mercredi 17 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2100528 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | GROSMAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 15 février 2021, M. B A, représenté par
Me Grosman, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu, de prélèvements sociaux et de contribution exceptionnelle sur les hauts revenus auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2016 ;
2°) de prononcer la décharge de son obligation solidaire au paiement de l'amende fiscale à laquelle il a été soumis en application des dispositions de l'article 1759 du code général des impôts au titre de l'année 2015 ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 3 600 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, outre les dépens.
Il soutient que :
- la proposition de rectification du 23 mars 2018 méconnaît les dispositions de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales dès lors qu'elle ne comportait pas la motivation et le détail de la reconstitution du bénéfice de la SARL Swift, contrairement à ses mentions et ne comportait pas en annexe la proposition de rectification adressée à la SARL Swift ;
- il n'était pas le gérant de la SARL Swift à compter du 10 novembre 2015 et que même s'il était établi qu'il avait la qualité de maître de l'affaire, le gérant de droit en était un autre de sorte qu'aucune présomption de distribution à son égard ne saurait être caractérisée ;
- le service a méconnu les dispositions de l'article 117 du code général des impôts ;
- par suite du placement en liquidation judiciaire de la SARL Swift, l'amende fiscale de l'article 1759 du code général des impôts n'était pas due par la société et elle ne pouvait ainsi être mise à sa charge.
Par un mémoire en défense enregistré le 17 mai 2021, la directrice départementale des finances publiques de la Somme, conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que la demande de décharge de l'obligation solidaire de paiement de l'amende fiscale de l'article 1759 du code général des impôts est sans objet et qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par ordonnance du 5 janvier 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 9 février 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Menet, premier conseiller,
- et les conclusions de M. Beaujard, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La SARL Swift qui exerce une activité d'installation de structures métalliques chaudronnées et de tuyauterie, a fait l'objet de deux vérifications de comptabilité, à l'issue desquelles l'administration fiscale d'une part a mis à la charge de la société l'amende fiscale prévue à l'article 1759 du code général des impôts et d'autre part, selon la procédure d'évaluation d'office pour opposition à contrôle fiscal, lui a notifié des rappels de taxe sur la valeur ajoutée au titre de la période du 1er janvier 2016 au 31 juillet 2017 et des cotisations supplémentaires d'impôts sur les sociétés au titre de l'exercice clos en 2016.
2. M. A étant gérant de la société au titre de l'exercice clos en 2015, l'amende correspondant à cet exercice a été mise à sa charge en application des dispositions de l'article 1754 V-3 du code général des impôts.
3. À la suite des rehaussements notifiés à la SARL Swift, des rectifications en matière de revenus distribués ont été notifiées à M. A, selon une procédure de rectification contradictoire, sur le fondement des articles 109 1. 1° et 111 c. du code général des impôts et des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu, de prélèvements sociaux et de contribution exceptionnelle sur les hauts revenus au titre de l'année 2016 ont été mises à sa charge.
4. Par la présente requête, M. A demande au tribunal de prononcer la décharge de ces impositions, ainsi que des pénalités correspondantes.
Sur la régularité de la procédure d'imposition :
5. En premier lieu, par une proposition de rectification du 19 avril 2018 annulant et remplaçant une précédente proposition du 23 mars 2018, le service, par suite de la déclaration d'impôt de M. A plus de trente jours après une mise en demeure de déposer, a mis en œuvre la procédure de taxation d'office en application de l'article L. 66-1 du livre des procédures fiscales. M. A ne peut utilement, en se fondant au demeurant sur les dispositions de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales, se prévaloir d'une insuffisance de motivation d'une proposition de rectification qui a été annulée et remplacée par la proposition de rectification du 19 avril 2018.
6. En second lieu, il résulte des dispositions de l'article 117 du code général des impôts que si l'administration s'abstient d'inviter une personne morale à lui faire parvenir des indications sur les bénéficiaires d'un excédent de distribution qu'elle a constaté, cette abstention a seulement pour effet de la priver de la possibilité d'assujettir cette personne morale à la pénalité prévue à l'article 1759 du code général des impôts à raison des sommes correspondantes, mais est sans influence sur la régularité de la procédure d'imposition suivie à l'égard des personnes physiques qui ont bénéficié de la distribution et que l'administration, compte tenu des renseignements dont elle dispose, est en mesure d'identifier. Par suite, le moyen tiré de ce que l'administration était tenue de mettre en œuvre la procédure prévue par l'article 117 du code général des impôts doit être écarté comme inopérant.
Sur le bien-fondé des impositions :
7. Aux termes de l'article L. 193 du livre des procédures fiscales : " Dans tous les cas où une imposition a été établie d'office la charge de la preuve incombe au contribuable qui demande la décharge ou la réduction de l'imposition. ". Aux termes de l'article R. 193-1 de ce livre : " Dans le cas prévu à l'article L. 193 le contribuable peut obtenir la décharge ou la réduction de l'imposition mise à sa charge en démontrant son caractère exagéré ".
8. Aux termes de l'article 109 du code général des impôts : " 1. Sont considérés comme revenus distribués : / 1° Tous les bénéfices ou produits qui ne sont pas mis en réserve ou incorporés au capital ". Aux termes enfin de l'article 111 du code général des impôts : " Sont notamment considérés comme revenus distribués : / () c. Les rémunérations et avantages occultes () ". Le contribuable qui, disposant seul des pouvoirs les plus étendus au sein de la société, est en mesure d'user sans contrôle de ses biens comme de biens qui lui sont propres et doit ainsi être regardé comme le seul maître de l'affaire, est présumé avoir appréhendé les distributions effectuées par la société qu'il contrôle.
9. Il résulte de l'instruction que le service a caractérisé l'existence de distributions de la part de la SARL Swift sur le fondement d'une part du 1° du 1 de l'article 109 du code général des impôts correspondant à des rectifications du résultat imposable de la société au titre de l'exercice clos en 2016 à hauteur de la somme de 243 361 euros et d'autre part du c. de l'article 111 du code général des impôts correspondant à des retraits en numéraires et d'achats personnels de la part de M. A à hauteur de la somme de 11 210 euros en 2016.
10. Le service, pour démontrer que M. A était présumé avoir appréhendé comme seul maître de l'affaire les distributions effectuées par la SARL Swift, s'est notamment référé aux droits de communication exercés auprès des établissements bancaires dans les livres desquels la SARL Swift détenait des comptes et auprès de ses clients. Le service a relevé que si M. A n'était plus gérant de droit de la SARL Swift au titre de l'exercice clos vérifié en litige, les courriers adressés au gérant de droit qui lui avait succédé revenaient avec la mention " destinataire inconnu à l'adresse ", que ce dernier ne disposait d'aucun moyen de paiement au nom de la société et ne possédait aucune procuration sur les comptes de la SARL Swift tandis que durant cette période, M. A était titulaire de cartes bancaires, avait signé des chèques au nom de la société pour un montant global de 74 553 euros et signait des contrats avec des clients de la société. Par ces éléments, le service a justement considéré que le gérant de droit n'avait en réalité aucun pouvoir dans la SARL Swift et alors que la charge de la preuve lui en incombe, M. A n'apporte pas la preuve de ce qu'il n'était pas le seul maître de l'affaire et de ce que l'administration n'était pas fondée à imposer entre ses mains les revenus distribués par la
SARL Swift.
Sur les dépens :
11. En l'absence de dépens, les conclusions de la requête tendant à ce qu'ils soient mis à la charge de l'État ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais exposés et non compris dans les dépens :
12. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée par le service, que la requête de M. A doit être rejetée, y compris les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1 er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la directrice départementale des finances publiques de la Somme.
Délibéré après l'audience du 4 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. Boutou, président,
Mme Pierre, première conseillère,
M. Menet, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition le 17 mai 2023.
Le rapporteur,
Signé
M. Menet
Le président,
Signé
B. Boutou La greffière,
Signé
A. Ribière
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026