lundi 15 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2103374 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | CHAMBRE PRESIDENT |
| Avocat requérant | HOMEHR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 11 octobre 2021, le 30 octobre 2021, le 20 septembre 2022 et le 26 janvier 2023, M. D A et Mme C A, représentés par Me Homehr, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs conclusions :
1°) d'annuler la décision du 11 août 2021 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Oise a rejeté leur recours dirigé contre la décision du 4 janvier 2021 refusant de leur ouvrir des droits à l'allocation de logement sociale à compter du mois de septembre 2020, ainsi que cette décision du 4 janvier 2021 ;
2°) de condamner la caisse d'allocations familiales de l'Oise à leur verser la somme de 2 000 euros en réparation de leur préjudice moral ;
3°) de mettre à la charge du département de l'Oise le versement d'une somme de 1 500 euros à Me Homehr au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Ils soutiennent que :
- le directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Oise n'était pas compétent pour prendre la décision du 9 juillet 2021 ;
- cette décision n'est pas motivée ;
- le directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Oise s'est estimé en situation de compétence liée ;
- le silence de la caisse d'allocations familiales de l'Oise sur leur recours du 3 mars 2021 a fait naître une décision implicite d'acceptation ;
- ils sont désormais simplement locataires de leur bien pour lequel ils ont conclu un bail emphytéotique.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 septembre 2022, la caisse d'allocations familiales de l'Oise conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. et Mme A ne sont pas fondés.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré l'irrecevabilité des conclusions dirigées contre la décision initiale de la caisse d'allocations familiales de l'Oise du 4 janvier 2021 dès lors que la décision du 11 août 2021, prise sur recours administratif préalable obligatoire, s'y est substituée.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 9 novembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de la sécurité sociale ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Dhiver, présidente, a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, après l'appel de l'affaire à l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme A, propriétaires de leur habitation principale, ont bénéficié d'une aide personnelle au logement d'août 1996 à juillet 2016, date de la dernière échéance de leur emprunt immobilier. Le 7 septembre 2020, M. et Mme A ont sollicité le bénéfice de l'allocation de logement sociale pour le même logement en indiquant dans leur demande qu'ils étaient locataires. Par une décision du 4 janvier 2021, la caisse des allocations familiales de l'Oise a refusé d'ouvrir des droits à l'aide personnelle au logement à M. et Mme A. Cette dernière a formé un recours contre cette décision, qui a été rejeté par une décision du 11 août 2021. M. et Mme A demandent au tribunal d'annuler les décisions de la caisse d'allocations familiales de l'Oise des 4 janvier 2021 et 11 août 2021. Ils demandent également la condamnation de la caisse à réparer les préjudices qu'ils estiment avoir subis du fait du refus d'allocation.
Sur la décision du 4 janvier 2021 :
2. Aux termes de l'article L. 825-2 du code de la construction et de l'habitation : " Les contestations des décisions prises en matière d'aides personnelles au logement et de primes de déménagement par les organismes payeurs doivent faire l'objet d'un recours administratif préalable devant l'organisme payeur qui en est l'auteur, selon des modalités fixées par voie réglementaire. "
3. Il résulte de ces dispositions, qui instituent un recours administratif préalable obligatoire pour les décisions relatives aux aides personnelles au logement, que la décision prise sur recours administratif préalable obligatoire se substitue à la décision initiale. Par suite, les conclusions de M. et Mme A dirigées contre la décision initiale de la caisse d'allocations familiales de l'Oise du 4 janvier 2021 sont irrecevables.
Sur la décision du 11 août 2021 :
4. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l'administration, sans remettre en cause des versements déjà effectués, détermine les droits d'une personne à l'aide personnelle au logement, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention dans la reconnaissance du droit à cette aide qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner les droits de l'intéressé sur lesquels l'administration s'est prononcée, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction. Au vu de ces éléments, il appartient au juge administratif d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision en fixant alors lui-même les droits de l'intéressé, pour la période en litige, à la date à laquelle il statue ou, s'il ne peut y procéder, de renvoyer l'intéressé devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation sur la base des motifs de son jugement.
5. En premier lieu, eu égard à l'office du juge de plein contentieux tel qu'il vient d'être énoncé au point précédent, M. et Mme A ne peuvent utilement se prévaloir des vices propres dont serait entachée la décision de la caisse d'allocations familiales de l'Oise du 11 août 2021. Ainsi, leurs moyens tirés de l'incompétence de l'auteur de l'acte et du défaut de motivation doivent être écartés comme inopérants.
6. En deuxième lieu, aux termes de l'article R.825-2 du code de la construction et de l'habitation : " Le directeur de l'organisme payeur statue sur les recours administratifs mentionnés à l'article R. 825-1, après l'avis de la commission de recours amiable. () ".
7. En l'espèce, il résulte de l'instruction que, par sa décision du 11 août 2021, le directeur de la caisse des allocations familiales de l'Oise, compétent pour rejeter le recours de M. et Mme A, ne s'est pas estimé tenu par l'avis de la commission de recours amiable mais s'est approprié les motifs de cet avis. Par suite, le moyen tiré de ce que le directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Oise s'est cru à tort en situation de compétence liée doit être écarté.
8. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 825-1 du même code : " L'introduction d'un recours contentieux dirigé contre des décisions prises par un organisme payeur en matière d'aides personnelles au logement et de primes de déménagement est subordonnée à l'exercice préalable d'un recours administratif auprès de la commission de recours amiable prévue à l'article R. 142-1 du code de la sécurité sociale constituée auprès du conseil d'administration de l'organisme auteur de la décision contestée. / Ce recours administratif est régi par les dispositions des chapitres Ier et II du titre Ier du livre IV du code des relations entre le public et l'administration. La procédure définie par les articles R. 142-1 et R. 142-6 du code de la sécurité sociale lui est applicable. " Aux termes de l'article R. 142-6 du code de la sécurité sociale : " Lorsque la décision du conseil, du conseil d'administration ou de l'instance régionale ou de la commission n'a pas été portée à la connaissance du requérant dans le délai de deux mois, l'intéressé peut considérer sa demande comme rejetée. / () "
9. Il résulte des dispositions de l'article R. 142-6 du code de la sécurité sociale, auquel renvoie l'article R. 825-1 du code de la construction et de l'habitation, que le silence initialement gardé par le directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Oise sur le recours formé par Mme A dans sa lettre du 3 mars 2021 a donné naissance à une décision implicite de rejet. Par suite, M. et Mme A ne sont en tout état de cause pas fondés à se prévaloir de l'existence d'une décision implicite d'acceptation de leur demande d'allocation de logement sociale.
10. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 822-2 du code de la construction et de l'habitation : " I.- Peuvent bénéficier d'une aide personnelle au logement : / 1° Les personnes de nationalité française ; / () II.- Parmi les personnes mentionnées au I, peuvent bénéficier d'une aide personnelle au logement celles remplissant les conditions prévues par le présent livre pour son attribution qui sont locataires, résidents en logement-foyer ou qui accèdent à la propriété d'un local à usage exclusif d'habitation et constituant leur résidence principale. / () ".
11. Il résulte de l'instruction que M. et Mme A ont acquis la propriété de leur habitation principale en 1996. S'ils soutiennent avoir donné à bail emphytéotique ce bien qui leur serait loué, ils n'établissent pas la réalité d'une telle opération en se prévalant d'un bail signé sous seing privé dépourvu de toute date certaine. Ainsi, M. et Mme A, qui ont conservé la pleine propriété de leur bien, ne sauraient soutenir qu'ils ont désormais la qualité de simples locataires. Par suite, c'est par une exacte application des dispositions de l'article L. 822-2 du code de la construction et de l'habitation que le directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Oise leur a refusé le bénéfice de l'allocation de logement sociale.
12. Il résulte de tout ce qui précède que M. et Mme A ne sont pas fondés à demander l'annulation de la décision de la caisse d'allocations familiales de l'Oise du 11 août 2021.
Sur les conclusions indemnitaires :
13. Il résulte des points 4 à 12 ci-dessus que la caisse d'allocations familiales de l'Oise n'a commis aucune faute en refusant à M. et Mme A le bénéfice de l'allocation de logement sociale. Par suite, leurs conclusions indemnitaires ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
14. La caisse d'allocations familiales de l'Oise n'étant pas la partie perdante dans la présente instance, les conclusions présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 sont rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D A, premier dénommé, pour l'ensemble des requérants, à la caisse d'allocations familiales de l'Oise et à Me Homehr.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 mai 2023.
La présidente,
Signé
M. B La greffière,
Signé
V. Martinval
La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026