jeudi 22 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2103108 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | CHAMBRE PRESIDENT |
| Avocat requérant | LOIRÉ - HENOCHSBERG |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 10 septembre 2021 et le 23 mars 2023, M. B A, représenté par Me Henochsberg, demande au tribunal :
1°) de condamner le département de l'Oise, solidairement avec la caisse d'allocations familiales de l'Oise, à lui verser une somme totale de 12 632,10 euros, augmentée des intérêts au taux légal, en réparation des préjudices qu'il a subis du fait de fautes commises dans la gestion de son dossier d'allocataire du revenu de solidarité active ;
2°) de mettre à la charge du département de l'Oise, solidairement avec la caisse d'allocations familiales de l'Oise, la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa requête indemnitaire est recevable dès lors qu'une telle action n'est pas subordonnée à l'exercice d'un recours contre la décision illégale ;
- elle n'est pas tardive ;
- les décisions lui notifiant des trop-perçus de revenu de solidarité active sont fondées sur un motif erroné dès lors que la caisse d'allocations familiales de l'Oise a tenu compte du capital et non des intérêts de ses placements sur son livret A ;
- les décisions suspendant le versement du revenu de solidarité active et prononçant sa radiation de la liste des bénéficiaires du revenu de solidarité active sont fautives car, d'une part, elles sont fondées sur le motif erroné en droit d'absence de présentation à un rendez-vous, d'autre part, il ne peut pas lui être reproché d'avoir manqué des rendez-vous ;
- il a subi un préjudice financier, résultant de l'absence de versement des allocations de revenu de solidarité active depuis janvier 2019, qui s'élève à 7 632,10 euros ;
- il a également subi un préjudice moral, évalué à 5 000 euros, du fait des démarches qu'il a été contraint d'entreprendre pour le rétablissement de ses droits au revenu de solidarité active et de ses conditions précaires de vie pendant plusieurs mois.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 3 mars 2023 et le 2 juin 2023, le département de l'Oise conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête de M. A est tardive ;
- sa demande est irrecevable en tant qu'elle porte sur la radiation de ses droits au revenu de solidarité active dès lors qu'il n'a pas formé de recours administratif contre la décision de radiation du 27 mai 2020 ;
- elle est également irrecevable en tant qu'elle porte sur le préjudice moral, faute d'avoir été précédée d'une demande préalable ;
- aucune faute n'a été commise à l'occasion de la suspension des droits de M. A, puis de sa radiation de la liste des bénéficiaires du revenu de solidarité active ;
- aucune faute n'a été commise dans la détermination des trop-perçus du fait de la prise en compte des sommes placées par M. A ;
- l'existence d'un préjudice moral n'est pas établie.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur deux moyens relevés d'office tirés de :
- ce que les conclusions de M. A contre la caisse d'allocations familiales de l'Oise sont mal dirigées, cette dernière ayant agi en matière de revenu de solidarité active pour le compte du département de l'Oise ;
- l'irrecevabilité de la demande de M. A tendant à la réparation d'un préjudice financier dès lors que cette demande est fondée sur l'illégalité de décisions définitives ayant un objet purement pécuniaire.
Par un mémoire, enregistré le 31 mai 2023, M. A présente des observations sur le moyen d'ordre public tiré de l'irrecevabilité de sa demande tendant à la réparation d'un préjudice financier.
Il soutient que les décisions de suspension, radiation et refus d'inscription au revenu de solidarité active n'ont pas un objet purement pécuniaire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Dhiver, présidente ;
- les conclusions de M. Arnaud Lapaquette, rapporteur public ;
- et les observations du représentant du département de l'Oise.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Les droits au revenu de solidarité active de M. A ont été ouverts en décembre 2018. Entre juin 2019 et juin 2020, les allocations de revenu de solidarité active qui étaient versées à M. A ont été, à plusieurs reprises, réduites puis supprimées au motif qu'il avait manqué à son obligation de signature d'un contrat d'engagements réciproques et de présentation à des rendez-vous. Pour ce même motif, M. A a ensuite été radié de la liste des bénéficiaires du revenu de solidarité active entre le 1er juillet 2020 et le 1er février 2021, date à laquelle il a de nouveau été admis au revenu de solidarité active. Par ailleurs, deux indus de revenu de solidarité active, d'un montant respectif de 216,99 euros et 288 euros, ont été notifiés à M. A par des décisions des 12 juin 2019 et 15 juin 2021. Estimant avoir subi un préjudice du fait de ces dernières décisions et des différentes mesures de réduction, suspension, retrait et refus de rétablissement du revenu de solidarité active, M. A a adressé une réclamation préalable au département de l'Oise le 7 mai 2021, qui a fait l'objet d'une décision implicite de rejet. M. A demande au tribunal de condamner solidairement le département de l'Oise et la caisse d'allocations familiales de l'Oise à lui verser la somme de 12 632,10 euros en réparation des préjudices financier et moral qu'il estime avoir subis.
Sur la personne responsable :
2. En vertu du premier alinéa du I de l'article L. 262-24 du code de l'action sociale et des familles, le revenu de solidarité active est, sous réserve des exceptions prévues par cet article, financé par les départements. Aux termes de l'article L. 262-13 de ce code : " Le revenu de solidarité active est attribué par le président du conseil départemental du département dans lequel le demandeur réside ou a, dans les conditions prévues au chapitre IV du titre VI du présent livre, élu domicile. / Le conseil départemental peut déléguer l'exercice de tout ou partie des compétences du président du conseil départemental en matière de décisions individuelles relatives à l'allocation aux organismes chargés du service du revenu de solidarité active mentionnés à l'article L. 262-16. " Aux termes de l'article L. 262-16 du même code : " Le service du revenu de solidarité active est assuré, dans chaque département, par les caisses d'allocations familiales et, pour leurs ressortissants, par les caisses de mutualité sociale agricole. "
3. S'il résulte de ces dispositions que les caisses d'allocations familiales ou de mutualité sociale agricole assurent la gestion du service du revenu de solidarité active pour le compte des départements, elles n'ont pas pour effet de substituer la responsabilité de la caisse d'allocations familiales à celle du département dans le cas où celle-ci est recherchée du fait du traitement par la caisse d'allocations familiales des droits d'un allocataire au revenu de solidarité active. Il s'ensuit que la responsabilité du département de l'Oise est seule susceptible d'être recherchée par M. A.
Sur la demande de réparation d'un préjudice financier :
4. Dès lors qu'une décision ayant un objet exclusivement pécuniaire est devenue définitive avec toutes les conséquences pécuniaires qui en sont inséparables, toute demande ultérieure présentée devant le tribunal administratif qui, fondée sur la seule illégalité de cette décision, tend à l'octroi d'une indemnité correspondant aux montants non versés ou illégalement réclamés est irrecevable.
5. M. A demande la condamnation du département de l'Oise à réparer le préjudice financier, évalué à la somme de 7 632,10 euros, qu'il estime avoir subi entre juin 2019 et août 2021 du fait, d'une part, des différentes mesures de réduction, suspension, retrait et refus de rétablissement du revenu de solidarité active prises entre mai 2019 et février 2021, d'autre part, d'indus de revenu de solidarité active qui ont fait l'objet de retenues sur ses allocations. Il résulte de l'instruction que ce préjudice résulte, pour une partie, des décisions de la présidente du conseil départemental de l'Oise des 21 mai 2019 et 24 février 2020 réduisant de 80 % pour une durée de trois mois puis suspendant pour une durée de deux mois l'allocation de revenu de solidarité active qui lui était versée, ainsi que des décisions implicites de la présidente du conseil départemental de l'Oise rejetant ses recours administratifs contre les décisions des 27 mai 2020, 20 juillet 2020 et 13 novembre 2020 lui notifiant la fin de ses droits au revenu de solidarité active puis en refusant le rétablissement à compter du 1er octobre 2020. Ce préjudice résulte également, pour l'autre partie, des décisions des 12 juin 2019 et 15 juin 2021 par lesquelles la caisse d'allocations familiales de l'Oise a notifié à M. A des indus de revenu de solidarité active d'un montant respectif de 216,99 euros et 288 euros pour les périodes de mars à mai 2019 et de février à mai 2021. Quand bien même d'autres droits y seraient attachés, toutes ces décisions ont un objet purement pécuniaire. Elles sont devenues définitives et M. A invoque uniquement, à l'appui de sa demande, leur illégalité en soutenant qu'elles sont mal fondées. Par suite, la demande indemnitaire de M. A tendant à obtenir la réparation d'un préjudice financier d'un montant de 7 632,10 euros est irrecevable.
Sur la demande de réparation d'un préjudice moral :
6. M. A ne fournit aucun élément montrant que, tant à l'occasion de la procédure contradictoire mise en œuvre avant les décisions des 21 mai 2019 et 24 février 2020 réduisant puis suspendant son allocation de revenu de solidarité active qu'après les décisions des 27 mai 2020 et 20 juillet 2020 mettant fin à ses droits, il aurait maintenu le contact avec son référent et respecté les obligations figurant dans son contrat d'engagements réciproques. Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir qu'il aurait subi un préjudice moral du fait des différentes mesures de réduction, suspension, retrait et refus de rétablissement du revenu de solidarité active prises entre mai 2019 et février 2021. Sa demande à ce titre doit donc être rejetée.
7. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées par le département de l'Oise, que M. A n'est pas fondé à demander la condamnation du département de l'Oise à lui verser la somme de 12 632,10 euros. Le département de l'Oise n'étant pas la partie perdante dans la présente instance, les conclusions de M. A présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au département de l'Oise.
Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales de l'Oise.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 juin 2023.
La présidente,
Signé
M. Dhiver La greffière,
Signé
V. Martinval
La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026