jeudi 11 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2103134 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL FABRE SAVARY FABBRO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 16 septembre 2021 et 6 juillet 2022, Mme D G épouse E, M. B E, tant en leur nom personnel qu'en leur qualité de représentants légaux de leur enfant mineur H E, M. K E, Mme F E et Mme C E, représentés par Me Perez, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) de condamner le centre hospitalier de Laon à leur payer la somme de 171 607 euros en réparation des préjudices subis lors de la prise en charge de Mme G épouse E par cet établissement de santé ;
2°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Laon la somme de 10 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la responsabilité du centre hospitalier de Laon est engagée à raison des fautes commises dans la prise en charge de Mme G épouse E ;
- le centre hospitalier de Laon devra être condamné à réparer les préjudices de
Mme G épouse E à hauteur de 1 092 euros en réparation des frais divers,
5 655 euros en réparation du déficit fonctionnel temporaire, 7 360 euros en réparation de l'assistance par tierce personne temporaire, 30 000 euros en réparation des souffrances endurées, 2 500 euros en réparation du préjudice esthétique temporaire, 60 000 euros en réparation du déficit fonctionnel permanent et 5 000 euros en réparation du préjudice esthétique permanent ;
- le centre hospitalier de Laon devra être condamné à réparer le préjudice d'affection de M. B E, à hauteur de 20 000 euros ;
- le centre hospitalier de Laon devra être condamné à réparer le préjudice d'affection de chacun des quatre enfants des époux I à hauteur de 10 000 euros par enfant.
Par un mémoire en défense enregistré le 21 juin 2022, le centre hospitalier de Laon, représenté par Me Fabre, demande au tribunal de minorer les demandes indemnitaires des requérants.
Par un mémoire en défense enregistré le 10 novembre 2021, la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) du Puy-de-Dôme, représentée par Me de Berny, demande au tribunal de condamner le centre hospitalier de Laon à lui payer les sommes de :
1°) 14 663,70 euros au titre des débours exposés avec intérêts au taux légal et capitalisation annuelle de ceux-ci ;
2°) 1 098 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion ;
3°) 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que la réparation des dommages subis par Mme G épouse E incombe au centre hospitalier de Laon.
Par ordonnance du 22 juin 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 25 août 2022.
Vu :
- les ordonnances n° 1902460 du 23 décembre 2020 de la présidente du tribunal administratif d'Amiens taxant et liquidant les frais d'expertise, ordonnée le 21 janvier 2020, à la somme de 4 500 euros ;
- l'ordonnance n° 2103133 du 16 novembre 2021 par laquelle le juge des référés du tribunal administratif d'Amiens a alloué une provision de 44 550 euros à Mme G épouse E à la charge du centre hospitalier de Laon ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code de la santé publique ;
- le code de la sécurité sociale ;
- l'arrêté du 15 décembre 2022 relatif aux montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale pour l'année 2023 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Menet, premier conseiller,
- les conclusions de M. Beaujard, rapporteur public,
- et les observations de Me Granger substituant Me Perez pour les consorts G E et de Me Vernier pour le centre hospitalier de Laon.
Considérant ce qui suit :
1. Mme G épouse E, alors âgée de 32 ans, a été prise en charge au centre hospitalier de Laon pour la mise en œuvre d'une gastrectomie longitudinale sous cœlioscopie réalisée le 19 juillet 2012. À la suite de complications, une fistule gastrique, la patiente a été transférée à l'hôpital Bichat à Paris le 21 juillet 2012 où une gastrectomie totale sera réalisée, avec une anastomose œsojéjunale et une cholécystectomie au moyen d'une laparotomie. Par ordonnance du 21 janvier 2020, le juge des référés de ce tribunal a ordonné une expertise médicale dont le rapport a été déposé au greffe de la juridiction le 18 décembre 2020. Par ordonnance du 16 novembre 2021 le juge des référés a alloué une provision de
44 550 euros à Mme G épouse E à la charge du centre hospitalier de Laon sous réserve de constitution d'une garantie à hauteur de ce montant. Par la présente requête, les consorts J demandent la réparation de leurs préjudices.
Sur les conclusions indemnitaires :
En ce qui concerne le principe de responsabilité :
2. Aux termes de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute () ".
3. Il résulte de l'instruction, plus particulièrement de l'expertise et n'est pas contesté que les recommandations de la Haute autorité de santé publiées en 2009 en peropératoires n'ont pas été respectées dès lors qu'aucun bilan nutritionnel à la recherche de carences ou de troubles du comportement nutritionnel ni programme d'éducation thérapeutique n'avaient été mis en œuvre. Toutefois, ce manquement aux recommandations peropératoires n'a pas été en lien avec les préjudices de l'intéressée dès lors que l'indication de gastrectomie longitudinale était justifiée dans le cas de la patiente.
4. Il résulte de l'instruction, plus particulièrement de l'expertise et n'est pas contesté que le geste médical de l'intervention chirurgicale n'a pas été réalisé dans les règles de l'art du fait de l'utilisation anormalement élevée de recharges d'agrafes montrant un problème durant l'intervention qui n'a pas été décrit dans le compte rendu opératoire. Le nombre important de ces agrafes a entrainé une ischémie de l'estomac entre deux rangées d'agrafes générant la fistule gastrique. Enfin, en postopératoire, le praticien qui a procédé à l'intervention, alors pourtant qu'il était face à une patiente souffrant au point de se voir administrer de la kétamine, ne l'a pas orientée en soins intensifs d'une part et n'a pas rendu compte des difficultés opératoires d'autre part, de sorte que les autres intervenants se sont orientés vers un mauvais diagnostic et n'ont pu prendre en charge l'intéressée de manière adéquate. Il résulte de ces manquements que la responsabilité pour faute du centre hospitalier de Laon est engagée.
En ce qui concerne les préjudices indemnisables :
5. Il résulte de l'instruction, plus particulièrement de l'expertise et n'est pas contesté que la date de consolidation de l'état de santé de l'intéressée doit être fixée à la date du 24 janvier 2014.
S'agissant des préjudices temporaires :
Quant aux frais divers :
6. Il résulte de l'instruction que pour les besoins de son assistance dans les opérations d'expertise Mme G épouse E a été assistée d'un médecin moyennant la somme de 1 080 euros et a exposé des frais de reproduction et d'expédition de son dossier médical à hauteur de 12 euros. Ce préjudice doit être réparé à hauteur de la somme de 1 092 euros à la charge du centre hospitalier de Laon.
Quant au déficit fonctionnel temporaire :
7. Il résulte de l'instruction et plus particulièrement de l'expertise que
Mme G épouse E a connu des périodes de déficit fonctionnel temporaire total du 21 juillet 2012 au 7 août 2012, puis de 50 % jusqu'au 7 novembre 2012, puis de 25 % jusqu'au 17 décembre 2013, puis total jusqu'au 24 décembre 2013 et enfin de 50 % jusqu'à la date de consolidation de son état de santé. À raison d'un taux quotidien de 15 euros, ce préjudice s'évalue à la somme de 2 816,25 euros.
Quant à l'assistance par tierce personne (avant consolidation) :
8. Lorsque le juge administratif indemnise la victime d'un dommage corporel nécessitant de recourir à l'aide d'une tierce personne, il détermine le montant de l'indemnité réparant ce préjudice en fonction des besoins de la victime et des dépenses nécessaires pour y pourvoir. Il doit à cette fin se fonder sur un taux horaire permettant, dans les circonstances de l'espèce, le recours à l'aide professionnelle d'une tierce personne d'un niveau de qualification adéquat, sans être lié par les débours effectifs dont la victime peut justifier. Il n'appartient notamment pas au juge, pour déterminer cette indemnisation, de tenir compte de la circonstance que l'aide a été ou pourrait être apportée par un membre de la famille ou un proche de la victime.
9. Il résulte de l'instruction et plus particulièrement de l'expertise que les besoins en la matière ont été évalués à quatre heures par jour entre les 7 août 2012 et 7 novembre 2012 en tenant compte d'une aide ménagère préexistante octroyée par les services sociaux. Le centre hospitalier de Laon fait valoir sans apporter aucune pièce que cette évaluation doit être minorée compte tenu de l'aide préexistante alors que cette donnée avait été prise en compte par l'expert. Il y a donc lieu de retenir un besoin en assistance par tierce personne non spécialisée de quatre heures durant la période précitée.
10. Il y a lieu, afin de tenir compte des congés payés et des jours fériés prévus par l'article L. 3133-1 du code du travail, et ainsi que le prévoit le référentiel de l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales, de calculer l'indemnisation sur la base d'une année de 412 jours, ainsi que sur la base d'un taux horaire moyen de rémunération tenant compte des charges patronales et des majorations de rémunération pour travail du dimanche, fixé à 14 euros pour une aide active non spécialisée. Par suite, l'indemnisation due au titre de l'assistance par une tierce personne doit être fixée à la somme de 5 815,41 euros, qui sera mise à la charge du centre hospitalier de Laon.
Quant aux souffrances endurées :
11. Il résulte de l'instruction que les souffrances endurées doivent être évaluées à 4 sur une échelle de 7 en considération des hospitalisations, des douleurs post-opératoires, du retentissement psychologique de la gastrectomie et de ses conséquences (fractionnement des repas et dumping syndrome) auxquelles l'intéressée n'avait pas été préparée. Ce préjudice sera justement réparé à hauteur de la somme de 7 500 euros.
Quant au préjudice esthétique temporaire :
12. Il résulte de l'instruction qu'en raison de la cicatrice due à la laparotomie et pour tenir compte des trois mois de cicatrice ouverte, ce préjudice s'établit à 1,5 sur une échelle de 7. Il convient de réparer ce dommage en mettant à la charge du centre hospitalier de Laon la somme de 1 500 euros.
S'agissant des préjudices permanents :
Quant au déficit fonctionnel permanent :
13. Il résulte de l'instruction et plus particulièrement de l'expertise que
Mme G épouse E souffre d'un déficit fonctionnel permanent évalué à 20 % compte tenu des troubles digestifs nécessitant un suivi médical régulier et une contrainte diététique stricte, en tenant compte du fait qu'une partie du préjudice est dû à l'absence de suivi du fait de Mme E postérieurement au dommage. Il s'ensuit que ce préjudice doit être évalué à la somme de 36 588 euros.
Quant au préjudice esthétique permanent :
14. Il résulte de l'instruction qu'en raison des cicatrices précitées, ce préjudice s'établit à 1 sur une échelle de 7. Il convient de réparer ce dommage en mettant à la charge du centre hospitalier de Laon la somme de 1 500 euros.
S'agissant du préjudice d'affection des proches de Mme G épouse E :
15. Il sera fait une juste appréciation du préjudice d'affection de l'époux de la victime en fixant son montant à la somme de 3 000 euros. Le préjudice d'affection des enfants de A G épouse E sera justement réparé par la condamnation du centre hospitalier de Laon au paiement de la somme de 1 500 euros par enfant.
16. Il résulte de tout ce qui précède que le centre hospitalier de Laon doit être condamné à verser la somme de 56 811,66 euros à Mme G épouse E en réparation des préjudices subis. Il est constant qu'à défaut de constitution de la garantie sollicitée, la somme provisionnelle de 44 550 euros en application de l'ordonnance n° 2103133 du 16 novembre 2021 n'a pas été versée. Il n'y a donc pas lieu de prévoir de déduction. Le centre hospitalier de Laon doit être également condamné à verser la somme de 3 000 euros à M. B E, celle de 1 500 euros aux époux I en leur qualité de représentants légaux de leur enfant mineur H E et celle de 1 500 euros chacun à M. K E, Mme F E et Mme C E en réparation des préjudices subis.
Sur les conclusions de la CPAM du Puy-de-Dôme :
En ce qui concerne le remboursement des débours :
17. Il résulte de l'instruction que l'indication opératoire initiale était justifiée de sorte que l'hospitalisation du 19 au 21 juillet 2012 n'était pas imputable aux manquements du centre hospitalier. Il s'ensuit que les débours qui doivent être mis à la charge du centre hospitalier de Laon s'établissent à la somme de 12 797,62 euros.
En ce qui concerne les intérêts et leur capitalisation :
18. Aux termes de l'article 1231-6 du code civil : " Les dommages et intérêts dus à raison du retard dans le paiement d'une obligation de somme d'argent consistent dans l'intérêt au taux légal, à compter de la mise en demeure. Ces dommages et intérêts sont dus sans que le créancier soit tenu de justifier d'aucune perte () ". Aux termes de l'article 1343-2 du même code : " Les intérêts échus, dus au moins pour une année entière, produisent intérêt si le contrat l'a prévu ou si une décision de justice le précise ". Il résulte de ces dispositions que, d'une part, lorsqu'ils sont demandés, et quelle que soit la date de la demande, les intérêts des indemnités allouées sont dus à compter du jour où la demande de réclamation de la somme principale est parvenue à la partie débitrice ou, à défaut, à compter de la date d'enregistrement au greffe du tribunal administratif des conclusions tendant au versement de cette indemnité, et, d'autre part, que la capitalisation des intérêts peut être demandée à tout moment devant le juge du fond, même si, à cette date, les intérêts sont dus depuis moins d'une année. En ce cas, cette demande ne prend toutefois effet qu'à la date à laquelle, pour la première fois, les intérêts sont dus pour une année entière.
19. La CPAM du Puy-de-Dôme a droit aux intérêts au taux légal sur l'indemnité allouée à compter du 10 novembre 2021, date d'enregistrement de son mémoire au greffe du tribunal.
20. La capitalisation des intérêts a été demandée le 10 novembre 2021. Il y a lieu de faire droit à cette demande à compter du 10 novembre 2022, date à laquelle était due, pour la première fois, une année d'intérêts, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date.
En ce qui concerne l'indemnité forfaitaire de gestion :
21. Aux termes de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale : " () En contrepartie des frais qu'elle engage pour obtenir le remboursement mentionné au troisième alinéa ci-dessus, la caisse d'assurance maladie à laquelle est affilié l'assuré social victime de l'accident recouvre une indemnité forfaitaire à la charge du tiers responsable et au profit de l'organisme national d'assurance maladie. Le montant de cette indemnité est égal au tiers des sommes dont le remboursement a été obtenu, dans les limites d'un montant maximum de 910 euros et d'un montant minimum de 91 euros. À compter du 1er janvier 2007, les montants mentionnés au présent alinéa sont révisés chaque année, par arrêté des ministres chargés de la sécurité sociale et du budget () ". Aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 15 décembre 2022 relatif aux montants de l'indemnité forfaitaire de gestion : " Les montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale sont fixés respectivement à 115 euros et 1 162 euros au titre des remboursements effectués au cours de l'année 2023 ".
22. En application des dispositions précitées, il y a lieu de mettre à la charge du centre hospitalier de Laon le versement à la CPAM du Puy-de-Dôme la somme de 1 162 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion.
Sur les dépens :
23. Il y a lieu de mettre les frais de l'expertise ordonnée le 21 janvier 2020, qui ont été liquidés et taxés à la somme de 4 500 euros par ordonnances n° 1902460 du 23 décembre 2020 de la présidente du tribunal administratif d'Amiens, à la charge définitive du centre hospitalier de Laon.
Sur les frais exposés et non compris dans les dépens :
24. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du centre hospitalier de Laon une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés d'une part par les requérants et d'autre part par la CPAM du Puy-de-Dôme et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1 er : Le centre hospitalier de Laon est condamné à verser à Mme G épouse E la somme de 56 811,66 euros en réparation des préjudices subis.
Article 2 : Le centre hospitalier de Laon est condamné à verser à M. B E la somme de 3 000 euros en réparation des préjudices subis.
Article 3 : Le centre hospitalier de Laon est condamné à verser à Mme G épouse E et M. E, en qualité de représentants légaux de leur enfant mineur H E, la somme de 1 500 euros en réparation des préjudices.
Article 4 : Le centre hospitalier de Laon est condamné à verser à M. K E,
Mme F E et Mme C E, chacun, la somme de 1 500 euros en réparation des préjudices.
Article 5 : Le centre hospitalier de Laon est condamné à verser à la CPAM du Puy-de-Dôme, en remboursement de ses débours, la somme de 12 797,62 euros avec intérêts au taux légal à compter du 10 novembre 2021. Les intérêts échus à la date du 10 novembre 2022 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 6 : Le centre hospitalier de Laon est condamné à verser à la CPAM du Puy-de-Dôme la somme de 1 162 euros au titre de l'indemnité prévue à l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale.
Article 7 : Les dépens, liquidés et taxés à la somme de 4 500 euros sont mis à la charge définitive du centre hospitalier de Laon.
Article 8 : Le centre hospitalier de Laon versera une somme globale de 1 500 euros aux consorts J au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 9 : Le centre hospitalier de Laon versera une somme de 1 500 euros à la CPAM du
Puy-de-Dôme au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 10 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 11 : Le présent jugement sera notifié à Mme D G épouse E,
M. B E, tant en leur nom personnel qu'en leur qualité de représentants légaux de leur enfant mineur H E, M. K E, Mme F E, Mme C E, au centre hospitalier de Laon et à la caisse primaire d'assurance maladie du Puy-de-Dôme.
Délibéré après l'audience du 13 avril 2023, à laquelle siégeaient :
M. Boutou, président,
Mme Pierre, première conseillère,
M. Menet, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition le 11 mai 2023.
Le rapporteur,
Signé
M. Menet
Le président,
Signé
B. Boutou La greffière,
Signé
A. Ribière
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026