LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2102280

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2102280

jeudi 25 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2102280
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantSCP BEJIN - CAMUS - BELOT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 1er juillet 2021, le 9 janvier 2023 et le 21 février 2023, Mme B A, représentée par la SCP Bejin Camus Belot, demande au tribunal la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2015, 2016 et 2017.

Elle soutient que :

- c'est-à-tort que l'administration a rejeté sa comptabilité alors que celle-ci n'a pu être tenue du fait d'un cas de force majeure ;

- les rectifications ont été opérées en violation du secret médical ;

- elle est en droit de bénéficier de l'exonération prévue par l'article 44 octies A du code général des impôts.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 7 octobre 2021 et le 14 février 2023, la directrice départementale des finances publiques de la Somme conclut au rejet de la requête, ou à titre subsidiaire, au maintien des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu mises à la charge de Mme A au titre de l'année 2015 et à ce qu'une éventuelle exonération en application de l'article 44 octies A du code général des impôts au titre des années 2016 et 2017 soit limitée à la somme de 50 000 euros.

Elle fait valoir que :

- les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés ;

- aucun moyen n'a été développé à l'encontre des rectifications opérées au titre de l'année 2015 ;

- en tout état de cause, Mme A ne saurait prétendre à une exonération supérieure à 50 000 euros conformément à l'article 44 octies A du code général des impôts.

Par ordonnance du 14 février 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 28 février 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Pierre,

- et les conclusions de M. Beaujard, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A a fait l'objet d'une vérification de comptabilité de son activité d'infirmière libérale portant sur les exercices clos en 2015, 2016 et 2017 à l'issue de laquelle l'administration a remis en cause l'exonération au titre de l'article 44 octies A du code général des impôts dont elle s'était prévalue. Mme A demande la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu qui en ont résulté.

Sur la régularité de la procédure d'imposition :

2. Aux termes de l'article L. 13-0 A du livre des procédures fiscales : " Les agents de l'administration des impôts peuvent demander toutes informations relatives au montant, à la date et à la forme des versements afférents aux recettes de toute nature perçues par les personnes dépositaires du secret professionnel en vertu des dispositions de l'article 226-13 du code pénal. Ils ne peuvent demander de renseignements sur la nature des prestations fournies par ces personnes. ".

3. La révélation d'une information à caractère secret vicie la procédure d'imposition et entraîne la décharge de l'imposition contestée lorsqu'elle a été demandée par le vérificateur, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 13-0 A du livre des procédures fiscales, ou que, alors même qu'elle ne serait imputable qu'au seul contribuable, elle fonde tout ou partie de la rectification.

4. Il résulte de l'instruction que les rectifications opérées au titre des années 2015, 2016 et 2017 procèdent, ainsi qu'il a été dit, de la remise en cause du bénéfice de l'exonération prévue à l'article 44 octies A du code général des impôts sur la base des documents fournis par le comptable de Mme A comportant les noms des patients et lieux des soins sans mention des pathologies concernées, après que le service a procédé à la vérification des adresses fiscales des patients ou de la localisation en zone franche urbaine des adresses mentionnées. Par suite, les rectifications ne sont pas fondées sur la révélation d'une information protégée par le secret médical, le vérificateur n'ayant remis en cause ni la liste de patients ainsi fournie, ni la réalité des prestations de soins. En outre, il ne résulte pas de l'instruction que le vérificateur aurait demandé la communication d'informations à caractère secret en méconnaissance de l'article L. 13-0 A du livre des procédures fiscales alors qu'au contraire, l'ensemble de ses demandes rappelaient la nécessité de procéder au besoin à l'occultation des éléments permettant d'établir un lien entre les patients de Mme A et les actes réalisés par elle. A cet égard, Mme A, qui se borne à se prévaloir d'une attestation rédigée par elle et d'un procès-verbal d'huissier constatant que son logiciel professionnel contient des informations couvertes par le secret professionnel, ne saurait soutenir que le vérificateur a nécessairement consulté ses agendas professionnels pour procéder aux rehaussements litigieux alors qu'il n'a été procédé à aucune reconstitution extra-comptable des recettes de Mme A, ni été contesté l'identité de ses patients et la réalité des prestations de soins que l'intéressée soutenait avoir fournies. Par suite, Mme A n'est pas fondée à soutenir que les rectifications opérées l'ont été en violation du secret médical.

Sur le bien-fondé des impositions :

En ce qui concerne le rejet de comptabilité :

5. Il résulte de l'instruction que l'administration a rejeté la comptabilité tenue par

Mme A au titre de l'année 2016, compte tenu des anomalies constatées au cours du contrôle, sans procéder à une reconstitution extracomptable des recettes de son activité. Ainsi, les impositions en litige, qui concernent le bénéfice de l'exonération prévue par l'article 44 octies A du code général des impôts, ne résultent pas du rejet de cette comptabilité et ce rejet ne peut être utilement contesté par Mme A. En tout état de cause, la circonstance que l'intéressée n'aurait bénéficié d'un rattachement professionnel auprès de la caisse primaire d'assurance maladie de l'Aisne qu'à compter du mois d'octobre 2016 ne saurait constituer un cas de force majeure justifiant que ses recettes soient comptabilisées globalement sans justificatif jusqu'à cette date.

En ce qui concerne l'exonération au titre de l'article 44 octies A du code général des impôts :

6. Aux termes de l'article 57 du livre des procédures fiscales : " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation. / Sur demande du contribuable reçue par l'administration avant l'expiration du délai mentionné à l'article L. 11, ce délai est prorogé de trente jours. () ". L'article R. 57-1 de ce même livre dispose que : " La proposition de rectification prévue par l'article L. 57 fait connaître au contribuable la nature et les motifs de la rectification envisagée. L'administration invite, en même temps, le contribuable à faire parvenir son acceptation ou ses observations dans un délai de trente jours à compter de la réception de la proposition, prorogé, le cas échéant, dans les conditions prévues au deuxième alinéa de cet article ". Par ailleurs, aux termes de l'article R. 194-1 du même livre : " Lorsque, ayant donné son accord à la rectification ou s'étant abstenu de répondre dans le délai légal à la proposition de rectification, le contribuable présente cependant une réclamation faisant suite à une procédure contradictoire de rectification, il peut obtenir la décharge ou la réduction de l'imposition, en démontrant son caractère exagéré. () ".

7. Il résulte de l'instruction que la proposition de rectification du 21 décembre 2018 portant sur les revenus de l'année 2015 a été notifiée par lettre recommandée avec accusé de réception le 24 décembre 2018. La proposition de rectification du 28 février 2019 portant sur les revenus des années 2016 et 2017 a été notifiée par lettre recommandée avec accusé de réception le 8 mars 2019. Mme A, qui avait demandé une prorogation, disposait donc de droit d'un délai de soixante jours à compter de la notification des propositions de rectification pour présenter ses observations, sans qu'elle ait à attendre la confirmation du service. Mme A n'ayant contesté les rehaussements proposés que le 28 mai 2019, postérieurement au délai de soixante jours dont elle disposait, ce qu'elle ne conteste pas, elle supporte par conséquent la charge de la preuve du caractère exagéré des impositions mises à sa charge.

8. Aux termes de l'article 44 octies A du code général des impôts, dans sa rédaction applicable : " I. - Les contribuables qui, entre le 1er janvier 2006 et le 31 décembre 2020, créent des activités dans les zones franches urbaines-territoires entrepreneurs définies au B du 3 de l'article 42 de la loi n° 95-115 du 4 février 1995 d'orientation pour l'aménagement et le développement du territoire, () sont exonérés d'impôt sur le revenu ou d'impôt sur les sociétés à raison des bénéfices provenant des activités implantées dans la zone jusqu'au 31 décembre 2010 pour les contribuables qui y exercent déjà une activité au 1er janvier 2006 ou, dans le cas contraire, jusqu'au terme du cinquante-neuvième mois suivant celui du début de leur activité dans l'une de ces zones. Ces bénéfices sont soumis à l'impôt sur le revenu ou à l'impôt sur les sociétés à concurrence de 40 %, 60 % ou 80 % de leur montant selon qu'ils sont réalisés respectivement au cours de la première, de la deuxième ou de la troisième période de douze mois suivant cette période d'exonération () / Lorsque l'activité non sédentaire d'un contribuable est implantée dans une zone franche urbaine-territoire entrepreneur mais est exercée en tout ou partie en dehors d'une telle zone, l'exonération s'applique si ce contribuable emploie au moins un salarié sédentaire à temps plein ou équivalent, exerçant ses fonctions dans les locaux affectés à l'activité, ou si ce contribuable réalise au moins 25 % de son chiffre d'affaires auprès de clients situés dans les zones franches urbaines-territoires entrepreneurs. () ".

9. L'administration a remis en cause le bénéfice au profit de Mme A de l'exonération prévue à l'article 44 octies A du code général des impôts au motif que son activité, exercée de manière non sédentaire, n'était pas réalisée auprès de clients situés dans les zones franches urbaines-territoires entrepreneurs à hauteur d'au moins 25 % de son chiffre d'affaires au regard des différentes versions des documents produits par le comptable de Mme A au cours de la vérification, dont il ressortait que des patients étaient fiscalement domiciliés en dehors d'une zone franche urbaine ou que les adresses mentionnées n'y figuraient pas. A cet égard, si Mme A fait valoir que certains de ses patients étaient en visite chez des proches à l'occasion des soins, cette allégation non circonstanciée n'est corroborée par aucun autre élément. Par suite, Mme A, qui n'établit pas qu'au moins 25 % de son chiffre d'affaires en 2015, 2016 ou 2017 aurait été réalisé en zone franche urbaine, n'établit pas le caractère exagéré des impositions supplémentaire mises à sa charge.

10. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée.

D É C I D E :

Article 1er : La requête présentée par Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la directrice départementale des finances publiques de la Somme.

Délibéré après l'audience du 4 mai 2023, à laquelle siégeaient :

M. Boutou, président,

Mme Pierre, première conseillère,

M. Menet, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 mai 2023.

La rapporteure,

Signé

A-L Pierre

Le président,

Signé

B. Boutou

La greffière,

Signé

A. Ribière

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions