jeudi 2 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2103232 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP BOUQUET-FAYEIN BOURGOIS-WADIER |
Vu la procédure suivante :
D une requête, enregistrée le 24 septembre 2021, M. C A, représenté D Me Fayein-Bourgois, demande au tribunal :
1°) de condamner le centre hospitalier de Clermont-de-l'Oise à l'indemniser des conséquences dommageables de la prise en charge de la fracture du pouce gauche dont il a été victime le 8 décembre 2020 ;
2°) d'ordonner avant dire droit une expertise aux fins d'établir la faute commise D le centre hospitalier de Clermont-de-l'Oise dans sa prise en charge et d'évaluer ses préjudices ;
3°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Clermont-de-l'Oise la somme de
2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le centre hospitalier de Clermont-de-l'Oise a commis une faute engageant sa responsabilité du fait de la nécessité de reprendre chirurgicalement la première ostéosynthèse réalisée, dès le 9 décembre 2020, puis dans les suites de cette opération, notamment en ne prescrivant aucune radiographie de contrôle post-opératoire et en hâtant le retrait du plâtre et du matériel d'ostéosynthèse ;
-il y a lieu d'ordonner une expertise avant dire droit.
D un mémoire en défense, enregistré le 4 novembre 2021, le centre hospitalier de Clermont-de-l'Oise, représenté D la SCP Lebègue Derbise, s'en remet à la sagesse du tribunal s'agissant des conclusions aux fins que soit ordonnée une expertise avant dire droit et au rejet des conclusions présentées en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative
Il fait valoir qu'il ne s'oppose pas à la réalisation d'une expertise judiciaire qui devra également rechercher si une infection, le cas échéant nosocomiale, a pu concourir à l'état de M. A.
D un mémoire enregistré le 9 novembre 2021, la caisse primaire d'assurance maladie de l'Oise informe le tribunal qu'elle demandera le remboursement de débours si la responsabilité du centre hospitalier de Clermont-de-l'Oise est engagée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de M. Beaujard, rapporteur public,
- et les observations de Me Denys, représentant le centre hospitalier de Clermont-de-l'Oise.
Considérant ce qui suit :
1. Victime d'une fracture déplacée de la première phalange du pouce, M. A a été pris en charge D le centre hospitalier de Clermont-de-l'Oise le 8 décembre 2020 et a bénéficié d'une ostéosynthèse D broche. Une reprise chirurgicale avec substitution aux broches obliques initiales d'une broche unique axiale a été effectuée le 9 décembre 2020. Cette broche a été retirée le 11 janvier 2021. Conservant des séquelles, il a fait l'objet d'une nouvelle ostéosynthèse D plaque et vis le 12 mars 2021 au sein du centre hospitalier universitaire Amiens-Picardie. Estimant que sa prise en charge initiale au sein du centre hospitalier de Clermont-de-l'Oise n'a pas été conforme aux règles de l'art, M. A a, D l'intermédiaire de son assureur, saisi cet établissement d'une demande préalable d'indemnisation qui a été rejetée le 23 août 2021.
M. A demande que la responsabilité du centre hospitalier de Clermont-de-l'Oise soit engagée et qu'une expertise avant-dire-droit soit ordonnée.
2. Compte tenu de l'absence de tous travaux d'analyse médico-légale ou d'expertise au dossier, le tribunal est dans l'impossibilité de se prononcer notamment sur la cause précise des désordres allégués, leur imputation et les préjudices éventuellement indemnisables. Il y a donc lieu, avant de statuer sur la demande d'indemnisation, d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article R. 621-1 du code de justice administrative, une expertise aux fins précisées ci-après.
D É C I D E :
Article 1er : Il sera, avant de statuer sur la requête de M. A procédé à une expertise médicale.
Article 2 : L'expert sera désigné D la présidente du tribunal. Il prendra connaissance des motifs du présent jugement et accomplira sa mission dans les conditions prévues D les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il prêtera serment D écrit devant la greffière en chef du tribunal. L'expert déposera son rapport au greffe du tribunal et en notifiera copie aux parties dans le délai fixé D la présidente du tribunal dans sa décision le désignant.
Article 3 : L'expert aura pour mission de :
1°) prendre connaissance de l'ensemble des dossiers médicaux, chirurgicaux et hospitaliers de M. C A, et de tous documents ; entendre toute personne appartenant au service public hospitalier ayant donné des soins à l'intéressé ; procéder, s'il le juge utile, à l'examen clinique de M. A ;
2°) indiquer si la prise en charge de M. A D le centre hospitalier de Clermont-de-l'Oise à compter du 8 décembre 2020 a été conforme aux pratiques médicales et chirurgicales admises et aux données de la science acquise à l'époque des faits ou révèle des manquements, erreurs ou négligences dans les actes médicaux effectués ou dans l'organisation du service public hospitalier ; indiquer, le cas échéant, si une infection, notamment nosocomiale, ou un accident médical non fautif, peut être à l'origine de tout ou partie des désordres constatés et si tel est le cas, dans quelle mesure ; préciser, le cas échéant, si le centre hospitalier a respecté l'obligation d'information avant l'intervention chirurgicale ; indiquer si l'état de santé de M. A est consolidé et à quelle date ; dans le cas où cet état ne serait pas consolidé, indiquer si des périodes de déficit fonctionnel temporaire partiel peuvent être définies et, si dès à présent, un déficit fonctionnel permanent est prévisible et le quantifier ; indiquer quand un nouvel examen médical pourra fixer la consolidation ;
3°) déterminer dans les conditions fixées ci-dessous, les préjudices éventuels de
M. A imputables aux conditions de prise en charge au centre hospitalier de Clermont-de-l'Oise à l'exception de tout état antérieur ou de l'évolution normale ou prévisible de la pathologie initiale ou de toute cause étrangère ou pathologies intercurrentes :
I°) préjudices patrimoniaux :
a) préjudices patrimoniaux temporaires (avant consolidation) : perte de gains professionnels, dépenses de santé et frais divers ;
b) préjudices patrimoniaux permanents (après consolidation) : perte de gains professionnels futurs, dépenses de santé futures éventuelles et frais divers ;
II°) préjudices extra-patrimoniaux :
a) préjudices extra-patrimoniaux temporaires (avant consolidation) : déficit fonctionnel temporaire, souffrances endurées, en les évaluant sur une échelle de 1 à 7 ;
b) préjudices extra-patrimoniaux permanents (après consolidation) : déficit fonctionnel permanent, préjudice d'agrément, préjudice esthétique, troubles dans les conditions d'existence, préjudice moral, en les évaluant sur une échelle de 1 à 7 ;
4°) de manière générale, fournir au tribunal tous éléments susceptibles de lui permettre de statuer sur le recours en responsabilité.
Article 4 : Tous droits et moyens des parties sur lesquels il n'est pas expressément statué D le présent jugement sont réservés jusqu'en fin d'instance.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, au centre hospitalier de Clermont-de-l'Oise et à la caisse primaire d'assurance maladie de l'Oise.
Délibéré après l'audience du 9 février 2023, à laquelle siégeaient :
M. Boutou, président,
Mme Pierre, première conseillère,
M. Menet, premier conseiller.
Rendu public D mise à disposition au greffe le 2 mars 2023.
La rapporteure,
Signé
A-L B
Le président,
Signé
B. Boutou
La greffière,
Signé
A. Ribière
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026