jeudi 22 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2004172 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | BAZIN & CAZELLES AVOCATS ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 29 décembre 2020 et 2 novembre 2021, Mme B A, représentée par Me Lefèvre, demande au tribunal :
1°) de condamner le centre hospitalier de Château-Thierry à lui verser la somme de 2 618 euros bruts au titre d'un rappel d'heures supplémentaires pour l'année 2018 comprenant l'indemnité de congés payés afférente, assortie des intérêts au taux légal à compter du 4 août 2020 ;
2°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Château-Thierry la somme de
1 800 euros au titre du L. 761-1 du code de justice administrative ;
3°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Château-Thierry les entiers dépens dont un droit de plaidoirie de 13 euros.
Elle soutient que :
- la requête n'est pas tardive ;
- elle peut percevoir, de manière cumulée, l'indemnité forfaitaire représentative de travaux supplémentaires et l'indemnité horaire de travaux supplémentaires en application du deuxième alinéa de l'article 1er du décret du 21 septembre 1990 dès lors qu'elle appartient au corps des adjoints des cadres hospitaliers et que son indice majoré est supérieur à l'indice brut 390 ;
- le décompte du 21 mars 2018, validé par son supérieur hiérarchique, indique qu'elle a réalisé 155 heures supplémentaires en 2017 et 2018, dont 15 lui ont été payées en novembre 2019, de sorte que lui reste dû le paiement d'une somme au titre de 140 heures supplémentaires ;
- les dépens comprennent le droit de plaidoirie de 13 euros ;
- son décompte du temps de travail n'a jamais été effectué en jours mais en heures.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 septembre 2021, le centre hospitalier de Château-Thierry, représenté par Me Bazin, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 000 euros soit mise à la charge de Mme A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la requête est tardive dès lors que la requérante n'a pas contesté dans les délais de recours les décisions implicites de rejet nées les 26 avril 2019 et 4 octobre 2020 ;
- le moyen de la requête n'est pas fondé.
En vertu des dispositions combinées des articles R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative, la clôture immédiate de l'instruction a été fixée au 17 octobre 2022, par une ordonnance du même jour.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière ;
- le décret n° 90-841 du 21 septembre 1990 ;
- le décret n° 2002-9 du 4 janvier 2002 ;
- le décret n° 2002-598 du 25 avril 2002 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pellerin, rapporteure,
- les conclusions de Mme Guilbaud, rapporteure publique,
- et les observations de Me Nogaret, représentant Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, adjoint des cadres hospitaliers de classe normale affectée au service du personnel du centre hospitalier de Château-Thierry durant l'année 2017 et de janvier à mars 2018, a adressé le 21 novembre 2018 au directeur des ressources humaines une demande tendant au paiement d'heures supplémentaires, à hauteur de 155 heures, rejetée par une décision du 20 décembre 2018. Par courrier du 26 février 2019, Mme A a adressé au directeur du centre hospitalier de Château-Thierry une demande de paiement portant sur 155 heures supplémentaires accomplies durant l'année 2017 et l'année 2018. Après avoir obtenu le paiement de quinze heures supplémentaires au mois de novembre 2019, elle a adressé, le 4 août 2020, un courrier au directeur du centre hospitalier de Château-Thierry pour obtenir le paiement de
140 heures supplémentaires. Du silence gardé par l'administration sur cette demande, une décision implicite de rejet est née. Mme A demande au tribunal de condamner le centre hospitalier de Château-Thierry à lui verser la somme de 2 618 euros bruts au titre de rappel d'heures supplémentaires comprenant l'indemnité de congés payés afférents, augmentée des intérêts au taux légal à compter du 4 août 2020.
Sur les conclusions à fin d'indemnisation :
2. Aux termes de l'article 1er du décret du 21 septembre 1990 relatif aux indemnités forfaitaires représentatives de travaux supplémentaires allouées à certains personnels de la fonction publique hospitalière, modifié par l'article 1er du décret n°2012-629 du 2 mai 2012 : " Dans les établissements mentionnés à l'article 2 de la loi du 9 janvier 1986 susvisée, les fonctionnaires titulaires et stagiaires nommés, soit dans un des grades du corps des adjoints des cadres hospitaliers, () peuvent percevoir des indemnités forfaitaires représentatives de travaux supplémentaires. Ces indemnités sont allouées aux agents ci-dessus, parvenus à un échelon doté d'un indice supérieur à l'indice brut 390. / Pour les agents mentionnés à l'alinéa précédent nommés dans un des grades du corps des adjoints des cadres hospitaliers ou dans un des grades du corps des assistants médico-administratifs, ces indemnités peuvent être cumulées avec les indemnités horaires pour travaux supplémentaires ". Aux termes de l'article 1er du décret du 4 janvier 2002 relatif au temps de travail et l'organisation du travail dans les établissements mentionnés à l'article 2 de la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière : " La durée du travail est fixée à 35 heures par semaine dans les établissements mentionnés à l'article 2 de la loi du 9 janvier 1986 susvisée. / Le décompte du temps de travail est réalisé sur la base d'une durée annuelle de travail effectif de 1 607 heures maximum, sans préjudice des heures supplémentaires susceptibles d'être
effectuées. () ". Aux termes de l'article 1er du décret du 25 avril 2002 relatif aux indemnités horaires pour travaux supplémentaires : " Les personnels des établissements mentionnés à l'article 2 de la loi du 9 janvier 1986 susvisée peuvent percevoir, dès lors qu'ils exercent des fonctions ou appartiennent à des corps, grades ou emplois dont les missions impliquent la réalisation effective d'heures supplémentaires, des indemnités horaires pour travaux supplémentaires dans les conditions et suivant les modalités fixées par le présent décret ". Aux termes de l'article 3 du même décret : " I.-1° Les indemnités horaires pour travaux supplémentaires peuvent être versées aux fonctionnaires de catégorie C et aux fonctionnaires de catégorie B. / 2° Le versement des indemnités horaires pour travaux supplémentaires à ces fonctionnaires est subordonné à la mise en œuvre par leur employeur de moyens de contrôle automatisé permettant de comptabiliser de façon exacte les heures supplémentaires qu'ils auront accomplies. () ". Aux termes de l'article 4 du même décret : " Pour l'application du présent décret et conformément aux dispositions du décret du 4 janvier 2002 susvisé, sont considérées comme heures supplémentaires les heures effectuées à la demande du chef d'établissement, dès qu'il y a dépassement des bornes horaires définies par le cycle de travail.() ". Aux termes de l'article 5 du même décret : " Les indemnités horaires pour travaux supplémentaires, prévues au titre du présent décret, sont exclusives de toute autre indemnité de même nature à l'exception des indemnités forfaitaires pour travaux supplémentaires ". Aux termes de l'article 6 du même décret dans sa rédaction alors en vigueur : " Les heures supplémentaires accomplies dans les conditions fixées par le présent décret ne peuvent dépasser un contingent mensuel de quinze heures. () ".
3. Mme A soutient que le solde initial des heures supplémentaires qui ne lui ont pas été rémunérées s'élevait à 155 heures réparties pour 151 heures 28 au titre de l'année 2017 et pour 3,72 heures au titre des mois de janvier à mars 2018 inclus et qu'il ne s'élève plus qu'à 140 heures en raison du paiement de quinze heures supplémentaires en novembre 2019.
4. Mme A, qui est adjointe des cadres hospitaliers rémunérée à indice brut supérieur à l'indice 390, peut prétendre, à cumuler l'indemnité forfaitaire pour travaux supplémentaires prévue par le décret du 21 septembre 1990 et des indemnités horaires pour travaux supplémentaires dans les conditions fixées par le décret du 25 avril 2002. Toutefois, le centre hospitalier de Château-Thierry soutient en défense que Mme A a perçu mensuellement une indemnisation pour quinze heures supplémentaires au titre de l'année 2017 et jusqu'au mois d'avril 2018, ce qui correspond aux quinze heures autorisées mensuellement par le décret du 25 avril 2002 susvisé, de sorte qu'aucune indemnisation supplémentaire ne lui est due.
5. Il résulte en effet de l'instruction et notamment de l'attestation du 1er août 2018 établie par l'employeur de la requérante que l'intéressée " a perçu 15 heures supplémentaires mensuellement pour la période de mars 2016 à mars 2018 ". En outre, il ressort des bulletins de salaire de Mme A, pour les mois d'octobre à décembre 2017 et de janvier à mars 2018 que la requérante a bien perçu une indemnité horaire pour travaux supplémentaires durant les mois en cause. Si les bulletins de salaire antérieurs à octobre 2017 n'ont pas été produits par la requérante ni par l'administration, la requérante n'a pas contesté les termes de l'attestation précitée du 1er août 2018, selon laquelle elle a perçu également une indemnité horaire pour travaux supplémentaires à raison de 15 heures par mois pour toute la période de mars 2016 à mars 2018. Dès lors, le solde de 140 heures supplémentaires dont se prévaut la requérante a été accompli en dépassement de ce contingent de quinze heures fixé par les dispositions de l'article 6 du décret 25 avril 2002 relatif aux indemnités horaires pour travaux supplémentaires. Dans ces conditions, Mme A n'est pas fondée à réclamer le paiement de 140 heures supplémentaires au titres des années 2017 et 2018.
6. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il besoin de statuer sur la fin de
non-recevoir soulevée par le centre hospitalier de Château-Thierry, que les conclusions indemnitaires présentées par Mme A doivent être rejetées.
Sur les dépens :
7. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. () ".
8. Il résulte de ces dispositions que les droits de plaidoirie ne constituent pas des dépens. Dès lors, l'instance n'ayant pas donné lieu à dépens, les conclusions en ce sens présentées par Mme A doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge du centre hospitalier de Château-Thierry, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement de la somme demandée par Mme A au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. En revanche, il y a lieu de faire droit aux conclusions présentées par le centre hospitalier de Château-Thierry sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, en mettant à la charge de Mme A la somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par le centre hospitalier de Château-Thierry et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Mme A versera la somme de 1 000 euros au centre hospitalier de Château-Thierry au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au centre hospitalier de Château-Thierry.
Délibéré après l'audience du 8 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Galle, présidente,
Mme Pellerin, conseillère,
Mme Bazin, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 décembre 2022.
La rapporteure,
signé
C. Pellerin
La présidente,
signé
C. Galle La greffière,
signé
S. Grare
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026