vendredi 21 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2104244 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | LECAREUX ALEXANDRA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 22 décembre 2021 et
17 novembre 2022, la commune de Bonvillers, représentée par Me Baclet, demande au tribunal :
1°) de condamner solidairement la SARL Constant Roussel et la SARL Montage conduite d'opérations immobilières (MCOI) à lui verser la somme, actualisée en application de l'évolution de l'indice du coût de la construction avec comme valeur de base celle d'avril 2021, de 22 354 euros en réparation des préjudices qu'elle a subis en raison de ces désordres affectant les aménagements de sécurité de son centre-bourg, ;
2°) de mettre à la charge solidaire de la SARL Constant Roussel et de la SARL MCOI une somme de 4 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les dépens.
Elle soutient que :
- des désordres affectent les aménagements de sécurité de son centre-bourg réalisés en application du marché de travaux du 4 octobre 2013 conclu avec la SARL Constant Roussel ;
- les désordres sont imputables à la SARL Constant Roussel et à la SARL MCOI ;
- ces désordres sont de nature à engager la responsabilité des constructeurs sur le fondement de la garantie décennale ;
- ces désordres lui ont causé un préjudice constitué par la nécessité de procéder à des travaux de reprise à hauteur de 18 354 euros en avril 2021 et par un préjudice de jouissance à hauteur de 4 000 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 septembre 2022, la SARL Constant Roussel, représentée par Me Bourhis, doit être regardée comme concluant :
1°) au rejet de la requête ;
2°) à titre subsidiaire, à ce que la SARL MCOI soit condamnée à la garantir des sommes qu'elle serait condamnée à verser au titre de la réparation des désordres affectant le plateau surélevé dit " point n° 4 " sis rue du Puits Revel à hauteur de 60 % ;
3°) à ce qu'il soit mis à la charge de la commune de Bonvillers une somme de
2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les dépens.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors que le maire de la commune de Bonvillers n'a pas la capacité d'agir en justice au nom de cette dernière ;
- l'expert a outrepassé la mission qui lui avait été confiée en analysant les désordres affectant la voirie proche de la citerne à eau sise place de la mare de Capelle ;
- les désordres affectant la voirie proche de la citerne à eau sise place de la mare de Capelle n'ont pas pour origine l'exécution du marché de travaux du 4 octobre 2013 ;
- la commune de Bonvillers est forclose pour engager sa responsabilité au titre des travaux relatifs à la citerne à eau sise place de la mare de Capelle ;
- les désordres affectant le plateau surélevé dit " point n° 4 " sis rue du Puits Revel sont dus à un défaut d'entretien ;
- à titre subsidiaire, les désordres affectant le plateau surélevé dit " point n° 4 " sis rue du Puits Revel sont dus à une erreur de conception du maître d'œuvre ;
- les désordres affectant le plateau surélevé dit " point n° 5 " sis rue Behaize sont dus à un défaut d'entretien ;
- les désordres affectant le plateau surélevé dit " point n° 5 " sis rue Behaize ne sont pas de nature à engager la responsabilité décennale des constructeurs dès lors qu'ils ne compromettent pas la solidité de l'ouvrage ni le rendent impropre à sa destination ;
- les désordres affectant le plateau surélevé dit " point n° 5 " sis rue Behaize étaient apparents le jour de la réception des travaux ;
- les désordres affectant la chicane dite " point n° 6 " sis à l'entrée de la commune côté Chepoix ne sont pas de nature à engager la responsabilité décennale des constructeurs dès lors qu'ils ne compromettent pas la solidité de l'ouvrage ni le rendent impropre à sa destination ;
- l'origine des désordres affectant la chicane dite " point n° 6 " sis à l'entrée de la commune côté Chepoix n'est pas établie ;
- elle n'a pas participé à l'ensemble des travaux à l'origine des désordres affectant la chicane dite " point n° 2 " sis rue de l'Eglise si bien que sa responsabilité ne peut être engagée qu'à hauteur de 2 094 euros toutes taxes comprises ;
- le préjudice de jouissance de la commune de Bonvillers n'est pas établi ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 novembre 2022, la SARL Montage conduite d'opérations immobilières (MCOI), représentée par Me Lecareux, conclut :
1°) au rejet de la requête ;
2°) à titre subsidiaire, à ce que la SARL Constant Roussel soit condamnée à la garantir de toute somme qu'elle serait condamnée à verser ;
3°) à ce qu'il soit mis à la charge de la commune de Bonvillers une somme de
1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les dépens.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors que le maire de la commune de Bonvillers n'a pas la capacité d'agir en justice au nom de cette dernière ;
- les désordres affectant la voirie proche de la citerne à eau sise place de la mare de Capelle n'ont pour origine ni l'exécution du marché de travaux du 4 octobre 2013 ni des travaux qui lui ont été confiés ;
- la commune de Bonvillers est forclose pour engager sa responsabilité au titre des travaux relatifs à la voirie proche de la citerne à eau sise place de la mare de Capelle ;
- les désordres affectant le plateau surélevé dit " point n° 4 " sis rue du Puits Revel sont dus à un défaut d'entretien ;
- à titre subsidiaire, les désordres affectant le plateau surélevé dit " point n° 4 " sis rue du Puits Revel sont dus en partie à la mauvaise exécution des travaux par la société Constant Roussel ;
- les désordres affectant le plateau surélevé dit " point n° 5 " sis rue Behaize ne sont pas de nature à engager la responsabilité décennale des constructeurs dès lors qu'ils ne compromettent pas la solidité de l'ouvrage ni le rendent impropre à sa destination ;
- les désordres affectant le plateau surélevé dit " point n° 5 " sis rue Behaize étaient apparents le jour de la réception des travaux ;
- les désordres affectant la chicane dite " point n° 6 " sis à l'entrée de la commune côté Chepoix ne sont pas de nature à engager la responsabilité décennale des constructeurs dès lors qu'ils ne compromettent pas la solidité de l'ouvrage ni le rendent impropre à sa destination ;
- l'origine des désordres affectant la chicane dite " point n° 6 " sis à l'entrée de la commune côté Chepoix n'est pas établie ;
- les désordres affectant la chicane dite " point n° 2 " sis rue de l'Eglise sont exclusivement dus à une mauvaise exécution des travaux ;
- le préjudice de jouissance de la commune de Bonvillers n'est pas établi ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 28 mars 2023, la clôture de l'instruction a été fixée en dernier lieu au 19 avril 2023 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Richard, rapporteur,
- et les conclusions de Mme Minet, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par un acte d'engagement du 4 octobre 2013, la commune de Bonvillers a confié à la SARL Constant Roussel la réalisation d'aménagements de sécurité de son centre-bourg pour un montant de 70 282, 80 euros hors taxes. La maîtrise d'œuvre de ces travaux a été confiée à la SARL Montage conduite d'opérations immobilières (MCOI). Les travaux ont été réceptionnés le 11 mars 2014 sans réserves. Suite à des désordres, un protocole d'accord a été signé entre la commune de Bonvillers, la SARL Constant Roussel et la SARL MCOI le 31 août 2016 afin de répartir la prise en charge de leur réparation.
2. Après avoir constaté la persistance des désordres, la commune de Bonvillers a saisi d'une demande d'expertise le juge des référés du tribunal administratif d'Amiens par une requête n° 1903359 du 15 octobre 2019. Par une ordonnance n° 1903359 du 18 février 2020,
M. A a été désigné expert. L'expert a remis son rapport le 3 mai 2021. La commune de Bonvillers demande au tribunal de condamner solidairement la SARL Constant Roussel et la SARL MCOI à lui verser la somme, actualisée en application de l'évolution de l'indice du coût de la construction avec comme valeur de base celle d'avril 2021, de 22 354 euros en réparation des préjudices qu'elle a subis en raison de ces désordres.
Sur la fin de non-recevoir opposée aux conclusions de la commune de Bonvillers :
3. Par une délibération du 7 février 2023, le conseil municipal de la commune de Bonvillers a délégué à son maire la compétence pour intenter des actions en justice au nom de la commune. Dans ces conditions, la SARL Constant Roussel et la SARL MCOI ne sont pas fondées à soutenir que le maire de la commune de Bonvillers n'aurait pas la capacité de représenter la commune à l'instance.
Sur la responsabilité décennale :
4. Il résulte des principes qui régissent la garantie décennale des constructeurs que des désordres apparus dans le délai d'épreuve de dix ans, de nature à compromettre la solidité de l'ouvrage ou à le rendre impropre à sa destination dans un délai prévisible, engagent leur responsabilité, même s'ils ne se sont pas révélés dans toute leur étendue avant l'expiration du délai de dix ans. Le constructeur dont la responsabilité est recherchée sur ce fondement ne peut en être exonéré, outre les cas de force majeure et de faute du maître d'ouvrage, que lorsque, eu égard aux missions qui lui étaient confiées, il n'apparaît pas que les désordres lui soient en quelque manière imputables. Il incombe au juge administratif, lorsqu'est recherchée devant lui la responsabilité décennale des constructeurs, d'apprécier, au vu de l'argumentation que lui soumettent les parties sur ce point, si les conditions d'engagement de cette responsabilité sont ou non réunies et d'en tirer les conséquences, le cas échéant d'office, pour l'ensemble des constructeurs.
En ce qui concerne les désordres affectant la voirie proche de la citerne à eau :
5. Si aux termes du marché du 4 octobre 2013, la SARL Constant Roussel a été chargée d'installer des panneaux de signalisation à proximité de la citerne à eau de la commune de Bonvillers, il ne résulte pas de l'instruction qu'elle soit intervenue à cette occasion sur l'enrobé du chemin piétonnier voisin lequel avait fait l'objet d'un marché du 9 juin 2009, conclu avec cette même société, dont les travaux ont été réceptionnés le 9 octobre 2009. Par ailleurs, il ne résulte pas de l'instruction que le délai de prescription des créances liées à l'engagement de la responsabilité décennale au titre de ces travaux ait été interrompu à tout le moins avant l'introduction du référé expertise le 15 octobre 2019, alors notamment que le protocole transactionnel signé entre la commune de Bonvillers, la SARL Constant Roussel et la
SARL MCOI le 31 août 2016 ne portait pas sur ces désordres. Dans ces conditions, les conclusions de la commune de Bonvillers tendant à la réparation de ces désordres se heurtent en tout état de cause à la prescription de la garantie décennale des travaux réalisés au titre de ce marché et doit, pour ce motif, être rejetées.
En ce qui concerne les désordres affectant le plateau surélevé dit " point n° 4 " sis rue du Puits Revel :
6. En premier lieu, il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise du
3 mai 2021, que l'eau de pluie ne s'évacue pas sur le côté du plateau surélevé dit " point n° 4 " sis rue du Puits Revel en raison d'une pente trop faible pour en permettre l'écoulement et que, par ailleurs, les grilles sur les caniveaux ne sont pas fixées et que ces derniers sont partiellement brisés. Si la stagnation de l'eau a entrainé l'accumulation de boue et de feuilles mortes dans les caniveaux, il ne résulte pas de l'instruction que les désordres constatés soient dus à un mauvais entretien de l'ouvrage.
7. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise du 3 mai 2021, que ces désordres, dont la nature décennale n'est pas contestée, ont pour origine une mauvaise conception de l'ouvrage à la construction duquel ont participé tant la SARL Constant Roussel que la SARL MCOI. Dans ces conditions, la commune de Bonvillers est fondée à soutenir que ces désordres sont imputables à ces deux sociétés et engagent leur responsabilité solidaire sur le fondement de la garantie décennale.
8. En troisième lieu, il sera fait une juste appréciation du coût des travaux de reprise de ces désordres en le fixant à la somme de 4 764 euros toutes taxes comprises, ainsi que le propose l'expert, sans que ce montant doive être actualisé ainsi que la commune de Bonvillers le soutient, dès lors que cette dernière a été en mesure de remédier aux désordres dès la remise du rapport de l'expert qui en définit la cause et l'étendue.
En ce qui concerne les désordres affectant le plateau surélevé dit " point n° 5 " sis rue Behaize :
9. Il résulte de l'instruction que si des problèmes d'écoulement des eaux de pluie, de fixation des grilles de caniveau et de désagrégation de l'enrobé ont été constatés aux abords du plateau surélevé dit " point n° 5 " sis rue Behaize, des travaux de reprises ont été effectués suite à la signature du protocole d'accord du 31 août 2016 par la SARL Constant Roussel et la SARL MCOI qui ont permis d'assurer une évacuation adaptée des eaux. Par ailleurs, il ne résulte pas de l'instruction que les désordres restants soient de nature à compromettre la solidité de l'ouvrage ou à le rendre impropre à sa destination dans un délai prévisible. Dans ces conditions, la commune de Bonvillers n'est pas fondée à rechercher la responsabilité décennale de la SARL Constant Roussel et de la SARL MCOI en raison de ces désordres.
En ce qui concerne les désordres affectant la chicane dite " point n° 6 " sis à l'entrée de la commune côté Chepoix :
10. Il est constant qu'un affaissement et un faïençage de l'enrobé ainsi que l'absence de jonction entre l'enrobé et la bordure de la route ont été constatés aux abords de la chicane dite
" point n° 6 " sis à l'entrée de la commune côté Chepoix. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction que ces désordres soient de nature à compromettre la solidité de l'ouvrage ou à le rendre impropre à sa destination dans un délai prévisible alors qu'il n'est ni allégué ni établi qu'ils empêchent le trafic automobile ou puissent entrainer une dégradation plus importante de la chaussée. Dans ces conditions, la commune de Bonvillers n'est pas fondée à rechercher la responsabilité décennale de la SARL Constant Roussel et de la SARL MCOI en raison de ces désordres.
En ce qui concerne les désordres affectant la chicane dite " point n° 2 " sis rue de l'Eglise :
11. En premier lieu, il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise du
3 mai 2021, qu'aux abords de la chicane dite " point n° 2 " sis rue de l'Eglise, les grilles sur le caniveau ne sont pas fixées et se situent au-dessus du niveau de la chaussée, les caniveaux sont partiellement brisés et que l'enrobé de la chaussée se désagrège au niveau du contact avec le caniveau.
12. En second lieu, il résulte de l'instruction que la SARL Constant Roussel admet être à l'origine de ces désordres, dont le caractère décennal n'est pas contesté, qu'elle se propose d'indemniser à hauteur de 2 094 euros toutes taxes comprises, somme demandée par la commune de Bonvillers et retenue par l'expert. Par ailleurs, il est constant que la SARL MCOI a participé à la réalisation de cet ouvrage. Dans ces conditions, la commune de Bonvillers est fondée à soutenir que ces désordres sont imputables à ces deux sociétés et engagent leur responsabilité solidaire sur le fondement de la garantie décennale à hauteur de 2 094 euros toutes taxes comprises, sans que ce montant doive être actualisé ainsi que le demande la commune de Bonvillers, dès lors que cette dernière a été en mesure de remédier aux désordres dès la remise du rapport de l'expert qui en définit la cause et l'étendue.
En ce qui concerne les troubles de la jouissance :
13. Il ne résulte pas de l'instruction que la commune de Bonvillers ait subi un préjudice en raison des troubles de la jouissance de sa voirie résultant des désordres en litige alors qu'il n'est notamment pas établi que le trafic y ait été interrompu sur des périodes prolongées.
14. Il résulte de tout ce qui précède que la commune de Bonvillers est fondée à demander la condamnation solidaire de la SARL Constant Roussel et de la SARL MCOI à lui verser la somme de 6 858 euros toutes taxes comprises au titre de la réparation des désordres affectant les ouvrages objets du marché du 4 octobre 2013.
Sur les appels en garantie :
15. En premier lieu, il résulte de l'instruction et de ce qui a été dit aux points 6 à 8 que les désordres affectant le plateau surélevé dit " point n° 4 " sis rue du Puits Revel sont imputables à une conception fautive de l'ouvrage du maître d'œuvre, laquelle aurait dû toutefois être identifiée et corrigée par la SARL Constant Roussel, qui a également commis une faute dans l'exécution de ces travaux. Il sera fait une juste évaluation des responsabilités respectives en cause en condamnant la SARL Constant Roussel à garantir la SARL MCOI à hauteur de 40 % du montant de ces dommages, soit à hauteur de la somme de 1 905, 60 euros, et de condamner la SARL MCOI à garantir la SARL Constant Roussel à hauteur du reste, soit 2 858, 40 euros.
16. En second lieu, il résulte de l'instruction et de ce qui a été dit aux points 11 et 12 que les désordres affectant la chicane dite " point n° 2 " sis rue de l'Eglise sont exclusivement imputables à des fautes d'exécution de la SARL Constant Roussel. Il y a dès lors lieu de condamner cette dernière à garantir totalement la SARL MCOI de la condamnation prononcée à son encontre à ce titre, soit à hauteur de la somme de 2 094 euros
17. Il résulte de ce qui précède que la SARL Constant Roussel doit être condamnée à garantir la société MCOI des condamnations prononcées à son encontre à hauteur de
2 858, 40 euros et que la SARL MCOI doit être condamnée à garantir la SARL Constant Roussel des condamnations prononcées à son encontre à hauteur de 3 999, 60 euros.
Sur les frais de l'instance :
18. En premier lieu, il y a lieu, en application des dispositions de l'article R. 761-1 du code de justice administrative, de mettre les frais et honoraires d'expertise, liquidés et taxés, par ordonnance du président du tribunal administratif du 6 juillet 2021 à la somme totale de 4 000, 10 euros toutes taxes comprises pour les opérations confiées à M. A, à la charge solidaire et égale de la SARL Constant Roussel et de la SARL MCOI.
19. En second lieu, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soient mis à la charge de la commune de Bonvillers, qui n'est pas la partie perdante, les frais exposés par la SARL Constant Roussel et par la
SARL MCOI et non compris dans les dépens. En revanche, il convient, sur ce fondement, de mettre à la charge de la SARL Constant Roussel et de la SARL MCOI une somme de
1 500 euros au titre des frais exposés par la commune de Bonvillers et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La SARL Constant Roussel et la société MCOI sont condamnées solidairement à verser à la commune de Bonvillers une somme de 6 858 euros toutes taxes comprises.
Article 2 : La SARL Constant Roussel est condamnée à garantir la SARL MCOI à hauteur de 2 858, 40 euros.
Article 3 : La SARL MCOI est condamnée à garantir la SARL Constant Roussel à hauteur de 3 999, 60 euros.
Article 4 : La SARL Constant Roussel et la SARL MCOI verseront chacune une somme de 750 euros à la commune de Bonvillers sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Les frais d'expertise, taxés et liquidés à la somme de 4 000, 10 euros toutes taxes comprises sont mis à la charge solidaire, définitive et égale de la SARL Constant Roussel et de la SARL MCOI.
Article 6 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 7 : Le présent jugement sera notifié à la commune de Bonvillers, à la
SARL Constant Roussel et à la société MCOI.
Délibéré après l'audience du 24 mai 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Thérain, président,
- Mme Rondepierre, première conseillère,
- M. Richard, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 juillet 2023.
Le rapporteur,
signé
J. Richard
Le président,
signé
S. Thérain
La greffière,
signé
S. Chatellain
La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
No 2104244
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026