jeudi 28 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2100051 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | QUENNEHEN-TOURBIER |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête, enregistrée le 7 janvier 2021, sous le n° 2100051, et des mémoires complémentaires, enregistrés les 18 janvier 2022, 6 août 2022 et 18 octobre 2023, la commune de Villeneuve-les-Sablons, représentée par Me Juffroy, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision par laquelle le maire de la commune de Saint-Crépin-Ibouvillers a implicitement rejeté sa demande indemnitaire du 4 septembre 2020, notifiée le
7 septembre suivant ;
2°) de condamner la commune de Saint-Crépin-Ibouvillers à lui verser une somme de 185 902, 81 euros actualisée en application de l'article 2 des conventions conclues avec elle les 11 octobre 2001 et 7 juillet 2005 et par lesquelles la commune de Saint-Crépin-Ibouvillers s'engageait à reverser une part de la taxe foncière sur les propriétés bâties perçue, assortie des intérêts au taux légal à compter du 7 septembre 2020 et jusqu'au complet paiement, et de leur capitalisation à compter du 7 septembre 2021, au titre du préjudice subi à raison de la résiliation irrégulière de ces conventions ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Crépin-Ibouvillers une somme de 5 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la résiliation irrégulière des conventions engage la responsabilité pour faute de la commune de Saint-Crépin-Ibouvilliers et lui ouvre droit à la réparation du préjudice financier subi en raison de l'inexécution partielle des conventions en 2018 et totale en 2019 ;
- la non-exécution des conventions lui a causé un préjudice financier à hauteur de 61 967, 81 euros au titre de l'année 2018 et de 123 935 euros au titre de l'année 2019, assorti des intérêts au taux légal à compter du 7 septembre 2020, date de présentation de la demande indemnitaire préalable, et de leur capitalisation à compter du 7 septembre 2021 ;
- la commune de Saint-Crépin-Ibouvillers s'est acquittée de l'indemnité principale sollicitée selon un échéancier fixé par elle.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 13 juillet 2021 et 22 avril 2022, la commune de Saint-Crépin-Ibouvillers, représentée par Me Quennehen, conclut, à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à la réduction à de plus justes proportions de la somme demandée par la commune requérante et, en tout état de cause, à ce qu'il soit mis à la charge de la commune de Villeneuve-les-Sablons une somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la mesure de résiliation des conventions est justifiée par le bouleversement de son équilibre et il existe une absence réelle de contrepartie, dès lors qu'elle est la seule commune à subir les nuisances liées au trafic de la fonderie et qu'elle a dû réaliser des investissements importants pour répondre aux besoins de celle-ci, de telle sorte qu'elle n'est plus en capacité de redistribuer ses recettes fiscales aux autres communes ;
- les conventions méconnaissent les articles L. 1111-3 du code général des collectivités territoriales et 72 de la Constitution du 4 octobre 1958, dès lors qu'elles placent la commune requérante dans une situation de dépendance financière de telle sorte qu'il en résulte une tutelle de la commune de Saint-Crépin-Ibouvillers ;
- les conventions sont devenues caduques en application de l'article L. 5214-16 du code général des collectivités territoriales, dès lors que les parties à la convention ne sont plus compétentes pour gérer la zone d'aménagement concertée dite de la Reine Blanche et par suite pour en répartir le produit du foncier bâti ;
- elle n'est pas tenue de procéder au versement des sommes prévues par les conventions pour la période comprise entre la date de résiliation et le 2 juillet 2020, dès lors qu'il ressort de l'arrêt de la cour administrative d'appel de Douai du 28 septembre 2021 qu'elle n'était tenue de reprendre les relations contractuelles qu'à compter du 2 juillet 2020.
II. Par une requête, enregistrée le 18 janvier 2022, sous le n° 2200192, et des mémoires complémentaires, enregistrés les 30 août 2022 et 18 octobre 2023, la commune de Villeneuve-les-Sablons, représentée par Me Juffroy, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision par laquelle le maire de la commune de Saint-Crépin-Ibouvillers a implicitement rejeté sa demande indemnitaire du 28 octobre 2021, notifiée le
30 octobre suivant ;
2°) de condamner la commune de Saint-Crépin-Ibouvillers à lui verser une somme de 61 967, 81 euros, actualisée en application de l'article 2 des conventions conclues avec elle les 11 octobre 2001 et 7 juillet 2005 et par lesquelles la commune de Saint-Crépin-Ibouvillers s'engageait à reverser une part de la taxe foncière sur les propriétés bâties perçue, assortie des intérêts au taux légal à compter du 30 octobre 2021 et jusqu'au complet paiement, et de leur capitalisation à compter du 30 octobre 2022, au titre du préjudice subi à raison de la résiliation irrégulière de ces conventions ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Crépin-Ibouvillers une somme de
5 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la résiliation irrégulière des conventions engage la responsabilité pour faute de la commune de Saint-Crépin-Ibouvilliers et lui ouvre droit à la réparation du préjudice financier subi en raison de l'inexécution partielle des conventions en 2018, totale en 2019 et partielle en 2020 ;
- la non-exécution partielle des conventions lui a causé un préjudice financier à hauteur de 61 967, 81 euros au titre de l'année 2020, assorti des intérêts au taux légal à compter du
30 octobre 2021 et de leur capitalisation à compter du 30 octobre 2022, date de notification de la demande indemnitaire préalable ;
- la commune de Saint-Crépin-Ibouvillers s'est acquittée de l'indemnité principale sollicitée selon un échéancier fixé par elle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 avril 2022, la commune de Saint-Crépin-Ibouvillers, représentée par Me Quennehen, conclut, à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à la réduction à de plus justes proportions de la somme demandée par la commun requérante, et en tout état de cause, à ce qu'il soit mis à la charge de la commune de Villeneuve-les-Sablons une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la mesure de résiliation des conventions est justifiée par le bouleversement de son équilibre dès lors qu'elle est la seule à subir les conséquences provoquées par l'implantation de la fonderie Norfond, et il existe une absence réelle de contrepartie, dès lors qu'elle est la seule commune à subir les nuisances liées au trafic de la fonderie et qu'elle a dû réaliser des investissements importants pour répondre aux besoins de la fonderie de telle sorte qu'elle n'est plus en capacité de redistribuer ses recettes fiscales aux autres communes ;
- les conventions méconnaissant les articles L. 1111-3 du code général des collectivités territoriales et 72 de la Constitution du 4 octobre 1958, dès lors qu'elles placent la commune requérante dans une situation de dépendance financière de telle sorte qu'il en résulte une tutelle de la commune de Saint-Crépin-Ibouvillers ;
- les conventions sont devenues caduques en application de l'article L. 5214-16 du code général des collectivités territoriales, dès lors les parties à la convention ne sont plus compétentes pour gérer la zone d'aménagement concertée dite de la Reine Blanche et par suite pour en répartir le produit du foncier bâti ;
III. Par une requête, enregistrée le 23 mars 2023, sous le n° 2300932, et des mémoires complémentaires, enregistrés les 11 juillet et 13 octobre 2023, la commune Villeneuve-les-Sablons, représentée par Me. Juffroy, demande au tribunal :
1°) de condamner la commune de Saint-Crépin-Ibouvillers, sur le fondement de l'article L. 541-1 du code de justice administrative, à lui verser une provision de 295 589, 85 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter de la date d'exigibilité du paiement de chacun des acomptes ou soldes dus pour les années 2018, 2019 et 2020, et de leur capitalisation, au titre du préjudice subi à raison de la résiliation irrégulière des conventions conclues avec elle les 11 octobre 2001 et 7 juillet 2005 et par lesquelles la commune de Saint-Crépin-Ibouvillers s'engageait à reverser une part de la taxe foncière sur les propriétés bâties perçue ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Crépin-Ibouvillers une somme de 5 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la résiliation irrégulière des conventions engage la responsabilité pour faute de la commune de Saint-Crépin-Ibouvilliers et lui ouvre droit à la réparation du préjudice financier subi en raison de l'inexécution partielle des conventions en 2018, totale en 2019 et partielle en 2020, dès lors qu'elle a causé à la commune de Villeneuve-les-Sablons un préjudice direct et certain tenant à l'absence de perception des sommes prévues par les conventions ;
- par un arrêt du 28 septembre 2021, la cour administrative d'appel de Douai a confirmé son droit à indemnisation pour la période comprise entre la date de résiliation et le
2 juillet 2020, correspondant à la date de notification du jugement et, corrélativement, de reprise des relations contractuelles ;
- le montant de la créance est certain, dès lors qu'il correspond aux sommes dues en applications des conventions précitées et non versées à raison de la résiliation irrégulière de celles-ci, et tel qu'il ressort notamment des documents produits par la direction générale des finances publiques de l'Oise le 31 mai 2022 ;
- la commune de Saint-Crépin-Ibouvillers a procédé au versement de l'indemnité principale selon un échéancier fixé par elle.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 17 mai et 3 juillet 2023, la commune de Saint-Crépin-Ibouvillers, représentée par Me Quennehen, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de la commune de Villeneuve-les-Sablons une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la provision sollicitée a été inscrite en tant que dépense dans la section de fonctionnement du budget 2023 de la commune de Saint-Crépin-Ibouvillers de telle sorte qu'elle ne peut faire l'objet d'un emprunt et qu'elle sera intégralement payée en 2023 à la commune requérante selon un échéancier prévoyant quatre dates de paiement afin de préserver son équilibre budgétaire.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code général des impôts ;
- la loi n° 80-10 du 10 janvier 1980 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Thérain, président-rapporteur,
- les conclusions de Mme Minet, rapporteur public,
- et les observations de Me Juffroy, représentant la commune Villeneuve-les-Sablons, ainsi que celles de Me Delort, représentant la commune de Saint-Crépin-Ibouvillers.
Considérant ce qui suit :
1. La commune de Saint-Crépin-Ibouvillers a conclu, les 11 octobre 2001 et 7 juillet 2005, avec la commune de Villeneuve-les-Sablons des conventions ayant pour objet de répartir avec cette dernière le produit de la part communale de la taxe foncière sur les propriétés bâties qu'elle perçoit, d'une part, sur l'entreprise Norfond devenue EJ Picardie, située au sein de la zone d'activité économique dite de Saint-Crépin-Ibouvillers - Villeneuve-les-Sablons et, d'autre part, sur l'entreprise Plastiremo devenue Safran Aérosystems, située au sein de la zone d'aménagement concertée dite de la Reine Blanche. Par une délibération du 9 janvier 2018, le conseil municipal de la commune de Saint-Crépin-Ibouvillers a décidé de prononcer la résiliation unilatérale de ces conventions.
2. Saisi par la commune de Villeneuves-les-Sablons, le tribunal a ordonné, aux termes d'un jugement du 26 juin 2020, à la commune de Saint-Crépin-Ibouvillers de reprendre les relations contractuelles issues des conventions résiliées. La cour administrative d'appel de Douai a rejeté l'appel interjeté par la commune de Saint-Crépin-Ibouvillers et cette dernière a repris ses relations contractuelles à compter du 2 juillet 2020 avec la commune de Villeneuve-les-Sablons, qui demande au tribunal, par les trois requêtes visées ci-dessus qu'il y a lieu de joindre pour qu'il y soit statué par un même jugement, de condamner la commune de Saint-Crépin-Ibouvillers à lui verser les sommes dont elle a été privée durant la période d'inexécution des conventions, avec les intérêts au taux légal et capitalisation de ces derniers inclus.
Sur les conclusions tendant au versement du principal :
3. Il ressort du jugement du tribunal administratif d'Amiens du 26 juin 2020 et de l'arrêt de la cour administrative d'appel de Douai du 28 septembre 2021, que la commune de Saint-Crépin-Ibouvillers ne pouvait unilatéralement résilier les conventions évoquées ci-dessus, dès lors qu'elles n'étaient pas illicites et que leur résiliation ne répondait à aucun motif d'intérêt général. Il s'ensuit qu'en procédant à ces résiliations irrégulières, la commune de Saint-Crépin-Ibouvillers a, pour les raisons décrites aux termes de ces décisions juridictionnelles, commis une faute de nature à engager sa responsabilité et dont elle doit la réparation à la commune de Villeneuve-les-Sablons au titre de la période d'inexécution de ces conventions, comprise entre la date de leur résiliation unilatérale et le 2 juillet 2020.
4. Il résulte cependant de l'instruction que la commune de Saint-Crépin-Ibouvillers a procédé au paiement de l'indemnité principale actualisée de 295 589, 85 euros réclamée à ce titre par la commune de Villeneuve-les-Sablons, en lui versant les sommes de 84 839, 85 euros le 21 avril 2023, de 70 250 euros le 22 juin 2023 et de 140 500 euros le 6 septembre 2023. Les conclusions tendant à la condamnation au versement de cette indemnité ont dès lors perdu leur objet et il n'y a plus lieu d'y statuer.
Sur les intérêts et leur capitalisation :
5. Si la commune de Saint-Crépin-Ibouvillers s'est acquittée du paiement de l'indemnité principale, elle s'est toutefois abstenue de procéder au versement des intérêts et de leur capitalisation auxquels a droit la commune de Villeneuve-les-Sablons.
6. La commune de Villeneuve-les-Sablons demande le versement des intérêts au taux légal à compter du 7 septembre 2020 sur une somme de 215 512, 25 euros, correspondant à la date de réception de la demande indemnitaire présentée par courrier du 4 septembre 2020, et à compter du 30 octobre 2021 sur une somme de 80 077, 60 euros, correspondant à la date de réception de la demande indemnitaire préalable présentée par courrier du 28 octobre 2021, ainsi que la capitalisation de ces intérêts, respectivement à compter du 7 septembre 2021 dans le cadre de la première requête et à compter du 30 octobre 2022 dans le cadre de la deuxième requête, dès lors qu'à ces dates, il était dû au moins une année d'intérêts.
7. Compte tenu de ce qui a été dit aux points 3, 5 et 6, il y a lieu de faire droit à ces demandes et de condamner la commune de Saint-Crépin-Ibouvillers à verser à la commune de Villeneuve-les-Sablons les sommes correspondant :
- aux intérêts au taux légal de la somme de 84 839, 85 euros du 7 septembre 2020 au 21 avril 2023, avec capitalisation de ces derniers au 7 septembre 2021 puis au 7 septembre 2022 ;
- aux intérêts au taux légal de la somme de 70 250 euros du 7 septembre 2020 au
23 juin 2023, avec capitalisation de ces derniers au 7 septembre 2021 puis au 7 septembre 2022 ;
- aux intérêts au taux légal de la somme de 60 422, 40 euros du 7 septembre 2020 au 6 septembre 2023, avec capitalisation de ces derniers au 7 septembre 2021 puis au 7 septembre 2022 ;
- et aux intérêts au taux légal de la somme de 80 077, 60 euros du 30 octobre 2021 au 6 septembre 2023, avec capitalisation de ces derniers au 30 octobre 2022.
Sur les conclusions aux fins de versement d'une provision :
8. Le présent jugement statue sur les conclusions aux fins de condamnation présentées par la commune de Villeneuve-les-Sablons et il n'y a, dès lors, plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins de versement d'une provision présentées au même titre.
Sur les frais liés au litige :
9. Il y a lieu de mettre à la charge de la commune de Saint-Crépin-Ibouvillers une somme de 3 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Les dispositions de cet article font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de la commune de Villeneuve-les-Sablons, qui n'est pas la partie perdante, la somme demandée au même titre par la commune de Saint-Crépin-Ibouvillers.
D E C I D E :
Article 1er : La commune de Saint-Crépin-Ibouvillers est condamnée à verser à la commune de Villeneuve-les-Sablons les sommes décrites au point 7 du présent jugement.
Article 2 : La commune de Saint-Crépin-Ibouvillers versera une somme de 3 500 euros à la commune de Villeneuve-les-Sablons sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Il n'y a pas lieu de statuer sur le surplus des conclusions des requêtes.
Article 4 : Les conclusions présentées par la commune de Saint-Crépin-Ibouvillers sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à la commune de Villeneuve-les-Sablons et à la commune de Saint-Crépin-Ibouvillers.
Délibéré après l'audience du 8 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Thérain, président,
- Mme Rondepierre, première conseillère,
- M. Le Gars, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 décembre 2023.
Le président-rapporteur,
signé
S. Thérain
L'assesseur le plus ancien,
signé
A. RondepierreLa greffière,
signé
S. Chatellain
La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement., 2200192 et 2300932
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026