lundi 30 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2200142 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | JU2 |
| Avocat requérant | SCP CARBONNIER - LAMAZE-RASLE & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 13 janvier 2022 et
13 septembre 2023, la SAS SFIMO, représentée par Me Clémence, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères à laquelle elle a été assujettie au titre des années 2019 et 2020 à raison de ses locaux situés 9003 et 9005, rue Marcel Paul à Saint Quentin (Aisne) ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La SAS SFIMO soutient que le taux d'enlèvement des ordures ménagères voté pour 2019 et 2020 méconnaît les dispositions de l'article 1520 du code général des impôts en ce que les taux votés font ressortir un excédent manifestement disproportionné sans que ne puissent être prises en compte des dépenses d'administration générale forfaitairement déterminées et ne résultant pas d'une comptabilité analytique.
Par un mémoire en défense et un mémoire complémentaire, enregistrés les
13 juillet 2022 et 6 septembre 2024, la directrice départementale des finances publiques de la Somme conclut au rejet de la requête.
Elle considère que les conclusions de la requête ne sont pas fondées.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er février 2023, la communauté d'agglomération du Saint-Quentinois, représentée par Me Grand d'Esnon, conclut au rejet de la requête.
Elle considère que les conclusions de la requête ne sont pas fondées.
Vu les autres pièces du dossier.
Par une ordonnance du 21 août 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 18 septembre 2024 à 12 heures.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative ;
- le code général des collectivités territoriales.
Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. Truy, premier conseiller honoraire, pour statuer sur les litiges mentionnés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Truy ;
- les conclusions de M. Menet, rapporteur public ;
- les observations de Me Lescanne, se substituant à Me Grand d'Esnon, pour la communauté d'agglomération du Saint-Quentinois, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens.
Considérant ce qui suit :
1. Par la présente requête, la SAS SFIMO demande la décharge de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères (TEOM) à laquelle elle a été assujettie dans les rôles de la commune de Saint Quentin (Aisne) au titre des années 2019 et 2020, à raison de locaux dont elle est propriétaire aux 9003 et 9005, rue Marcel Paul dans cette commune.
Sur les conclusions en décharge :
2. La SAS SFIMO soulève, par voie d'exception à l'appui de ses conclusions en décharge, l'illégalité de la délibération par laquelle la communauté d'agglomération du
Saint-Quentinois a fixé le taux de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères pour les années 2019 et 2020, à raison du caractère manifestement excessif, selon elle, de ce taux.
3. Aux termes de l'article 1520 I du code général des impôts, applicable aux établissements publics de coopération intercommunale, dans sa rédaction applicable à l'imposition en cause : " Les communes qui assurent au moins la collecte des déchets des ménages peuvent instituer une taxe destinée à pourvoir aux dépenses du service de collecte et de traitement des déchets ménagers et des déchets mentionnés à l'article L. 2224-14 du code général des collectivités territoriales ainsi qu'aux dépenses directement liées à la définition et aux évaluations du programme local de prévention des déchets ménagers et assimilés mentionné à l'article L. 541-15-1 du code de l'environnement, dans la mesure où celles-ci ne sont pas couvertes par des recettes ordinaires n'ayant pas le caractère fiscal () ".
4. La taxe d'enlèvement des ordures ménagères susceptible d'être instituée sur le fondement de ces dispositions n'a pas le caractère d'un prélèvement opéré sur les contribuables en vue de pourvoir à l'ensemble des dépenses budgétaires, mais a exclusivement pour objet de couvrir les dépenses exposées par la commune ou l'établissement de coopération intercommunale compétent pour assurer l'enlèvement et le traitement des ordures ménagères et des déchets mentionnés à l'article L. 2224-14 du code général des collectivités territoriales et non couvertes par des recettes non fiscales affectées à ces opérations. Il s'ensuit que le produit de cette taxe et, par voie de conséquence, son taux, ne doivent pas être manifestement disproportionnés par rapport au montant des dépenses exposées pour ce service, déduction faite, le cas échéant, du montant des recettes non fiscales de la section de fonctionnement, telles qu'elles sont définies par les articles L. 2331-2 et L. 2331-4 du code général des collectivités territoriales, relatives à ces opérations.
5. Les dépenses susceptibles d'être prises en compte sont constituées de la somme de toutes les dépenses de fonctionnement réelles exposées pour le service public de collecte et de traitement des déchets ménagers et des déchets mentionnés à l'article L. 2224-14 du code général des collectivités territoriales, comprenant notamment les coûts de structure et des dotations aux amortissements des immobilisations qui lui sont affectées, telle qu'elle peut être estimée à la date du vote de la délibération fixant le taux de la taxe. Peuvent être incluses dans les dépenses de fonctionnement à prendre en compte au titre du service public de collecte et de traitement des déchets ménagers, celles correspondant à une quote-part du coût des directions ou services transversaux centraux de la collectivité, calculée au moyen d'une comptabilité analytique permettant, par différentes clés de répartition, d'identifier avec suffisamment de précision les dépenses qui, parmi celles liées à l'administration générale de la collectivité, peuvent être regardées comme ayant été directement exposées pour les besoins de ce service.
6. Il résulte de ce qui précède qu'il appartient au juge de l'impôt, pour apprécier la légalité d'une délibération fixant le taux de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères, que la collectivité ait ou non institué la redevance spéciale prévue par l'article L. 2333-78 du code général des collectivités territoriales et quel qu'en soit le produit, de rechercher si le produit de la taxe, tel qu'estimé à la date de l'adoption de la délibération, n'est pas manifestement disproportionné par rapport au coût de collecte et de traitement des seuls déchets ménagers, tel qu'il pouvait être estimé à cette même date, non couvert par les recettes non fiscales affectées à ces opérations, c'est-à-dire n'incluant pas le produit de la redevance spéciale lorsque celle-ci a été instituée. Lorsque le contribuable se prévaut, à l'appui de sa contestation de la légalité de cette délibération, de ce que les éléments retracés dans le compte administratif ou le rapport annuel relatif au service public d'élimination des ordures ménagères établis à l'issue de l'année en litige font apparaître que le produit constaté de la taxe excède manifestement le montant constaté des dépenses d'enlèvement et de traitement des ordures ménagères non couvertes par des recettes non fiscales, il appartient au juge de rechercher, au besoin en mettant en cause l'administration et en ordonnant un supplément d'instruction, si les données prévisionnelles au vu desquelles la délibération a été prise diffèrent sensiblement de celles, constatées a posteriori, sur lesquelles le requérant fonde son argumentation.
7. Il résulte de l'instruction et particulièrement des budgets primitifs de la communauté d'agglomération du Saint-Quentinois qu'en 2019 et 2020 le montant estimé du coût global du service de collecte et de traitement des déchets ménagers ou assimilés est évalué aux sommes respectivement de 10 034 654 et 9 696 494 euros auxquelles s'ajoutent les sommes respectivement de 179 940 euros au titre des dotations aux amortissements. La communauté d'agglomération du Saint-Quentinois a produit la liste exhaustive des charges d'administration générale ou des services transversaux de la collectivité exposées pour le service public de collecte et de traitement des déchets à hauteur des sommes respectivement de 1 285 753 et 1 871 839 euros. Ces éléments identifiés précisément et de manière exhaustive suffisent pour justifier leur rattachement au titre de l'estimation des dépenses du service qui s'élèvent par suite aux sommes globales respectivement de 11 500 347 et 11 748 273 euros.
8. Les recettes non fiscales, incluant le montant de la redevance spéciale, s'élèvent pour leur part respectivement à 968 500 et 1 118 500 euros. Dès lors, le montant de dépenses de fonctionnement relatives aux déchets ménagers ou assimilés non couvertes par des recettes non fiscales s'élève respectivement à 10 531 847 et 10 629 773 euros. Ainsi, le produit attendu de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères, qui s'élève respectivement à 11 900 000 euros compte tenu du taux fixé respectivement à 14,28 % et 14,25 % par les délibérations dont la légalité est contestée, excède de respectivement 12,99 % et 11,95 % seulement le montant des charges qu'elle a vocation à couvrir. Par suite, les taux fixés ne peuvent être regardés comme manifestement disproportionnés et les conclusions à fin de décharge au titre des cotisations de TEOM au titre des années 2019 et 2020 ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
9. Aux termes des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens () ".
10. L'Etat n'étant pas, dans la présente instance, la partie perdante, les conclusions de la SAS SFIMO présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SAS SFIMO est rejetée.
Article 2 : le présent jugement sera notifié à la SAS SFIMO, à la directrice départementale des finances publiques de la Somme et à la communauté d'agglomération du Saint-Quentinois.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 décembre 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
G. TruyLa greffière,
Signé
F. Joly
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026