jeudi 1 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2103723 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | CHAMBRE PRESIDENT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 9 novembre 2021, le 5 décembre 2021 et le 31 octobre 2022, M. D B et Mme A B demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 27 septembre 2021 par laquelle la commission de recours amiable de la caisse de mutualité sociale agricole de Picardie ne leur a accordé qu'une remise partielle de leur dette de prime d'activité pour la période du 1er avril 2019 au 31 janvier 2021 et a laissé à leur charge la somme de 3 108,60 euros ;
2°) de leur accorder la remise totale de leur dette.
Ils soutiennent que :
- ils sont de bonne foi ;
- ils sont dans l'incapacité financière de rembourser leur dette.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 juillet 2022, la caisse de mutualité sociale agricole de Picardie conclut au rejet de la requête et à ce que M. et Mme B soient condamnés à lui verser la somme de 3 108,60 euros correspondant au solde de l'indu en litige.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. et Mme B ne sont pas fondés.
Les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen soulevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions reconventionnelles de la caisse de mutualité sociale agricole de Picardie, eu égard au principe selon lequel une personne privée chargée d'une mission de service public ne peut, tout comme une personne publique, demander au juge administratif de prononcer une mesure qu'elle a le pouvoir de prendre elle-même.
Par un mémoire, enregistré le 22 septembre 2022, la caisse de mutualité sociale agricole de Picardie informe le tribunal qu'elle abandonne ses conclusions reconventionnelles.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
La présidente a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Dhiver, présidente, a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, après l'appel de l'affaire à l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par un courrier du 10 février 2021, la caisse de mutualité sociale agricole de Picardie a notifié à M. et Mme B un indu de prime d'activité de 3 608,60 euros pour la période du 1er avril 2019 au 31 décembre 2021. M. et Mme B ont sollicité une remise gracieuse de cette dette et, par une décision du 27 septembre 2021, la caisse de mutualité sociale agricole de Picardie leur a accordé une remise partielle de dette, d'un montant de 500 euros. M. et Mme B demande l'annulation de cette décision en tant qu'elle ne leur a pas accordé une remise totale de leur dette, ainsi que la remise gracieuse de cette dette.
2. D'une part, aux termes de l'article L. 842-3 du code de la sécurité sociale : " La prime d'activité est égale à la différence entre : / 1° Un montant forfaitaire dont le niveau varie en fonction de la composition du foyer et du nombre d'enfants à charge, augmenté d'une fraction des revenus professionnels des membres du foyer, et qui peut faire l'objet d'une ou de plusieurs bonifications ; / 2° Les ressources du foyer, qui sont réputées être au moins égales au montant forfaitaire mentionné au 1°. () ". Aux termes de l'article L. 842-4 du même code : " Les ressources mentionnées à l'article L. 842-3 prises en compte pour le calcul de la prime d'activité sont : / 1° Les ressources ayant le caractère de revenus professionnels ou qui en tiennent lieu ; / () ".
3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu de prime d'activité, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux de l'aide sociale, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise ou une réduction supplémentaire.
4. D'une part, il résulte de l'instruction que M. B avait déclaré l'intégralité des ressources de son foyer et que l'indu de prime d'activité qui lui a été notifié le 10 février 2021 résulte d'une prise en compte tardive par la caisse de mutualité sociale agricole de Picardie de ces ressources. Ainsi, M. B est de bonne foi. D'autre part, M. et Mme B, dont le quotient familial actuel s'élève à 679,45 euros, établissent être dans une situation de précarité financière ne leur permettant pas de s'acquitter de l'intégralité du reliquat de leur dette. Dans les circonstances de l'espèce, eu égard à leur bonne foi et à leur situation financière actuelle, il y a lieu d'accorder à M. et Mme B une remise partielle complémentaire de leur dette de prime d'activité, qu'il convient de fixer à la somme de 1 500 euros.
5. Il résulte de ce qui précède que M. et Mme B sont seulement fondés à obtenir une remise partielle complémentaire de leur dette de prime d'activité au titre de période d'avril 2019 à décembre 2021, d'un montant de 1 500 euros.
D E C I D E :
Article 1er : Il est accordé à M. et Mme B une remise partielle de leur dette de prime d'activité au titre de période d'avril 2019 à décembre 2021 d'un montant de 1 500 euros, ramenant ainsi le montant de leur dette à 1 608,60 euros.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. et Mme B est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D B, premier dénommé, pour l'ensemble des requérants, et à la caisse de mutualité sociale agricole de Picardie.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er décembre 2022.
La présidente,
Signé
M. C La greffière,
Signé
N. Hamon-Lafin
La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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