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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2003092

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2003092

jeudi 13 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2003092
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantBEDOIS BEKISSA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 26 septembre 2020, M. D G, agissant en son nom et celui de ses enfants, alors mineurs, B et A G, M. C G et Mme H G, représentés par Me Bedois, demandent au tribunal :

1°) de condamner le centre hospitalier d'Abbeville à leur verser la somme globale de 43 168,51 euros en réparation de leurs préjudices ;

2°) de mettre à la charge du centre hospitalier d'Abbeville, outre les dépens, la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

3°) de fixer un délai d'exécution au jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard.

Ils soutiennent que :

- le centre hospitalier d'Abbeville a commis une faute lors de la prise en charge de

M. D G quant aux modalités d'anesthésie retenues ;

- cette faute lui a fait perdre une chance de 65 % d'éviter la pneumopathie d'inhalation dont il a été victime ;

- il a subi un préjudice lié à des dépenses de santé actuelles correspondant au coût des déplacements médicalisés dont il a eu besoin pour se rendre au centre hospitalier d'Abbeville et a des séances de kinésithérapie à hauteur de 541,96 euros ;

- il a subi un préjudice lié à des pertes de revenus avant consolidation de son état de santé, en lien avec son arrêt de travail et postérieurement à celui-ci pour un montant de

3 844 euros ;

- il a subi un préjudice lié à la nécessité de recourir à l'assistance d'une tierce personne avant consolidation de son état de santé qui peut être évalué à une heure par jour du 7 octobre au 6 novembre 2016 puis trois heures par semaine du 7 novembre 2016 au 16 janvier 2017, d'un montant de 292,50 euros ;

- il a subi un préjudice lié à un déficit fonctionnel temporaire total lors de son hospitalisation du 2 septembre au 6 octobre 2016, de 50 % du 7 octobre au 6 novembre 2016, de 25 % du 7 novembre 2016 au 16 janvier 2017 et de 10 % du 17 janvier au 16 juin 2017, d'un montant total de 1 390,75 euros ;

- il a subi un préjudice lié aux souffrances endurées d'un montant de 9 100 euros ;

- il a subi un préjudice esthétique temporaire d'un montant de 2 600 euros ;

- il a subi un préjudice d'angoisse de mort imminente d'un montant de

5 000 euros ;

- il supportera des dépenses de santé futures liées au coût d'un transport médicalisé pour se rendre à une consultation annuelle de suivi en pneumologie pour un montant capitalisé de 1 094, 30 euros ;

- il subit un préjudice lié à un déficit fonctionnel permanent de 5 % d'un montant de 5 200 euros ;

- il subit un préjudice esthétique permanent d'un montant de 1 105 euros ;

- il subit un préjudice d'agrément lié à la gêne dans la pratique du tennis de table d'un montant de 5 000 euros ;

- Evan et B G, ses enfants, et M. et Mme G, ses parents, ont subi un préjudice personnel lié à l'aide qu'ils ont dû lui apporter évalué à 2 000 euros chacun.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 18 et 22 février 2021, le centre hospitalier d'Abbeville, représenté par la SCP Lebègue Derbise, conclut au rejet de la requête, ou à titre subsidiaire, à ce que les sommes demandées par les consorts G soient réduites à de plus justes proportions.

Il fait valoir que :

- la requête est irrecevable en l'absence de demande préalable ;

- il s'en rapporte à la sagesse du tribunal s'agissant de l'existence d'une faute engageant sa responsabilité ;

- il y a lieu de retenir un taux de perte de chance de 65 % conformément au rapport d'expertise ;

- le préjudice lié au déficit fonctionnel temporaire de M. G doit être établi sur une base de 400 euros mensuel et celui lié à la nécessité de recourir à l'aide d'une tierce personne sur la base d'un montant horaire de quinze euros ;

- l'indemnisation des souffrances endurées ne saurait excéder 6 500 euros ;

- l'indemnisation du préjudice esthétique temporaire ne saurait excéder 650 euros ;

- l'indemnisation au titre du déficit fonctionnel permanent ne saurait excéder

3 575 euros ;

- l'indemnisation du préjudice esthétique permanent ne saurait excéder la somme de

650 euros ;

- l'indemnisation du préjudice d'agrément ne saurait excéder 325 euros ;

- le préjudice d'angoisse de mort imminente et celui lié à une perte de gains professionnels avant consolidation ne sont pas établis, pas plus que les préjudices des proches de M. D G.

La requête, les mémoires et les pièces produits dans le cadre de la présente instance ont été communiquées à la caisse primaire d'assurance maladie du Val-de-Marne et à la Ville de Paris qui n'ont pas produit d'observations.

Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions tendant à ce que le tribunal fixe un délai d'exécution à sa décision sous astreinte de 100 euros par jour de retard alors que les jugements sont exécutoires en application de l'article L. 11 du code de justice administrative.

Par ordonnance du 20 janvier 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 20 février 2023.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- l'ordonnance du 24 septembre 2019 par laquelle la présidente du tribunal a taxé les frais de l'expertise réalisée par le Dr E ;

- l'ordonnance n° 2003079 du 15 juillet 2021 par laquelle le juge des référés du tribunal a alloué à M. G une provision de 11 000 euros.

Vu :

- le code de la santé publique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme F,

- les conclusions de M. Beaujard, rapporteur public,

- et les observations de Me Denys, représentant le centre hospitalier d'Abbeville.

Considérant ce qui suit :

1. A la suite de douleurs épigastriques et de vomissements, M. G s'est rendu le 29 août 2016 au centre hospitalier d'Abbeville. Une cholécystectomie a alors été pratiquée le 31 août 2016 dans les suites de laquelle M. G a été atteint d'un pneumopathie d'inhalation. Estimant sa prise en charge fautive, il demande, ainsi que ses deux enfants mineurs et ses parents, l'indemnisation des préjudices qui en ont résulté pour eux. M. G a, en outre, saisi le juge du référé provision qui lui a alloué la somme de 11 000 euros par une ordonnance du 15 juillet 2021.

Sur la recevabilité :

En ce qui concerne la fin de non-recevoir opposée en défense :

2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. () ". Un requérant peut se borner à demander à l'administration réparation d'un préjudice qu'il estime avoir subi pour ne chiffrer ses prétentions que devant le juge administratif.

3. Par un courrier en date du 7 juillet 2020, reçu le 13 juillet 2020, le conseil de M. G a demandé au centre hospitalier d'Abbeville de l'informer de sa position concernant la réparation des préjudices subis dans le cadre d'un accident médical. Un tel courrier, compte tenu de sa rédaction, doit être regardé comme valant demande de réparation du dommage de M. G. Par suite la fin de non-recevoir opposée en défense et tirée de l'absence de liaison préalable du contentieux doit être écartée s'agissant des conclusions présentées en son nom par M. D G.

4. En revanche, alors que ses fils, B, aujourd'hui majeur, et Evan ne sont pas mentionnés par ledit courrier, pas plus que M. C G ou Mme H G et en l'absence de toute autre demande dont il serait justifié s'agissant de leurs préjudices propres, le centre hospitalier d'Abbeville est fondé à soutenir que les conclusions indemnitaires qui les concernent sont irrecevables et qu'elles doivent, par suite, être rejetées.

En ce qui concerne les conclusions accessoires des requérants :

5. Aux termes de l'article L. 11 du code de justice administrative : " Les jugements sont exécutoires ". Par suite, les conclusions tendant à ce le tribunal ordonne l'exécution provisoire du présent jugement sous astreinte sont irrecevables.

Sur la responsabilité :

6. Aux termes de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute () ".

7. Il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise judiciaire que les modalités d'anesthésie retenues lors de l'intervention chirurgicale du 31 août 2016 n'étaient pas conformes aux règles de l'art et aux données acquises de la science à l'époque des faits compte-tenu des facteurs de risque d'inhalation présentés par M. G qui présentait un antécédent d'ulcère gastro-duodénal, un reflux gastro-œsophagien et une œsophagite " en amont d'une béance hiatale " autorisant facilement le reflux de liquide gastrique vers l'œsophage et le carrefour aéro-digestif. Alors qu'il devait être opéré d'une cholécystite aiguë, les praticiens auraient dû considérer son estomac comme plein et, par suite, pratiquer une induction et intubation en séquence rapide et non une induction anesthésique classique telle qu'elle a été pratiquée. Le centre hospitalier d'Abbeville a ainsi commis une faute engageant sa responsabilité.

Sur la perte de chance :

8. Dans le cas où la faute commise lors de la prise en charge ou le traitement d'un patient dans un établissement public hospitalier a compromis ses chances d'obtenir une amélioration de son état de santé ou d'échapper à son aggravation, le préjudice résultant directement de la faute commise par l'établissement et qui doit être intégralement réparé n'est pas le dommage corporel constaté, mais la perte de chance d'éviter la survenue de ce dommage. La réparation qui incombe à l'hôpital doit alors être évaluée à une fraction du dommage corporel déterminée en fonction de l'ampleur de la chance perdue.

9. Il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise judiciaire que le non-recours à une induction et intubation en séquence rapide lors de l'anesthésie a fait perdre à M. G une chance d'éviter la pneumopathie d'inhalation dont il a été atteint dans la suite de son opération, qui peut être évaluée à 65% du dommage subi.

Sur les préjudices :

10. Il résulte de l'instruction que l'état de santé de M. G est consolidé au 16 juin 2017.

En ce qui concerne les préjudices temporaires :

11. En premier lieu, si M. G se prévaut de dépenses de santé supportées par lui avant la consolidation de son état de santé liées au coût de transports médicalisés lui ayant permis de se rendre au centre hospitalier d'Abbeville et à des séances de kinésithérapie, il résulte de l'instruction et notamment du courrier par lequel M. G a été informé de ce que de tels déplacements ne seraient pas pris en charge par la caisse primaire d'assurance maladie du Val-de-Marne, que son état ne justifiait pas le recours à une ambulance. Par suite, M. G n'est pas fondé à demander à être indemnisé de cette dépense.

12. En deuxième lieu, si M. G soutient avoir subi des pertes de revenus en lien avec son arrêt de travail, il se borne à produire les fiches de paies des mois concernés sans autre élément de contextualisation permettant d'apprécier l'existence même d'un tel préjudice. S'agissant de la période postérieure à sa reprise du travail, il résulte de l'instruction que M. G a déclaré lors des opérations d'expertise que, compte-tenu de l'adaptation des tâches confiées, la conduite d'engins ayant été rendue temporairement impossible, il aurait perdu le bénéfice d'une rémunération habituelle liée aux heures de conduites d'environ 200 euros par mois. Toutefois, cette allégation, au demeurant peu circonstanciée, n'est pas corroborée par les fiches de paies afférentes au mois de janvier à juin 2017 par comparaison avec celles de janvier à août 2016, les fluctuations de son traitement mensuel étant comparables entre les deux périodes. Par suite, les pertes de gains professionnels avant consolidation de l'état de santé de l'intéressé ne sont pas établies et le chef de préjudice en ce sens ne peut qu'être écarté.

13. En troisième lieu, il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise que l'état de M. G a nécessité une aide d'une heure par jour du 7 octobre au 6 novembre 2016 puis trois heures par semaine du 7 novembre 2016 au 16 janvier 2017 et que cette aide a été apportée par ses proches notamment par ses parents. Le coût de l'assistance par tierce personne, compte tenu d'un taux horaire de quatorze euros, sera ainsi fixé à la somme de 961,12 euros.

14. En quatrième lieu, il résulte de l'instruction que M. G a été hospitalisé du 2 septembre au 6 octobre 2016 en lien avec la pneumopathie d'inhalation contractée, puis a souffert d'un déficit fonctionnel temporaire estimé à 50 % du 7 octobre au 6 novembre 2016, à 25 % du 7 novembre 2016 au 16 janvier 2017 et à 10 % du 17 janvier au 16 juin 2017. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice, sur une base de quinze euros par jour, en l'évaluant à la somme de 1 250, 25 euros.

15. En cinquième lieu, il résulte de l'instruction que M. G a souffert de souffrances physiques et morales en lien avec la faute que l'expert judiciaire a évaluées à 4,5 sur une échelle de 7. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l'évaluant à la somme de 10 000 euros.

16. En sixième lieu, il résulte de l'instruction que compte-tenu notamment de la réanimation lourde avec ECMO dont a eu besoin M. G, il a subi un préjudice esthétique temporaire que l'expert a évalué à 3 sur une échelle de 7. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l'évaluant à la somme de 3 000 euros.

17. En septième lieu, si M. G se prévaut d'un préjudice d'angoisse de mort imminente selon les termes de la requête, il ne résulte pas de l'instruction qu'il se prévaudrait ce faisant d'un préjudice distinct de celui lié aux souffrances endurées déjà indemnisées et qui comprend, outre les souffrances physiques, la souffrance morale générée par la dégradation de son état de santé. Par suite, ce chef de préjudice doit être écarté.

En ce qui concerne les préjudices permanents :

18. En premier lieu, s'il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise que M. G doit se rendre annuellement à une consultation de suivi en pneumologie, il n'est pas établi qu'un transport médicalisé lui serait nécessaire. Par suite, sa demande tendant à être indemnisé de frais d'ambulance liés à cette consultation doit être écarté.

19. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction qu'un déficit fonctionnel permanent a été évalué à 5 % chez M. G, âgé de 41 ans à la date de consolidation de son état de santé. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice, en l'évaluant à la somme de 5 647 euros.

20. En troisième lieu, il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise judiciaire, qu'un préjudice esthétique permanent a été évalué à 1,5 sur une échelle de 7. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l'évaluant à la somme de 1 225 euros.

21. En quatrième lieu, il résulte de l'instruction que M. G pratiquait le tennis de table en club avant la survenue du dommage et connait une gêne modérée dans sa pratique liée aux séquelles qu'il conserve. Toutefois, alors que cette activité n'a pas été rendue impossible, M. G n'est pas fondé à se prévaloir d'un préjudice d'agrément distinct du préjudice lié à son déficit fonctionnel permanent indemnisé par ailleurs.

22. Il résulte de ce qui précède que les préjudices de M. G doivent être évalués à la somme globale de 22 083,37 euros. Compte-tenu du taux de perte de chance de

65 % retenu au point 9, le centre hospitalier d'Abbeville doit ainsi être condamné à verser à

M. G la somme de 14 354,20 euros, dont devra être déduite la somme de 11 000 euros accordée à titre provisionnel par l'ordonnance du 15 juillet 2021, sous réserve que celle-ci ait été effectivement versée.

Sur les dépens :

23. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre les frais et honoraires de l'expertise ordonnée le 10 janvier 2019 par le juge des référés du tribunal, liquidés et taxés à la somme de 1 980 euros par une ordonnance du 24 septembre 2019 de la présidente du tribunal, à la charge définitive du centre hospitalier d'Abbeville.

Sur les frais d'instance :

24. Il y a lieu dans les circonstances de l'espèce de mettre à la charge du centre hospitalier d'Abbeville une somme de 1 500 euros à verser à M. G en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D É C I D E :

Article 1er : Le centre hospitalier d'Abbeville est condamné à verser à M. D G la somme de 14 354,20 euros, dont devra être déduite la somme de 11 000 euros accordée à titre provisionnel par l'ordonnance du 15 juillet 2021, sous réserve que celle-ci ait été effectivement versée.

Article 2 : Les frais de l'expertise, liquidés et taxés à la somme de 1 980 euros par l'ordonnance du 24 septembre 2019 de la présidente du tribunal sont mis à la charge définitive du centre hospitalier d'Abbeville.

Article 3 : Le centre hospitalier d'Abbeville versera la somme de 1 500 euros à M. D G en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. D G, à M. B G, à M. C G, à Mme H G, à la caisse primaire d'assurance maladie du Val-de-Marne, à la Ville de Paris et au centre hospitalier d'Abbeville.

Délibéré après l'audience du 30 mars 2023, à laquelle siégeaient :

M. Boutou, président,

Mme Pierre, première conseillère,

M. Menet, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 avril 2023.

La rapporteure,

Signé

A-L F

Le président,

Signé

B. Boutou

La greffière,

Signé

A. Ribière

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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