vendredi 7 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2102788 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL DERUELLE ET ASSOCIES |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête n° 2102788 et un mémoire enregistrés les 6 août 2021 et 10 décembre 2021, M. C B et Mme D B, représentés par
Me Deruelle, demandent au tribunal :
1°) de prononcer la réduction des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles ils ont été assujettis au titre de l'année 2016 ';
2°) de prononcer la restitution des sommes indûment perçues, assorties des intérêts moratoires ;
3°) de mettre à la charge de l'État le remboursement de leurs frais en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- conformément à l'interprétation administrative de la loi fiscale BOI-IR-RICI-230-20-20 nos 370 et 380, le garage de 13,77 m² attenant au bien loué doit être considéré comme une annexe et ainsi le service ne pouvait leur retirer le bénéfice de la réduction fiscale de l'article 199 novovicies du code général des impôts';
- le service ne pouvait leur opposer l'interprétation de la loi fiscale BOI-IR-RICI-230-20-20 no 440.
Par des mémoires en défense enregistrés les 26 octobre 2021, 23 décembre 2021 et 12 décembre 2022, la directrice départementale des finances publiques de la Somme conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
II. Par une requête n° 2202605 et un mémoire enregistrés les 4 août 2022, 28 novembre 2022 et 9 janvier 2023, M. C B et Mme D B, représentés par
Me Deruelle, demandent au tribunal :
1°) de prononcer la réduction des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2017, 2018 et 2019';
2°) de prononcer la restitution des sommes indûment perçues, assorties des intérêts moratoires ;
3°) de mettre à la charge de l'État le remboursement de leurs frais en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- conformément à l'interprétation administrative de la loi fiscale BOI-IR-RICI-230-20-20 nos 370 et 380, le garage de 13,77 m² attenant au bien loué doit être considéré comme une annexe et ainsi le service ne pouvait leur retirer le bénéfice de la réduction fiscale de l'article 199 novovicies du code général des impôts';
- le service ne pouvait leur opposer l'interprétation de la loi fiscale BOI-IR-RICI-230-20-20 no 440.
Par des mémoires en défense enregistrés les 27 octobre 2022, 12 décembre 2022 et 11 janvier 2023, la directrice départementale des finances publiques de la Somme conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales';
- le code de la construction et de l'habitation ;
- l'arrêté du 9 mai 1995 pris en application de l'article R. 353-16 et de l'article
R. 331-10 du code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Menet, premier conseiller,
- les conclusions de M. Beaujard, rapporteur public,
- et les observations de Me Cusset pour les époux B.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme B ont donné à bail un bien immobilier situé à Dammartin-en-Goële (Seine-et-Marne), suivant contrat de location du 15 décembre 2016, moyennant un loyer mensuel de 1'350 euros. Ils ont obtenu le bénéfice des dispositions de l'article 199 novovicies du code général des impôts au titre de leurs revenus des années 2016 à 2019. À la suite de deux contrôles sur pièces de la situation fiscale des époux B, l'administration fiscale, selon la procédure de rectification contradictoire, a remis en cause le bénéfice de ces dispositions et a assujetti les intéressés à des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux au titre des années 2016 à 2019. Par les présentes requêtes, les époux B demandent la réduction de ces impositions supplémentaires.
2. Les requêtes nos 2102788 et 2202605 présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur le bien-fondé des impositions :
En ce qui concerne l'application de la loi fiscale :
3. Lorsqu'un contribuable se borne à demander le bénéfice de l'interprétation favorable que, selon lui, l'administration aurait donnée de la loi fiscale, sa requête doit être regardée comme fondée à titre principal sur la méconnaissance des dispositions législatives concernées et subsidiairement sur celles de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales. Dès lors, la requête des époux B doit d'abord être examinée par le tribunal au regard des dispositions de l'article 199 novovicies du code général des impôts.
4. Aux termes de l'article 199 novovicies du code général des impôts dans sa rédaction applicable au litige : "'I. ' A. ' Les contribuables domiciliés en France, au sens de l'article 4 B, qui acquièrent, entre le 1er janvier 2013 et le 31 décembre 2016, un logement neuf ou en l'état futur d'achèvement bénéficient d'une réduction d'impôt sur le revenu à condition qu'ils s'engagent à le louer nu à usage d'habitation principale pendant une durée minimale fixée, sur option du contribuable, à six ans ou à neuf ans. Cette option, qui est exercée lors du dépôt de la déclaration des revenus de l'année d'achèvement de l'immeuble ou de son acquisition si elle est postérieure, est irrévocable pour le logement considéré. () III. ' L'engagement de location mentionné au I doit prendre effet dans les douze mois qui suivent la date d'achèvement de l'immeuble ou de son acquisition si elle est postérieure. Cet engagement prévoit que le loyer et les ressources du locataire appréciées à la date de conclusion du bail ne doivent pas excéder des plafonds fixés par décret en fonction de la localisation du logement et de son type. ()'". Aux termes de l'article 2 terdecies D de l'annexe III au même code, dans sa rédaction applicable au litige : "'I. ' Pour l'application du premier alinéa du III de l'article 199 novovicies du code général des impôts : / 1. Les plafonds de loyer mensuel, par mètre carré, charges non comprises, sont fixés, pour les baux conclus en 2016, à 16,83 € en zone A bis, 12,50 € dans le reste de la zone A, 10,07 € en zone B 1 et 8,75 € en zone B 2. Ces plafonds sont révisés au 1er janvier de chaque année selon les modalités prévues au premier alinéa du a de l'article 2 duodecies. () / Pour l'application du présent 1, la surface à prendre en compte s'entend de celle prévue au dernier alinéa du a de l'article 2 duodecies'". Le troisième alinéa du a de l'article 2 duodecies de cette même annexe, dans sa rédaction applicable au litige, dispose : "'La surface à prendre en compte pour l'appréciation du plafond de loyer s'entend de la surface habitable au sens de l'article R. 111-2 du code de la construction et de l'habitation, augmentée de la moitié, dans la limite de 8 mètres carrés par logement, de la surface des annexes mentionnées aux articles R. 353-16 et R. 331-10 du même code'". Aux termes de l'article R. 111-2 du code de la construction et de l'habitation alors applicable : "'() La surface habitable d'un logement est la surface de plancher construite, après déduction des surfaces occupées par les murs, cloisons, marches et cages d'escaliers, gaines, embrasures de portes et de fenêtres'; le volume habitable correspond au total des surfaces habitables ainsi définies multipliées par les hauteurs sous plafond. / Il n'est pas tenu compte de la superficie des combles non aménagés, caves, sous-sols, remises, garages, terrasses, loggias, balcons, séchoirs extérieurs au logement, vérandas, volumes vitrés prévus à l'article R*. 111-10, locaux communs et autres dépendances des logements, ni des parties de locaux d'une hauteur inférieure à 1,80 mètre'". Aux termes de l'article 1 de l'arrêté du 9 mai 1995 pris en application de l'article R. 353-16 et de l'article R. 331-10 du code de la construction et de l'habitation : "'Pour la définition de la surface utile visée à l'article R. 331-10 et au 2° de l'article R. 353-16 du code de la construction et de l'habitation, les surfaces annexes sont les surfaces réservées à l'usage exclusif de l'occupant du logement et dont la hauteur sous plafond est au moins égale à 1,80 mètre. Elles comprennent les caves, les sous-sols, les remises, les ateliers, les séchoirs et celliers extérieurs au logement, les resserres, les combles et greniers aménageables, les balcons, les loggias et les vérandas et dans la limite de 9 mètres carrés les parties de terrasses accessibles en étage ou aménagées sur ouvrage enterré ou à moitié enterré'".
5. Il résulte de l'instruction que les époux B ont acquis un bien immeuble d'une surface de 93,37 m² avec un garage et sans annexe, selon les plans d'architecte produits, situé à Dammartin-en-Goële (Seine-et-Marne) qui est classée en zone A, dans laquelle le plafond de loyer mensuel alors applicable au titre des années d'imposition en litige et déterminé selon la surface habitable du logement, était de 1'050,40 euros. Le bien a fait l'objet d'un bail unique moyennant un loyer mensuel excédant ce plafond. Contrairement à ce que soutiennent les requérants, la surface du garage n'a pas à être prise en compte pour l'appréciation de ce plafond dès lors que celui-ci ne fait pas partie de la surface utile, ni des surfaces annexes prises en compte au regard des dispositions précitées de l'article R. 111-2 du code de la construction et de l'habitation alors applicables et de l'arrêté du 9 mai 1995 auxquels ces textes renvoient. Par suite, la réduction d'impôt a été valablement remise en cause par l'administration et les impositions en litige ont été établies conformément à la loi.
En ce qui concerne l'interprétation administrative de la loi fiscale :
6. En premier lieu, les époux B ne peuvent utilement se prévaloir, sur le fondement des dispositions de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales des énonciations contenues aux paragraphes 370 et 380 de l'instruction publiée au bulletin officiel des finances publiques - impôts publiée sous la référence BOI-IR-RICI-230-20-20, celles-ci concernant les biens immobiliers pourvus d'annexes, ce qui n'est pas le cas en l'espèce.
7. En second lieu, compte tenu de l'objectif poursuivi par le législateur au travers du dispositif dit "'A'", qui est de faciliter le logement de personnes présentant des revenus modestes, il y a lieu de prendre en compte, en principe, la totalité de la somme versée par le locataire à titre de loyer, pour avoir la disposition du logement. Dans le cas où la location du garage et du logement fait l'objet d'un bail unique, soumis globalement aux dispositions de la loi du 6 juillet 1989 tendant à améliorer les rapports locatifs et portant modification de la loi
n° 86-1290 du 23 décembre 1986, la disposition du logement par le locataire est indissociable du versement du loyer afférent au garage. Les époux B ne sont ainsi pas fondés à soutenir que le service ne pouvait opposer les énonciations contenues au paragraphe 440 de l'instruction publiée au bulletin officiel des finances publiques - impôts publiée sous la référence BOI-IR-RICI-230-20-20 qui ne comportent pas une interprétation de la loi fiscale différente de celle dont le présent jugement fait application.
Sur les frais exposés et non compris dans les dépens :
8. Il résulte de ce qui précède que les requêtes des époux B doivent être rejetées, y compris les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1 er : Les requêtes nos 2102788 et 2202605 des époux B sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, à Mme D B et à la directrice départementale des finances publiques de la Somme.
Délibéré après l'audience du 29 juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. Boutou, président,
Mme Pierre, première conseillère,
M. Menet, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition le 7 juillet 2023.
Le rapporteur,
Signé
M. Menet
Le président,
Signé
B. Boutou La greffière,
Signé
A. Ribière
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Nos 2102788 et 2202605
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026