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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2104213

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2104213

mercredi 27 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2104213
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationJU1
Avocat requérantSELARL CANU RENAHY ET ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistré le 21 décembre 2021, M. C B, représenté par Me Canu-Renahy demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 2 octobre 2021 par laquelle le ministre de l'intérieur l'a informé de la perte de validité son permis de conduire et lui a enjoint de le restituer ;

2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de restituer le capital de points affecté à son titre de conduite, ainsi que ledit titre assorti d'un capital de cinq points ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

M. B soutient que :

- il peut prétendre au bénéfice du stage de reconstitution suivi par lui les 4 et 5 octobre 2021 ;

- le solde de son capital doit ressortir à cinq points.

Par un mémoire en défense, enregistré le 1er avril 2022, le ministre de l'intérieur conclut au non-lieu à statuer s'agissant de la décision portant invalidation du permis de conduire ainsi que le bénéfice du stage de reconstitution suivi et au rejet du surplus des conclusions de la requête.

Le ministre soutient que le solde du capital, après prise en compte du stage suivi, ressort à trois points.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la route ;

- le code de justice administrative.

Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. Truy, premier conseiller honoraire, pour statuer sur les litiges mentionnés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le magistrat désigné a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. A a été entendu au cours de l'audience publique.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

Sur l'étendue du litige :

1. Par mémoire enregistré le 1er avril 2022, le ministre de l'intérieur affirme que les mentions du relevé d'information intégral relatives à la décision 48 SI du 2 octobre 2021 ont été supprimées et que le capital avait été reconstitué à trois points du fait de la prise en compte du stage de reconstitution suivi. Cette affirmation est corroborée par l'examen du relevé d'information intégral de l'intéressé établi par l'administration à la date du 30 mars 2022. M. B doit, par suite, être regardé comme ayant obtenu satisfaction. Ainsi, les conclusions de la requête de M. B aux fins d'annulation de la décision 48 SI du 2 octobre 2021 ont perdu leur objet. Il n'y a pas lieu, par suite, d'y statuer ainsi que celles tendant au bénéfice du stage de reconstitution suivi.

Sur le surplus des conclusions de la requête :

2. Aux termes de l'article L. 223-1 du code de la route : " La réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive ". Le mode d'enregistrement et de contrôle des informations relatives aux infractions au code de la route conduit à considérer que la réalité de l'infraction est établie dans les conditions prévues à l'article L. 223-1 du code de la route dès lors qu'est inscrite, dans le système national des permis de conduire, la mention du paiement de l'amende forfaitaire ou de l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, sauf si l'intéressé justifie avoir présenté une requête en exonération dans les quarante-cinq jours de la constatation de l'infraction ou de l'envoi de l'avis de contravention ou formé, dans le délai prévu à l'article 530 du code de procédure pénale, une réclamation ayant entraîné l'annulation du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée.

3. Il ressort du relevé d'information intégral afférent au permis de conduire de M. B, régulièrement produit par le ministre de l'intérieur dans le cadre de la présente instance, que les infractions commises les 10 avril 2018 (- 3 points),4 février 2019 (- 4 points), 3 mars 2021 ( -3 points) et 16 juin 2020 (- 3 points) ont respectivement donné lieu à paiement de l'amende forfaitaire, une condamnation par le tribunal d'instance de Saint-Quentin devenue définitive le 5 octobre 2020, paiement de l'amende forfaitaire et émission d'un titre exécutoire en vue du recouvrement de l'amende forfaitaire majorée. L'intéressé, qui ne soutient ni n'établit s'être pourvu contre ces condamnations, n'avance aucun élément de nature à mettre en cause l'exactitude des mentions de ce document. Ainsi, l'administration doit être regardée comme apportant la preuve de la réalité de ces infractions dans les conditions requises par les dispositions de l'article L. 223-1 du code de la route et d'un décompte exact à trois points compte tenu d'une imputation de 13 points et d'une reconstitution de 4 du fait du stage de sensibilisation suivi.

4. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation des décisions du ministre de l'intérieur portant retrait de points du solde de points du permis de conduire de M. B doivent être rejetée ainsi que des conclusions à fin d'injonction de rétablissement d'un solde de 5 points.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice

5. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".

6. Dans les circonstances de l'espèce, les conclusions de la requête relative à la somme demandée par M. B au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de se prononcer sur les conclusions aux fins d'annulation de la décision en date du 2 octobre 2021 portant invalidation du permis de conduire de M. B ainsi que celles tendant au bénéfice du stage de sensibilisation suivi.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 juillet 2022.

Le magistrat désigné,

Signé

G. ALa greffière,

Signé

Z. AGUENTIL

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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