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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2100541

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2100541

jeudi 5 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2100541
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantBIDART-DECLE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires enregistrés les 17 février 2021, 7 janvier 2022 et 13 septembre 2023, Mme D B veuve E, M. A E et M. C E, représentés par Me Sivan, demandent au tribunal :

1°) de condamner le centre hospitalier universitaire (CHU) Amiens-Picardie à leur payer la somme de 285 977,64 euros en réparation des préjudices subis lors de la prise en charge de Valère E par cet établissement de santé, assortie des intérêts au taux légal et de leur capitalisation ;

2°) de mettre à la charge du CHU Amiens-Picardie la somme de 12 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- la responsabilité du CHU Amiens-Picardie est engagée à raison du décès de Valère E lors de sa prise en charge ;

- le CHU Amiens-Picardie devra être condamné à réparer les préjudices subis par le défunt à hauteur de 184 euros en réparation du déficit fonctionnel temporaire et 20 000 euros en réparation des souffrances endurées ;

- le CHU Amiens-Picardie devra être condamné à réparer les préjudices subis par Mme B veuve E à hauteur de 30 000 euros en réparation du préjudice d'affection, 341 613,86 euros en réparation du préjudice économique et 24 301 euros en réparation des frais divers ;

- le CHU Amiens-Picardie devra être condamné à réparer le préjudice d'affection subi par M. A E à hauteur de 25 000 euros ;

- le CHU Amiens-Picardie devra être condamné à réparer les préjudices subis par M. C E à hauteur de 25 000 euros en réparation du préjudice d'affection et 10 530,54 euros en réparation du préjudice économique ;

- un taux de 60 %, à raison de la perte de chance d'éviter le décès, doit être appliqué aux condamnations précitées.

Par des mémoires en défense enregistrés les 29 novembre 2021 et 6 septembre 2023, le CHU Amiens-Picardie, représenté par la SCP Lebègue-Derbise, demande au tribunal :

1°) de retenir un taux de perte de chance d'éviter le décès de Valère E à hauteur de 40 % ;

2°) d'écarter comme injustifiées les demandes au titre des frais d'obsèques et du préjudice économique et de réduire à de plus justes proportions les autres demandes.

La requête a été transmise à la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de l'Oise qui n'a pas produit d'observations.

Vu :

- les ordonnances nos 1802419 du 18 novembre 2019 de la présidente du tribunal administratif d'Amiens taxant et liquidant les frais d'expertise, ordonnée le 27 mars 2019, à la somme de 2 700 euros ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code civil ;

- le code de la santé publique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Menet, premier conseiller,

- les conclusions de M. Beaujard, rapporteur public,

- et les observations de Me Bidart-Decle pour les consorts E et de Me Ricard pour le CHU Amiens-Picardie.

Considérant ce qui suit :

1. Valère E, alors âgé de 55 ans, porteur d'une valve aortique depuis 2005, a été adressé en urgence au CHU Amiens-Picardie le 13 juillet 2017 pour procéder au remplacement de la prothèse en raison d'une endocardite aortique sur la prothèse compliquée de troubles de conduction en rapport avec un abcès de l'anneau. Deux interventions ont été mises en œuvre les 14 et 15 juillet 2017 pour faire face aux complications, une défaillance multi-viscérale, qui conduiront au décès du patient le 21 juillet 2017.

2. Le tribunal administratif d'Amiens saisi en référé a ordonné le 27 mars 2019 une expertise médicale dont le rapport a été rendu le 14 novembre 2019. Par la présente requête, les consorts E demandent au tribunal la réparation des préjudices subis.

Sur les conclusions indemnitaires :

En ce qui concerne le principe de responsabilité :

3. En premier lieu, aux termes du I. de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute ".

4. Il résulte de l'instruction et particulièrement de l'expertise que l'intervention initiale a été réalisée par un praticien dont l'expérience n'était pas suffisante compte tenu de sa difficulté. Celle-ci a été réalisée sous circulation extracorporelle. Toutefois, les intervenants ont, contrairement à ce que prescrivent les règles de l'art, omis d'injecter une nouvelle dose de produit cardioplégique, après deux heures trente d'intervention, afin de maintenir l'arrêt du cœur pendant le déroulement de la circulation extracorporelle. Par ailleurs, le tableau clinique du patient justifiait qu'il fût placé en hypothermie. En l'absence de cette diligence, cela a nui à sa protection myocardique. Ces manquements sont à l'origine de la défaillance multi-viscérale qui a conduit au décès et engagent la responsabilité pour faute du centre hospitalier.

5. En second lieu, aux termes de l'article L. 1111-2 du code de la santé publique : "'Toute personne a le droit d'être informée sur son état de santé. Cette information porte sur les différentes investigations, traitements ou actions de prévention qui sont proposés, leur utilité, leur urgence éventuelle, leurs conséquences, les risques fréquents ou graves normalement prévisibles qu'ils comportent ainsi que sur les autres solutions possibles et sur les conséquences prévisibles en cas de refus'". Il résulte de ces dispositions que doivent être portés à la connaissance du patient, préalablement au recueil de son consentement à l'accomplissement d'un acte médical, les risques connus de cet acte qui, soit présentent une fréquence statistique significative, quelle que soit leur gravité, soit revêtent le caractère de risques graves, quelle que soit leur fréquence.

6. En cas de manquement à cette obligation d'information, si l'acte de diagnostic ou de soin entraîne pour le patient, y compris s'il a été réalisé conformément aux règles de l'art, un dommage en lien avec la réalisation du risque qui n'a pas été porté à sa connaissance, la faute commise en ne procédant pas à cette information engage la responsabilité de l'établissement de santé à son égard pour sa perte de chance de se soustraire à ce risque en renonçant à l'opération. Il n'en va autrement que s'il résulte de l'instruction que compte tenu de ce qu'était l'état de santé du patient et son évolution prévisible en l'absence de réalisation de l'acte, des alternatives thérapeutiques qui pouvaient lui être proposées ainsi que de tous autres éléments de nature à révéler le choix qu'il aurait fait, qu'informé de la nature et de l'importance de ce risque, il aurait consenti à l'acte en question.

7. En l'espèce, il n'est pas contesté qu'à l'occasion de la prise en charge hospitalière du défunt, le cardioplégique administré, le Custodiol, nécessitait une prescription dans le cadre d'une autorisation temporaire d'utilisation dont la procédure, notamment d'information du patient, n'a pas été respectée. Il résulte toutefois de l'instruction que l'état clinique du patient était si dégradé que dans le cadre de la prise en charge hospitalière en urgence, le patient n'aurait pu renoncer à l'intervention chirurgicale initiale et à l'utilisation du médicament précité de sorte qu'aucune perte de chance au sens des dispositions précitées n'est caractérisée.

En ce qui concerne la perte de chance :

8. Dans le cas où la faute commise lors de la prise en charge ou le traitement d'un patient dans un établissement public hospitalier a compromis ses chances d'obtenir une amélioration de son état de santé ou d'échapper à son aggravation, le préjudice résultant directement de la faute commise par l'établissement et qui doit être intégralement réparé n'est pas le dommage corporel constaté, mais la perte de chance d'éviter la survenue de ce dommage. La réparation qui incombe à l'hôpital doit alors être évaluée à une fraction du dommage corporel déterminée en fonction de l'ampleur de la chance perdue.

9. Il résulte de l'instruction et particulièrement de l'expertise que le tableau clinique initial était extrêmement péjoratif, le risque de décès en pareil cas étant, selon la littérature médicale, de 20 %. Dans le cas du défunt, les experts ont porté à 40 % ce risque en considération des difficultés intrinsèques de l'intervention, réalisée en urgence et des antécédents du patient. Par suite, la perte de chance d'éviter le décès en lien avec les manquements précités doit être évaluée à 60 %.

En ce qui concerne les préjudices indemnisables :

S'agissant des préjudices du défunt :

Quant au déficit fonctionnel temporaire :

10. Les consorts E soutiennent que l'hospitalisation précédant le décès du défunt constitue un déficit fonctionnel temporaire en lien avec les manquements commis. Toutefois, compte tenu de la gravité du tableau clinique lors de la prise en charge du patient au CHU Amiens-Picardie, son hospitalisation de huit jours avant son décès est imputable à l'état initial et ne saurait être rattachée aux fautes commises. Il y a donc lieu de rejeter cette demande.

Quant aux souffrances endurées :

11. Il résulte de l'instruction que les souffrances endurées doivent être évaluées à 5 sur une échelle de 7 en considération de la défaillance multi-viscérale du défunt et sa prise en charge en réanimation. Compte tenu du taux de perte de chance retenu au point 9 du présent jugement, ce préjudice s'évalue à la somme de 7 200 euros.

S'agissant des préjudices des proches du défunt :

Quant aux frais divers :

12. En premier lieu, les frais d'obsèques, de même que, sous réserve qu'ils ne soient pas excessifs, les frais de construction d'un monument funéraire, qui contribuent à donner au défunt une sépulture décente, font partie des préjudices susceptibles de donner lieu à réparation.

13. Il résulte de l'instruction que les obsèques du défunt ont fait l'objet de deux factures au prix respectivement de 5 546 euros et 6 555,50 euros. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de relever que les frais d'obsèques excédant la somme de 6 000 euros revêtent un caractère somptuaire et que seule cette dernière somme doit être mise à la charge du CHU Amiens-Picardie.

14. En second lieu, les frais d'avocat, excepté ceux exposés en dehors d'une procédure contentieuse qui ont un lien direct avec la faute commise, sont exclusivement régis par les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et ne peuvent donner lieu à une indemnisation au titre de la réparation des préjudices subis par la victime d'un accident médical.

15. En l'espèce, Mme B veuve E a exposé la somme de 6 000 euros pour l'assistance d'un avocat dans la procédure de référé et celle de 3 600 euros pour s'adjoindre les compétences d'un expert-comptable pour formaliser la demande au titre du préjudice économique à l'occasion de la présente instance.

16. Dans la mesure où il n'y a pas de partie perdante dans la procédure de référé, Mme B veuve E ne pouvait prétendre à une indemnisation au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative de sorte qu'elle est fondée à demander la réparation de ce préjudice. Il en va autrement s'agissant des honoraires d'expert-comptable qui ne sauraient être pris en compte qu'au titre des dispositions précitées.

17. Il résulte de tout ce qui précède que, compte tenu du taux de perte de chance retenu au point 9 du présent jugement, ce préjudice s'élève ainsi à la somme de 7 200 euros.

Quant au préjudice économique :

18. Le préjudice économique subi par les ayants droit appartenant au foyer de la victime décédée est constitué par la perte des revenus de la victime qui étaient consacrés à l'entretien de chacun d'eux. Le préjudice économique subi par l'ensemble des membres du foyer est déterminé par référence à un pourcentage des revenus de la victime affectés à l'entretien de la famille, mais en prenant également en compte les revenus propres des membres survivants, ainsi que les éventuelles prestations reçues en compensation du décès. Lorsque ce préjudice est indemnisé par un capital à verser aux ayants droit, il est obtenu par l'application d'un coefficient de capitalisation au montant annuel des pertes de revenus. Ce coefficient est déterminé au regard de l'âge de celui des deux conjoints qui présentait, indépendamment de l'accident, l'espérance de vie la moins importante, à la date à laquelle il est procédé à la capitalisation. L'indemnité du conjoint survivant est constituée par la différence entre le montant du préjudice du foyer, établi tel qu'il a été précisé, et les préjudices propres aux enfants de la victime. Le préjudice propre aux enfants de la victime est arrêté pour chacun d'eux en tenant compte de la perte de la fraction des revenus de leur parent décédé, qui aurait été consacrée à l'entretien de cet enfant jusqu'à ce qu'il ait atteint au plus l'âge de vingt-cinq ans.

19. Il résulte de l'instruction qu'à la date du décès de la victime, à l'âge de 55 ans, son foyer comprenait également son épouse, âgée de 50 ans et deux enfants dont un seul était à charge, et avait pour ressources annuelles la somme moyenne de 63 308,33 euros selon les avis d'imposition produits. En retranchant de cette somme, la part consacrée à l'entretien de la famille évaluée à 25 % compte tenu de la composition du foyer d'une part et les revenus de Mme B veuve E, postérieurs au décès, soit 45 231,33 euros en moyenne selon les avis d'imposition produits d'autre part, la perte patrimoniale annuelle du foyer s'élève à 2 249,92 euros.

20. Le préjudice du foyer doit être déterminé en appliquant à ce montant un coefficient de 26,873, correspondant au prix de l'euro de rente viagère du barème de la gazette du palais de 2022, pour un homme de 55 ans (taux de 0 %). Il s'élève ainsi à la somme de 60 462,01 euros.

21. Il résulte de l'instruction et notamment des avis d'imposition produits par les requérants qu'au 1er janvier 2020, M. C E, âgé de 20 ans au décès de son père, n'était plus à la charge de sa mère. Il s'ensuit que le préjudice économique de M. C E qui doit être évalué à 25 % du montant de la perte annuelle de revenu du foyer à la suite de la disparition de son père, jusqu'à son départ du foyer, s'élève compte tenu du taux de perte de chance retenu au point 9 du présent jugement, à la somme de 826,05 euros.

22. Il résulte de tout ce qui précède que le préjudice économique de Mme B veuve E s'élève, une fois déduit le versement par la CPAM de la Somme d'un capital décès à hauteur de 3 415 euros et compte tenu du taux de perte de chance retenu au point 9 du présent jugement, à la somme de 33 402,16 euros.

Quant au préjudice d'affection :

23. Il résulte de l'instruction que Mme B veuve E, M. A E et M. C E, respectivement veuve du défunt et enfants majeurs du défunt vivant au foyer, ont subi un préjudice d'affection en raison du décès de Valère E. Dans les circonstances de l'espèce, compte tenu du taux de perte de chance retenu au point 9 du présent jugement, ce préjudice s'établit à la somme de 15 000 euros concernant Mme B veuve E, à la somme de 12 000 euros concernant M. A E et à la somme de 12 000 euros concernant M. C E.

24. Il résulte de tout ce qui précède que le CHU Amiens-Picardie doit être condamné à verser les sommes de 7 200 euros aux ayants droits de Valère E en réparation des préjudices subis par le défunt, de 55 602,16 euros en réparation des préjudices subis par Mme B veuve E, de 12 000 euros en réparation des préjudices subis par M. A E et de 12 826,05 euros en réparation des préjudices subis par M. C E.

En ce qui concerne les intérêts et leur capitalisation :

25. Aux termes de l'article 1231-6 du code civil : " Les dommages et intérêts dus à raison du retard dans le paiement d'une obligation de somme d'argent consistent dans l'intérêt au taux légal, à compter de la mise en demeure. Ces dommages et intérêts sont dus sans que le créancier soit tenu de justifier d'aucune perte () ". Aux termes de l'article 1343-2 du même code : " Les intérêts échus, dus au moins pour une année entière, produisent intérêt si le contrat l'a prévu ou si une décision de justice le précise ". Il résulte de ces dispositions que, d'une part, lorsqu'ils sont demandés, et quelle que soit la date de la demande, les intérêts des indemnités allouées sont dus à compter du jour où la demande de réclamation de la somme principale est parvenue à la partie débitrice ou, à défaut, à compter de la date d'enregistrement au greffe du tribunal administratif des conclusions tendant au versement de cette indemnité, et, d'autre part, que la capitalisation des intérêts peut être demandée à tout moment devant le juge du fond, même si, à cette date, les intérêts sont dus depuis moins d'une année. En ce cas, cette demande ne prend toutefois effet qu'à la date à laquelle, pour la première fois, les intérêts sont dus pour une année entière.

26. Les consorts E ont droit aux intérêts au taux légal sur les indemnités allouées à compter du 30 octobre 2020, date de réception par le centre hospitalier de la demande indemnitaire préalable.

27. La capitalisation des intérêts a été demandée le 17 février 2021. Il y a lieu de faire droit à cette demande à compter du 30 octobre 2021, date à laquelle était due, pour la première fois, une année d'intérêts, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date.

Sur les dépens :

28. Il y a lieu de mettre les frais de l'expertise ordonnée le 27 mars 2019, qui ont été liquidés et taxés à la somme de 2 700 euros par ordonnances nos 1802419 du 18 novembre 2019 de la présidente du tribunal administratif d'Amiens, à la charge définitive du CHU Amiens-Picardie.

Sur les frais exposés et non compris dans les dépens :

29. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du CHU Amiens-Picardie une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par les consorts E et non compris dans les dépens.

D É C I D E :

Article 1 er : Le CHU Amiens-Picardie est condamné à verser aux consorts E la somme de 7 200 euros en réparation des préjudices subis par Valère E avec intérêts au taux légal à compter du 30 octobre 2020. Les intérêts échus à la date du 30 octobre 2021 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.

Article 2 : Le CHU Amiens-Picardie est condamné à verser à Mme B veuve E la somme de 55 602,16 euros en réparation de ses préjudices subis avec intérêts au taux légal à compter du 30 octobre 2020. Les intérêts échus à la date du 30 octobre 2021 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.

Article 3 : Le CHU Amiens-Picardie est condamné à verser à M. A E la somme de 12 000 euros en réparation de ses préjudices subis avec intérêts au taux légal à compter du 30 octobre 2020. Les intérêts échus à la date du 30 octobre 2021 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.

Article 4 : Le CHU Amiens-Picardie est condamné à verser à M. C E la somme de 12 826,05 euros en réparation de ses préjudices subis avec intérêts au taux légal à compter du 30 octobre 2020. Les intérêts échus à la date du 30 octobre 2021 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.

Article 5 : Les dépens, liquidés et taxés à la somme de 2 700 euros sont mis à la charge définitive du CHU Amiens-Picardie.

Article 6 : Le CHU Amiens-Picardie versera une somme de 1 500 euros aux consorts E au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 7 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 8 : Le présent jugement sera notifié à Mme D B veuve E, M. A E, M. C E, au centre hospitalier universitaire Amiens-Picardie et à la caisse primaire d'assurance maladie de l'Oise.

Délibéré après l'audience du 21 septembre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Boutou, président,

Mme Pierre, première conseillère,

M. Menet, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition le 5 octobre 2023.

Le rapporteur,

Signé

M. Menet

Le président,

Signé

B. Boutou La greffière,

Signé

A. Ribière

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 2100541

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