jeudi 27 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2000729 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET M. DEMARET (SELARL) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 mars 2020, M. et Mme B et C A représentés par Me Demaret demandent au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2013 et 2014 et des pénalités correspondantes ;
2°) de leur accorder un sursis de paiement des sommes contestées ;
3°) de mettre à la charge de l'État le remboursement des frais irrépétibles qu'ils sont conduits à engager.
Ils soutiennent que :
- l'administration fiscale a méconnu les dispositions de l'article 38 du code général des impôts dès lors qu'a été indûment réintégré dans le résultat de l'exercice clos au 31 décembre 2013 de la SARL ACXIA un rappel d'impôt sur les sociétés de 237 276 euros mis en recouvrement en 2013, faussant par suite le résultat de l'exercice clos au 31 décembre 2014 ;
- en conséquence, leur éligibilité à la prime pour l'emploi au titre de l'année 2013 ne peut être remise en cause puisqu'ils n'excèdent les plafonds légaux qu'en raison d'une réintégration indue ;
- la pénalité de l'article 1729 du code général des impôts doit être déchargée par voie de conséquence.
Par des mémoires en défense enregistrés les 22 janvier 2021 et 25 juillet 2022, la directrice départementale des finances publiques de la Somme, conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par ordonnance du 26 juillet 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 12 septembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Menet, premier conseiller,
- et les conclusions de M. Beaujard, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La SARL ACXIA, dont le gérant et l'associé unique était M. B A, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité au terme de laquelle un bénéfice taxable à l'impôt sur les sociétés a été reconstitué au titre des exercices clos aux 31 décembre 2013 et 31 décembre 2014.
2. À la suite de ces rehaussements, dans le cadre d'une procédure de rectification contradictoire, des distributions ont été notifiées à M. et Mme A et des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux au titre des années 2013 et 2014 ont été mises à leur charge. Ils demandent au tribunal de prononcer la décharge de ces impositions, ainsi que des pénalités correspondantes.
Sur les revenus distribués :
3. En premier lieu et d'une part, aux termes de l'article 109 du code général des impôts : " 1. Sont considérés comme revenus distribués : / 1° Tous les bénéfices ou produits qui ne sont pas mis en réserve ou incorporés au capital () ". Aux termes de l'article 110 du même code : " Pour l'application du 1° du 1 de l'article 109, les bénéfices s'entendent de ceux qui ont été retenus pour l'assiette de l'impôt sur les sociétés. ".
4. D'autre part, aux termes de l'article 38 du code général des impôts, applicable à l'impôt sur les sociétés en vertu de l'article 209 du même code : " () 2. Le bénéfice net est constitué par la différence entre les valeurs de l'actif net à la clôture et à l'ouverture de la période dont les résultats doivent servir de base à l'impôt diminuée des suppléments d'apport et augmentée des prélèvements effectués au cours de cette période par l'exploitant ou par les associés. L'actif net s'entend de l'excédent des valeurs d'actif sur le total formé au passif par les créances des tiers, les amortissements et les provisions justifiés () ". Aux termes de l'article 39 du code général des impôts, applicable à l'impôt sur les sociétés en vertu de l'article 209 de ce code : " 1. Le bénéfice net est établi sous déduction de toutes charges, celles-ci comprenant () notamment : 1° Les frais généraux de toute nature () 2. Les sanctions pécuniaires et pénalités de toute nature mises à la charge des contrevenants à des obligations légales ne sont pas admises en déduction des bénéfices soumis à l'impôt ()". En application de l'article 213 du code général des impôts, dans sa rédaction applicable au litige, " L'impôt sur les sociétés, la contribution sociale mentionnée à l'article 235 ter ZC, la contribution exceptionnelle mentionnée à l'article 235 ter ZAA, la contribution additionnelle à l'impôt sur les sociétés sur les montants distribués mentionnée à l'article 235 ter ZCA et l'impôt sur le revenu ne sont pas admis dans les charges déductibles pour l'établissement de l'impôt ".
5. Il résulte de l'instruction que le vérificateur a reconstitué le bénéfice imposable de la SARL ACXIA au titre des exercices clos les 31 décembre 2013 et 2014 en déduisant du chiffre d'affaires de la société le montant de charges admises comme déductibles. Un bénéfice taxable a ainsi été reconstitué à hauteur des sommes de 147 551 euros pour l'exercice clos en 2013 et 127 645 euros pour l'exercice clos en 2014, ramené respectivement à 119 955 euros et 99 755 euros à la suite du recours hiérarchique. L'administration a ensuite regardé ces réintégrations comme des revenus distribués imposables entre les mains des requérants dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers.
6. Les requérants soutiennent qu'il y avait lieu de déduire de ce bénéfice reconstitué le montant d'un rappel d'impôts à hauteur de 237 276 euros, ce qui aboutissait, sur les deux années vérifiées, à constater l'existence, pour la société, d'un déficit en 2013, reporté sur l'exercice clos en 2014, et corrélativement, l'absence de sommes désinvesties devant être taxées entre leurs mains comme revenus distribués au titre de ces deux années. Il résulte de l'instruction que lesdits impôts correspondent à des rappels de taxe sur la valeur ajoutée au titre de la période du 1er janvier 2009 au 31 décembre 2011, à des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés au titre des exercices clos en 2009 et 2010 et à une amende fiscale de 1 500 euros, mis en recouvrement par avis reçu par la société le 26 décembre 2012. Or, conformément aux règles de rattachement des charges aux exercices, l'administration ne pouvait déduire du bénéfice de l'exercice clos en 2013 des charges engagées au titre de l'exercice clos en 2012, qui n'a d'ailleurs fait l'objet d'aucune déclaration au titre de l'impôt sur les sociétés de la part de la requérante. Au surplus, l'impôt sur les sociétés n'est pas une charge déductible en application de l'article 213 du code général des impôts et les amendes fiscales ne le sont pas davantage en application du 2 de l'article 39 du CGI. Il s'ensuit que les requérants ne sont pas fondés à soutenir que l'imputation de ces impôts sur le bénéfice reconstitué aurait dû conduire à constater un déficit sur l'exercice clos en 2013, reportable sur l'exercice 2014 et qu'ainsi aucun revenu distribué entre leurs mains ne pouvait être constaté au titre de ces deux années.
7. En second lieu, si M. et Mme A se prévalent, sur le sujet de l'imputation en charge déductible des impositions de la société, de l'interprétation de la loi fiscale par l'administration, ils n'en précisent nullement les références. Par suite, le moyen n'est pas assorti des précisions suffisantes permettant d'en apprécier l'éventuel bien-fondé et il y a lieu de l'écarter.
Sur le bénéfice de la prime pour l'emploi :
8. Les dispositions de l'article 200 sexies alors en vigueur du code général des impôts instituaient un droit à récupération fiscale, dénommé prime pour l'emploi, au profit des personnes physiques fiscalement domiciliées en France mentionnées à l'article 4 B de ce code. Cette prime était accordée au foyer fiscal à raison des revenus d'activité professionnelle de chacun de ses membres, à la condition, notamment, que le montant du revenu du foyer fiscal défini au IV de l'article 1417 du même code n'excède pas un certain seuil. Les dispositions du A de l'article 200 sexies du code général des impôts fixent ce seuil à
32 498 euros pour les deux premières parts de quotient familial des personnes soumises à imposition commune. Cette limite est majorée de 4 490 euros pour chacune des demi-parts suivantes et de la moitié de cette somme pour chacun des quarts de part suivants.
9. Il résulte de ce qui a été dit aux points précédents que les contribuables ne sont pas fondés à remettre en cause le montant des revenus distribués qui ont été imposés entre leurs mains au titre des années 2013 et 2014. Dès lors que leur revenu fiscal de référence au titre des années d'imposition en litige, doit être maintenu au niveau fixé par l'administration, ils ne sont pas fondés à demander la restitution du bénéfice de la prime pour l'emploi prévue par les dispositions de l'article 200 sexies du code général des impôts et qui leur avait été retiré au motif qu'ils dépassaient, après rectification, les seuils de revenus définis par ce texte.
10. Il résulte de ce qui précède que les contribuables ne sont pas fondés à demander la décharge en droits des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquelles ils ont été assujettis. Leurs conclusions à fin de décharge des pénalités notifiées en application de l'article 1729 du code général des impôts, qui n'est demandée que par voie de conséquence de la décharge des droits rappelés, ne peuvent qu'être rejetées.
11. En dernier lieu, le présent jugement se prononce sur le fond de l'affaire. Les conclusions de la requête tendant au sursis à paiement des impositions contestées se trouvent donc privées d'objet.
12. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. et Mme A doit être rejetée, y compris les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins de sursis à paiement de la requête de M. et Mme A.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. et Mme A est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Mme C A et à la directrice départementale des finances publiques de la Somme.
Délibéré après l'audience du 13 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Boutou, président,
Mme Pierre, première conseillère,
M. Menet, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition le 27 octobre 2022.
Le rapporteur,
Signé
M. Menet
Le président,
Signé
B. Boutou
La greffière,
Signé
A. Ribière
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026