mercredi 26 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2003754 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | CHAMBRE PRESIDENT |
| Avocat requérant | SCP CROISSANT - DE LIMERVILLE - ORTS - LEGRU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 19 novembre 2020, Mme C B, représentée par Me Cassel, demande au tribunal :
1°) de condamner la caisse d'allocations familiales de la Somme à lui verser la somme de 24 000 euros en réparation des préjudices qu'elle a subis du fait de manquements de cette caisse ;
3°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales de la Somme une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens.
Elle soutient que :
- la caisse d'allocations familiales de la Somme a commis une faute de nature à engager sa responsabilité en lui notifiant, au titre des mois de juin et juillet 2018, un indu non fondé d'aide personnelle au logement ainsi que, s'agissant de ce même indu, en tardant dans le suivi de son dossier et en recherchant auprès d'elle le recouvrement de l'indu, y compris après la notification du jugement du 19 juillet 2019 ;
- elle a également commis une faute en effectuant un suivi erratique de son dossier et en tardant à régulariser sa situation, ce qui a conduit à ne reprendre les versements de l'aide personnelle au logement qu'en octobre 2018 ;
- enfin, elle a commis une faute en lui notifiant illégalement un indu de 3 404,64 euros au terme d'une procédure de contrôle irrégulière, sans justifier de son fondement légal ni de son montant ;
- du fait de l'ensemble de ces fautes, elle a subi un préjudice financier estimé à la somme totale de 4 000 euros, des troubles dans les conditions d'existence évalués à 5 000 euros et un préjudice moral évalué à 15 000 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 juillet 2021, la caisse d'allocations familiales de la Somme, représentée par la SCP Croissant, de Limerville, Orts, conclut au rejet de la requête et à ce que les entiers dépens soient mis à la charge de Mme B.
Elle soutient que :
- la demande est irrecevable en tant qu'elle porte sur la somme de 3 404,64 euros ;
- les préjudices invoqués par Mme B sont inexistants ou sans lien de causalité.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de ce que les conclusions de Mme B tendant à la condamnation de la caisse d'allocations familiales de la Somme sont mal dirigées, celle-ci ayant, en vertu des articles L. 812-1 et L. 812-2 du code de la construction et de l'habitation (précédemment L. 351-6 et L. 351-8), agi en matière d'aide personnelle au logement pour le compte de l'Etat.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Dhiver, présidente ;
- et les conclusions de Mme Minet, rapporteure publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B a été contrainte de quitter brutalement et définitivement son logement le 4 juin 2018 en raison d'un important dégât des eaux. A la suite de cet événement, la caisse d'allocations familiales de la Somme, estimant que Mme B était redevable des sommes versées au bailleur au titre de l'aide personnalisée au logement des mois de juin et juillet 2018, a notifié à l'intéressée un indu d'un montant de 407,82 euros. Par un jugement du 19 juillet 2019, le tribunal a annulé cet indu. Parallèlement, Mme B a fait l'objet d'une enquête à l'issue de laquelle la caisse d'allocations familiales de la Somme lui a notifié un indu d'aide personnelle au logement d'un montant total de 3 404,34 euros pour la période de mars 2017 à février 2019. Estimant avoir subi un préjudice du fait de ces indus et de carences dans le traitement de son dossier, Mme B a saisi le tribunal d'une demande indemnitaire tendant à obtenir le versement d'une somme totale de 24 000 euros.
Sur la personne responsable :
2. L'article L. 351-6 du code de la construction et de l'habitation, dont les dispositions ont été reprises à l'article L. 812-1 du même code, dispose que le fonds national d'aide au logement finance l'aide personnalisée au logement ainsi que les dépenses de gestion qui s'y rapportent. Il résulte de l'article L. 351-8 du même code, repris à l'article L. 812-2, que l'aide personnalisée au logement est " liquidée et payée pour le compte du fonds national d'aide au logement et selon ses directives par les organismes ou services désignés par décret parmi ceux qui sont chargés de gérer les prestations familiales " et que " pour l'exécution de la mission confiée à ces organismes, des conventions nationales sont conclues par l'Etat représenté par le président du fonds national d'aide au logement avec, d'une part, la caisse nationale des allocations familiales et, d'autre part, la caisse centrale de la mutualité sociale agricole. "
3. Il résulte de ces dispositions que les décisions par lesquelles la caisse d'allocations familiales se prononce sur les droits des allocataires à l'aide personnalisée au logement sont prises pour le compte de l'Etat. Ces dispositions n'ont pas pour effet de substituer la responsabilité de la caisse d'allocations familiales à celle de l'Etat dans le cas où celle-ci est recherchée du fait du traitement par la caisse d'allocations familiales des droits d'un allocataire à l'aide personnalisée au logement. Il s'ensuit que les conclusions indemnitaires de Mme B doivent être regardées comme dirigées contre l'Etat.
Sur la responsabilité de l'Etat à raison de la notification de l'indu de 3 404,34 euros :
4. Dès lors qu'une décision ayant un objet exclusivement pécuniaire est devenue définitive avec toutes les conséquences pécuniaires qui en sont inséparables, toute demande ultérieure présentée devant le tribunal administratif qui, fondée sur la seule illégalité de cette décision, tend à l'octroi d'une indemnité correspondant aux montants non versés ou illégalement réclamés est irrecevable.
5. Il résulte de l'instruction que, par deux décisions du 1er juillet 2019, la caisse d'allocations familiales de la Somme a rejeté le recours administratif préalable de Mme B dirigé contre la décision du 28 février 2019 lui notifiant un indu d'aide personnelle au logement d'un montant de 3 404,64 euros pour la période de mars 2017 à février 2019. Mme B n'a pas formé de recours contre ces décisions qui sont devenues définitives. Par suite, alors qu'elle fait uniquement valoir que l'indu lui a été notifié à l'issue d'une procédure irrégulière et qu'il est mal fondé, la demande indemnitaire de Mme B tendant à obtenir le versement de la somme de 3 404,64 euros correspondant au montant de l'indu est irrecevable.
Sur les autres demandes indemnitaires :
En ce qui concerne la responsabilité de l'Etat :
6. Il résulte de l'instruction que, postérieurement au jugement du 19 juillet 2019 annulant l'indu d'aide personnalisée au logement d'un montant de 407,82 euros, la caisse d'allocations familiales de la Somme a réclamé à Mme B le remboursement de cette indu par trois courriers des 25 novembre 2019, 30 novembre 2019 et 2 janvier 2020. En outre, le 29 décembre 2020, la caisse d'allocations familiales a procédé à une retenue sur les prestations versées à Mme B afin d'obtenir le remboursement de cette même somme de 407,82 euros et ce n'est que le 24 février 2021 qu'elle a restitué la somme à l'intéressée. Par ailleurs, à la suite de son déménagement forcé et brutal de son logement du fait d'un dégât des eaux de très grande ampleur le 1er juin 2018, Mme B, qui avait emménagé avec ses trois enfants dans un nouveau logement, a été privée de toute aide personnelle au logement pendant cinq mois. Il résulte de l'instruction que, alors que Mme B était dans une situation de grande fragilité financière et psychologique, la caisse d'allocations familiales de la Somme n'a entrepris des démarches auprès du nouveau bailleur que dans le courant du mois de septembre 2018 afin de déterminer les nouveaux droits de l'intéressée à l'aide personnelle au logement. Eu égard à l'ensemble de ces éléments, Mme B est fondée à soutenir que le traitement de son dossier d'aide personnelle au logement a fait l'objet de carences et de retards fautifs de nature à engager la responsabilité de l'Etat.
En ce qui concerne les préjudices :
7. En premier lieu, il résulte de l'instruction que, ainsi qu'il a été dit au point précédent, la somme de 407,82 euros a été restituée à Mme B le 24 février 2021. Il résulte également de l'instruction que le dossier d'aide personnelle au logement de Mme B pour son nouveau logement a été régularisé en novembre 2018 et que la caisse d'allocations familiales de la Somme a procédé à un rappel des aides au titre des mois de juin à octobre 2018. Par suite, Mme B ne justifie pas avoir subi un préjudice financier du fait des carences de la caisse d'allocations familiales de la Somme dans le traitement de l'indu non fondé de 407,82 euros et du retard mis par cette même caisse d'allocations familiales à lui verser une aide personnelle au logement.
8. En second lieu, Mme B fait état des troubles qu'elle a subis du fait du dégât des eaux ayant affecté son ancien logement et indique avoir été contrainte de cesser son activité d'enseignante en raison du litige avec son ancien bailleur, d'un cambriolage et du vol de son véhicule. Ces dommages ne présentent toutefois aucun lien de causalité direct avec les agissements de la caisse d'allocations familiales de la Somme. Par suite, la demande présentée à ce titre par Mme B ne peut qu'être rejetée.
9. En revanche, Mme B, qui fait état de son état d'inquiétude et de stress causé par les retards de la caisse d'allocations familiales de la Somme et ses démarches pour obtenir le remboursement d'un indu non fondé d'aide personnalisée au logement, justifie à cet égard de l'existence de troubles dans ses conditions d'existence et d'un préjudice moral. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en le fixant à la somme de 1 000 euros.
10. Il résulte de ce qui précède que Mme B est seulement fondée à demander la condamnation de l'Etat à lui verser la somme de 1 000 euros.
11. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par Mme B et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'Etat est condamné à verser à Mme B la somme de 1 000 euros.
Article 2 : L'Etat versera à Mme B la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme B est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B, au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires et à la caisse d'allocations familiales de la Somme.
Copie en sera adressée au préfet de la Somme.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 avril 2023.
La présidente,
Signé
M. A La greffière,
Signé
V. Martinval
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
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Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026