vendredi 7 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2001436 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | JEAN DELPHINE |
Vu la procédure suivante :
Par un jugement avant dire droit du 7 juillet 2022, le tribunal, a ordonné une expertise médicale afin de procéder à l'évaluation des préjudices subis par Mme A B en lien avec la faute commise par le centre hospitalier de Château-Thierry aux fins de statuer sur les conclusions présentées dans la requête de Mme B et son mémoire enregistrés les 11 mai 2020 et 8 mars 2021.
Le rapport de l'expert désigné a été déposé au greffe du tribunal le 10 mars 2023.
Par un mémoire enregistré le 6 avril 2023, Mme A B, représentée par
Me Jean, demande au tribunal :
1°) de condamner le centre hospitalier de Château-Thierry et son assureur, la société Relyens Mutual Insurance, à lui payer la somme de 308 746,32 euros en réparation des préjudices subis lors de sa prise en charge par cet établissement de santé ;
2°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Château-Thierry et son assureur, la société Relyens Mutual Insurance, la somme de 3 000 euros en application de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les dépens.
Elle soutient que :
- la responsabilité du centre hospitalier de Château-Thierry est engagée à raison d'un défaut de prise en charge de son état de santé lui ayant fait subir une perte de chance de 50 % d'éviter les séquelles dont elle demeure atteinte selon le jugement précité';
- le centre hospitalier de Château-Thierry et son assureur devront être condamnés à réparer ses préjudices à hauteur de 8 523,75 euros en réparation des dépenses de santé actuelles, 3 089,24 euros en réparation des frais divers, 1 573,85 euros en réparation des pertes de gains professionnels actuels, 3 856,49 euros en réparation du déficit fonctionnel temporaire, 8 757 euros en réparation de l'assistance par tierce personne temporaire, 6 000 euros en réparation des souffrances endurées, 750 euros en réparation du préjudice esthétique temporaire, 34 610,10 euros en réparation des dépenses de santé futures, 167 785,89 euros en réparation de l'assistance par tierce personne permanente, 12 500 euros en réparation de l'incidence professionnelle, 44 800 euros en réparation du déficit fonctionnel permanent, 7 500 euros en réparation du préjudice d'agrément, 1 500 euros en réparation du préjudice esthétique permanent et 7 500 euros en réparation du préjudice sexuel.
Par des mémoires en défense enregistrés les 11 avril 2023 et 21 juin 2023, le centre hospitalier de Château-Thierry et son assureur, la société Relyens Mutual Insurance, représentés par la SCP Lebègue Derbise, demandent au tribunal de réduire les demandes indemnitaires en une notable proportion, sous déduction des provisions versées amiablement à hauteur de la somme de 6 000 euros.
Par un mémoire enregistré le 19 avril 2023, la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de l'Aisne, représentée par Me de Berny, demande au tribunal :
1°) de condamner le centre hospitalier de Château-Thierry à lui rembourser la somme de 804,06 euros au titre des indemnités journalières servies à Mme B ;
2°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Château-Thierry la somme de 700 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu :
- l'ordonnance no 2001436 du 16 mars 2023 de la présidente du tribunal administratif d'Amiens taxant et liquidant les frais d'expertise, ordonnée le 7 juillet 2022, à la somme de 1 500 euros';
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique';
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Menet, premier conseiller,
- les conclusions de M. Beaujard, rapporteur public,
- et les observations de Me Denys pour le centre hospitalier de Château-Thierry et la société Relyens Mutual Insurance.
Considérant ce qui suit :
1. Par jugement du 7 juillet 2022, le tribunal a retenu que le centre hospitalier de Château-Thierry, à la suite de l'admission de Mme B aux urgences le 27 février 2016, avait tardé à procéder à des examens occasionnant un retard de diagnostic d'un syndrome de la queue de cheval chez la patiente et que ce manquement lui avait fait perdre une chance de 50 % d'éviter les séquelles dont elle demeure atteinte. Le tribunal a d'une part condamné le centre hospitalier à verser à la caisse primaire d'assurance maladie de l'Aisne ses débours exposés et les frais futurs, sursoyant à statuer sur les indemnités journalières servies et d'autre part ordonné, avant dire droit sur la liquidation des préjudices subis par l'intéressée, une expertise médicale dont les conclusions ont été déposées au greffe de la juridiction le 10 mars 2023.
Sur les conclusions indemnitaires :
2. Il résulte de l'instruction, plus particulièrement de l'expertise et n'est pas contesté que la date de consolidation de l'état de santé de l'intéressée doit être fixée à la date du 12 septembre 2018.
En ce qui concerne les préjudices temporaires :
S'agissant des dépenses de santé actuelles :
3. En premier lieu, il résulte de l'instruction et particulièrement de l'expertise qu'en raison des séquelles dont elle reste affligée, Mme B a dû exposer des frais pour des protections urinaires et des gants à hauteur de la somme mensuelle de 87,50 euros. Il s'ensuit qu'entre la date du fait générateur du dommage et la date de consolidation de l'état de santé de l'intéressée, une somme de 2 670,50 euros a été exposée à ce titre.
4. En second lieu, il résulte de l'instruction et particulièrement de l'expertise que des frais de psychothérapie en lien avec le manquement du centre hospitalier sont restés à la charge de Mme B et qu'en définitive, à raison d'une séance hebdomadaire au coût de 60 euros, selon une attestation de la thérapeute de l'intéressée du 16 novembre 2022, ces dépenses, jusqu'à la date de consolidation de l'état de santé de Mme B, restées à sa charge s'élèvent à 3 900 euros.
5. Au total, ce préjudice sera exactement réparé, compte tenu du taux de perte de chance énoncé au point 1 du présent jugement, à hauteur de la somme de 3 285,25 euros.
S'agissant des frais divers :
6. Mme B soutient avoir dû exposer des frais supplémentaires pour la garde de ses trois enfants en raison de la faute commise entre les mois de mars et avril 2016. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction que le préjudice lié à la parentalité invoqué par Mme B soit distinct de celui pris en compte ci-après au titre de l'assistance par tierce personne. Cette demande doit ainsi être rejetée.
7. Mme B justifie par la production de deux factures avoir exposé des frais pour être assistée d'un médecin aux opérations d'expertise à hauteur de la somme totale de 2 796 euros. Cette dépense en lien avec la faute commise incombe à l'établissement public de santé, sans application du taux de perte de chance.
S'agissant des pertes de gains professionnels actuels :
8. En application des dispositions de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale, le juge saisi d'un recours de la victime d'un dommage corporel et du recours subrogatoire d'un organisme de sécurité sociale doit, pour chacun des postes de préjudices, déterminer le montant du préjudice en précisant la part qui a été réparée par des prestations de sécurité sociale et celle qui est demeurée à la charge de la victime. Il lui appartient ensuite de fixer l'indemnité mise à la charge de l'auteur du dommage au titre du poste de préjudice en tenant compte, s'il a été décidé, du taux de perte de chance. Le juge doit allouer cette indemnité à la victime dans la limite de la part du poste de préjudice qui n'a pas été réparée par des prestations, le solde, s'il existe, étant alloué à l'organisme de sécurité sociale.
9. Il résulte de l'instruction que Mme B a subi un arrêt de travail imputable à la faute du centre hospitalier et que son employeur a attesté que la perte de salaire net s'est élevée à la somme de 1 212,20 euros. Compte tenu du taux de perte de chance énoncé au point 1 du présent jugement, la somme maximale pouvant être mise à la charge de l'établissement public de santé s'élève à la somme de 606,10 euros.
10. La CPAM de l'Aisne justifie d'indemnités journalières servies à Mme B à hauteur de la somme de 806,04 euros par la production d'un relevé détaillé de ses débours et d'une attestation d'imputabilité établie par son médecin-conseil. Le préjudice de Mme B s'élève ainsi à 408,14 euros. Il s'ensuit que le recours subrogatoire de la CPAM de l'Aisne au titre de ces indemnités journalières est limité à la somme de 197,96 euros à ce titre, à la charge de l'établissement public de santé.
S'agissant du déficit fonctionnel temporaire :
11. Il résulte de l'instruction et particulièrement de l'expertise que Mme B a subi, en lien avec le manquement de l'établissement de santé, un déficit fonctionnel temporaire de 100 % le 4 mars 2016, de 66 % entre les 5 et 23 mars 2016, de 50 % entre les 24 mars 2016 et 21 juin 2016, de 35 % entre les 22 juin 2016 et 18 octobre 2017, de 100 % entre les 19 et 24 octobre 2017, de 50 % du 25 octobre 2017 au 17 novembre 2017 et de 35 % du 18 novembre 2017 au 12 septembre 2018.
12. Ce préjudice sera exactement réparé, sur une base de 15 euros par jour pour un déficit fonctionnel total, compte tenu du taux de perte de chance énoncé au point 1 du présent jugement, à hauteur de la somme de 2 629,43 euros.
S'agissant de l'assistance par tierce personne (avant consolidation) :
13. Lorsque le juge administratif indemnise la victime d'un dommage corporel nécessitant de recourir à l'aide d'une tierce personne, il détermine le montant de l'indemnité réparant ce préjudice en fonction des besoins de la victime et des dépenses nécessaires pour y pourvoir. Il doit à cette fin se fonder sur un taux horaire permettant, dans les circonstances de l'espèce, le recours à l'aide professionnelle d'une tierce personne d'un niveau de qualification adéquat, sans être lié par les débours effectifs dont la victime peut justifier. Il n'appartient notamment pas au juge, pour déterminer cette indemnisation, de tenir compte de la circonstance que l'aide a été ou pourrait être apportée par un membre de la famille ou un proche de la victime.
14. Il résulte de l'instruction que Mme B a connu un besoin à ce titre de trois heures par jour entre les 5 et 23 mars 2016, de deux heures par jour entre les 24 mars 2016 et 21 juin 2016, de 1,5 heure par jour entre les 22 juin 2016 et 18 octobre 2017, de deux heures par jour entre les 25 octobre 2017 et 17 novembre 2017 et de 1,5 heure par jour entre les 18 novembre 2017 et 12 septembre 2018.
15. Il y a lieu, afin de tenir compte des congés payés et des jours fériés prévus par l'article L. 3133-1 du code du travail, et ainsi que le prévoit le référentiel de l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales, de calculer l'indemnisation sur la base d'une année de 412 jours, ainsi que sur la base d'un taux horaire moyen de rémunération tenant compte des charges patronales et des majorations de rémunération pour travail du dimanche, fixé à 14 euros pour une aide active non spécialisée. Par suite, ce préjudice s'évalue, compte tenu du taux de perte de chance énoncé au point 1 du présent jugement, à la somme de 11 532,05 euros.
S'agissant des souffrances endurées :
16. Il résulte de l'instruction que les souffrances endurées doivent être évaluées à 4,5 sur une échelle de 7 en considération des douleurs neuropathiques, de la nécessité d'un suivi psychologique et de la rééducation prolongée. Ce préjudice sera justement réparé, compte tenu du taux de perte de chance énoncé au point 1 du présent jugement, à hauteur de la somme de 5 000 euros.
S'agissant du préjudice esthétique temporaire :
17. Il ne résulte pas de l'instruction que le préjudice esthétique retenu par les experts, c'est-à-dire les cicatrices de cœlioscopie, les sondes, les protections, la boiterie et les troubles circulatoires soient en lien avec le retard de diagnostic fautif. Cette demande doit ainsi être rejetée.
En ce qui concerne les préjudices permanents :
S'agissant des dépenses de santé futures :
18. Il résulte de ce qui a été énoncé au titre des dépenses de santé actuelles que Mme B expose des frais de protections urinaires et de gants à hauteur de la somme mensuelle de 87,50 euros en lien avec la faute commise par l'établissement public de santé. Par ailleurs, il résulte de l'attestation précitée de la thérapeute de Mme B du 16 novembre 2022 qu'entre le mois de juin 2017 et le 16 novembre 2022, la somme de 14 160 euros a été exposée pour un suivi psychologique en lien avec la faute commise. Il y a lieu d'imputer sur cette dernière somme, le montant retenu au titre des dépenses de santé actuelles au point 4 du présent jugement.
19. Entre la date de consolidation de l'état de santé de l'intéressée et celle de la mise à disposition du présent jugement, le préjudice s'est ainsi élevé, compte tenu du taux de perte de chance énoncé au point 1 du présent jugement, à la somme de 7 659,77 euros.
20. Ensuite, Mme B étant âgée de 44 ans à la date du présent jugement, en retenant un taux de l'euro de rente viagère fixé à 41,902 par le barème de capitalisation 2022 publié par la Gazette du Palais (taux d'intérêt égal à 0 %), son préjudice, compte tenu du taux de perte de chance énoncé au point 1 du présent jugement, s'élève à la somme de 21 998,55 euros.
S'agissant de l'assistance par tierce personne (après consolidation) :
21. Lorsque le juge administratif indemnise la victime d'un dommage corporel nécessitant de recourir à l'aide d'une tierce personne, il détermine le montant de l'indemnité réparant ce préjudice en fonction des besoins de la victime et des dépenses nécessaires pour y pourvoir. Il doit à cette fin se fonder sur un taux horaire permettant, dans les circonstances de l'espèce, le recours à l'aide professionnelle d'une tierce personne d'un niveau de qualification adéquat, sans être lié par les débours effectifs dont la victime peut justifier. Il n'appartient notamment pas au juge, pour déterminer cette indemnisation, de tenir compte de la circonstance que l'aide a été ou pourrait être apportée par un membre de la famille ou un proche de la victime.
22. L'établissement public de santé et son assureur soutiennent que cette aide ne doit pas excéder sept heures par semaine et fournit une note technique d'un médecin qui se borne à affirmer que l'assistance par tierce personne pourrait être retenue dans cette limite. Toutefois, il résulte de l'instruction et particulièrement de l'expertise qu'en considération des séquelles de la faute commise par le centre hospitalier, ce besoin s'évalue à une heure et demie par jour. Il convient de retenir cette dernière évaluation qui n'est pas remise en cause par les affirmations des défendeurs.
23. Il y a lieu, afin de tenir compte des congés payés et des jours fériés prévus par l'article L. 3133-1 du code du travail, et ainsi que le prévoit le référentiel de l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales, de calculer l'indemnisation sur la base d'une année de 412 jours, ainsi que sur la base d'un taux horaire moyen de rémunération tenant compte des charges patronales et des majorations de rémunération pour travail du dimanche, fixé à 14 euros pour une aide active non spécialisée.
24. Par suite, entre la date de la consolidation de l'état de santé de Mme B et celle de mise à disposition du présent jugement, il y a lieu d'évaluer ce poste de préjudice, compte tenu du taux de perte de chance énoncé au point 1 du présent jugement, à la somme de 20 859,62 euros.
25. À compter du jugement, Mme B étant âgée de 44 ans, en retenant un taux de l'euro de rente viagère fixé à 41,902 par le barème de capitalisation 2022 publié par la Gazette du Palais (taux d'intérêt égal à 0 %), son préjudice s'élève, compte tenu du taux de perte de chance énoncé au point 1 du présent jugement, à la somme de 181 268,05 euros.
S'agissant de l'incidence professionnelle :
26. Il résulte de l'instruction qu'à la suite du manquement commis par le centre hospitalier, Mme B connaît une pénibilité accrue de son travail d'employée de pharmacie dès lors que les stations prolongées debout et assise sont désormais impossibles, avec une fatigabilité accrue. L'expertise a retenu qu'il y avait une dévalorisation au regard de l'évolution de carrière de l'intéressée et que son poste avait dû être aménagé.
27. Il ne résulte pas de l'instruction que Mme B ait perçu des prestations ou indemnités de toute nature réparant l'incidence professionnelle du manquement commis. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en le fixant à la somme, compte tenu du taux de perte de chance énoncé au point 1 du présent jugement, de 3 500 euros.
S'agissant du déficit fonctionnel permanent :
28. Il résulte de l'instruction et plus particulièrement de l'expertise que Mme B souffre d'un déficit fonctionnel permanent évalué à 32 %. Il s'ensuit que ce préjudice doit être évalué, compte tenu du taux de perte de chance énoncé au point 1 du présent jugement, à la somme de 34 247,51 euros.
S'agissant du préjudice d'agrément :
29. Le préjudice d'agrément est celui qui résulte d'un trouble spécifique distinct du déficit fonctionnel permanent lié à l'impossibilité pour la victime de continuer à pratiquer certaines activités sportives et de loisirs.
30. Il résulte de l'instruction, particulièrement de l'expertise et des attestations produites par Mme B, qu'elle se trouve limitée dans ses activités sportives. Il n'est pas justifié d'une impossibilité pour Mme B de s'adonner à ces activités, de sorte que ce préjudice qui relève du déficit fonctionnel permanent a déjà été indemnisé. Cette demande doit ainsi être écartée.
S'agissant du préjudice esthétique permanent :
31. Il résulte de l'instruction que ce préjudice s'établit à 2 sur une échelle de 7. Ce préjudice sera justement réparé, compte tenu du taux de perte de chance énoncé au point 1 du présent jugement, à hauteur de la somme de 750 euros.
S'agissant du préjudice sexuel :
32. Il résulte de l'instruction que Mme B souffre d'un préjudice sexuel tenant à la perte de toutes sensations intimes, de toute libido et à des douleurs positionnelles. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l'évaluant, compte tenu du taux de perte de chance énoncé au point 1 du présent jugement, à la somme de 2 500 euros.
33. Il résulte de tout ce qui précède que le centre hospitalier de Château-Thierry et son assureur, la société Relyens Mutual Insurance, doivent être condamnés à verser la somme de 298 434,37 euros à Mme B en réparation des préjudices subis sous déduction des provisions versées amiablement à hauteur de la somme de 6 000 euros.
Sur les dépens :
34. Il y a lieu de mettre les frais de l'expertise ordonnée le 7 juillet 2022, qui ont été liquidés et taxés à la somme de 1 500 euros par ordonnance no 2001436 du 16 mars 2023 de la présidente du tribunal administratif d'Amiens, à la charge définitive du centre hospitalier de Château-Thierry et de son assureur la société Relyens Mutual Insurance.
Sur les frais exposés et non compris dans les dépens :
35. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du centre hospitalier de Château-Thierry et de son assureur, la société Relyens Mutual Insurance, une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par Mme B.
36. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du centre hospitalier de Château-Thierry la somme de 700 euros au titre des frais exposés par la CPAM de l'Aisne et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1 er : Le centre hospitalier de Château-Thierry et la société Relyens Mutual Insurance sont condamnés à verser à Mme B la somme de 298 434,37 euros en réparation des préjudices subis sous déduction des provisions versées amiablement à hauteur de la somme de 6 000 euros.
Article 2 : Le centre hospitalier de Château-Thierry est condamné à verser à la CPAM de l'Aisne, en remboursement de ses indemnités journalières servies, la somme de 197,96 euros.
Article 3 : Les dépens, liquidés et taxés à la somme de 1 500 euros sont mis à la charge définitive du centre hospitalier de Château-Thierry et de la société Relyens Mutual Insurance.
Article 4 : Le centre hospitalier de Château-Thierry et la société Relyens Mutual Insurance verseront une somme de 1 500 euros à Mme B au titre des dispositions de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le centre hospitalier de Château-Thierry versera la somme de 700 euros à la CPAM de l'Aisne au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 6 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 7 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, au centre hospitalier de Château-Thierry, à la société Relyens Mutual Insurance et à la caisse primaire d'assurance maladie de l'Aisne.
Délibéré après l'audience du 29 juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. Boutou, président,
Mme Pierre, première conseillère,
M. Menet, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition le 7 juillet 2023.
Le rapporteur,
Signé
M. Menet
Le président,
Signé
B. Boutou La greffière,
Signé
A. Ribière
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2001436
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026