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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2100745

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2100745

lundi 15 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2100745
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationCHAMBRE PRESIDENT
Avocat requérantHOMEHR

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

A une requête et des mémoires, enregistrés le 22 février 2021, le 19 avril 2021 et le 26 janvier 2023, M. E B et Mme D B, représentés A Me Homehr, demandent au tribunal, dans le dernier état de ses conclusions :

1°) d'annuler la décision du 21 décembre 2020 A lequel la présidente du conseil départemental de l'Oise a rejeté leur recours dirigé contre la décision de la caisse d'allocations familiales de l'Oise du 19 août 2020 notifiant à Mme B un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 18 000 euros pour la période du 1er août 2017 au 31 juillet 2020 et a refusé de leur accorder la remise gracieuse de cette dette ;

2°) d'annuler la décision de la caisse d'allocations familiales de l'Oise du 19 août 2020 et l'avis rendu A la commission des indus de revenu de solidarité active dans sa séance du 27 novembre 2020 ;

3°) à défaut, de réduire l'indu de revenu de solidarité active à la somme de 4 000 euros ;

4°) d'ordonner la suspension des retenues opérées au titre de l'indu ;

5°) de leur accorder une remise totale de leur dette de revenu de solidarité active ;

6°) de condamner le département de l'Oise à leur verser une somme de 8 000 euros en réparation des préjudices qu'ils ont subis du fait des agissements de la caisse d'allocations familiales de l'Oise ;

7°) de mettre à la charge du département de l'Oise le versement d'une somme de 1 500 euros à Me Homehr au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Ils soutiennent que :

- la caisse d'allocations familiales de l'Oise a méconnu le principe du contradictoire et les a empêchés de se défendre utilement ;

- leur recours n'a pas été soumis pour avis à la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales ;

- la décision du 21 décembre 2020 n'est pas suffisamment motivée ;

- l'indu n'est pas fondé en droit ;

- ils sont de bonne foi ;

- à supposer l'indu fondé, il ne pourrait porter que sur une période de douze mois et ne saurait excéder la somme de 4 000 euros ;

- la caisse d'allocations familiales de l'Oise a commis des fautes de nature à engager la responsabilité du département de l'Oise.

A des mémoires en défense, enregistrés le 22 novembre 2022 et le 23 février 2023, la présidente du conseil départemental de l'Oise conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que :

- les conclusions indemnitaires sont irrecevables, faute de demande préalable ;

- les moyens soulevés A M. et Mme B ne sont pas fondés.

Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur deux moyens relevés d'office tirés :

- l'irrecevabilité des conclusions dirigées contre la décision initiale de la caisse d'allocations familiales de l'Oise du 19 aout 2020 notifiant à Mme B un indu de revenu de solidarité active dès lors que la contestation de cet indu est soumise à recours administratif préalable obligatoire et que la décision prise A la présidente du conseil départemental de l'Oise du 21 décembre 2020 s'est substituée à la décision initiale ;

- l'irrecevabilité des conclusions dirigées contre l'avis rendu A la commission des indus de revenu de solidarité active dans sa séance du 27 novembre 2020, qui ne constitue pas une décision faisant grief.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale A une décision du 9 novembre 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Dhiver, présidente, a été entendu au cours de l'audience publique.

La clôture de l'instruction a été prononcée, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, après l'appel de l'affaire à l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. A une décision du 19 août 2020, la caisse d'allocations familiales de l'Oise a notifié à Mme B un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 18 000 euros pour la période du 1er août 2017 au 31 juillet 2020. Le 26 août 2020, Mme B a formé un recours contre cette décision. A une décision du 21 décembre 2020, le président du conseil départemental de l'Oise a rejeté ce recours et refusé d'accorder à M. et Mme B la remise gracieuse de leur dette. Ceux-ci demandent au tribunal d'annuler les décisions des 19 août 2020 et 21 décembre 2020, ainsi que l'avis rendu A la commission des indus de revenu de solidarité active dans sa séance du 27 novembre 2020. A titre subsidiaire, ils demandent la réduction de l'indu à la somme de 4 000 euros. Ils demandent également au tribunal de leur accorder la remise gracieuse de leur dette. Enfin, ils présentent des conclusions indemnitaires et demandent à ce titre la condamnation du département de l'Oise à leur verser la somme de 8 000 euros en réparation du préjudice qu'ils estiment avoir subi.

Sur la décision de la caisse d'allocations familiales de l'Oise du 19 août 2020 et l'avis de la commission des indus de revenu de solidarité active du 27 novembre 2020 :

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental. () ".

3. Il résulte de ces dispositions, qui instituent un recours administratif préalable obligatoire pour les décisions relatives au revenu de solidarité active, que la décision prise sur recours administratif préalable obligatoire se substitue à la décision initiale. A suite, les conclusions de M. et Mme B dirigées contre la décision initiale de la caisse d'allocations familiales de l'Oise du 19 août 2021 sont irrecevables.

4. En second lieu, l'avis rendu A la commission de recours amiable des indus de revenu de solidarité active ne constitue pas une décision faisant grief susceptible de recours. A suite, les conclusions de M. B dirigées contre cet avis sont irrecevables.

Sur la décision de la présidente du conseil départemental de l'Oise du 21 décembre 2020 :

En ce qui concerne la récupération de l'indu de revenu de solidarité active :

5. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de revenu de solidarité active, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée A le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.

S'agissant de la régularité de la décision de récupération d'indu ;

6. En premier lieu, aux termes du premier alinéa de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental. Ce recours est, dans les conditions et limites prévues A la convention mentionnée à l'article L. 262-25, soumis pour avis à la commission de recours amiable qui connaît des réclamations relevant de l'article L. 142-1 du code de la sécurité sociale () ", laquelle est composée et constituée au sein du conseil d'administration de la caisse d'allocations familiales. Aux termes du I de l'article L. 262-25 du code de l'action sociale et des familles : " Une convention est conclue entre le département et chacun des organismes mentionnés à l'article L. 262-16. / Cette convention précise en particulier : / 1° Les conditions dans lesquelles le revenu de solidarité active est servi et contrôlé ; / 2° Les modalités d'échange des données entre les parties ; / 3° La liste et les modalités d'exercice et de contrôle des compétences déléguées, le cas échéant, A le département aux organismes mentionnés à l'article L. 262-16 () ". Aux termes de l'article R. 262-60 de ce code : " La convention prévue à l'article L. 262-25 comporte des dispositions générales relatives à : / () 4° Les conditions et limites dans lesquelles la commission de recours amiable de ces organismes rend un avis sur les recours administratifs adressés au président du conseil départemental ; ces stipulations portent notamment sur l'objet et le montant des litiges dont la commission est saisie et les conditions financières de cette intervention () ". Aux termes de l'article R. 262-90 du même code : " Lorsqu'elle est saisie, la commission de recours amiable se prononce dans un délai d'un mois à compter de la date de saisine. A réception de l'avis, le président du conseil départemental statue, sous un mois, sur le recours administratif qui lui a été adressé. / Si elle ne s'est pas prononcée au terme du délai mentionné au précédent alinéa, son avis est réputé rendu et le président du conseil départemental statue, sous un mois, sur le recours administratif qui lui a été adressé. () ".

7. Il appartient au tribunal administratif, saisi d'un moyen tiré du défaut de consultation de la commission de recours amiable de l'organisme chargé du service du revenu de solidarité active, de s'assurer du caractère obligatoire de cette consultation dans l'hypothèse en litige, en vertu des clauses réglementaires de la convention conclue entre le département et l'organisme.

8. En l'espèce, il résulte des stipulations de l'article 3.2 de la convention de gestion du revenu de solidarité active conclue entre le département de l'Oise et la caisse d'allocations familiales de l'Oise que les recours administratifs adressés à la présidente du conseil départemental de l'Oise sont dispensés de la consultation de la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales de l'Oise. A suite, M. et Mme B ne peuvent utilement se prévaloir de ce que la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales de l'Oise n'a pas été consultée avant que la présidente du conseil départemental de l'Oise statue sur leur recours administratif.

9. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () imposent des sujétions () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration : " La motivation exigée A le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. "

10. La décision A laquelle l'autorité administrative procède à la récupération de sommes indûment versées au titre de l'allocation de revenu de solidarité active est au nombre des décisions imposant une sujétion et doit, A suite, être motivée en application de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. Il en résulte qu'une telle décision doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. A ce titre, l'autorité administrative doit faire figurer dans la motivation de sa décision la nature de la prestation et le montant des sommes réclamées, ainsi que le motif et la période sur laquelle porte la récupération. En revanche, elle n'est pas tenue d'indiquer dans cette décision les éléments servant au calcul du montant de l'indu.

11. Il résulte de l'instruction que la décision du 21 décembre 2020 indique à M. et Mme B le montant de l'indu de revenu de solidarité active qui leur est réclamé et leur précise que l'indu a pour origine la réintégration dans leurs ressources des loyers afférents au logement dont ils sont propriétaires. Ainsi, quand bien même cette décision ne vise pas l'article du code de l'action sociale et des familles sur lequel elle est fondée, M. et Mme B ont pu connaître le fondement et le motif de l'indu. Si, A ailleurs, cette décision mentionne A erreur que l'indu porte sur la période d'août 2017 à juillet 2018, elle se réfère expressément à la décision initiale de la caisse d'allocations familiales de l'Oise du 19 août 2020, dont il ressort que la période d'indu court du 1er août 2017 au 31 juillet 2020. Ainsi, aussi regrettable soit l'erreur contenue dans la décision du 21 décembre 2020, M. et Mme B ont eu connaissance sans ambigüité de la période d'indu. Enfin, la présidente du conseil départemental de l'Oise n'avait pas à indiquer dans sa décision les éléments qui ont servi au calcul de l'indu. A suite, le moyen tiré du défaut de motivation de la décision du 21 décembre 2020 doit être écarté.

12. En dernier lieu, il résulte de l'instruction que, avant de prendre sa décision du 19 août 2020, la caisse d'allocations familiales de l'Oise s'est rapprochée de M. et Mme B en leur demandant de confirmer qu'ils mettent en location leur bien immobilier pour un loyer mensuel de 500 euros depuis le mois de décembre 2014, ce qu'ils ont fait le 14 août 2020. En outre, la décision du 19 août 2020 indique à M. et Mme B que ces loyers ont été réintégrés dans leurs ressources trimestrielles et la caisse d'allocations familiales les a invités, A son courrier du 21 août 2020, à lui faire connaître les raisons pour lesquelles ces revenus n'avaient pas été déclarés. M. et Mme B ont aussi pu faire valoir leurs observations en exerçant le recours administratif préalable obligatoire, à caractère suspensif, mentionné à l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles. Dans ces conditions, M. et Mme B ne sont pas fondés à soutenir qu'ils auraient été privés de la possibilité de présenter leurs observations avant l'édiction de la décision du 21 décembre 2020.

S'agissant du bien-fondé de la décision de récupération d'indu :

13. En premier lieu, aux termes de l'article L. 262-3 du code de l'action sociale et des familles : " () L'ensemble des ressources du foyer, y compris celles qui sont mentionnées à l'article L. 132-1, est pris en compte pour le calcul du revenu de solidarité active, dans des conditions fixées A un décret en Conseil d'Etat () ". Aux termes de l'article R. 262-6 du même code : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer, et notamment les avantages en nature ainsi que les revenus procurés A des biens mobiliers et immobiliers et A des capitaux. / () ".

14. Il résulte de l'instruction que M. et Mme B sont propriétaires d'un bien immobilier situé 40, rue de la République à Ligny-en-Cambrésis qu'ils mettent en location depuis le mois de décembre 2014 pour un loyer mensuel de 500 euros. A suite, alors que Mme B avait omis de déclarer ces revenus fonciers auprès de la caisse d'allocations familiales de l'Oise, c'est A une exacte application des dispositions citées au point précédent qu'ils ont été réintégrés dans leur ressources pour la détermination de ses droits au revenu de solidarité active pour la période d'août 2017 à juillet 2020.

15. En second lieu, aux termes de l'article L. 262-45 du code de l'action sociale et des familles : " L'action en vue du paiement du revenu de solidarité active se prescrit A deux ans. Cette prescription est également applicable, sauf en cas de fraude ou de fausse déclaration, à l'action intentée A l'organisme chargé du service du revenu de solidarité active ou le département en recouvrement des sommes indûment payées. / () ".

16. Comme il a été dit au point 14 ci-dessus, il résulte de l'instruction que Mme B a omis de déclarer les revenus fonciers de son foyer perçus entre mai 2017 et mai 2020. Eu égard à son caractère constant et répété, cette absence de déclaration constitue une fausse déclaration au sens de l'article L. 262-45 du code de l'action sociale et des familles. Ainsi, la présidente du conseil départemental de l'Oise a pu rechercher la récupération de l'indu de revenu de solidarité active sur une période de trois ans, allant d'août 2017 à juillet 2020. Les ressources omises s'élevant mensuellement à 500 euros, c'est à bon droit que l'indu a été fixé à la somme de 18 000 euros. A suite, M. et Mme B ne sont pas fondés à demander, à titre subsidiaire, une réduction du montant de l'indu.

En ce qui concerne le refus de remise de dette :

17. D'une part, l'article L. 262-17 du code de l'action sociale et des familles dispose que : " Lors du dépôt de sa demande, l'intéressé reçoit, de la part de l'organisme auprès duquel il effectue le dépôt, une information sur les droits et devoirs des bénéficiaires du revenu de solidarité active () " et l'article R. 262-37 du même code prévoit que : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments. "

18. D'autre part, aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré A l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, A les collectivités débitrices du revenu de solidarité active. / () La créance peut être remise ou réduite A le président du conseil départemental en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration. / () ". L'article R. 262-6 du même code dispose que : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer, et notamment les avantages en nature ainsi que les revenus procurés A des biens mobiliers et immobiliers et A des capitaux. " Il résulte de ces dispositions qu'un allocataire du revenu de solidarité active ne peut bénéficier d'une remise gracieuse de la dette résultant d'un paiement indu d'allocation, quelle que soit la précarité de sa situation, lorsque l'indu trouve sa cause dans une manœuvre frauduleuse de sa part ou dans une fausse déclaration, laquelle doit s'entendre comme désignant les inexactitudes ou omissions qui procèdent d'une volonté de dissimulation de l'allocataire caractérisant de sa part un manquement à ses obligations déclaratives.

19. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'un indu de revenu de solidarité active, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié A l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise. Lorsque l'indu résulte de ce que l'allocataire a manqué à ses obligations déclaratives, il y a lieu, pour apprécier la condition de bonne foi de l'intéressé, hors les hypothèses où les omissions déclaratives révèlent une volonté manifeste de dissimulation ou, à l'inverse, portent sur des éléments dépourvus d'incidence sur le droit de l'intéressé au revenu de solidarité active ou sur son montant, de tenir compte de la nature des éléments ainsi omis, de l'information reçue et notamment, le cas échéant, de la présentation du formulaire de déclaration des ressources, du caractère réitéré ou non de l'omission, des justifications données A l'intéressé ainsi que de toute autre circonstance de nature à établir que l'allocataire pouvait de bonne foi ignorer qu'il était tenu de déclarer les éléments omis.

20. Il résulte de l'instruction que, ainsi qu'il a été dit au point 16 ci-dessus, Mme B a omis, de façon constante et réitérée, de déclarer les revenus fonciers de son foyer. Eu égard aux mentions portées sur le formulaire de déclaration des ressources, elle ne pouvait pourtant ignorer qu'elle était tenue de déclarer ces revenus locatifs. Compte tenu de la nature de l'omission et de la durée durant laquelle elle s'est répétée, M. et Mme B doivent être regardés comme ayant fait de fausses déclarations au sens de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles. Cette circonstance fait obstacle à ce qu'ils puissent prétendre à une remise ou à une réduction de leur dette de revenu de solidarité active, quelle que soit leur situation financière actuelle.

21. Il résulte de tout ce qui précède que M. et Mme B ne sont pas fondés à demander l'annulation de la décision de la présidente du conseil départemental de l'Oise du 21 décembre 2020, ni la réduction de l'indu de revenu de solidarité active qui leur a été notifié le 19 août 2020, ni la remise gracieuse de cette dette.

Sur les conclusions indemnitaires :

22. Aux termes du deuxième alinéa de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise A l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. "

23. Il ne résulte pas de l'instruction que M. et Mme B aient adressé au département de l'Oise une demande indemnitaire tendant à la réparation des préjudices qu'ils auraient subis du fait des agissements de la caisse d'allocations familiales de l'Oise. A suite, ainsi que le soutient la présidente du conseil départemental de l'Oise dans ses écritures du 22 novembre 2022 communiquées à M. et Mme B A le biais de l'application Télérecours citoyen, leurs conclusions indemnitaires sont irrecevables et doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

24. Le département de l'Oise n'étant pas la partie perdante dans la présente instance, les conclusions présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 sont rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. et Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E B, premier dénommé, pour l'ensemble des requérants, au département de l'Oise et à Me Homehr.

Rendu public A mise à disposition au greffe le 15 mai 2023.

La présidente,

Signé

M. C La greffière,

Signé

V. Martinval

La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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