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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2103920

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2103920

jeudi 15 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2103920
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantSCP DUMOULIN CHARTRELLE ABIVEN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 30 novembre 2021 et 11 janvier 2023, Mme C A née B, représentée par Me Chartrelle, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :

1°) de condamner le centre hospitalier de Laon à lui payer la somme de 54 166,50 euros en réparation des préjudices subis lors de sa prise en charge par cet établissement de santé, assortie des intérêts au taux légal à compter de la demande préalable d'indemnisation et de leur capitalisation°;

2°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Laon la somme de 4 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les dépens.

Elle soutient que :

- la responsabilité du centre hospitalier de Laon est engagée à raison de ses manquements dans sa prise en charge';

- le centre hospitalier de Laon devra être condamné à réparer ses préjudices à hauteur de 3 166,50 euros en réparation du déficit fonctionnel temporaire, 5 500 euros en réparation du déficit fonctionnel permanent, 5 000 euros en réparation des souffrances endurées, 2 500 euros en réparation du préjudice esthétique temporaire, 20 000 euros en réparation de l'incidence professionnelle, 4 000 euros en réparation du préjudice esthétique permanent, 4 000 euros en réparation du préjudice sexuel et 10 000 euros en réparation du préjudice d'impréparation.

Par des mémoires en défense enregistrés les 31 août 2022 et 31 janvier 2023, le centre hospitalier de Laon, représenté par Me Tamburini-Bonnefoy, demande au tribunal :

1°) d'écarter sa responsabilité pour faute au titre du manquement allégué au devoir d'information ;

2°) de constater pour le surplus des fautes alléguées, qu'elles ont causé une perte de chance d'échapper aux dommages à hauteur de 15 % ;

3°) de réduire à de plus justes proportions les demandes d'indemnisation au titre du déficit fonctionnel temporaire, des souffrances endurées et du préjudice esthétique temporaire et de rejeter le surplus des demandes ;

4°) de faire courir les intérêts moratoires à compter du jugement à intervenir.

Il fait valoir que son obligation d'information a été remplie et que l'expert a relevé que ses manquements avait causé une perte de chance de 15 % d'éviter les complications.

Par un mémoire enregistré le 4 février 2022, la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de l'Oise, agissant par délégation des CPAM de l'Aisne et de la Somme, demande au tribunal de condamner le centre hospitalier de Laon à lui payer les sommes de :

1°) 32 411,69 euros au titre des débours exposés avec intérêt aux taux légal à compter du jugement';

2°) 1 114 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion.

Elle fait valoir que la réparation des dommages subis par Mme A née B incombe au centre hospitalier de Laon.

Vu :

- l'ordonnance no 2003058 du 14 juin 2021 de la présidente du tribunal administratif d'Amiens taxant et liquidant les frais d'expertise, ordonnée le 28 janvier 2021, à la somme de 2 110 euros';

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code civil';

- le code de la santé publique';

- le code de la sécurité sociale';

- l'arrêté du 15 décembre 2022 relatif aux montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale pour l'année 2023';

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Menet, premier conseiller,

- les conclusions de M. Beaujard, rapporteur public,

- et les observations de Me Chartrelle pour Mme A née B.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A née B, alors âgée de 35 ans, a subi une intervention chirurgicale le 6 mars 2015 au centre hospitalier de Laon afin de procéder à une cure d'éventration avec la pose d'une plaque pré-aponévrotique. À la suite de douleurs persistantes, une nouvelle intervention a été mise en œuvre au centre hospitalier pour ablation de la plaque le 1er avril 2015 et une cure simple de la paroi abdominale. Après la réalisation d'un scanner, le 31 décembre 2015, une éventration latéro-ombilicale est diagnostiquée justifiant une nouvelle intervention à laquelle consentira, après plusieurs refus, Mme A le 29 juillet 2019, réalisée au centre hospitalier de Reims. Le juge des référés du tribunal administratif d'Amiens a ordonné une expertise dont les conclusions ont été rendues le 10 juin 2021. Par la présente requête, Mme A demande l'indemnisation de ses préjudices.

Sur les conclusions indemnitaires :

En ce qui concerne le principe de responsabilité :

2. En premier lieu, aux termes du I. de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : "'Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute'".

3. Il résulte de l'instruction particulièrement de l'expertise et n'est pas contesté que la technique employée pour soigner l'éventration de Mme A née B n'était pas adaptée dès lors que la plaque a été posée en pré-aponévrotique alors qu'il eût fallu poser une plaque en rétro-musculaire, procédé source de moins d'infections et de récidive selon la littérature médicale. Un autre manquement du centre hospitalier de Laon est caractérisé par le retard à procéder à la reprise de la plaque à la suite de signes évocateurs d'infection de celle-ci. Il résulte de l'instruction que le centre hospitalier n'a procédé malgré ces signes à aucun prélèvement bactériologique, ne permettant pas de poser plus rapidement le bon diagnostic et que la reprise chirurgicale du 1er avril 2015 a par conséquent été tardive.

4. Par suite de ces manquements, Mme A née B est fondée à rechercher la responsabilité pour faute du centre hospitalier de Laon.

5. En second lieu, aux termes de l'article L. 1111-2 du code de la santé publique : "'Toute personne a le droit d'être informée sur son état de santé. Cette information porte sur les différentes investigations, traitements ou actions de prévention qui sont proposés, leur utilité, leur urgence éventuelle, leurs conséquences, les risques fréquents ou graves normalement prévisibles qu'ils comportent ainsi que sur les autres solutions possibles et sur les conséquences prévisibles en cas de refus ()'". Il résulte de ces dispositions que doivent être portés à la connaissance du patient, préalablement au recueil de son consentement à l'accomplissement d'un acte médical, les risques connus de cet acte qui, soit présentent une fréquence statistique significative, quelle que soit leur gravité, soit revêtent le caractère de risques graves, quelle que soit leur fréquence.

6. Indépendamment de la perte d'une chance de refuser l'intervention, le manquement des médecins à leur obligation d'informer le patient des risques courus ouvre pour l'intéressé, lorsque ces risques se réalisent, le droit d'obtenir réparation des troubles qu'il a subis du fait qu'il n'a pas pu se préparer à cette éventualité. S'il appartient au patient d'établir la réalité et l'ampleur des préjudices qui résultent du fait qu'il n'a pas pu prendre certaines dispositions personnelles dans l'éventualité d'un accident, la souffrance morale qu'il a endurée lorsqu'il a découvert, sans y avoir été préparé, les conséquences de l'intervention doit, quant à elle, être présumée.

7. Si le centre hospitalier de Laon fait valoir qu'il a rempli son obligation d'information d'une part et qu'en tout état de cause, Mme A née B ne pouvait se soustraire à l'intervention chirurgicale considérant son état initial d'autre part, il résulte de l'instruction que l'intéressée conteste avoir reçu toute information sur les risques de l'intervention chirurgicale pratiquée et que les pièces produites par le centre hospitalier ne sont pas probantes. Il s'agit d'une note manuscrite datée du 26 février 2015 indiquant " risques expliqués d'infection de la plaque " dont la date d'établissement, la teneur de l'information éventuellement donnée, l'origine et le destinataire de cette note ne sont pas établis de manière certaine. Le centre hospitalier produit également une fiche de consentement à l'anesthésie et un compte rendu opératoire postérieur à l'intervention en cause, ces deux pièces ne peuvent justifier de la délivrance de l'information quant au risque d'infection de la plaque qui s'est réalisé. Il ne résulte ainsi pas de l'instruction que le centre hospitalier a satisfait aux obligations de l'article L. 1111-2 du code de la santé publique.

8. Toutefois, il résulte de l'instruction et particulièrement de l'expertise que ce défaut d'information n'a fait perdre aucune chance d'éviter l'intervention à Mme A.

En ce qui concerne la perte de chance :

9. Dans le cas où la faute commise lors de la prise en charge ou le traitement d'un patient dans un établissement public hospitalier a compromis ses chances d'obtenir une amélioration de son état de santé ou d'échapper à son aggravation, le préjudice résultant directement de la faute commise par l'établissement et qui doit être intégralement réparé n'est pas le dommage corporel constaté, mais la perte de chance d'éviter la survenue de ce dommage. La réparation qui incombe à l'hôpital doit alors être évaluée à une fraction du dommage corporel déterminée en fonction de l'ampleur de la chance perdue.

10. Il résulte de l'instruction et particulièrement de l'expertise que les manquements du centre hospitalier de Laon ont compromis les chances de Mme A née B d'améliorer son état de santé et que la perte de chance qui en résulte s'évalue à 15 %.

En ce qui concerne les préjudices indemnisables :

11. Il résulte de l'instruction, plus particulièrement de l'expertise et n'est pas contesté que la date de consolidation de l'état de santé de l'intéressée doit être fixée à la date du 7 novembre 2019.

S'agissant des préjudices temporaires :

Quant au déficit fonctionnel temporaire :

12. Il résulte de l'instruction que Mme A née B a souffert d'un déficit fonctionnel temporaire de 100 % du 18 au 23 mars 2015, de 50 % du 24 au 31 mars 2015, de 100 % du 1er au 7 avril 2015, de 50 % du 8 au 29 avril 2015, de 10 % du 30 avril 2015 au 31 décembre 2015, du 4 décembre 2017 au 8 janvier 2018, du 6 août 2018 au 27 juillet 2019, de 100 % du 28 juillet 2019 au 5 août 2019 (selon le relevé de débours de la CPAM) et de 10 % du 6 août 2019 au 7 novembre 2019.

13. Ce préjudice sera exactement réparé, sur une base de 15 euros par jour pour un déficit fonctionnel total, à hauteur de la somme de 1 653 euros.

Quant aux souffrances endurées :

14. Il résulte de l'instruction que les souffrances endurées doivent être évaluées à 3,5 sur une échelle de 7 en considération des douleurs abdomino-pelviennes et pariétales. Ce préjudice sera justement réparé à hauteur de la somme de 5 000 euros.

Quant au préjudice esthétique temporaire :

15. Il résulte de l'instruction que ce dommage allégué consiste en des cicatrices affligeant Mme A née B qui ont été rendues nécessaires par l'intervention chirurgicale dont l'indication était conforme. Il s'ensuit qu'il n'y a pas de préjudice à ce titre imputable aux manquements du centre hospitalier. Cette demande doit ainsi être rejetée.

S'agissant des préjudices permanents :

Quant à l'incidence professionnelle :

16. Il résulte de l'instruction et particulièrement de l'expertise que les manquements du centre hospitalier précité ont eu une incidence professionnelle dès lors que l'intéressée ne peut plus exercer son précédent métier de femme de ménage. Ce préjudice, dans les circonstances de l'espèce, doit être évalué à la somme de 3 000 euros.

Quant au déficit fonctionnel permanent :

17. Il résulte de l'instruction et plus particulièrement de l'expertise que Mme A née B souffre d'un déficit fonctionnel permanent évalué à 3,5 % compte tenu des douleurs pariétales abdominales à l'effort et à la palpation et d'un stress post-traumatique en lien avec les hospitalisations. Le centre hospitalier fait valoir que les douleurs de l'intéressée, à la suite de la dernière intervention chirurgicale, ont cessé. Aucune pièce médicale n'est produite permettant de remettre en cause les conclusions univoques de l'expertise. Par suite, il y a lieu d'évaluer le préjudice de Mme A née B à hauteur de la somme de 4 058 euros.

Quant au préjudice esthétique permanent :

18. Pour les mêmes motifs évoqués concernant le préjudice esthétique temporaire, cette demande doit être rejetée.

Quant au préjudice sexuel :

19. Il résulte de l'instruction que Mme A née B souffre d'un préjudice sexuel tenant aux difficultés dues aux douleurs abdomino-pelviennes et pariétales. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l'évaluant à la somme de 2 000 euros.

Quant au préjudice d'impréparation :

20. Indépendamment de la perte d'une chance de refuser l'intervention, le manquement des médecins à leur obligation d'informer le patient des risques courus ouvre pour l'intéressé, lorsque ces risques se réalisent, le droit d'obtenir réparation des troubles qu'il a subis du fait qu'il n'a pas pu se préparer à cette éventualité. S'il appartient au patient d'établir la réalité et l'ampleur des préjudices qui résultent du fait qu'il n'a pas pu prendre certaines dispositions personnelles dans l'éventualité d'un accident, la souffrance morale qu'il a endurée lorsqu'il a découvert, sans y avoir été préparé, les conséquences de l'intervention doit, quant à elle, être présumée.

21. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l'évaluant à la somme de 2 000 euros.

22. Il résulte de tout ce qui précède que les préjudices de Mme A née B doivent être évalués à la somme globale de 17 711,00 euros. Compte tenu du taux de perte de chance de 15 % retenu au point 10 du présent jugement, le centre hospitalier de Laon doit être condamné à payer à Mme A née B la somme de 2 656,65 euros.

Quant aux intérêts et leur capitalisation :

23. Aux termes de l'article 1231-6 du code civil : "'Les dommages et intérêts dus à raison du retard dans le paiement d'une obligation de somme d'argent consistent dans l'intérêt au taux légal, à compter de la mise en demeure. Ces dommages et intérêts sont dus sans que le créancier soit tenu de justifier d'aucune perte ()'". Aux termes de l'article 1343-2 du même code : "'Les intérêts échus, dus au moins pour une année entière, produisent intérêt si le contrat l'a prévu ou si une décision de justice le précise'". Il résulte de ces dispositions que, d'une part, lorsqu'ils sont demandés, et quelle que soit la date de la demande, les intérêts des indemnités allouées sont dus à compter du jour où la demande de réclamation de la somme principale est parvenue à la partie débitrice ou, à défaut, à compter de la date d'enregistrement au greffe du tribunal administratif des conclusions tendant au versement de cette indemnité, et, d'autre part, que la capitalisation des intérêts peut être demandée à tout moment devant le juge du fond, même si, à cette date, les intérêts sont dus depuis moins d'une année. En ce cas, cette demande ne prend toutefois effet qu'à la date à laquelle, pour la première fois, les intérêts sont dus pour une année entière.

24. Contrairement à ce qu'affirme le centre hospitalier, Mme A née B est fondée à solliciter les intérêts au taux légal à compter de la réception par le centre hospitalier de sa demande préalable indemnitaire reçue le 2 août 2021 et à obtenir la capitalisation annuelle de ceux-ci à compter du 2 août 2022.

Sur les conclusions de la CPAM de l'Oise :

En ce qui concerne le remboursement des débours :

25. La CPAM de l'Oise justifie de frais d'hospitalisation, de frais médicaux, de frais pharmaceutiques et de frais d'appareillage à hauteur de la somme de 32 411,69 euros par la production d'un relevé détaillé de ses débours et d'une attestation d'imputabilité établie par son médecin-conseil. Il y a lieu, compte tenu du taux de perte de chance de 15 % retenu au point 10 du présent jugement, de lui accorder la somme de 4 861,75 euros à ce titre.

En ce qui concerne les intérêts et leur capitalisation :

26. Il sera fait droit à la demande d'intérêts au taux légal sur l'indemnité allouée de la CPAM de l'Oise à compter du jugement.

En ce qui concerne l'indemnité forfaitaire de gestion :

27. Aux termes de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale : "'() En contrepartie des frais qu'elle engage pour obtenir le remboursement mentionné au troisième alinéa ci-dessus, la caisse d'assurance maladie à laquelle est affilié l'assuré social victime de l'accident recouvre une indemnité forfaitaire à la charge du tiers responsable et au profit de l'organisme national d'assurance maladie. Le montant de cette indemnité est égal au tiers des sommes dont le remboursement a été obtenu, dans les limites d'un montant maximum de 910 euros et d'un montant minimum de 91 euros. À compter du 1er janvier 2007, les montants mentionnés au présent alinéa sont révisés chaque année, par arrêté des ministres chargés de la sécurité sociale et du budget ()'". Aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 15 décembre 2022 relatif aux montants de l'indemnité forfaitaire de gestion : "'Les montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale sont fixés respectivement à 115 euros et 1 162 euros au titre des remboursements effectués au cours de l'année 2023'".

28. En application des dispositions précitées, il y a lieu de mettre à la charge du centre hospitalier de Laon le versement à la CPAM de l'Oise la somme de 1 162 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion.

Sur les dépens :

29. Il y a lieu de mettre les frais de l'expertise ordonnée le 28 janvier 2021, qui ont été liquidés et taxés à la somme de 2 110 euros par ordonnance no 2003058 du 14 juin 2021 de la présidente du tribunal administratif d'Amiens, à la charge définitive du centre hospitalier de Laon.

Sur les frais exposés et non compris dans les dépens :

30. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du centre hospitalier de Laon une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par Mme A née B et non compris dans les dépens.

D É C I D E :

Article 1 er : Le centre hospitalier de Laon est condamné à verser à Mme A née B la somme de 2 656,65 euros en réparation des préjudices subis avec intérêts au taux légal à compter du 2 août 2021. Les intérêts échus à la date du 2 août 2022 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.

Article 2 : Le centre hospitalier de Laon est condamné à verser à la CPAM de l'Oise, en remboursement de ses débours, la somme de 4 861,75 euros avec intérêts au taux légal à compter du présent jugement.

Article 3 : Le centre hospitalier de Laon est condamné à verser à la CPAM de l'Oise la somme de 1 162 euros au titre de l'indemnité prévue à l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale.

Article 4 : Les dépens, liquidés et taxés à la somme de 2 110 euros sont mis à la charge définitive du centre hospitalier de Laon.

Article 5 : Le centre hospitalier de Laon versera une somme de 1 500 euros à Mme A née B au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 6 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 7 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A née B, au centre hospitalier de Laon et à la caisse primaire d'assurance maladie de l'Oise.

Délibéré après l'audience du 1er juin 2023, à laquelle siégeaient :

M. Boutou, président,

Mme Pierre, première conseillère,

M. Menet, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition le 15 juin 2023.

Le rapporteur,

Signé

M. Menet

Le président,

Signé

B. Boutou La greffière,

Signé

A. Ribière

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 2103920

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