vendredi 21 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2101325 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | CHAMBRE PRESIDENT |
| Avocat requérant | TAOUFIK |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 avril 2021, M. A C, représenté par Me Taoufik, demande au tribunal d'annuler la décision par laquelle la présidente du conseil départemental de l'Oise a implicitement rejeté son recours administratif dirigé contre la décision de la caisse d'allocations familiales de l'Oise du 30 juillet 2020 mettant fin à ses droits au revenu de solidarité active à compter du 1er février 2020.
Il soutient que :
- le directeur de la caisse ne justifie pas de sa compétence ;
- il dispose d'un droit au séjour en France du fait de l'activité professionnelle qu'il a exercée et de son incapacité temporaire de travailler et remplit donc les conditions posées par les articles L. 262-4 et L. 262-6 du code de l'action sociale et des familles pour bénéficier du revenu de solidarité active.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 janvier 2023, la présidente du conseil départemental de l'Oise conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 10 février 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Dhiver, présidente, a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, après l'appel de l'affaire à l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant polonais, a été allocataire du revenu de solidarité active à compter du mois de février 2014. Par une décision du 30 juillet 2020, la caisse d'allocations familiales de l'Oise a mis fin à ces droits à compter du mois de février 2020 au motif qu'il ne remplissait pas les conditions pour bénéficier d'un droit au séjour en France. M. C a formé un recours administratif contre cette décision auprès de la présidente du conseil départemental de l'Oise, qui a été implicitement rejeté. M. C demande l'annulation de cette décision.
2. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l'administration, sans remettre en cause des versements déjà effectués, détermine les droits d'une personne à l'allocation de revenu de solidarité active ou à l'aide exceptionnelle de fin d'année, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention dans la reconnaissance du droit à cette allocation ou à cette aide qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner les droits de l'intéressé sur lesquels l'administration s'est prononcée, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l'article R. 772-8 du code de justice administrative. Au vu de ces éléments, il appartient au juge administratif d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision en fixant alors lui-même les droits de l'intéressé, pour la période en litige, à la date à laquelle il statue ou, s'il ne peut y procéder, de renvoyer l'intéressé devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation sur la base des motifs de son jugement.
3. En premier lieu, eu égard à l'office du juge tel qui est rappelé au point précédent, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision attaquée est inopérant.
4. En second lieu, d'une part, les dispositions de l'article L. 262-6 du code de l'action sociale et des familles, par exception aux dispositions du 2° de l'article L. 262-4 de ce code qui réservent le bénéfice du revenu de solidarité active aux Français ou aux étrangers titulaires, depuis au moins cinq ans, d'un titre de séjour autorisant à travailler, ouvrent le droit à cette allocation aux ressortissants d'un Etat membre de l'Union européenne, d'un autre Etat partie à l'accord sur l'Espace économique européen ou de la Confédération suisse qui remplissent les conditions exigées pour bénéficier d'un droit de séjour et ont résidé en France durant les trois mois précédant la demande, en précisant que la condition de durée de résidence ne s'applique pas dans certaines hypothèses.
5. D'autre part, aux termes de l'article L.121-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, pris pour la transposition des dispositions de l'article 7 de la directive 2004/38/CE du Parlement européen et du Conseil du 29 avril 2004 relative au droit des citoyens de l'Union et des membres de leurs familles de circuler et de séjourner librement sur le territoire des Etats membres, désormais repris en substance à l'article L. 233-1 de ce code, dispose que : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, tout citoyen de l'Union européenne () a le droit de séjourner en France pour une durée supérieure à trois mois s'il satisfait à l'une des conditions suivantes : 1° S'il exerce une activité professionnelle en France / 2° S'il dispose pour lui et pour les membres de sa famille tels que visés au 4° de ressources suffisantes afin de ne pas devenir une charge pour le système d'assistance sociale, ainsi que d'une assurance maladie ; / () ". En vertu de l'article L. 122-1 du même code, désormais repris en substance à l'article L. 234-1, sauf si leur présence constitue une menace pour l'ordre public, ceux de ces ressortissants qui ont résidé de manière légale et ininterrompue en France pendant les cinq années précédentes acquièrent un droit au séjour permanent sur l'ensemble du territoire français. Enfin, aux termes de l'article R.121-6 du même code, désormais repris en substance à l'article R. 233-7 : " I. - Les ressortissants mentionnés au 1° de l'article L. 121-1 conservent leur droit au séjour : 1° S'ils ont été frappés d'une incapacité de travail temporaire résultant d'une maladie ou d'un accident ; / () ".
6. Il résulte de ces dispositions que, sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, tout citoyen de l'Union européenne a le droit de séjourner en France pour une durée supérieure à trois mois si, notamment, il exerce une activité professionnelle en France ou s'il dispose, pour lui et pour les membres de sa famille, de ressources suffisantes afin de ne pas devenir une charge pour le système d'assistance sociale, ainsi que d'une assurance maladie. Ceux de ces ressortissants qui ont résidé de manière légale et ininterrompue en France pendant les cinq années précédentes acquièrent un droit au séjour permanent sur l'ensemble du territoire français. S'il ne remplit pas les conditions pour acquérir un droit au séjour permanent, le ressortissant de l'Union européenne conserve son droit au séjour s'il a été frappé d'une incapacité de travail temporaire résultant d'une maladie ou d'un accident.
7. Si M. C soutient qu'il réside sur le territoire depuis 19 ans, il ne fournit aucun élément à l'appui de ses dires et, notamment, ne donne aucune précision sur les conditions de son séjour avant le mois de février 2014. Il résulte de l'instruction que, à compter de cette date et jusqu'au 31 janvier 2020, M. C a bénéficié du revenu de solidarité active. Ainsi, quand bien même il réside en France depuis plus de cinq années, M. C ne peut être regardé comme ayant disposé au cours de cette période de ressources suffisantes lui permettant d'acquérir un droit au séjour permanent à ce titre. En outre, s'il n'est pas contesté que M. C a exercé une activité professionnelle indépendante de vente de livres sur les marchés et brocantes à compter du mois de mai 2016, celle-ci a pris fin le 1er mai 2019 et il a été radié du registre du commerce et des sociétés le 5 juin 2019. Dans ces conditions, M. C ne justifiant pas d'une activité professionnelle ayant duré au moins cinq ans, il ne peut non plus être regardé comme ayant acquis un droit au séjour permanent à cet autre titre. Enfin, M. C, qui indique souffrir d'un handicap résultant d'un accident intervenu dans son enfance, ne fournit aucun élément permettant d'établir qu'il est frappé d'une incapacité de travail temporaire. Il n'a donc pas non plus conservé son droit au séjour. Ainsi, la présidente du conseil départemental de l'Oise a fait une exacte application des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile citées au point 5 ci-dessus en estimant que M. C ne bénéficiait plus d'un droit au séjour en refusant pour ce motif de rétablir ses droits au revenu de solidarité active à compter du 1er février 2020.
8. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision implicite par laquelle la présidente du conseil départemental de l'Oise a refusé de lui attribuer le bénéfice du revenu de solidarité active à compter du 1er février 2020.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au département de l'Oise.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 avril 2023.
La présidente,
Signé
M. B La greffière,
Signé
V. Martinval
La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
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