jeudi 19 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2104206 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | AGGAR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 décembre 2021 d'une part et une réclamation du même jour adressée à l'administration fiscale transmise au tribunal le 4 avril 2022 par application de l'article R. 199-1 du livre des procédures fiscales d'autre part, M. D B et Mme A C épouse B, représentés par Me Aggar, demandent au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2016 et 2017 et des pénalités correspondantes ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- ils ont procédé à des avances en compte courant à hauteur de 22 956,52 euros en 2016 et de la même somme en 2017 de sorte que le service ne pouvait leur notifier des rectifications à cette hauteur au titre des revenus distribués pour chacune des années d'imposition en litige ;
- le service ne démontre pas leur intention d'éluder l'impôt de sorte que la pénalité de l'article 1729 du code général des impôts est injustifiée.
Par des mémoires en défense enregistrés le 4 avril 2022, la directrice départementale des finances publiques de la Somme conclut au rejet de la requête et de la réclamation.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen d'ordre public, relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin de décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux au titre de l'année 2016 en tant qu'elles sont fondées sur les dispositions de l'article 111 a du code général des impôts dès lors que ces impositions supplémentaires ont été abandonnées par le service à l'occasion de la décision du 25 octobre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Menet, premier conseiller,
- et les conclusions de M. Beaujard, rapporteur public,
Considérant ce qui suit :
1. La SARL 2AGJS Sécurité qui exerce une activité de sécurité privée, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité, à l'issue de laquelle l'administration fiscale, selon la procédure d'évaluation d'office pour opposition à contrôle fiscal, lui a notifié des rappels de taxe sur la valeur ajoutée au titre de la période du 1er janvier 2016 au 31 décembre 2018 et des cotisations supplémentaires d'impôts sur les sociétés au titre des exercices clos en 2016 et 2017.
2. À la suite des rehaussements notifiés à la SARL 2AGJS Sécurité, des rectifications en matière de revenus distribués ont été notifiées à M. B, gérant et associé à hauteur de 50 % de la société et à son épouse, selon une procédure de rectification contradictoire, sur le fondement des articles 109, 1. 1° et 111 a. du code général des impôts et des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux au titre des années 2016 et 2017 ont été mises à leur charge.
3. Par les présentes requête et réclamation, les époux B demandent au tribunal de prononcer la décharge de ces impositions, ainsi que des pénalités correspondantes.
Sur le bien-fondé des impositions :
En ce qui concerne l'année d'imposition 2016 :
4. En premier lieu, le service a abandonné, par sa décision du 25 octobre 2021 prise sur la réclamation des requérants, les rectifications sur le fondement des dispositions de l'article 111 a du code général des impôts au titre de l'impôt sur le revenu et des prélèvements sociaux au titre de l'année 2016. Par suite, les époux B ne sont pas recevables à solliciter la décharge de ces impositions supplémentaires.
5. En second lieu, aux termes de l'article 109 du code général des impôts : " 1. Sont considérés comme revenus distribués : / 1 o Tous les bénéfices ou produits qui ne sont pas mis en réserve ou incorporés au capital ". En cas de refus des rehaussements par le contribuable qu'elle entend imposer comme bénéficiaire des sommes regardées comme distribuées, il incombe à l'administration d'apporter la preuve que celui-ci en a effectivement disposé. Toutefois, le contribuable qui, disposant seul des pouvoirs les plus étendus au sein de la société, est en mesure d'user sans contrôle de ses biens comme de biens qui lui sont propres et doit ainsi être regardé comme le seul maître de l'affaire, est présumé avoir appréhendé les distributions effectuées par la société qu'il contrôle.
6. Il résulte de l'instruction que le service a caractérisé l'existence de distributions de la part de la SARL 2AGJS Sécurité sur le fondement du 1 o du 1 de l'article 109 du code général des impôts correspondant à des rectifications du résultat imposable de la société au titre de l'exercice clos en 2016 à hauteur de la somme de 46 606 euros.
7. Le service, pour démontrer que M. B était présumé avoir appréhendé comme seul maître de l'affaire les distributions effectuées par la SARL 2AGJS Sécurité, a usé de son droit de communication auprès des établissements bancaires dans les livres desquels la SARL 2AGJS Sécurité, détenait des comptes. Le service a relevé qu'au titre de l'année d'imposition 2016, M. B était le gérant de droit de la société, en détenait la moitié des parts sociales et était le seul titulaire des moyens de paiement au vu des cartons de signature. Ces éléments, par ailleurs non contestés par les requérants, sont suffisants à établir la qualité de maître de l'affaire de M. B et par suite son appréhension des sommes réintégrées au bénéfice de la SARL 2AGJS Sécurité et regardées comme des revenus distribués. La justification de versements de sommes d'argent de la part des requérants à l'égard de la société est en la matière indifférente. Par suite, c'est à bon droit que l'administration a imposé entre les mains des requérants le montant réintégré au bénéfice imposable de la société dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers en tant que revenus distribués.
En ce qui concerne l'année d'imposition 2017 :
8. Aux termes de l'article 111 du code général des impôts : " Sont notamment considérés comme revenus distribués : / a. Sauf preuve contraire, les sommes mises à la disposition des associés directement ou par personnes ou sociétés interposées à titre d'avances, de prêts ou d'acomptes ".
9. À l'occasion de l'exercice de son droit de communication, le service a relevé que M. B avait reçu de la société le 7 janvier 2017 la somme de 5 998,76 euros. Le service a imposé cette somme en tant que revenus distribués entre les mains des requérants dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers. Les époux B soutiennent qu'ils ont reçu cette somme non à titre d'avances, de prêts ou d'acomptes mais à titre de remboursement d'un prêt qu'ils avaient eux-mêmes consenti à la société. Cette allégation n'est justifiée par aucune pièce et ne permet pas de regarder les requérants comme apportant la preuve qui leur incombe permettant d'écarter la présomption légale de distribution. Ce moyen doit ainsi être écarté.
Sur les pénalités :
10. Aux termes de l'article 1729 du code général des impôts : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'État entraînent l'application d'une majoration de : / a. 40 % en cas de manquement délibéré () ".
11. Pour assortir les impositions supplémentaires au titre des années 2016 et 2017 de la majoration de 40 % prévue par les dispositions précitées, l'administration a relevé que sur la période du 1er janvier 2016 au 31 décembre 2017, des omissions déclaratives significatives et répétées ont été constatées et qu'en sa qualité d'associé à hauteur de 50 % et de gérant de la société qui a minoré ses recettes, il était établi que M. B avait eu conscience d'éluder l'impôt. Par ces motifs, l'administration doit être regardée comme apportant la preuve, qui lui incombe, du caractère délibéré des manquements commis par les époux B justifiant l'application de la majoration de l'article 1729 du code général des impôts.
Sur les frais exposés et non compris dans les dépens :
12. Il résulte de ce qui précède que la requête des époux B doit être rejetée, y compris les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1 er : La requête des époux B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D B et Mme A C épouse B et à la directrice départementale des finances publiques de la Somme.
Délibéré après l'audience du 5 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Boutou, président,
Mme Pierre, première conseillère,
M. Menet, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition le 19 octobre 2023.
Le rapporteur,
Signé
M. Menet
Le président,
Signé
B. Boutou La greffière,
Signé
A. Ribière
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2104206
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026