mercredi 24 août 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2100901 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | CHAMBRE PRESIDENT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 10 mars 2021 et le 21 avril 2021, Mme A C demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 11 janvier 2021 par laquelle la caisse d'allocations familiales de l'Oise a refusé de lui accorder une remise de sa dette d'aide personnelle au logement d'un montant restant dû de 5 486,85 euros pour la période de janvier 2018 à octobre 2019 ;
2°) de lui accorder une remise totale de cette dette.
Elle soutient que :
- elle est de bonne foi ;
- elle est dans une situation de précarité financière rendant impossible le remboursement de sa dette.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 mars 2022, la caisse d'allocations familiales de l'Oise conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- l'indu a été réduit en cours d'instance pour la période de janvier à décembre 2018 et, compte tenu des retenues effectués, la dette est soldée ;
- les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
La présidente a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Dhiver, présidente, a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, après l'appel de l'affaire à l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par un courrier du 29 octobre 2019, la caisse d'allocations familiales de l'Oise a notifié à Mme C un indu d'aide personnelle au logement d'un montant de 6 222,34 euros pour la période de janvier 2018 à octobre 2019. Mme C a sollicité, le 26 mars 2020, une remise gracieuse de cette dette qui s'élevait alors à 5 486,85 euros et, par une décision du 11 janvier 2021, la caisse d'allocations familiales de l'Oise a rejeté sa demande. Postérieurement à l'introduction de la requête, la caisse d'allocations familiales de l'Oise a partiellement annulé l'indu en litige, en tant qu'il porte sur l'année 2018. Mme C, qui demande l'annulation de la décision de la caisse d'allocations familiales de l'Oise du 11 janvier 2021, doit être regardée comme demandant la remise gracieuse de sa dette d'aide personnelle au logement restant à sa charge après annulation partielle de l'indu.
2. Aux termes de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale, applicable au recouvrement d'indus d'aide personnelle au logement en vertu de l'article L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation : " Tout paiement indu de prestations familiales est récupéré, sous réserve des dispositions des quatrième à neuvième alinéas de l'article L. 133-4-1, par retenues sur les prestations à venir ou par remboursement intégral de la dette en un seul versement si l'allocataire opte pour cette solution. () / Toutefois, par dérogation aux dispositions des alinéas précédents, la créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations. () ".
3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu d'aide versée au titre du logement, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux de l'aide sociale, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise ou une réduction supplémentaire.
4. Si Mme C a pu de bonne foi déclaré avec retard le changement de sa situation professionnelle, il résulte de l'instruction qu'elle dispose actuellement d'un quotient familial de 1 104 euros. Elle n'établit pas être dans une situation de précarité telle qu'elle ne serait pas en mesure de rembourser la dette d'aide personnalisée au logement restant à sa charge après réduction de l'indu, dette qui est d'ailleurs soldée. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'accorder à Mme C une remise totale ou partielle de sa dette d'aide personnelle au logement portant sur la période de janvier à octobre 2019.
5. Il résulte de ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision de la caisse d'allocations familiales de l'Oise du 11 janvier 2021 en tant qu'elle porte sur l'année 2019, ni la remise totale de sa dette d'aide personnelle au logement relative à l'année 2019.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et à la caisse d'allocations familiales de l'Oise.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 août 2022.
La présidente,
Signé
M. B La greffière,
Signé
V. Martinval
La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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