jeudi 30 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2100852 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL MARCHESSEAU |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête enregistrée sous le numéro 2100852 le 14 mars 2021 et un mémoire enregistré le 4 mai 2022, M. B A, représenté par Me Marchesseau, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2014 et des pénalités correspondantes ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les crédits bancaires qui ont été imposés d'office dans la catégorie des revenus d'origine indéterminée devaient l'être dans celle des bénéfices industriels et commerciaux s'agissant du produit de son activité commerciale mixte ;
- il a rattaché sa fille à son foyer fiscal, mais à compter du 23 février 2014, celle-ci ayant plus de 21 ans, ne poursuivant pas d'études et travaillant, l'administration ne pouvait imposer entre ses mains les traitements et salaires de sa fille à hauteur de 2 016,35 euros et des revenus d'origine indéterminée à hauteur de 30 409,15 euros.
Par des mémoires en défense enregistrés les 15 juin 2021 et 7 juillet 2022, la directrice départementale des finances publiques de la Somme conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
II. Par une requête enregistrée sous le numéro 2100853 le 14 mars 2021 et un mémoire enregistré le 4 mai 2022, M. B A, représenté par Me Marchesseau, demande au tribunal :
1°) de prononcer la réduction des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2015 et des pénalités correspondantes, à hauteur de la somme de 62 532 euros ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les crédits bancaires qui ont été imposés d'office dans la catégorie des revenus d'origine indéterminée devaient l'être dans celle des bénéfices industriels et commerciaux s'agissant du produit de son activité commerciale mixte ;
- il a rattaché sa fille à son foyer fiscal, mais celle-ci ayant plus de 21 ans, ne poursuivant pas d'études et travaillant, l'administration ne pouvait imposer entre ses mains les traitements et salaires de sa fille à hauteur de 7 125,94 euros et des revenus d'origine indéterminée à hauteur de 52 553,59 euros.
Par des mémoires en défense enregistrés les 15 juin 2021 et 7 juillet 2022, la directrice départementale des finances publiques de la Somme conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé
Par ordonnances du 23 décembre 2022, les clôtures d'instruction ont été fixées au 9 février 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Menet, premier conseiller,
- et les conclusions de M. Beaujard, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a fait l'objet d'un examen contradictoire de sa situation fiscale personnelle au titre de ses revenus des années 2014 et 2015, à l'issue duquel l'administration fiscale l'a assujetti, selon la procédure de rectification contradictoire s'agissant de traitements et salaires et selon la procédure de taxation d'office s'agissant de revenus d'origine indéterminée, à des cotisations supplémentaires d'impôts sur le revenu et de prélèvements sociaux. Par la présente requête, M. A demande au tribunal de le décharger de ces impositions supplémentaires au titre de l'année 2014 et de les réduire à hauteur de la somme de 62 532 euros au titre de l'année 2015.
2. Les requêtes nos 2100852 et 2100853 présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur le bien-fondé des impositions :
En ce qui concerne les revenus d'origine indéterminée :
3. D'une part, aux termes de l'article L. 16 du livre des procédures fiscales : " En vue de l'établissement de l'impôt sur le revenu, l'administration peut demander au contribuable des éclaircissements. () Elle peut également lui demander des justifications lorsqu'elle a réuni des éléments permettant d'établir que le contribuable peut avoir des revenus plus importants que ceux qu'il a déclarés () ". Aux termes de l'article L. 69 de ce livre : " () sont taxés d'office à l'impôt sur le revenu les contribuables qui se sont abstenus de répondre aux demandes d'éclaircissements ou de justifications prévues à l'article L. 16 ".
4. Si l'administration ne peut régulièrement taxer d'office, en application de l'article L. 69 du livre des procédures fiscales, les sommes dont elle n'ignore pas qu'elles relèvent d'une catégorie précise de revenus, elle peut en revanche procéder à cette taxation d'office si, au vu des renseignements dont elle disposait avant l'envoi de la demande de justifications fondée sur l'article L. 16 du livre des procédures fiscales et des réponses apportées par le contribuable à cette demande, la nature des sommes en cause, et donc la catégorie de revenus à laquelle elles seraient susceptibles de se rattacher, demeure inconnue. Il est toutefois loisible au contribuable régulièrement taxé d'office sur le fondement de l'article L. 69 du livre des procédures fiscales d'apporter devant le juge de l'impôt la preuve que ces sommes, soit ne constituent pas des revenus imposables, soit se rattachent à une catégorie précise de revenus. Dans cette dernière situation, le contribuable peut obtenir, le cas échéant, une réduction de l'imposition d'office régulièrement établie au titre du revenu global, à raison de la différence entre les bases imposées d'office et les bases résultant de l'application des règles d'assiette propres à la catégorie de revenus à laquelle se rattachent, en définitive, les sommes en cause.
5. D'autre part, aux termes de l'article L. 193 du livre des procédures fiscales : " Dans tous les cas où une imposition a été établie d'office la charge de la preuve incombe au contribuable qui demande la décharge ou la réduction de l'imposition ". Aux termes de l'article R. 193-1 de ce même livre : " Dans le cas prévu à l'article L. 193 le contribuable peut obtenir la décharge ou la réduction de l'imposition mise à sa charge en démontrant son caractère exagéré ".
6. Il résulte de l'instruction que M. A s'est abstenu de répondre à la demande d'éclaircissements et de justifications adressée par l'administration, en application de l'article L. 16 du livre des procédures fiscales. Par suite, l'administration, à la suite de l'exercice de son droit de communication, a pu régulièrement taxer d'office les sommes de 36 849,95 euros au titre de l'année 2014 et de 125 859,97 euros au titre de l'année 2015, correspondant à des crédits figurant sur des comptes bancaires détenus par les membres du foyer fiscal de M. A, en tant que revenus d'origine indéterminée, en application de l'article L. 69 du livre des procédures fiscales.
7. Pour contester la réintégration de ces sommes, M. A, qui supporte la charge de la preuve, soutient que les crédits bancaires procèdent de produits perçus dans le cadre d'une activité commerciale mixte d'achat-revente de véhicules sans permis et de réparation automobile. L'intéressé, pour en justifier, produit un certificat d'inscription au répertoire des entreprises et des établissements faisant état au 19 novembre 2014 d'une activité d'entretien et de réparation de véhicules automobiles légers depuis le 13 mai 2003 et une déclaration de début d'une activité le 20 octobre 2014 d'entretien et de réparation de véhicules sous le régime fiscal des micro bénéfices industriels et commerciaux. Ces deux pièces ne permettent en aucune manière d'expliquer l'origine des crédits bancaires précités. M. A qui ne peut ainsi être regardé comme apportant la preuve que les sommes en litige ne constitueraient pas des revenus imposables dans la catégorie des revenus d'origine indéterminée mais relèveraient d'une autre catégorie d'imposition, son moyen ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne le rattachement d'un enfant majeur au foyer fiscal :
8. D'une part, aux termes de l'article R. 194-1 du livre des procédures fiscales : " Lorsque, ayant donné son accord à la rectification ou s'étant abstenu de répondre dans le délai légal à la proposition de rectification, le contribuable présente cependant une réclamation faisant suite à une procédure contradictoire de rectification, il peut obtenir la décharge ou la réduction de l'imposition, en démontrant son caractère exagéré. Il en est de même lorsqu'une imposition a été établie d'après les bases indiquées dans la déclaration souscrite par un contribuable () ". Il résulte de ces dispositions qu'il appartient à un contribuable qui présente une réclamation dirigée contre une imposition établie d'après les bases indiquées dans la déclaration qu'il a souscrite de démontrer le caractère exagéré des impositions qu'il conteste pour en obtenir la décharge ou la réduction.
9. Il incombe ainsi à M. A, qui a été imposé d'après les bases indiquées dans la déclaration qu'il a souscrite, de démontrer le caractère exagéré de l'imposition qu'il conteste.
10. D'autre part, aux termes de l'article 6 du code général des impôts : " () 3. Toute personne majeure âgée de moins de vingt et un ans, ou de moins de vingt-cinq ans lorsqu'elle poursuit ses études () peut opter, dans le délai de déclaration et sous réserve des dispositions du quatrième alinéa du 2° du II de l'article 156, entre : / 1° L'imposition de ses revenus dans les conditions de droit commun ; / 2° Le rattachement au foyer fiscal dont elle faisait partie avant sa majorité, si le contribuable auquel elle se rattache accepte ce rattachement et inclut dans son revenu imposable les revenus perçus pendant l'année entière par cette personne () ". Aux termes de l'article 170 du même code : " 1. En vue de l'établissement de l'impôt sur le revenu, toute personne imposable audit impôt est tenue de souscrire et de faire parvenir à l'administration une déclaration détaillée de ses revenus et bénéfices et de ses charges de famille () ".
11. Il résulte de ces dispositions qu'une personne majeure entrant dans le champ d'application du 3 de l'article 6 du code général des impôts peut opter, dans le délai de déclaration, pour l'année entière et pour l'ensemble de ses revenus, entre une imposition de ses revenus dans les conditions de droit commun et le rattachement, avec l'accord du contribuable, au foyer fiscal de ses parents ou de l'un de ses parents, selon le cas et en suivant les règles fixées par ces dispositions. À l'expiration du délai de déclaration, l'option exercée est irrévocable pour l'année au titre de laquelle elle a été souscrite.
12. M. A a déclaré rattacher sa fille née le 23 février 1993 à son foyer fiscal lors de ses déclarations de revenus 2014 et 2015. Il soutient que sa fille a eu 21 ans le 23 février 2014, qu'elle ne poursuivait pas d'études et travaillait, et qu'ainsi, l'administration aurait dû, dès cette dernière date, remettre en cause le principe du rattachement de son enfant à son foyer fiscal. Dans le cadre de l'exercice de son droit de communication, le service a retenu que la fille de l'intéressé percevait une bourse de l'enseignement supérieur et avait bénéficié de remboursements d'une mutuelle étudiante en 2014 et 2015. Les affirmations aucunement documentées de M. A ne lui permettent pas d'apporter la preuve qui lui incombe que sa fille ne pouvait être rattachée à son foyer fiscal. Ce moyen doit ainsi être écarté.
Sur les frais exposés et non compris dans les dépens :
13. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée, y compris les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1 er : Les requêtes Nos 2100852 et 2100853 de M. A sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la directrice départementale des finances publiques de la Somme.
Délibéré après l'audience du 16 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Boutou, président,
Mme Pierre, première conseillère,
M. Menet, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition le 30 mars 2023.
Le rapporteur,
Signé
M. Menet
Le président,
Signé
B. Boutou La greffière,
Signé
A. Ribière
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Nos 2100852 et 2100853
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026