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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2102806

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2102806

vendredi 7 juillet 2023

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2102806
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantALAIN ARMANDET ET YANN LE TARGAT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 10 août 2021, Mme C E, M. F E, Mme I A et M. H A, représentés par Me Akhzam, demandent au tribunal :

1°) de condamner le groupe hospitalier public Sud de l'Oise (GHPSO) à leur payer la somme de 744 709,32 euros en réparation des préjudices subis';

2°) de mettre à la charge du GHPSO la somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- la responsabilité du GHPSO est engagée à raison de ses manquements dans la prise en charge de l'enfant G E';

- le GHPSO devra être condamné à réparer les préjudices de l'enfant G E à hauteur de 5 000 euros en réparation des dépenses de santé actuelles, 6 966,69 euros en réparation des frais divers, 381 680,93 euros en réparation de l'assistance par tierce personne temporaire, 52 598,70 euros en réparation du déficit fonctionnel temporaire, 70 000 euros en réparation des souffrances endurées, 75 000 euros en réparation du préjudice esthétique temporaire';

- le GHPSO devra être condamné à réparer les préjudices des parents de l'enfant G E, M. et Mme E, en leur nom propre, à hauteur de 13 463 euros en réparation des pertes de gains professionnels, 50 000 euros en réparation du préjudice d'affection et 20 000 euros en réparation des troubles dans leurs conditions d'existence';

- le GHPSO devra être condamné à réparer le préjudice d'affection de la sœur de l'enfant G E, D E, à hauteur de 35 000 euros';

- le GHPSO devra être condamné à réparer le préjudice d'affection des grands-parents de l'enfant G E, M. et Mme A, à hauteur de 35 000 euros.

Par un mémoire enregistré le 19 avril 2023, l'union départementale des associations familiales (UDAF) de l'Hérault, agissant en qualité d'administrateur ad hoc des enfants G et D E suivant une ordonnance du juge des tutelles du tribunal judiciaire de Montpellier du 21 avril 2022, représentée par Me Armandet, demande au tribunal :

1°) de condamner le GHPSO à lui payer la somme de 584 279,63 euros à titre provisionnel en réparation des préjudices subis par l'enfant G';

2°) de condamner le GHPSO à lui payer la somme de 35 000 euros à titre provisionnel en réparation des préjudices subis par l'enfant D';

3°) de mettre à la charge du GHPSO la somme de 3 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- elle reprend à son compte les demandes présentées par les parents au titre des dépenses de santé actuelles, de l'assistance par tierce personne, du déficit fonctionnel temporaire, des souffrances endurées et du préjudice esthétique temporaire subis par G et du préjudice d'affection D ;

- ces préjudices doivent être fixés à titre provisionnel en raison de l'absence de consolidation de l'état de santé G.

Par des mémoires en défense enregistrés les 27 septembre 2022 et 26 mai 2023, le GHPSO, représenté par la SCP Lebègue Derbise, demande au tribunal :

1°) de constater qu'il s'en rapporte sur le principe de sa responsabilité et de réduire le montant des demandes indemnitaires ;

2°) de déclarer irrecevables les conclusions des époux E présentées en leur qualité de représentants légaux des enfants G et D E ;

3°) de rejeter les conclusions de la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de l'Oise tendant à obtenir une somme complémentaire de 41 201,09 euros au titre de ses débours.

Par des mémoires enregistrés les 7 septembre 2021, 21 octobre 2021 et 2 mai 2023, la CPAM de l'Oise, demande au tribunal de condamner le GHPSO à lui payer la somme de 365 605,30 euros au titre des débours exposés outre ceux qui seront à exposer.

Elle fait valoir que la réparation des dommages subis par les consorts E et A incombe au GHPSO.

Vu :

- l'ordonnance no 2102784 du 16 novembre 2021 par laquelle le juge des référés du tribunal administratif d'Amiens a alloué aux consorts E une provision de 194 000 euros en leur qualité de représentants légaux de l'enfant G E, une provision de 10 000 euros, en leur qualité de représentants légaux de l'enfant D E, à M. et Mme E chacun une provision d'un montant de 15 000 euros et à M. et Mme A chacun une provision d'un montant de 5 000 euros, ainsi qu'une provision de 324 404,21 euros à la CPAM de l'Oise à valoir sur ses débours';

- l'ordonnance no 2000601 du 19 février 2021 de la présidente du tribunal administratif d'Amiens taxant et liquidant les frais d'expertise, ordonnée le 12 juin 2020, à la somme de 1 700 euros';

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la santé publique';

- le code de la sécurité sociale';

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport B Menet, premier conseiller,

- les conclusions B Beaujard, rapporteur public,

- et les observations de Me Stalin substituant Me Armandet pour l'union départementale des associations familiales de l'Hérault et de Me Denys pour le GHPSO.

Considérant ce qui suit :

1. La fille B et Mme E, G, née le 25 novembre 2017, a été admise au service des urgences pédiatriques du centre hospitalier de Creil, établissement du GHPSO, les 2, 3 et 7 août 2018 pour une fausse route, après ingestion d'une nectarine, puis gêne respiratoire et enfin vomissements à l'occasion d'un accès de toux. Elle est sortie de l'hôpital à la suite de diagnostics de bronchiolite, d'asthme du nourrisson et d'otite bilatérale, avec prescription notamment de Ventoline. À la suite d'une nouvelle consultation le 11 novembre 2018 pour détresse respiratoire, G a été admise en service de réanimation à Paris, à l'hôpital Trousseau, du 14 novembre au 12 décembre 2018 en service de réanimation, puis du 12 décembre 2018 au 22 février 2019, en service de neuropédiatrie. Le 14 novembre 2018, une fibroscopie bronchique a permis d'identifier un corps étranger obstructif de la bronche souche proximale gauche, qui sera retiré le 23 novembre 2018 et identifié comme étant probablement un pédoncule de nectarine et ses fragments. Par ordonnances des 12 juin 2020 et 16 novembre 2021, le juge des référés du tribunal administratif d'Amiens a d'une part ordonné une expertise, dont le rapport a été achevé le 18 février 2021 et d'autre part condamné le GHPSO à payer des provisions à valoir sur les préjudices subis à M. et Mme E, M. et Mme A, les grands-parents maternels G et à la CPAM de l'Oise. Par la présente requête,

M. et Mme E, M. et Mme A et l'union départementale des associations familiales de l'Hérault demandent la condamnation du GHPSO à réparer leurs préjudices.

Sur la fin de non-recevoir opposée par le GHPSO :

2. Par suite de la décision du juge des tutelles du tribunal judiciaire de Montpellier du 21 avril 2022 désignant l'UDAF de l'Hérault en tant qu'administrateur ad hoc des enfants G et D E, les époux E ne sont plus recevables, à défaut de qualité à agir, pour présenter des conclusions en leur qualité de représentants légaux de leurs enfants G et D E. Ces conclusions doivent ainsi être rejetées.

Sur les conclusions indemnitaires :

En ce qui concerne la responsabilité du GHPSO :

3. Aux termes du I. de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : "'Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute'".

4. Il résulte de l'instruction, plus particulièrement de l'expertise, et n'est pas contesté, qu'après un épisode de fausse route de l'enfant G E, suite à l'ingestion d'une nectarine le 2 août 2018, ses parents se sont rendus trois fois aux urgences du centre hospitalier de Creil au mois d'août 2018. Alors que les règles de l'art commandaient de faire une fibroscopie bronchique afin de déterminer le diagnostic adéquat, cette diligence n'a été menée qu'à l'occasion de la quatrième venue de l'enfant aux urgences en novembre 2018 pour une grave détresse respiratoire. Cet examen a permis de constater chez l'enfant, la présence d'un corps étranger volumineux, le pédoncule de la nectarine, qui sera enlevé le 23 novembre 2018. L'hypoxie, due uniquement aux mauvais diagnostics lors des venues de l'enfant aux urgences du centre hospitalier, a généré des complications majeures de son état de santé. Il s'ensuit que la responsabilité pour faute du GHPSO est engagée.

En ce qui concerne les préjudices indemnisables :

S'agissant des préjudices de l'enfant G E :

5. L'absence de consolidation, impliquant notamment l'impossibilité de fixer définitivement un taux d'incapacité permanente, ne fait pas obstacle à ce que soient mises à la charge du responsable du dommage des dépenses médicales dont il est d'ores et déjà certain qu'elles devront être exposées à l'avenir, ainsi que la réparation de l'ensemble des conséquences déjà acquises de la détérioration de l'état de santé de l'intéressée.

6. Il résulte de l'instruction et particulièrement de l'expertise que la date de consolidation de l'état de santé de l'enfant ne saurait être fixée avant qu'elle n'atteigne l'âge de 18 ou 20 ans et que son état justifie des réévaluations à l'âge de 6 et 11 ans. Il y a lieu de statuer à titre définitif et non provisionnel en ce qui concerne la réparation des conséquences déjà acquises de la détérioration de l'état de santé de l'enfant.

Quant aux dépenses de santé actuelles :

7. Il résulte de l'instruction que suivant deux factures du 22 septembre 2020,

Mme C A a exposé les sommes de 4 800 et 200 euros pour des soins à l'égard de l'enfant G E réalisés dans une polyclinique à Barcelone, l'expertise précisant qu'il s'agissait d'une intervention chirurgicale de téno-myo-fasciectomie en lien avec les complications initiales.

8. Il s'ensuit qu'à la date du présent jugement, ce préjudice s'élève à la somme de 5 000 euros. Cette somme a été exposée par Mme E pour G, de sorte que les parents de l'enfant sont recevables à en demander le remboursement au GHPSO.

Quant au déficit fonctionnel temporaire :

9. Il résulte de l'instruction que l'enfant G E a subi un déficit fonctionnel temporaire de 5 % du 2 août 2018 au 10 novembre 2018, de 100 % du 11 novembre 2018 au 22 février 2019 et égal ou supérieur à 90 % depuis le 23 février 2019.

10. À la date du présent jugement, ce préjudice sera exactement réparé, sur une base de 15 euros par jour pour un déficit fonctionnel total, par la condamnation du GHPSO au paiement à l'union départementale des associations familiales de l'Hérault, de la somme de 22 884,75 euros.

Quant à l'assistance par tierce personne :

11. Lorsque le juge administratif indemnise la victime d'un dommage corporel nécessitant de recourir à l'aide d'une tierce personne, il détermine le montant de l'indemnité réparant ce préjudice en fonction des besoins de la victime et des dépenses nécessaires pour y pourvoir. Il doit à cette fin se fonder sur un taux horaire permettant, dans les circonstances de l'espèce, le recours à l'aide professionnelle d'une tierce personne d'un niveau de qualification adéquat, sans être lié par les débours effectifs dont la victime peut justifier. Il n'appartient notamment pas au juge, pour déterminer cette indemnisation, de tenir compte de la circonstance que l'aide a été ou pourrait être apportée par un membre de la famille ou un proche de la victime.

12. Il y a lieu, afin de tenir compte des congés payés et des jours fériés prévus par l'article L. 3133-1 du code du travail, et ainsi que le prévoit le référentiel de l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales, de calculer l'indemnisation sur la base d'une année de 412 jours, ainsi que sur la base d'un taux horaire moyen de rémunération tenant compte des charges patronales et des majorations de rémunération pour travail du dimanche, fixé à 14 euros pour une aide active non spécialisée.

13. Il résulte de l'instruction qu'entre le 3 août 2018 et le 31 août 2020, l'enfant G E a nécessité une aide familiale à hauteur de deux heures par jour. À compter du 1er septembre 2020 jusqu'à la date du présent jugement, ce besoin est de 12 heures par jour durant les vacances scolaires et en dehors des périodes de vacances scolaires, de 6 heures par jour les lundis, mardis, jeudis et vendredis et de 12 heures les autres jours. Par suite, ce préjudice s'élève à la somme de 178 855,41 euros.

14. Aux termes de l'article L. 541-1 du code de la sécurité sociale : " Toute personne qui assume la charge d'un enfant handicapé a droit à une allocation d'éducation de l'enfant handicapé, si l'incapacité permanente de l'enfant est au moins égale à un taux déterminé. Un complément d'allocation est accordé pour l'enfant atteint d'un handicap dont la nature ou la gravité exige des dépenses particulièrement coûteuses ou nécessite le recours fréquent à l'aide d'une tierce personne. Son montant varie suivant l'importance des dépenses supplémentaires engagées ou la permanence de l'aide nécessaire ". Il résulte de ces dispositions que l'allocation d'éducation de l'enfant handicapé est destinée à compenser les frais de toute nature liés au handicap et qu'elle peut faire l'objet d'un complément lorsque ces frais sont particulièrement élevés ou que l'état de l'enfant nécessite l'assistance fréquente d'une tierce personne. Elle est donc accordée en fonction des besoins individualisés de l'intéressé. Aucune disposition législative ou réglementaire ne prévoit la récupération de l'allocation d'éducation de l'enfant handicapé en cas de retour de son bénéficiaire à meilleure fortune. Il suit de là que le montant de l'allocation d'éducation de l'enfant handicapé et de son complément éventuel peut être déduit d'une rente ou indemnité allouée au titre de l'assistance par tierce personne.

15. Il résulte de l'instruction qu'à compter du 1er novembre 2020, jusqu'au 30 novembre 2037, les parents G perçoivent l'allocation d'éducation de l'enfant handicapé ainsi qu'un complément de catégorie 4 du 1er novembre 2020 au 31 décembre 2023. Les attestations de la caisse d'allocations familiales produites démontrent qu'à ce titre la somme de 41 708,05 euros a été perçue entre les mois d'août 2020 et avril 2023 par la mère de l'enfant.

16. Par suite, compte tenu du montant évalué au titre de l'aide par tierce personne et des sommes versées au titre de l'allocation précitée, le préjudice qui doit être réparé s'élève à la somme de 137 147,36 euros.

Quant aux souffrances endurées :

17. Il résulte de l'instruction que les souffrances endurées par l'enfant doivent être évaluées à 6 sur une échelle de 7 en considération de la toux et de la gêne respiratoire du 2 août 2018 au 10 novembre 2018, de l'accident asphyxique du 11 novembre 2018, des arrêts cardiaques, du séjour en réanimation, de l'oxygénation par membrane extracorporelle et des séquelles neurologiques. Ce préjudice sera justement réparé à hauteur de la somme de 30 000 euros par la condamnation du GHPSO au paiement de cette somme à l'union départementale des associations familiales du Hérault au titre du préjudice subi par G E.

Quant au préjudice esthétique temporaire :

18. Il résulte de l'instruction qu'en raison de la présentation de l'enfant due aux séquelles constatées par l'expert, ce préjudice s'établit à 5 sur une échelle de 7. Il convient de réparer ce dommage en condamnant le GHPSO à payer à l'union départementale des associations familiales du Hérault la somme de 15 000 euros au titre du préjudice subi par G E.

S'agissant des préjudices des proches de l'enfant G E :

Quant aux frais divers :

19. En dépit d'une mesure d'instruction réalisée à cet effet, les époux E n'ont pas produit les éléments permettant de justifier des modalités d'évaluation du préjudice allégué au titre des frais kilométriques. Ces conclusions doivent ainsi être rejetées.

Quant aux pertes de gains professionnels actuels :

20. M. F E soutient qu'il a dû cesser de travailler à compter du mois de novembre 2018 pour s'occuper de son enfant et qu'il doit être indemnisé de ses pertes de gains professionnels. M. E ne fournit pas d'éléments suffisants pour caractériser ce préjudice. La seule production de deux avis d'imposition sur les revenus 2018 et 2019 permet de constater qu'effectivement M. E n'a pas eu de revenus salariés en 2019. Toutefois, ce dernier n'apporte aucun élément permettant de confirmer que cette absence de revenus a été en lien avec les manquements du GHPSO. Cette demande doit ainsi être rejetée.

Quant au préjudice d'accompagnement :

21. Si l'indemnisation des frais d'assistance par une tierce personne ne peut intervenir qu'au profit de la victime, les proches de la victime qui lui apportent une assistance peuvent prétendre à être indemnisés par le responsable du dommage au titre des préjudices qu'ils subissent de ce fait. Le proche de la victime peut ainsi prétendre, le cas échéant, à la réparation d'un préjudice propre consistant en des troubles dans ses conditions d'existence ayant résulté de l'obligation qu'il a eue d'apporter une aide à la victime. L'indemnité accordée à ce titre ne fait pas double emploi avec la somme allouée à la victime pour la mettre en mesure d'assumer, à l'avenir, les frais afférents à l'assistance par une tierce personne. Ce préjudice propre peut être évalué de façon forfaitaire.

22. Il résulte de l'instruction que les conditions d'existence de l'entourage de l'enfant G E ont été bouleversées en raison des séquelles du fait dommageable, les parents indiquant notamment que leur couple n'avait pu survivre aux difficultés. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en condamnant le GHPSO à payer à Mme C E et M. F E la somme de 20 000 euros en réparation de ce préjudice.

Quant au préjudice d'affection :

23. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en allouant à Mme C E et M. F E, parents de l'enfant G E, la somme de 25 000 euros pour chacun d'entre eux, à l'union départementale des associations familiales de l'Hérault, en qualité d'administrateur ad hoc de l'enfant D E, la sœur de la victime née en 2012, la somme de 10 000 euros et à Mme I A et M. H A, grands-parents de l'enfant G E qui l'hébergent avec sa mère depuis la séparation parentale, la somme de 5 000 euros pour chacun d'entre eux.

24. Il résulte de tout ce qui précède que le GHPSO doit être condamné à verser à l'union départementale des associations familiales de l'Hérault, en qualité d'administrateur ad hoc de l'enfant G E, la somme de 205 032,11 euros en réparation des préjudices subis sous déduction de la somme de 194 000 euros versée à titre provisionnel en application de l'ordonnance no 2102784 du 16 novembre 2021, à M. et Mme E, en leur nom propre, la somme de 75 000 euros en réparation des préjudices subis sous déduction de la somme de 30 000 euros versée à titre provisionnel en application de l'ordonnance no 2102784 du 16 novembre 2021, à l'union départementale des associations familiales de l'Hérault, en qualité d'administrateur ad hoc de l'enfant D E, la somme de 10 000 euros en réparation des préjudices subis sous déduction de la somme de 10 000 euros versée à titre provisionnel en application de l'ordonnance no 2102784 du 16 novembre 2021 et à M. et Mme A, la somme de 10 000 euros en réparation des préjudices subis sous déduction de la somme de 10 000 euros versée à titre provisionnel en application de l'ordonnance no 2102784 du 16 novembre 2021.

Sur les conclusions de la CPAM de l'Oise :

25. La CPAM de l'Oise justifie de frais d'hospitalisation, de frais médicaux, de frais pharmaceutiques et de frais d'appareillage à hauteur de la somme de 324 404,21 euros par la production d'un relevé détaillé de ses débours et d'une attestation d'imputabilité établie par son médecin-conseil couvrant la période du 11 novembre 2018 au 31 décembre 2020. Par la production d'un relevé de débours provisoire du 2 mai 2023 couvrant la période du 4 janvier 2021 au 19 avril 2023, la CPAM de l'Oise demande la somme complémentaire de 41 201,09 euros.

26. Pour cette dernière période, quoique la CPAM de l'Oise n'ait pas produit de nouvelle attestation d'imputabilité, les troubles majeurs présentés par l'enfant G E permettent, au regard du détail des montants et des dates du dernier décompte de la caisse, de tenir pour établi que les débours provisoires dont elle sollicite le remboursement sont en lien direct avec le dommage résultant des manquements fautifs commis par le GHPSO.

27. Par suite, le GHPSO sera condamné à payer à la CPAM de l'Oise la somme de 365 605,30 euros au titre de ses débours arrêtés au 19 avril 2023.

Sur les dépens :

28. Il y a lieu de mettre les frais de l'expertise ordonnée le 12 juin 2020, qui ont été liquidés et taxés à la somme de 1 700 euros par ordonnance no 2000601 du 19 février 2021 de la présidente du tribunal administratif d'Amiens, à la charge définitive du GHPSO.

Sur les frais exposés et non compris dans les dépens :

29. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du GHPSO une somme globale de 1 500 euros au titre des frais exposés par les consorts E et A et non compris dans les dépens et une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par l'union départementale des associations familiales de l'Hérault et non compris dans les dépens.

D É C I D E :

Article 1 er : Le GHPSO est condamné à verser à l'union départementale des associations familiales de l'Hérault, agissant en qualité d'administrateur ad hoc de l'enfant G E, la somme de 205 032,11 euros en réparation des préjudices subis sous déduction de la somme de 194 000 euros versée à titre provisionnel en application de l'ordonnance du 16 novembre 2021.

Article 2 : Le GHPSO est condamné à verser à M. et Mme E, en leur nom propre, la somme de 75 000 euros en réparation des préjudices subis sous déduction de la somme de 30 000 euros versée à titre provisionnel en application de l'ordonnance du 16 novembre 2021.

Article 3 : Le GHPSO est condamné à verser à l'union départementale des associations familiales de l'Hérault, agissant en qualité d'administrateur ad hoc de l'enfant D E, la somme de 10 000 euros en réparation des préjudices subis sous déduction de la somme de 10 000 euros versée à titre provisionnel en application de l'ordonnance du 16 novembre 2021.

Article 4 : Le GHPSO est condamné à verser à M. et Mme A la somme de 10 000 euros en réparation des préjudices subis sous déduction de la somme de 10 000 euros versée à titre provisionnel en application de l'ordonnance du 16 novembre 2021.

Article 5 : Le GHPSO est condamné à verser à la CPAM de l'Oise, en remboursement de ses débours, la somme de 365 605,30 euros sous déduction de la somme de 324 404,21 euros versée à titre provisionnel en application de l'ordonnance du 16 novembre 2021.

Article 6 : Les dépens, liquidés et taxés à la somme de 1 700 euros sont mis à la charge définitive du GHPSO.

Article 7 : Le GHPSO versera une somme de 1 500 euros aux consorts E et A au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 8 : Le GHPSO versera une somme de 1 500 euros à l'union départementale des associations familiales de l'Hérault, agissant en qualité d'administrateur ad hoc des enfants G et D E au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 9 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 10 : Le présent jugement sera notifié à Mme C E, à M. F E, à Mme I A, à M. H A, à l'union départementale des associations familiales de l'Hérault, au groupe hospitalier public Sud de l'Oise et à la caisse primaire d'assurance maladie de l'Oise.

Délibéré après l'audience du 29 juin 2023, à laquelle siégeaient :

M. Boutou, président,

Mme Pierre, première conseillère,

M. Menet, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition le 7 juillet 2023.

Le rapporteur,

Signé

M. Menet

Le président,

Signé

B. Boutou La greffière,

Signé

A. Ribière

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 2102806

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TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

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