lundi 5 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2102605 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | CHAMBRE PRESIDENT |
| Avocat requérant | SCP CROISSANT - DE LIMERVILLE - ORTS - LEGRU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 23 juillet 2021, le 20 avril 2022 et le 31 mai 2022, Mme B C demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 22 juin 2021 par laquelle la caisse d'allocations familiales de la Somme a rejeté son recours dirigé contre la décision du 14 octobre 2020 lui notifiant un indu d'allocation de logement familiale d'un montant de 2 464 euros pour la période de mars à septembre 2020, ainsi que sa demande de remise de cette même dette ;
2°) de lui accorder une remise de dette.
Elle soutient que :
- son fils vivait habituellement à son foyer jusqu'en septembre 2020 ;
- elle est de bonne foi ;
- elle est dans une situation de précarité financière ne lui permettant pas de rembourser sa dette.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 25 novembre 2021, le 5 mai 2022 et le 28 juillet 2022, la caisse d'allocations familiales de la Somme, représentée par la SCP Croissant, de Limerville, Orts, conclut au rejet de la requête et à ce que les dépens soit mis à la charge de Mme C.
Elle soutient que :
- la juridiction administrative n'est pas compétente pour connaître de la contestation relative à la pénalité administrative ;
- la contestation de l'indu est irrecevable du fait de la tardiveté du recours préalable obligatoire ;
- les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation,
- le code de la sécurité sociale,
- le code de justice administrative.
La présidente a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Dhiver, présidente ;
- et les observations de Mme C.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par un courrier du 14 octobre 2020, la caisse d'allocations familiales de la Somme a notifié à Mme C un indu d'allocation de logement familiale d'un montant de 2 464 euros pour la période de mars à septembre 2020. Par lettre du 9 juin 2021 reçue le 15 juin suivant, Mme C a formé un recours contre cette décision et, par le même courrier, a sollicité une remise de sa dette. La caisse d'allocations familiales de la Somme a rejeté le recours de Mme C par une décision du 22 juin 2021 et a également, par la même décision, implicitement rejeté sa demande de remise de dette. Mme C demande l'annulation de cette décision du 22 juin 2021, ainsi que la remise de sa dette.
Sur le bien-fondé de l'indu d'allocation de logement familiale :
2. Aux termes de l'article L. 841-1 du code de la construction et de l'habitation : " L'allocation de logement familiale est accordée : / 1° Aux personnes qui perçoivent : / () d) Soit l'allocation de soutien familial mentionnée au 6° du même article ; / 2° Aux ménages ou personnes qui, n'ayant pas droit à l'une des prestations énumérées au 1°, ont un enfant à charge au sens de l'article L. 512-3 du code de la sécurité sociale ; / () ". Aux termes de l'article R. 823-4 du même code : " Sont considérés comme personnes à charge, sous réserve qu'ils vivent habituellement au foyer : / 1° Les enfants de moins de vingt et un ans et considérés comme à charge au sens des 1° et 2° de l'article L. 512-3 du code de la sécurité sociale et de l'article L. 823-2 du présent code ; / () ". Enfin, l'article R. 823-12 de ce code dispose : " Les aides personnelles au logement cessent d'être dues à partir du premier jour du mois civil au cours duquel les conditions d'ouverture du droit cessent d'être réunies. / () ".
3. Il résulte de l'instruction que Mme C, qui bénéficiait de l'allocation de logement familiale en raison du versement pour son fils de l'allocation de soutien familial et de ce qu'il était à sa charge, a informé la caisse d'allocations familiales, en septembre 2020, que celui-ci demeurait désormais chez son père. Toutefois, la caisse d'allocations familiales de la Somme a estimé que l'enfant ne vivait plus chez Mme C D le mois de mars 2020 et a, pour ce motif, remis en cause le bénéfice pour l'intéressée de l'allocation de logement familiale qui lui avait été versée au titre des mois de mars à septembre 2020. Mme C, qui fait état de ce que l'installation de son fils chez son ex-conjoint dans le courant du mois de mars 2020 était liée au fait qu'il était porteur du virus du covid et qu'il ne pouvait pas rester à ses côtés compte tenu de son emploi auprès de personnes âgées, soutient que cette installation n'était que provisoire. Il résulte toutefois de l'instruction, notamment de plusieurs courriers de la requérante elle-même ainsi que de l'attestation signée par son fils le 1er août 2020, que ce dernier était définitivement installé chez son père à compter de mars 2020 et que, D cette date, il ne pouvait plus être regardé comme vivant habituellement au foyer de Mme C. Par suite, la caisse d'allocations familiales de la Somme a fait une exacte application des dispositions du code de la construction et de l'habitation citées au point précédent en estimant que, D le mois de mars 2020, Mme C ne remplissait plus les conditions pour bénéficier de l'allocation de logement familiale et en lui notifiant un indu pour la période de mars à septembre 2020.
4. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée par la caisse d'allocations familiales de la Somme, que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 22 juin 2021 en tant que, par cette décision, la caisse d'allocations familiales a rejeté son recours contre la décision du 14 octobre 2020.
Sur la remise de dette :
5. Aux termes de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale, applicable au recouvrement d'indu d'aide personnelle au logement en vertu de l'article L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation : " Tout paiement indu de prestations familiales est récupéré, sous réserve des dispositions des quatrième à neuvième alinéas de l'article L. 133-4-1, par retenues sur les prestations à venir ou par remboursement intégral de la dette en un seul versement si l'allocataire opte pour cette solution. () / Toutefois, par dérogation aux dispositions des alinéas précédents, la créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations. () ". Il résulte de ces dispositions qu'un allocataire d'une aide personnelle au logement ne peut bénéficier d'une remise gracieuse de la dette résultant d'un paiement indu d'allocation, quelle que soit la précarité de sa situation, lorsque l'indu trouve sa cause dans une manœuvre frauduleuse de sa part ou dans une fausse déclaration, laquelle doit s'entendre comme désignant les inexactitudes ou omissions qui procèdent d'une volonté de dissimulation de l'allocataire caractérisant de sa part un manquement à ses obligations déclaratives.
6. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu d'aide versée au titre du logement, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux de l'aide sociale, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise ou une réduction supplémentaire.
7. D'une part, eu égard aux circonstances très particulières décrites au point 3 ci-dessus dans lesquelles son fils a quitté son foyer, Mme C a pu de bonne foi attendre le mois de septembre 2020 pour signaler ce départ auprès de la caisse d'allocations familiales de la Somme. Ainsi, elle ne saurait être regardée comme ayant fait une fausse déclaration ou comme s'étant livrée à une manœuvre frauduleuse. D'autre part, il résulte de l'instruction que Mme C, dont le quotient familial actuel s'élève à 185 euros, est dans une situation de précarité financière telle qu'elle n'est pas en mesure de s'acquitter de sa dette sans compromettre durablement l'équilibre de son budget ou menacer la satisfaction de ses besoins élémentaires. Dans les circonstances de l'espèce, eu égard à sa bonne foi et à sa précarité financière, il y a lieu d'accorder à Mme C la remise totale de sa dette d'allocation de logement familiale d'un montant de 2 464 euros.
8. Il résulte de ce qui précède que Mme C est fondée à demander l'annulation de la décision par laquelle la caisse d'allocations familiales de la Somme a implicitement refusé de lui accorder une remise de sa dette d'allocation de logement familiale et à obtenir une remise totale de cette dette.
Sur les dépens :
9. La présente instance n'ayant donné lieu à aucun dépens, les conclusions présentées à ce titre par la caisse d'allocations familiales de la Somme ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Il est accordé à Mme C une remise totale de sa dette d'allocation de logement familiale d'un montant de 2 464 euros.
Article 2 : Les conclusions présentées par la caisse d'allocations familiales de la Somme sur le fondement de l'article R. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et à la caisse d'allocations familiales de la Somme.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 décembre 2022.
La présidente,
Signé
M. A La greffière,
Signé
N. Hamon-Lafin
La République mande et ordonne au préfet de la Somme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026