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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2001679

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2001679

jeudi 7 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2001679
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantREILLAC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 16 juin 2020, M. et Mme B A, représentés par Me Reillac, demandent au tribunal :

1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquels ils ont été assujettis au titre des années 2015 et 2016, pour un montant total, en droits et pénalités, de 236 452 euros ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- le vérificateur était territorialement incompétent ;

- ils ont été privés des garanties attachées à un examen contradictoire de la situation fiscale personnelle dès lors que celui-ci a débuté dès la vérification de comptabilité ;

- l'examen contradictoire de leur situation fiscale personnelle a duré plus d'un an en méconnaissance des dispositions de l'article L. 12 du livre des procédures fiscales ;

- l'avis de vérification de la société A BTP est irrégulier dès lors que le service a procédé à des redressements relatifs à des opérations postérieures aux années contrôlées ;

- ils ont été privés d'un débat oral et contradictoire ;

- le service a commis une erreur de droit en ayant imposé les revenus réputés distribués qui s'inscrivaient en réalité dans le cadre d'une délégation de créance consentie par la société A BTP à ses associés ou employés, à charge pour eux de rembourser ensuite les sous-traitants de la société.

Par un mémoire en défense, enregistré le 23 mai 2021, la directrice départementale des finances publiques de la Somme conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code civil ;

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- l'arrêté du 1er août 2000 relatif aux attributions des directions de contrôle fiscal ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Beaujard, conseiller,

- et les conclusions de Mme Redondo, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. et Mme A ont fait l'objet d'un examen de leur situation fiscale personnelle sur les revenus des années 2014 à 2016, de manière concomitante avec la vérification de comptabilité de la société A BTP, dont ils sont associés uniques. Par une proposition de rectification du 2 mai 2018, portant sur les revenus 2015 et 2016, le service a prononcé un rehaussement de 177 487 euros. Par la présente requête, M. et Mme A demandent la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales mises à leur charge au titre des années 2015 et 2016.

Sur la régularité de la procédure d'imposition :

2. En premier lieu, aux termes de l'article 350 terdecies de l'annexe III au code général des impôts : " I. () seuls les fonctionnaires de la direction générale des finances publiques appartenant à des corps des catégories A et B peuvent fixer les bases d'imposition et liquider les impôts, taxes et redevances ainsi que proposer les rectifications. () V. - Sans préjudice des dispositions des II, III et IV, les fonctionnaires mentionnés au premier alinéa du I peuvent exercer leurs attributions à l'égard des personnes physiques ou morales et des groupements liés aux personnes ou groupements qui relèvent de leur compétence. / Les liens existant entre les personnes ou groupements s'entendent de l'appartenance ou du rattachement à un même foyer fiscal, de l'exercice d'un rôle de direction de droit ou de fait, d'une relation d'association, de subordination ou d'interposition, ou de l'appartenance à un même groupe d'intérêts. Les arrêtés d'attributions des services déconcentrés et des services à compétence nationale définissent, s'il y a lieu, la compétence des agents au regard des personnes unies par ces liens. Les arrêtés d'attributions des services déconcentrés et des services à compétence nationale définissent, s'il y a lieu, la compétence des agents au regard des personnes unies par ces liens ". Aux termes de l'article 2 de l'arrêté du 1er août 2000 relatif aux attributions des directions de contrôle fiscal : " () 2. Les fonctionnaires de ces directions, territorialement compétents pour le contrôle de la situation fiscale d'une activité professionnelle, d'une exploitation, d'une entreprise, d'une société, d'un groupement ou d'une entité qu'une personne physique ou l'un des membres de son foyer fiscal exerce ou dirige, ou dans lesquels ils sont associés, peuvent procéder au contrôle de l'ensemble des revenus concourant à la détermination du revenu global de cette personne, quel que soit le lieu de son domicile. () " Il ressort de ces dispositions que les brigades de vérification territorialement compétentes pour contrôler une société le sont aussi pour contrôler le dirigeant et l'associé de cette société, quel que soit le lieu de son domicile.

3. En l'espèce, la 7ème brigade de vérification d'Ile-de-France, compétente pour opérer la vérification de comptabilité de la société A BTP, dont le siège était situé à Paris, était également compétente pour notifier des rectifications à ses associés de sorte que le moyen tiré de l'incompétence du service vérificateur doit être écarté.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 10 du livre des procédures fiscales : " L'administration des impôts contrôle les déclarations ainsi que les actes utilisés pour l'établissement des impôts, droits, taxes et redevances. / () ". Aux termes des deux premiers alinéas de l'article L. 12 du livre des procédures fiscales : " Dans les conditions prévues au présent livre, l'administration des impôts peut procéder à l'examen contradictoire de la situation fiscale des personnes physiques au regard de l'impôt sur le revenu, qu'elles aient ou non leur domicile fiscal en France, lorsqu'elles y ont des obligations au titre de cet impôt. / A l'occasion de cet examen, l'administration peut contrôler la cohérence entre, d'une part les revenus déclarés et, d'autre part, la situation patrimoniale, la situation de trésorerie et les éléments du train de vie des membres du foyer fiscal. / () ". Aux termes de l'article L. 13 du livre des procédures fiscales, relatif aux vérifications de comptabilités : " I. - Les agents de l'administration des impôts vérifient sur place, en suivant les règles prévues par le présent livre, la comptabilité des contribuables astreints à tenir et à présenter des documents comptables. / () ". Aux termes de l'article R*13-1 du livre des procédures fiscales : " Les vérifications de comptabilité mentionnées à l'article L. 13 comportent notamment : / a) La comparaison des déclarations souscrites par les contribuables avec les écritures comptables et avec les registres et documents de toute nature, notamment ceux dont la tenue est prévue par le code général des impôts et par le code de commerce ; / b) L'examen de la régularité, de la sincérité et du caractère probant de la comptabilité à l'aide particulièrement des renseignements recueillis à l'occasion de l'exercice du droit de communication, et de contrôles matériels ".

5. Il résulte de l'instruction, notamment de la proposition de rectification datée du

24 octobre 2017, que, d'une part, le service a demandé, par lettre du 16 mars 2017, à la société A BTP de justifier des virements intitulés " virements A " inscrits au débit de son compte fournisseur, et d'autre part de justifier de ses charges déductibles, en faisant référence à la jurisprudence relative à la charge de la preuve. Ce faisant, le service s'est borné à contrôler la régularité, la sincérité et le caractère probant des écritures comptables de la société, sans que cet examen ne constitue le début d'une procédure d'examen de situation fiscale personnelle. Par suite les requérants ne sont pas fondés à se prévaloir de la méconnaissance des garanties attachées à l'engagement d'un examen contradictoire de la situation fiscale personnelle.

6. En troisième lieu, aux termes du troisième alinéa de l'article L. 12 du livre des procédures fiscales : " Sous peine de nullité de l'imposition, un examen contradictoire de la situation fiscale personnelle ne peut s'étendre sur une période supérieure à un an à compter de la réception de l'avis de vérification ".

7. Compte tenu de ce qui a été dit au point 5 du présent jugement, le contrôle, qui s'est déroulé entre le 12 juin 2017, date de réception de l'avis de vérification et le 2 mai 2018, date de la proposition de rectification, s'est étendu sur une période inférieure à un an. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 12 du livre des procédures fiscales doit être écarté.

8. En quatrième lieu, aux termes deeeonservice vérificateur doit, de

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