jeudi 21 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-1902233 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | BOSSU & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
C une ordonnance du 8 juillet 2019, enregistrée le 9 juillet suivant au greffe du tribunal administratif d'Amiens, le président du tribunal administratif de Lille a transmis, en application des articles R. 312-1 et R. 351-3 du code de justice administrative, la requête présentée pour M. A B.
C une requête et un mémoire, enregistrés les 24 juin 2019 et 5 mars 2020, M. B, représenté C Me Teyssedre, demande au tribunal :
1°) de condamner le centre hospitalier intercommunal de Compiègne à lui verser la somme de 27 483,75 euros au titre des préjudices subis ;
2°) de mettre à la charge du centre hospitalier intercommunal de Compiègne le versement d'une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les frais de l'expertise ordonnée C le tribunal.
Il soutient que :
- la responsabilité du centre hospitalier intercommunal de Compiègne est engagée à raison de fautes dans l'établissement du diagnostic et de sa prise en charge C le service des urgences le 20 août 2017 ;
- les préjudices subis doivent être évalués, après application d'un taux de perte de chance de 50 %, à des sommes de 1 376,25 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire, de 2 500 euros au titre du préjudice esthétique temporaire, de 12 500 euros au titre des souffrances endurées, de 7 100 euros s'agissant du déficit fonctionnel permanent, de 750 euros s'agissant du préjudice esthétique permanent, de 2 500 euros s'agissant du préjudice sexuel et de 757,50 euros au titre de l'assistance C tierce personne.
C un mémoire, enregistré le 13 août 2019, la caisse primaire d'assurance maladie des Yvelines demande au tribunal :
1°) de condamner le centre hospitalier intercommunal de Compiègne à lui verser une somme de 12 907,64 euros au titre des débours exposés ;
2°) d'assortir cette somme du paiement des intérêts à compter du 4 avril 2019, date de son recours préalable ainsi que la capitalisation de ces intérêts ;
3°) de condamner le centre hospitalier intercommunal de Compiègne à lui verser la somme de 1 080 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion ;
4°) de mettre à la charge du centre hospitalier intercommunal de Compiègne une somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la responsabilité du centre hospitalier intercommunal de Compiègne doit être reconnue dans la survenue des préjudices de M. B ;
- compte tenu du relevé de débours définitif produit et de l'attestation d'imputabilité réalisée C le médecin-conseil, elle est fondée à demander le remboursement intégral de la somme de 12 907,64 euros.
C un mémoire, enregistré le 17 juin 2022, le ministre de l'intérieur demande au tribunal de condamner le centre hospitalier intercommunal de Compiègne à lui verser la somme de 32 876,31 euros au titre des émoluments versés à M. B et des charges patronales y afférentes, concernant la période du 22 août 2017 au 8 juillet 2018.
Il soutient que :
- la responsabilité du centre hospitalier intercommunal de Compiègne doit être reconnue dans la survenue des préjudices de M. B ;
- compte tenu de l'état récapitulatif de débours qu'il produit, il est fondé à demander à ce que le centre hospitalier intercommunal de Compiègne lui verse la somme de 32 876,31 euros, correspondant à 50% du montant des émoluments versés à M. B et des charges patronales y afférentes, concernant la période du 22 août 2017 au 08 juillet 2018.
C un mémoire en défense, enregistré le 21 novembre 2019, le centre hospitalier intercommunal de Compiègne, représenté C la SCP Lebegue-Pauwels-Derbise, conclut à ce que le tribunal retienne un taux de perte de chance de 50 % et réduise à de plus justes proportions les demandes indemnitaires de M. B.
Il soutient que :
- il s'en rapporte à justice quant à sa responsabilité dans l'état actuel de M. B ;
- un taux de perte de chance de 50 % d'éviter le dommage subi C ce dernier devra être retenu ;
- il y a lieu de ramener à de plus justes proportions les demandes d'indemnisation du requérant, qui seront évaluées à hauteur de la somme de 15 755 euros.
Un mémoire en défense a été présenté C le centre hospitalier intercommunal de Compiègne le 29 juin 2022.
La requête a été régulièrement communiquée à MGP mutuelle, qui n'a pas produit d'observations.
Vu
- l'ordonnance n° 1801034 du 15 janvier 2019, C laquelle le président du tribunal a liquidé et taxé les frais d'expertise ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code général de la fonction publique ;
- l'arrêté du 14 décembre 2021 relatif aux montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale pour l'année 2022 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Nour, conseillère,
- les conclusions de Mme Redondo, rapporteure publique,
- et les observations de Me Denys, représentant le centre hospitalier intercommunal de Compiègne.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a fait une chute, le 20 août 2017, d'une terrasse d'une hauteur d'un mètre. Il a été pris en charge, le jour-même, C le service des urgences du centre hospitalier intercommunal de Compiègne où lui a été diagnostiqué une fracture de la clavicule droite. Il a regagné son domicile le même jour avec une prescription d'antalgique et d'une radiographie de contrôle. Se plaignant de vives douleurs, il a été pris en charge C le service d'aide médicale urgente (SAMU) qui l'a accompagné aux urgences du centre hospitalier intercommunal de Valenciennes le 21 août 2017 où a été diagnostiquée, outre la fracture claviculaire précitée, la fracture de huit côtes. En outre, M. B présentait une insuffisance respiratoire aigüe post-traumatique qui a justifié sa prise en charge en service de réanimation, où il a été plongé dans un coma artificiel pendant plus de trois semaines. Il a ensuite été pris en charge en soins continus puis dans le service de pneumologie d'une clinique privée. M. B a ainsi été hospitalisé du 21 août au 6 octobre 2017. L'expert désigné C le juge des référés de ce tribunal pour examiner les conditions et conséquences de la prise en charge de M. B C le centre hospitalier intercommunal de Compiègne a rendu son rapport le 5 décembre 2018. C la présente requête, M. B demande la condamnation du centre hospitalier intercommunal de Compiègne à lui verser la somme totale de 27 483,75 euros au titre des préjudices subis en raison des fautes commises selon lui dans l'établissement du diagnostic et de sa prise en charge. La caisse primaire d'assurance maladie des Yvelines et le ministre de l'intérieur, employeur de M. B, demandent le remboursement des débours exposés à cette occasion.
Sur la responsabilité du centre hospitalier intercommunal de Compiègne :
En ce qui concerne les fautes commises C le centre hospitalier intercommunal de Compiègne:
2. Aux termes de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute () ".
3. Il ressort du rapport d'expertise et est d'ailleurs constant que les fractures multiples de côtes, lorsqu'elles sont supérieures à deux ou trois, sont susceptibles d'entraîner des complications respiratoires et qu'une hospitalisation du patient doit être réalisée afin d'en prévenir le risque. Il résulte de l'instruction, et n'est pas contesté, que lors de la prise en charge de M. B C le service des urgences du centre hospitalier intercommunal de Compiègne le 20 août 2017, seule la fracture de sa clavicule gauche a été identifiée et que les fractures costales qu'il présentait également n'ont pas été diagnostiquées. Cette erreur de diagnostic est constitutive d'une faute de nature à engager la responsabilité du centre hospitalier intercommunal de Compiègne en application des dispositions L. 1142-1 précitées du code de la santé publique.
En ce qui concerne le lien de causalité :
4. Il résulte de l'instruction que faute d'avoir diagnostiqué les fractures costales subies C M. B, le centre hospitalier intercommunal de Compiègne n'a pu ni déceler le risque de survenue d'une détresse respiratoire aigüe auquel il était exposé, ni procéder à son hospitalisation afin qu'une surveillance spécialisée soit exercée pour prévenir ce risque. Lors de son séjour en réanimation, M. B a connu des complications dues à la mise en décubitus ventral et aux cathéters artériels, qui peuvent expliquer la survenue d'un syndrome du canal carpien bilatéral. Il a également fait une chute dans le service de réanimation, qui a pu être à l'origine d'une plaie à la main droite, ainsi qu'un traumatisme en élongation du plexus brachial responsable de lésions du membre supérieur droit. En raison de ce syndrome du canal carpien bilatéral, des douleurs qu'il a induites ainsi que d'une neuropathie cubitale au coude droit, le requérant a été opéré du côté droit le 18 mai 2018, et une reprise chirurgicale le jour même a été nécessaire en raison d'un hématome au niveau du foyer opératoire. Outre ces complications, M. B a fait l'objet, à raison de ces soins, d'une prise de poids importante en raison d'un excès d'hydratation, de difficultés de sédation et d'un réveil agité, d'une nécrose du majeur droit et de complications infectieuses respiratoires. Dans ces conditions, les manquements commis C le service des urgences du centre hospitalier intercommunal de Compiègne doivent être regardés comme étant non seulement, directement à l'origine de la survenue de la détresse respiratoire aigüe ayant affecté M. B, mais également des complications, ayant entraîné de nombreuses séquelles, qu'il a subies lors de son séjour au sein du service de réanimation du centre hospitalier de Valenciennes.
5. Toutefois, alors que l'expert diligenté C le tribunal, après avoir relevé que M. B présentait des antécédents de tabagisme avec toxicomanie, de consommation d'alcool excessive et d'une arthrose cervicale prédominant en C5-C6 à gauche, s'est fondé sur les recommandations de la Société de médecine d'urgence indiquant que les patients porteurs de plus de trois fractures de côtes présentent un risque d'insuffisance respiratoire aigüe de 8,1% et sur le nombre important de fractures de côtes subies C M. B, s'élevant à huit, pour fixer à 50% le taux de perte de chance, il y a lieu de juger que les fautes commises C le centre hospitalier intercommunal de Compiègne, doivent être regardées, au sens du second alinéa du I de l'article L. 1142-21 du code de la santé publique, comme étant à l'origine d'une perte de chance de 50 % d'éviter les préjudices ayant résulté de la détresse respiratoire aigüe dont M. B a fait l'objet.
Sur les préjudices subis C M. B :
En ce qui concerne les préjudices patrimoniaux temporaires:
S'agissant de l'assistance C tierce personne :
6. Il résulte de l'instruction que M. B, suite à son hospitalisation, a eu besoin de l'assistance d'une tierce personne, à raison d'une heure C jour, du 6 octobre 2017 au 6 janvier 2018 et à raison de quatre heures C semaine du 18 mai au 2 juin 2018. En se fondant sur le montant horaire du salaire minimum interprofessionnel de croissance (SMIC) en vigueur en 2017 et en 2018, le coût de l'assistance C une tierce personne au titre de cette période peut être évalué, après application du taux de perte de chance retenu, à la somme de 810 euros.
En ce qui concerne les préjudices extrapatrimoniaux temporaires :
S'agissant du déficit fonctionnel temporaire :
7. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise, que M. B a subi un déficit fonctionnel temporaire total, du 21 août au 6 octobre 2017 et le 19 mai 2018, ainsi qu'un déficit fonctionnel temporaire partiel de 25% du 7 octobre 2017 au 17 mai 2018 et du 19 mai au 2 juin 2018, et un déficit fonctionnel temporaire partiel de 10% du 3 juin 2018 au 28 juin 2018. En se fondant sur un montant de 13 euros C jour, il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l'évaluant, compte tenu du taux de perte de chance retenu, à la somme de 709 euros.
S'agissant des souffrances endurées :
8. Il résulte de l'instruction que M. B a fait l'objet d'une hospitalisation en réanimation qui a entraîné la pose de multiples cathéters, la réalisation d'un drainage thoracique et d'une intervention chirurgicale sur le coude droit ainsi que de nombreuses séances de rééducation. Dans ces conditions, il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice, en évaluant les souffrances endurées à 5 sur une échelle de 7 ainsi qu'il en ressort du rapport d'expertise et compte-tenu du taux de perte de chance retenu, à la somme de 6 750 euros.
S'agissant du préjudice esthétique temporaire :
9. Ce préjudice a été estimé C le rapport d'expertise à 4 sur une échelle de 7 en raison notamment de la prise de poids importante de M. B lors de son séjour en réanimation. Il sera fait une juste appréciation du préjudice esthétique temporaire subi C le requérant en l'évaluant à la somme de 1 000 euros, compte tenu du taux de perte de chance retenu.
En ce qui concerne les préjudices extrapatrimoniaux permanents :
S'agissant du déficit fonctionnel permanent :
10. Il ressort du rapport d'expertise que M. B conserve, depuis la consolidation de son état de santé le 28 juin 2018, un déficit fonctionnel permanent de 10% dû à une limitation des mouvements de l'épaule droite, des troubles de la main et de douleurs résiduelles. Dans les circonstances de l'espèce, il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice en l'évaluant à hauteur de la somme de 6 000 euros, compte tenu du taux de perte de chance retenu.
S'agissant du préjudice esthétique permanent :
11. Il ressort du rapport d'expertise que M. B présente une modification discrète de la main droite et une cicatrice au niveau du coude. Dans les circonstances de l'espèce, il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice en l'évaluant à hauteur de la somme de 500 euros, compte tenu du taux de perte de chance retenu.
S'agissant du préjudice sexuel :
12. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise, que M. B a subi un préjudice d'ordre sexuel lié aux soins de réanimation qu'il a reçus. Dans les circonstances de l'espèce, il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice en l'évaluant à hauteur de la somme de 1 250 euros, compte tenu du taux de perte de chance retenu.
13. Il résulte de tout ce qui précède que le centre hospitalier intercommunal de Compiègne doit être condamné à verser à M. B la somme totale de 17 019 euros au titre des préjudices subis.
Sur les conclusions présentées C la caisse primaire d'assurance maladie des Yvelines :
En ce qui concerne les droits de la caisse primaire d'assurance maladie :
14. La caisse primaire d'assurance maladie des Yvelines justifie de frais d'hospitalisation, de frais médicaux, de frais pharmaceutiques et de frais d'appareillage C la production d'un relevé détaillé de ses débours et d'une attestation d'imputabilité établie C son médecin-conseil. Il y a lieu de lui accorder, sur cette base, compte tenu du taux de perte de chance retenu, la somme de 6 453,82 euros au titre de ces débours.
En ce qui concerne les intérêts et la capitalisation des intérêts :
15. Il y a lieu d'accorder le bénéfice des intérêts au taux légal à la caisse primaire d'assurance maladie des Yvelines, à compter du 13 août 2019, date à laquelle sa demande d'intérêts a été présentée pour la première fois.
16. La capitalisation des intérêts a été demandée pour la première fois dans la requête de la caisse primaire d'assurance maladie des Yvelines enregistrée le 13 août 2019. C suite, il y a lieu de faire droit à cette demande à compter du 13 août 2020, date à laquelle était due, pour la première fois, une année d'intérêts.
En ce qui concerne l'indemnité forfaitaire de gestion :
17. Aux termes de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale : " () En contrepartie des frais qu'elle engage pour obtenir le remboursement mentionné au troisième alinéa ci-dessus, la caisse d'assurance maladie à laquelle est affilié l'assuré social victime de l'accident recouvre une indemnité forfaitaire à la charge du tiers responsable et au profit de l'organisme national d'assurance maladie. Le montant de cette indemnité est égal au tiers des sommes dont le remboursement a été obtenu, dans les limites d'un montant maximum de 910 euros et d'un montant minimum de 91 euros. A compter du 1er janvier 2007, les montants mentionnés au présent alinéa sont révisés chaque année, C arrêté des ministres chargés de la sécurité sociale et du budget () ". Aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 14 décembre 2021 relatif aux montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale pour l'année 2022 : " Les montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale sont fixés respectivement à 110 € et à 1114 € au titre des remboursements effectués au cours de l'année 2022 ".
18. Il y a lieu, en application des dispositions précitées, de condamner le centre hospitalier intercommunal de Compiègne à verser à la caisse primaire d'assurance maladie des Yvelines la somme de 1 114 euros.
Sur les conclusions présentées C le ministre de l'intérieur :
19. Aux termes des dispositions de l'article L. 825-1 du code général de la fonction publique : " L'Etat, les collectivités territoriales et les établissements publics à caractère administratif disposent de plein droit contre le tiers responsable du décès, de l'infirmité ou de la maladie d'un agent public, C subrogation aux droits de ce dernier ou de ses ayants droit, d'une action en remboursement de toutes les prestations versées ou maintenues à l'agent public ou à ses ayants droit et de toutes les charges qu'ils ont supportées à la suite du décès, de l'infirmité ou de la maladie. ".
20. Il ressort du rapport d'expertise qu'un certificat médical du 29 juin 2018 indiquait que M. B pouvait reprendre son activité professionnelle sous réserve d'éventuelles complications ultérieures. Or, dès le lendemain, une radiographie et une échographie ont confirmé l'existence d'un hygroma affectant son coude droit, alors qu'il avait été atteint d'une neuropathie cubitale au coude droit, lors de son séjour en réanimation. Dans ces conditions, la prolongation de son congé de maladie jusqu'au 8 juillet 2018 était justifiée C les dommages subis à raison des fautes du centre hospitalier intercommunal de Compiègne. Le ministre de l'intérieur est donc fondé à demander, au titre de la période du 22 août 2017 au 8 juillet 2018, le remboursement des traitements, indemnités et primes versés à M. B d'un montant de 39 167,78 euros ainsi que des charges patronales correspondantes, d'un montant de 26 584,84 euros. Ainsi, il y a lieu d'accorder au ministère de l'intérieur la somme de 32 876,31 euros, compte tenu du taux de perte de chance de 50% retenu, au titre des frais qu'il a exposés.
Sur les dépens :
21. Aux termes des deux premiers alinéas de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise (). / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute personne perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. ".
22. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre les frais et honoraires de l'expertise, liquidés et taxés à la somme de 500 euros C une ordonnance du 15 janvier 2019 du président de ce tribunal, à la charge définitive du centre hospitalier intercommunal de Compiègne, partie perdante.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administration :
23. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
24. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du centre intercommunal de Compiègne une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens au bénéfice de M. B et une somme de 1 000 euros au bénéfice de la caisse primaire d'assurance maladie des Yvelines.
D E C I D E :
Article 1er : Le centre hospitalier intercommunal de Compiègne est condamné à verser à M. B la somme de 17 019 euros au titre des préjudices subis.
Article 2 : Le centre hospitalier intercommunal de Compiègne est condamné à verser à la caisse primaire d'assurance maladie des Yvelines, en remboursement de ses débours, la somme de 6 453,82 euros.
Article 3 : La somme mentionnée à l'article 2 est assortie des intérêts à compter du 13 août 2019 et de la capitalisation des intérêts à compter du 13 août 2020.
Article 4 : Le centre hospitalier intercommunal de Compiègne est condamné à verser à la caisse primaire d'assurance maladie des Yvelines la somme de 1 114 euros au titre de l'indemnité prévue à l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale.
Article 5 : Le centre hospitalier intercommunal de Compiègne est condamné à verser au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en remboursement des frais qu'il a exposés, la somme de 32 876,31 euros.
Article 6 : Les dépens, liquidés et taxés à la somme de 500 euros sont mis à la charge définitive du centre hospitalier intercommunal de Compiègne.
Article 7 : Le centre hospitalier intercommunal de Compiègne versera la somme de 1 500 euros à M. B au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 8 : Le centre hospitalier intercommunal de Compiègne versera la somme de 1 000 euros à la caisse primaire d'assurance maladie des Yvelines au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 9 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 10 : Le présent jugement sera notifié à M. B, au centre hospitalier intercommunal de Compiègne, au ministre de l'intérieur et des outre-mer, à MGP mutuelle et à la caisse primaire d'assurance maladie des Yvelines.
Délibéré après l'audience du 7 juillet 2022, à laquelle siégeaient :
M. Derlange, président,
M. Beaujard, conseiller,
Mme Nour, conseillère.
Rendu public C mise à disposition au greffe le 21 juillet 2022.
La rapporteure,
Signé
C. NOURLe président,
Signé
S. DERLANGELa greffière,
Signé
T. PETR
La République mande et ordonne au ministre des solidarités et de la santé, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026