de la faute commise par l'établissement et qui doit être intégralement réparé n'est pas le dommage corporel constaté, mais la perte de chance d'éviter la survenue de ce dommage. La réparation qui incombe à l'hôpital doit alors être évaluée à une fraction du dommage corporel déterminée en fonction de l'ampleur de la chance perdue.
15. L'erreur de diagnostic constatée au point 13 a fait perdre à M. C une chance d'éviter les séquelles du syndrome des loges dont il a été victime. A cet égard, il ressort des informations purement médicales et non contredites par d'autres pièces du dossier, mentionnées dans le rapport d'expertise non contradictoire produit par le centre hospitalier universitaire d'Amiens-Picardie, qu'un diagnostic du syndrome des loges aurait conduit à pratiquer une aponévrotomie des quatre loges, qui présente un risque de complication dans 12 % des cas pour les enfants. Dans ces conditions, alors que M. C était âgé de quatorze ans en 2017, il y a lieu de retenir un taux de perte de chance, fixé au regard des circonstances de l'espèce, à 88 %.
Sur les préjudices :
16. Il résulte de l'instruction que l'état de santé de M. C est consolidé avec séquelles depuis le 17 février 2021.
En ce qui concerne les préjudices temporaires :
17. En premier lieu, il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise judiciaire que l'état de santé de M. C a nécessité une aide familiale de cinq heures par semaine du 21 juin 2017 au 20 avril 2018. Le coût de cette assistance, compte tenu d'un taux horaire de quatorze euros, sera fixé à la somme de 3 362,82 euros.
18. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise judiciaire que M. C a souffert d'un déficit fonctionnel temporaire estimé à 25 % du 21 juin 2017 au 20 avril 2018. Ce déficit a été de 10 % du 21 avril 2018 au 17 février 2021. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice, sur une base de quinze euros par jour, en l'évaluant à la somme de 2 880,75 euros.
19. En troisième lieu, il résulte de l'instruction que M. C a souffert de souffrances physiques et morales que l'expert judiciaire a évaluées à 1,5 sur une échelle de 7. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en allouant la somme de 1 400 euros.
20. En quatrième lieu, M. C n'est pas fondé à invoquer un préjudice esthétique temporaire en l'absence d'altération majeure de son apparence physique qui soit établie pendant la période précédant la consolidation.
En ce qui concerne les préjudices permanents :
21. En premier lieu, il résulte de l'instruction qu'un déficit fonctionnel permanent a été évalué à 12 % chez M. C, âgé de 18 ans à la date de consolidation de son état de santé. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice, en allouant la somme de 19 442 euros.
22. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise judiciaire, qu'un préjudice esthétique permanent a été évalué à un sur une échelle de sept. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice, en l'évaluant, à la somme de 1 000 euros.
23. En troisième lieu, il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise judiciaire que les séquelles physiques conservées par M. C au niveau du membre supérieur lui interdisent d'exercer un métier manuel. Par suite, alors que M. C devra restreindre ses recherches à des emplois adaptés à son état de santé, il y a lieu d'évaluer son préjudice d'incidence professionnelle à la somme de 30 000 euros.
24. En quatrième lieu, il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise judiciaire que M. C pratiquait des sports de combat avant son accident, ce que les séquelles de son état lui interdisent dorénavant. Il sera fait une juste appréciation du préjudice d'agrément en résultant en lui allouant la somme de 1 000 euros.
25. Il résulte de tout ce qui précède que les préjudices de M. C doivent être évalués à la somme globale de 59 085,57 euros. Compte-tenu du taux de perte de chance de 88 % retenu au point 15, le centre hospitalier universitaire d'Amiens-Picardie doit ainsi être condamné à verser à M. C la somme de 51 995,30 euros.
Sur les droits de la caisse primaire d'assurance maladie de la Somme :
26. En premier lieu, la caisse primaire d'assurance maladie de l'Oise justifie de frais médicaux par la production d'un relevé de ses débours correspondant aux frais de kinésithérapie rendus nécessaires pour traiter les séquelles présentées par M. C. Il y a lieu de lui accorder, sur cette base, la somme de 732,92 euros correspondant à 88 % de ces débours.
27. En deuxième lieu, il y a lieu d'accorder le bénéfice des intérêts au taux légal à la caisse primaire d'assurance maladie de l'Oise, à compter du 23 août 2021, date à laquelle son premier mémoire a été enregistré.
28. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale : " () En contrepartie des frais qu'elle engage pour obtenir le remboursement mentionné au troisième alinéa ci-dessus, la caisse d'assurance maladie à laquelle est affilié l'assuré social victime de l'accident recouvre une indemnité forfaitaire à la charge du tiers responsable et au profit de l'organisme national d'assurance maladie. Le montant de cette indemnité est égal au tiers des sommes dont le remboursement a été obtenu, dans les limites d'un montant maximum de 910 euros et d'un montant minimum de 91 euros. A compter du 1er janvier 2007, les montants mentionnés au présent alinéa sont révisés chaque année, par arrêté des ministres chargés de la sécurité sociale et du budget () ".
29. Il y a lieu, en application des dispositions précitées, de condamner le centre hospitalier universitaire d'Amiens-Picardie à verser à la caisse primaire d'assurance maladie de l'Oise la somme de 244,30 euros.
Sur les dépens :
30. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre les frais et honoraires de l'expertise diligentée dans le cadre de l'instance n°1803603, liquidés et taxés à la somme de 1 500 euros par une ordonnance du 3 juin 2021 de la présidente du tribunal, à la charge définitive du centre hospitalier universitaire d'Amiens-Picardie.
Sur les frais d'instance :
31. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du centre hospitalier universitaire d'Amiens-Picardie une somme de 1 500 euros au bénéfice de M. C au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : Le centre hospitalier universitaire d'Amiens-Picardie est condamné à verser la somme de 51 995,30 euros à M. C en réparation de ses préjudices.
Article 2 : Le centre hospitalier universitaire d'Amiens-Picardie est condamné à verser à la caisse primaire d'assurance maladie de l'Oise, en remboursement de ses débours, la somme de 732,92 euros, assortie des intérêts légaux à compter du 23 août 2021.
Article 3 : Le centre hospitalier universitaire d'Amiens-Picardie est condamné à verser à la caisse primaire d'assurance maladie de l'Oise la somme de 244,30 euros au titre de l'indemnité prévue à l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale.
Article 4 : Le centre hospitalier universitaire d'Amiens-Picardie versera la somme de 1 500 euros à M. C en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Les frais de l'expertise diligentée avant-dire droit, liquidés et taxés à la somme de 1 500 euros par l'ordonnance du 3 juin 2021 de la présidente du tribunal sont mis à la charge définitive du centre hospitalier universitaire d'Amiens-Picardie.
Article 6 : Les conclusions présentées pour M. C dans l'instance
n° 1803603 et le surplus des conclusions présentées par M. C dans l'instance
n° 2102843 sont rejetés.
Article 7 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, à la caisse primaire d'assurance maladie de l'Oise et au centre hospitalier universitaire d'Amiens-Picardie.
Copie en sera adressée à M. et Mme C.
Délibéré après l'audience du 15 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Boutou, président,
Mme Pierre, première conseillère,
M. Menet, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 décembre 2022.
La rapporteure,
Signé
A-L A
Le président,
Signé
B. Boutou
La greffière,
Signé
A. Ribière
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°s 1803603 et 2102843
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026