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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2200636

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2200636

mercredi 11 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2200636
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal administratif d'Amiens a été saisi pour liquider une astreinte de 500 euros par mois prononcée le 22 juin 2022 à l'encontre de la préfète de l'Oise, qui devait reloger M. A avant le 1er septembre 2022. La préfète a justifié du relogement de l'intéressé à compter du 14 mars 2023, soit après le délai imparti. En application de l'article R. 778-8 du code de justice administrative, le tribunal a estimé qu'il n'y avait pas lieu de liquider l'astreinte, eu égard aux versements semestriels déjà effectués par l'administration et aux circonstances de l'espèce. La décision constate l'exécution tardive mais refuse de prononcer une sanction financière définitive.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance n° 2200636 en date du 22 juin 2022, le tribunal administratif d'Amiens a enjoint à la préfète de l'Oise d'attribuer à M. B A un logement répondant à ses besoins et à ses capacités avant le 1er septembre 2022, sous astreinte destinée au fonds national d'accompagnement vers et dans le logement de 500 euros par mois de retard à compter de cette date.

Par un mémoire enregistré le 29 juin 2023, la préfète de l'Oise a informé le tribunal du relogement de M. A, à compter du 14 mars 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 778-8 du code de justice administrative : " Lorsque le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné à cet effet constate, d'office ou sur la saisine du requérant, que l'injonction prononcée n'a pas été exécutée, il procède à la liquidation de l'astreinte en faveur du fonds prévu à l'article L. 300-2 du code de la construction et de l'habitation. / Le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné à cet effet peut statuer par ordonnance, dans les conditions prévues par le chapitre II du titre IV du livre VII du présent code, après avoir invité les parties à présenter leurs observations sur l'exécution de l'injonction prononcée. / Il liquide l'astreinte en tenant compte de la période pendant laquelle, postérieurement à l'expiration du délai imparti par le jugement, l'injonction est demeurée inexécutée par le fait de l'administration. Il peut, eu égard aux circonstances de l'espèce, modérer le montant dû par l'Etat voire, à titre exceptionnel, déclarer qu'il n'y a pas lieu de liquider l'astreinte. ".

2. Par une ordonnance en date du 22 juin 2022, le tribunal administratif d'Amiens a, en application de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation, prononcé à l'encontre de la préfète de l'Oise, une astreinte de 500 euros par mois de retard, destinée au fonds national d'accompagnement vers et dans le logement, si elle ne justifiait pas avoir exécuté, avant le 1er septembre 2022, l'injonction qui lui était faite par cette décision d'assurer le logement de M. A.

3. Par un mémoire enregistré le 29 juin 2023, la préfète de l'Oise a indiqué au tribunal qu'un logement de type 5 situé au 1 square Gustave Charpentier à Compiègne (60200) avait été attribué à M. A à compter du 14 mars 2023. Cette lettre a été adressée par voie dématérialisée à M. A qui, en vertu des dispositions de l'article R. 611-8-6 du code de justice administrative, est réputé en avoir pris connaissance dans un délai de deux jours ouvrés à compter de la date de sa mise à disposition, intervenue le 4 juillet 2023. Ainsi, la préfète de l'Oise justifie avoir assuré le logement de M. A et exécuté l'ordonnance susvisée du 22 juin 2022. Toutefois, même si cette exécution n'est pas intervenue dans le délai imparti par ledit jugement, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, eu égard au versement semestriel effectué par la préfète de l'Oise, et ainsi que le permettent les dispositions précitées de l'article R. 778-8 du code de justice administrative, de procéder à la liquidation de l'astreinte.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu, à titre définitif, de liquider l'astreinte prononcée à l'encontre de la préfète de l'Oise par l'ordonnance n° 2200636 du 22 juin 2022.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, à la préfète de l'Oise et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.

Fait à Amiens le 11 septembre 2024.

La présidente,

Signé

F. Demurger

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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