LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2002641

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2002641

jeudi 30 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2002641
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantTAMBURINI-BONNEFOY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires enregistrés les 17 août 2020, 15 et 22 février 2022, Mme A B, représentée par Me Perdu, demande au tribunal :

1°) de condamner le centre hospitalier de Laon à lui payer la somme de 184 654,21 euros en réparation des préjudices subis ;

2°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Laon la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, outre les dépens.

Elle soutient que :

- la responsabilité du centre hospitalier de Laon est engagée à raison de fautes médicales dans sa prise en charge ;

- le centre hospitalier de Laon devra être condamné à réparer ses préjudices à hauteur de 1 317,08 euros en réparation des dépenses de santé actuelles, 1 149,80 euros en réparation des frais divers, 903,57 euros en réparation des pertes de gains professionnels actuels,

36 825 euros en réparation du déficit fonctionnel temporaire, 40 000 euros en réparation des souffrances endurées, 4 000 euros en réparation du préjudice esthétique temporaire,

6 081,48 euros en réparation des dépenses de santé futures, 19 377,28 euros en réparation de l'assistance par tierce personne, 35 000 euros en réparation du déficit fonctionnel permanent, 30 000 euros en réparation du préjudice esthétique permanent et 10 000 euros en réparation du préjudice sexuel.

Par des mémoires en défense enregistrés les 19 janvier, 3 mars et 29 avril 2022, le centre hospitalier de Laon, représenté par Me Tamburini-Bonnefoy, demande au tribunal :

1°) de rejeter la requête de Mme B ;

2°) de mettre à la charge de Mme B la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, outre les dépens ;

3°) subsidiairement, d'ordonner une nouvelle expertise et de rejeter les demandes de Mme B et de la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de la Haute-Marne intervenant pour la Mutuelle générale de l'Éducation nationale sur le fondement de l'article

L. 761-1 du code de justice administrative ;

4°) très subsidiairement, de rejeter les demandes de Mme B au titre des dépenses de santé actuelles, des frais divers, des dépenses de santé futures et du préjudice sexuel et de réévaluer à de plus justes proportions ses demandes au titre du déficit fonctionnel temporaire, des souffrances endurées, des préjudices esthétiques temporaire et permanent, du déficit fonctionnel permanent et de l'assistance par tierce personne après consolidation.

Il fait valoir principalement que la preuve d'une faute dans la prise en charge de

Mme B n'est pas rapportée.

Par des mémoires enregistrés les 30 mars, 15 avril et 1er décembre 2022, la CPAM de la Haute-Marne, pour la Mutuelle générale de l'Éducation nationale de Charleville-Mézières, demande au tribunal de condamner le centre hospitalier de Laon à lui payer les sommes de :

1°) 647 028,96 euros et cela avec intérêts au taux légal à compter de la décision à intervenir ;

2°) 1 114 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion ;

3°) 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que la réparation des dommages subis par Mme B incombe au centre hospitalier de Laon.

La requête a été transmise au recteur de l'académie d'Amiens qui n'a pas produit d'observations en défense.

Par ordonnance du 1er décembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 6 février 2023.

Vu :

- l'ordonnance n° 1901761 du 10 mars 2020 de la présidente du tribunal administratif d'Amiens taxant et liquidant les frais d'expertise, ordonnée le 5 septembre 2019, à la somme de 2 121,57 euros ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la santé publique ;

- le code de la sécurité sociale ;

- l'arrêté du 15 décembre 2022 relatif aux montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale pour l'année 2023 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Menet, premier conseiller,

- les conclusions de M. Beaujard, rapporteur public,

- et les observations de Me Duportail, substituant Me Tamburini-Bonnefoy, pour le centre hospitalier de Laon.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, alors âgée de soixante-deux ans, a été opérée le 11 avril 2014 au centre hospitalier de Laon, pour mettre en place un anneau gastrique afin de traiter une obésité morbide. En suite de l'intervention chirurgicale, l'état de la patiente a justifié six heures plus tard d'intervenir une nouvelle fois pour enlever l'anneau, à cette occasion, il était découvert une perforation de l'œsophage. De nouvelles complications sont survenues justifiant le transfert de Mme B en réanimation.

2. À la suite d'une ordonnance du juge des référés du tribunal administratif d'Amiens, un rapport d'expertise a été déposé le 3 mars 2020. Par courrier recommandé réceptionné le 3 juin 2020, Mme B a demandé au centre hospitalier de l'indemniser de ses préjudices. Par suite d'une décision implicite de rejet, Mme B demande au tribunal de condamner le centre hospitalier de Laon à réparer les dommages subis, tandis que la CPAM de la Haute-Marne, pour la Mutuelle générale de l'Éducation nationale, demande le remboursement des débours exposés.

Sur les conclusions indemnitaires :

En ce qui concerne la responsabilité du centre hospitalier de Laon :

3. Aux termes de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute () ".

4. Il résulte de l'instruction et plus particulièrement de l'expertise et des rapports critiques produits par les parties que la perforation de l'œsophage de Mme B lors de l'intervention pour la pose de son anneau gastrique a procédé d'une maladresse du chirurgien. Le siège de la lésion, d'origine instrumentale, se trouve dans une zone qui n'était normalement pas concernée par le geste médical, le but de la chirurgie étant la pose d'un anneau péri-gastrique et non péri-œsophagien. Contrairement à ce qu'affirme le centre hospitalier de Laon, ce genre de perforation qui survient dans 1,5 % des cas ne peut être qualifié de classique. Dès lors, la maladresse dans la réalisation de l'acte médical doit être regardée comme fautive.

5. Il résulte de l'instruction que lors de l'intervention de reprise de l'anneau gastrique le jour même, en raison des complications subies par la patiente, le centre hospitalier de Laon a omis de procéder à une jéjunostomie afin de fournir une alimentation entérale à

Mme B alors qu'en cas de perforation œsophagienne, cette indication était de nature à minorer les dommages ultérieurs. Le centre hospitalier de Laon fait valoir, en le supposant, que ce nouvel acte chirurgical, compte tenu de l'état dégradé de la patiente, pouvait être différé ou même évité. Cette supposition qui se fonde sur un rapport d'expertise qui a fait l'objet d'un débat contradictoire seulement à l'occasion de la présente instance, n'est pas corroborée par d'autres éléments de l'instruction et est même contredite par les conclusions de l'expert, n'est pas probante.

6. Il résulte de l'instruction que lors de l'intervention de reprise de l'anneau gastrique, la suture de la perforation œsophagienne a été réalisée en masse de l'œsophage et des piliers alors que les règles de l'art commandent une suture œsophagienne à points séparés de monobrin non résorbable ou de fil à résorption lente, chargeant toute l'épaisseur de la paroi œsophagienne y compris et surtout la muqueuse, voire même réalisée en deux plans. Le centre hospitalier de Laon convient qu'il s'agit effectivement des règles classiques en la matière mais que celle employée en l'espèce est largement admise. De la même manière, cette dernière affirmation qui se fonde sur un rapport d'expertise qui a fait l'objet d'un débat contradictoire seulement à l'occasion de la présente instance, n'est pas corroborée par d'autres éléments de l'instruction et est même contredite par les conclusions de l'expert, n'est pas probante.

7. Par suite, sans qu'il y ait lieu d'ordonner une nouvelle expertise, il y a lieu de relever que les trois fautes du centre hospitalier de Laon sont de nature à engager sa responsabilité.

En ce qui concerne les préjudices indemnisables :

8. Il résulte de l'instruction, plus particulièrement de l'expertise, et n'est pas contesté que la date de consolidation de l'état de santé de l'intéressée doit être fixée à la date du 7 février 2020.

S'agissant des préjudices temporaires :

Quant aux dépenses de santé actuelles :

9. Mme B soutient que des frais de santé sont restés à sa charge à hauteur de 1 317,08 euros. Elle indique qu'elle a avancé la somme de 516,60 euros en produisant un relevé de créances dont le centre hospitalier de Laon fait valoir qu'il est inexploitable. L'examen de cette pièce ne permet pas de constater que ladite somme est restée à charge de Mme B ni de déterminer à quel titre. Il résulte de l'instruction que Mme B a réglé des frais de pharmacie qui sont restés à sa charge. Les factures de 61,13 euros, en double et de 16,18 euros, pour des frais postérieurs à la date de consolidation de l'état de santé de l'intéressée ne peuvent être prises en compte. Au total, le centre hospitalier de Laon est condamné à réparer ce préjudice à hauteur de la somme de 723,17 euros.

Quant à l'assistance par tierce personne (avant consolidation) :

10. Lorsque le juge administratif indemnise la victime d'un dommage corporel nécessitant de recourir à l'aide d'une tierce personne, il détermine le montant de l'indemnité réparant ce préjudice en fonction des besoins de la victime et des dépenses nécessaires pour y pourvoir. Il doit à cette fin se fonder sur un taux horaire permettant, dans les circonstances de l'espèce, le recours à l'aide professionnelle d'une tierce personne d'un niveau de qualification adéquat, sans être lié par les débours effectifs dont la victime peut justifier. Il n'appartient notamment pas au juge, pour déterminer cette indemnisation, de tenir compte de la circonstance que l'aide a été ou pourrait être apportée par un membre de la famille ou un proche de la victime.

11. Il résulte de l'instruction et plus particulièrement de l'expertise qu'entre les 2 juillet 2014 et 10 décembre 2017, Mme B a eu besoin d'une aide pour la toilette, l'habillage et les tâches domestiques à hauteur de trois heures par jour entre les 2 juillet 2014 et les 12 novembre 2014 ; pour le surplus Mme B a bénéficié d'hospitalisations à domicile. Pour ladite période, Mme B justifie avoir eu recours à une aide à domicile, à raison de 24 heures au coût global restant à sa charge de 191,60 euros, selon une attestation des sommes versées pour l'emploi d'une aide à domicile au titre de l'année 2014.

12. Mme B demande le remboursement d'une aide à domicile à hauteur de 178,20 euros en produisant une attestation des sommes versées pour l'emploi d'une aide à domicile au titre de l'année 2017 pour des interventions réalisées en 2016 quand elle bénéficiait d'hospitalisations à domicile. Cette demande ne peut qu'être écartée.

13. Pour les périodes comprises entre les 16 décembre 2017 et 15 janvier 2020 d'une part et les 18 janvier 2020 et 7 février 2020 d'autre part, les besoins précités ont nécessité une aide de trois heures par semaine. Il y a lieu, afin de tenir compte des congés payés et des jours fériés prévus par l'article L. 3133-1 du code du travail, et ainsi que le prévoit le référentiel de l'office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales, de calculer l'indemnisation sur la base d'une année de 412 jours, ainsi que sur la base d'un taux horaire moyen de rémunération tenant compte des charges patronales et des majorations de rémunération pour travail du dimanche, fixé à 14 euros pour une aide active non spécialisée. Par suite, l'indemnisation due au titre de l'assistance par une tierce personne doit être fixée à la somme de 5 487,78 euros, qui sera mise à la charge du centre hospitalier de Laon.

Quant aux pertes de gains professionnels actuels :

14. Il résulte de l'instruction que l'arrêt de travail imputable aux fautes du centre hospitalier de Laon est compris entre les 12 mai 2014 et 1er octobre 2014. Durant cette période, Mme B justifie avoir subi une perte de revenus nets à hauteur de 890,02 euros en produisant un bulletin de paie du mois de juillet 2014. Cette dernière somme doit ainsi être mise à la charge du centre hospitalier de Laon.

Quant au déficit fonctionnel temporaire :

15. Il résulte de l'instruction que Mme B a subi un déficit fonctionnel temporaire total entre les 13 avril 2014 et 13 avril 2017, entre les 11 et 15 décembre 2017 et entre les 16 et 17 janvier 2020. Elle a subi un déficit fonctionnel temporaire de classe IV du 14 avril 2017 au 10 décembre 2017 en raison de troubles digestifs majeurs et un déficit fonctionnel temporaire de classe II entre les 16 décembre 2017 et 15 janvier 2020 et entre les 18 janvier 2020 et 7 février 2020. Ce préjudice sera exactement réparé, sur une base de 15 euros par jour, par la condamnation du centre hospitalier de Laon au paiement de la somme de 22 203,75 euros.

Quant aux souffrances endurées :

16. Il résulte de l'instruction que les souffrances endurées doivent être évaluées à 6 sur une échelle de 7 en considération notamment de la réintervention chirurgicale, la réalisation d'une œsophagectomie totale, avec œsophagostomie cervicale, le rétablissement de la continuité digestive par coloplastie, la fermeture des fistules par lambeau de grand dorsal, les détersions d'escarres sacrées et l'alimentation entérale. Ce préjudice sera justement réparé à hauteur de la somme de 25 000 euros.

Quant au préjudice esthétique temporaire :

17. Il résulte de l'instruction et particulièrement de l'expertise que Mme B a dû se présenter aux yeux des tiers avec une intubation orotrachéale, des poches de stomie en région cervicale, un lambeau de grand dorsal ayant été réalisé ainsi qu'une manubriectomie au niveau du sternum, ce préjudice s'établit à 5,5 sur une échelle de 7. Il convient de réparer ce dommage en mettant à la charge du centre hospitalier de Laon la somme de 15 000 euros.

S'agissant des préjudices permanents :

Quant aux dépenses de santé futures :

18. Il résulte de l'instruction que Mme B doit faire face au coût mensuel de 29,70 euros (magnésium) restant à sa charge pour un traitement viager. Il y a lieu de prendre en compte au titre des dépenses échues la facture précitée de 29,70 euros postérieure à la date de consolidation de l'état de santé de l'intéressée.

19. Ainsi, entre la date de consolidation de l'état de santé de l'intéressée et celle de la mise à disposition du présent jugement, le préjudice s'est élevé à la somme de 1 136,36 euros.

20. Ensuite, Mme B, étant âgée de 71 ans, à la date du présent jugement, en retenant un taux de l'euro de rente viagère fixé à 17,548 par le barème de capitalisation 2020 publié par la Gazette du Palais (taux d'intérêt égal à 0 %), son préjudice s'élève à la somme de 6 254,11 euros.

Quant à l'assistance par tierce personne (après consolidation) :

21. Lorsque le juge administratif indemnise la victime d'un dommage corporel nécessitant de recourir à l'aide d'une tierce personne, il détermine le montant de l'indemnité réparant ce préjudice en fonction des besoins de la victime et des dépenses nécessaires pour y pourvoir. Il doit à cette fin se fonder sur un taux horaire permettant, dans les circonstances de l'espèce, le recours à l'aide professionnelle d'une tierce personne d'un niveau de qualification adéquat, sans être lié par les débours effectifs dont la victime peut justifier. Il n'appartient notamment pas au juge, pour déterminer cette indemnisation, de tenir compte de la circonstance que l'aide a été ou pourrait être apportée par un membre de la famille ou un proche de la victime.

22. Il résulte de l'instruction qu'en raison de l'importante réduction de force des membres supérieurs, de la limitation des mouvements et l'importante altération de l'état général, Mme B ne peut réaliser totalement ses tâches ménagères justifiant pour celles-ci une aide viagère de deux heures par semaine.

23. Il y a lieu, afin de tenir compte des congés payés et des jours fériés prévus par l'article L. 3133-1 du code du travail, et ainsi que le prévoit le référentiel de l'office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales, de calculer l'indemnisation sur la base d'une année de 412 jours, ainsi que sur la base d'un taux horaire moyen de rémunération tenant compte des charges patronales et des majorations de rémunération pour travail du dimanche, fixé à 14 euros pour une aide active non spécialisée.

24. Par suite, entre la date de la consolidation de l'état de santé de Mme B et celle de mise à disposition du présent jugement, il y a lieu d'évaluer ce poste de préjudice à la somme de 5 183,30 euros.

25. À compter du jugement, dès lors que Mme B est âgée de 71 ans, en retenant un taux de l'euro de rente viagère fixé à 17,548 par le barème de capitalisation 2020 publié par la Gazette du Palais (taux d'intérêt égal à 0 %), son préjudice s'élève à la somme de 28 919,10 euros.

Quant au déficit fonctionnel permanent :

26. Il résulte de l'instruction et plus particulièrement de l'expertise que

Mme B souffre d'un déficit fonctionnel permanent évalué à 25 % compte tenu des contraintes diététiques, des inconforts digestifs quotidiens et des atteintes à l'intégrité physique et psychique de l'intéressée. Il s'ensuit que ce préjudice doit être évalué à la somme de 34 221,60 euros.

Quant au préjudice esthétique permanent :

27. Il résulte de l'instruction qu'en raison de l'importante cicatrice cervicale, de la cicatrice au niveau du manubrium sternal et des articulations sterno-claviculaires, de la laparotomie médiane sus et sous-ombilicale particulièrement disgracieuse, ce préjudice s'établit à 4 sur une échelle de 7. Il convient de réparer ce dommage en mettant à la charge du centre hospitalier de Laon la somme de 7 500 euros.

Quant au préjudice sexuel :

28. Mme B demande l'indemnisation d'un préjudice sexuel tenant à une perte de désir de son compagnon à son égard. Toutefois, en l'absence de perte de libido de l'intéressée, d'atteinte anatomique ou physiologique en lien avec les fautes commises, les faits relatés par Mme B ne relèvent pas du préjudice sexuel et ont déjà été pris en compte au titre du préjudice esthétique. Il ne peut ainsi être fait droit à cette demande.

29. Il résulte de tout ce qui précède que le centre hospitalier de Laon doit être condamné à verser la somme de 152 519,19 euros à Mme B en réparation des préjudices subis.

Sur les conclusions de la CPAM de la Haute-Marne :

En ce qui concerne le remboursement des débours :

30. La CPAM de la Haute-Marne justifie de frais d'hospitalisation, de frais médicaux, de frais pharmaceutiques et de frais d'appareillage à hauteur de la somme de

647 028,96 euros par la production d'un relevé détaillé de ses débours et d'une attestation d'imputabilité établie par son médecin-conseil. Il y a lieu de lui accorder cette somme au titre de ces débours et cela avec intérêts au taux légal à compter de la présente décision.

En ce qui concerne l'indemnité forfaitaire de gestion :

31. Aux termes de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale : " () En contrepartie des frais qu'elle engage pour obtenir le remboursement mentionné au troisième alinéa ci-dessus, la caisse d'assurance maladie à laquelle est affilié l'assuré social victime de l'accident recouvre une indemnité forfaitaire à la charge du tiers responsable et au profit de l'organisme national d'assurance maladie. Le montant de cette indemnité est égal au tiers des sommes dont le remboursement a été obtenu, dans les limites d'un montant maximum de 910 euros et d'un montant minimum de 91 euros. À compter du 1er janvier 2007, les montants mentionnés au présent alinéa sont révisés chaque année, par arrêté des ministres chargés de la sécurité sociale et du budget () ". Aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 15 décembre 2022 relatif aux montants de l'indemnité forfaitaire de gestion : " Les montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale sont fixés respectivement à 115 euros et 1 162 euros au titre des remboursements effectués au cours de l'année 2023 ".

32. En application des dispositions précitées, il y a lieu de mettre à la charge du centre hospitalier de Laon le versement à la CPAM de la Haute-Marne de la somme de 1 162 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion.

Sur les dépens :

33. Il y a lieu de mettre les frais de l'expertise ordonnée le 5 septembre 2019, qui ont été liquidés et taxés à la somme de 2 121,57 euros par ordonnance n° 1901761 du 10 mars 2020 de la présidente du tribunal administratif d'Amiens, à la charge définitive du centre hospitalier de Laon.

Sur les frais exposés et non compris dans les dépens :

34. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du centre hospitalier de Laon les sommes de 1 500 euros et 1 000 euros au titre des frais exposés respectivement par Mme B et la CPAM de la Haute-Marne et non compris dans les dépens.

D É C I D E :

Article 1er : Le centre hospitalier de Laon est condamné à verser à Mme B la somme de 152 519,19 euros en réparation des préjudices subis.

Article 2 : Le centre hospitalier de Laon est condamné à verser à la CPAM de la Haute-Marne, en remboursement de ses débours, la somme de 647 028,96 euros avec intérêts au taux légal à compter de la présente décision.

Article 3 : Le centre hospitalier de Laon est condamné à verser à la CPAM de la Haute-Marne la somme de 1 162 euros au titre de l'indemnité prévue à l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale.

Article 4 : Les dépens, liquidés et taxés à la somme de 2 121,57 euros, sont mis à la charge définitive du centre hospitalier de Laon.

Article 5 : Le centre hospitalier de Laon versera une somme de 1 500 euros à Mme B au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 6 : Le centre hospitalier de Laon versera une somme de 1 000 euros à la CPAM de Haute-Marne au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 7 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme B est rejeté.

Article 8 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, au centre hospitalier de Laon, à la caisse primaire d'assurance maladie de la Haute-Marne, à la Mutuelle générale de l'Éducation nationale de Charleville-Mézières et au recteur de l'académie d'Amiens.

Délibéré après l'audience du 16 mars 2023, à laquelle siégeaient :

M. Boutou, président,

Mme Pierre, première conseillère,

M. Menet, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition le 30 mars 2023.

Le rapporteur,

Signé

M. Menet

Le président,

Signé

B. Boutou

La greffière,

Signé

A. Ribière

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions