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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2200689

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2200689

vendredi 30 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2200689
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantCABINET D'AVOCATS THALAMAS LACLAU

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 24 février et 10 août 2022 sous le n° 2200689, la société RBS, représentée par Me Laclau, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 24 mars 2021 par laquelle la direction départementale des finances publiques de l'Oise lui a refusé l'attribution de l'aide du fonds de solidarité institué par l'ordonnance du 25 mars 2020 au titre du mois de janvier 2021 ;

2°) d'annuler la décision du 19 mai 2021 par laquelle la direction départementale des finances publiques de l'Oise lui a refusé l'attribution de l'aide du fonds de solidarité institué par l'ordonnance du 25 mars 2020 au titre du mois de février 2021 ;

3°) d'annuler la décision du 19 mai 2021 par laquelle la direction départementale des finances publiques de l'Oise lui a refusé l'attribution de l'aide du fonds de solidarité institué par l'ordonnance du 25 mars 2020 au titre du mois de mars 2021 ;

4°) d'annuler la décision du 5 juillet 2021 par laquelle la direction départementale des finances publiques de l'Oise lui a refusé l'attribution de l'aide du fonds de solidarité institué par l'ordonnance du 25 mars 2020 au titre du mois d'avril 2021 ;

5°) de condamner l'Etat à lui verser au titre du mois de janvier 2021, à titre principal, une somme de 24 221 euros correspondant à l'aide calculée sur la base des dispositions du I. B. de l'article 3-19 du décret du 30 mars 2020 ou, à titre subsidiaire, une somme de 18 165 euros correspondant à l'aide calculée sur la base des dispositions du I. C. du même article ;

6°) de condamner l'Etat à lui verser au titre du mois de février 2021, une somme de

24 221 euros correspondant à l'aide calculée sur la base des dispositions du I. B. de l'article 3-22 du décret du 30 mars 2020 ;

7°) de condamner l'Etat à lui verser au titre du mois de mars 2021, une somme de

24 221 euros correspondant à l'aide calculée sur la base des dispositions du I. B. de l'article 3-24 du décret du 30 mars 2020 ;

8°) de condamner l'Etat à lui verser au titre du mois d'avril 2021, une somme de

24 221 euros correspondant à l'aide calculée sur la base des dispositions du I. B. de l'article 3-26 du décret du 30 mars 2020 ;

9°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- les décisions attaquées sont entachées d'incompétences en l'absence de délégation de signature au profit de son signataire ;

- à titre principal, elle est fondée à solliciter l'octroi de l'aide pour les mois de janvier, février, mars et avril 2021, dès lors que son activité principale a fait l'objet d'une interdiction d'accueil au public ;

- contrairement au mois de janvier 2021, les critères du 1° du -A du I. des articles 3-22, 3-24 et 3-26 pour les mois de février, mars et avril 2021 ne renvoient pas à la notion d'activité principale ;

- pour ces raisons, l'administration ajoute le critère d'activité principale alors que celui-ci n'est pas prévu par le décret, en se fondant sur une " FAQ " entachée d'incompétence de son auteur ;

- l'activité principale d'une entreprise n'est pas celle correspondant au chiffre d'affaires le plus important ;

- à titre subsidiaire, elle est fondée à solliciter l'octroi de l'aide pour le mois de janvier 2021, en ce que son activité principale ressort du 10 de l'annexe 1 du décret, en l'occurrence l'activité de " débit de boissons " et qu'elle a perdu au moins 50 % de son chiffre d'affaires, dès lors que ledit décret n'opère pas de distinction entre les débits de boissons sur place et à emporter.

Par ordonnance du 11 août 2022, la clôture de l'instruction a été fixée en dernier lieu au 29 août 2022 à 12 heures.

La SARL RBS a produit un mémoire le 15 septembre 2022.

II. Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 24 février et 10 août 2022 sous le n° 2200690, la SARL RBS, représentée par Me Laclau, demande au tribunal :

1°) à titre principal, de condamner l'Etat, sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, à lui verser une provision de 96 884 euros correspondant aux aides pour les mois de janvier, février, mars et avril 2021 au titre du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques de la propagation de l'épidémie de covid-19 ;

2°) à titre subsidiaire, de condamner l'Etat, sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, à lui verser une provision de 18 165 euros correspondant à l'aide pour le mois de janvier 2021 au titre du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques de la propagation de l'épidémie de covid-19 ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la créance dont elle se prévaut n'est pas sérieusement contestable, dès lors que sa situation répond aux conditions posées par les articles 3-19, 3-22, 3-24 et 3-26 du décret du 30 mars 2020 ;

- elle satisfait aux conditions posées par le décret du 30 mars 2020, dès lors que son activité principale doit être regardée comme étant une activité de débit de boissons ayant fait l'objet d'une interdiction d'accueil au public ;

- l'activité principale d'une entreprise n'est pas celle correspondant au chiffre d'affaires le plus important mais, selon la doctrine de l'administration fiscale, l'activité à laquelle le contribuable consacre le plus de temps effectif même si elle ne produit pas l'essentiel de ses revenus ;

- même si le chiffre d'affaires de l'activité de vente de boissons à emporter est prépondérant, le taux de marge sur les ventes effectuées au bar ainsi que les surfaces affectées au bar sont plus importants ;

- à supposer qu'elle n'exerce pas une activité de bar, elle est titulaire d'une licence de débit de boissons ;

- contrairement au mois de janvier 2021, les critères du 1° du -A du I. des articles 3-22, 3-24 et 3-26 pour les mois de février, mars et avril 2021 ne renvoient pas à la notion d'activité principale ;

- pour ces raisons, l'administration ajoute le critère d'activité principale alors que celui-ci n'est pas prévu par le décret, en se fondant sur une " FAQ " entachée d'incompétence de son auteur ;

- elle est un débit de boissons, dès lors que le décret n'opère pas de distinction entre les débits de boissons sur place et à emporter.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 5 août, 12 août et 13 septembre 2022, la direction départementale des finances publiques de l'Oise conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- l'ordonnance n° 2020-317 du 25 mars 2020 ;

- le décret n° 2020-371 du 30 mars 2020 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendu, au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Thérain, président-rapporteur,

- les conclusions de Mme Minet, rapporteure publique,

- et les observations de Me Tesseyre, représentant la société requérante.

Considérant ce qui suit :

1. La SARL RBS, exploite sous l'enseigne "V and B" un établissement de vente de boissons alcoolisées à consommer sur place, à emporter et à l'extérieur lors d'évènements divers. Elle a sollicité le versement de l'aide exceptionnelle pour les mois de janvier, février, mars et avril 2021 au titre du fonds de solidarité, institué à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19. Par des décisions des 24 mars, 19 mai, 19 mai et 5 juillet 2021, dont la société requérante demande l'annulation aux termes de sa requête n° 2200689, l'administration fiscale a refusé de faire droit à ces demandes. Aux termes de sa requête n° 2200690, la SARL RBS demande au tribunal de condamner l'Etat, sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, à lui verser, à titre principal, une provision d'un montant de 96 884 euros correspondant au montant total des aides exceptionnelles refusées pour les mois de janvier, février, mars et avril 2021 et, à titre subsidiaire, une provision d'un montant de 18 165 euros correspondant au montant total de l'aide exceptionnelle refusée pour le mois de janvier 2021.

2. Les requêtes nos 2200689 et 2200690 présentées par la SARL RBS présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

Sur la requête n° 2200689 :

En ce qui concerne les conclusions à fin d'annulation :

3. Aux termes de l'article 5 du décret n° 2020-371 du 30 mars 2020 : " Le directeur général des finances publiques est chargé de la gestion du fonds. Il est chargé de l'ordonnancement des aides financières prévues par le présent décret, à l'exception de celle mentionnée à l'article 4 et de son complément prévu à l'article 4-1 et de la définition des modalités de contrôle de l'exactitude des déclarations des demandeurs () ".

4. Il ressort des pièces du dossier que les décisions attaquées des 24 mars, 19 mai,

19 mai et 5 juillet 2021 refusant d'accorder à la SARL RBS les aides exceptionnelles qu'elle a sollicitées, ont été souscrites par des agents de l'administration fiscale dont il ne ressort d'aucune pièce du dossier qu'ils aient reçu délégation de signature à cet effet du directeur général des finances publiques. Dans ces conditions, la société requérante est fondée à soutenir qu'elles sont entachées d'incompétence et à demander, pour ce motif et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens qu'elle présente à l'appui de ses conclusions, leur annulation.

En ce qui concerne les conclusions à fin de condamnation :

S'agissant de la recevabilité des conclusions présentées sur le fondement du 1° du A du I. de l'article 3-19 du décret du 30 mars 2020 pour le mois de janvier 2021 :

5. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " () Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle () ".

6. Malgré la demande la demande de régularisation qui lui a été envoyée par courrier du 5 septembre 2022, la SARL RBS n'a pas régularisé dans le délai qui lui était imparti l'absence d'une demande préalable sur le fondement du 1° du A du I. de l'article 3-19 du décret du

30 mars 2020 pour le mois de janvier 2021, alors que sa demande d'aide ne portait pas sur ce fondement. Par suite, ses conclusions indemnitaires présentées à ce titre sont irrecevables et doivent être rejetées.

S'agissant des autres conclusions :

7. D'une part, aux termes de l'article 1er de l'ordonnance du 25 mars 2020 portant création d'un fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 et des mesures prises pour limiter cette propagation, dans sa rédaction applicable au litige : " Il est institué, jusqu'au 16 février 2021, un fonds de solidarité ayant pour objet le versement d'aides financières aux personnes physiques et morales de droit privé exerçant une activité économique particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation du covid-19 et des mesures prises pour en limiter la propagation () ". L'article 3 de la même ordonnance dispose : " Un décret fixe le champ d'application du dispositif, les conditions d'éligibilité et d'attribution des aides, leur montant ainsi que les conditions de fonctionnement et de gestion du fonds () ".

8. D'autre part, aux termes de l'article 3-19 du décret n° 2020-371 du 30 mars 2020 : " I.-A.-Les entreprises mentionnées à l'article 1er du présent décret, n'ayant pas fait l'objet d'un arrêté pris par le préfet de département ordonnant la fermeture de l'entreprise en application du troisième alinéa de l'article 29 du décret du 29 octobre 2020 susvisé, bénéficient d'aides financières prenant la forme de subventions destinées à compenser la perte de chiffre d'affaires subie au cours du mois de janvier 2021, lorsqu'elles remplissent les conditions suivantes : / 1° Leur activité principale a fait l'objet d'une interdiction d'accueil du public sans interruption du 1er janvier 2021 au 31 janvier 2021 ; / 2° Ou elles ont subi une perte de chiffre d'affaires d'au moins 50 % durant la période comprise entre le 1er janvier 2021 et le 31 janvier 2021 et elles appartiennent à l'une des trois catégories suivantes : / a) Elles exercent leur activité principale dans un secteur mentionné à l'annexe 1 dans sa rédaction en vigueur au 10 février 2021 ; () ". L'article 3-22 du décret prévoit que : " I.-A.-Les entreprises mentionnées à l'article 1er du présent décret, n'ayant pas fait l'objet d'un arrêté pris par le préfet de département ordonnant la fermeture de l'entreprise en application du troisième alinéa de l'article 29 du décret du 29 octobre 2020 susvisé, bénéficient d'aides financières prenant la forme de subventions destinées à compenser la perte de chiffre d'affaires subie au cours du mois de février 2021, lorsqu'elles remplissent les conditions suivantes : / 1° Elles ont fait l'objet d'une interdiction d'accueil du public sans interruption du 1er février 2021 au 28 février 2021 et ont subi une perte de chiffre d'affaires, y compris le chiffre d'affaires réalisé sur les activités de vente à distance, avec retrait en magasin ou livraison, ou sur les activités de vente à emporter, d'au moins 20 % durant la période comprise entre le 1er février 2021 et le 28 février 2021 ; () ". Selon l'article 3-24 du même décret : " I.-A.-Les entreprises mentionnées à l'article 1er du présent décret, n'ayant pas fait l'objet d'un arrêté pris par le préfet de département ordonnant la fermeture de l'entreprise en application du troisième alinéa de l'article 29 du décret du 16 octobre 2020 susvisé ou du troisième alinéa de l'article 29 du décret du 29 octobre 2020 précité, bénéficient d'aides financières prenant la forme de subventions destinées à compenser la perte de chiffre d'affaires subie au cours du mois de mars 2021, lorsqu'elles remplissent les conditions suivantes : / 1° Elles ont fait l'objet : / a) D'une interdiction d'accueil du public sans interruption du 1er mars 2021 au 31 mars 2021 et ont subi une perte de chiffre d'affaires, y compris le chiffre d'affaires réalisé sur les activités de vente à distance, avec retrait en magasin ou livraison, ou sur les activités de vente à emporter, d'au moins 20 % durant la période comprise entre le 1er mars 2021 et le 31 mars 2021 ; () ". Enfin, l'article 3-26 du décret prévoit que : " I.-A.-Les entreprises mentionnées à l'article 1er du présent décret, n'ayant pas fait l'objet d'un arrêté pris par le préfet de département ordonnant la fermeture de l'entreprise en application du troisième alinéa de l'article 29 du décret du 16 octobre 2020 précité ou du troisième alinéa de l'article 29 du décret du 29 octobre 2020 précité, bénéficient d'aides financières prenant la forme de subventions destinées à compenser la perte de chiffre d'affaires subie au cours du mois d'avril 2021, lorsqu'elles remplissent les conditions suivantes : / 1° Elles ont fait l'objet : / a) D'une interdiction d'accueil du public sans interruption du 1er avril 2021 au 30 avril 2021 et ont subi une perte de chiffre d'affaires, y compris le chiffre d'affaires réalisé sur les activités de vente à distance, avec retrait en magasin ou livraison, ou sur les activités de vente à emporter, d'au moins 20 % durant la période comprise entre le 1er avril 2021 et le 30 avril 2021 ; () ". L'annexe 1 mentionne en son 10 le secteur de " débits de boissons ".

9. Il résulte des dispositions précitées que l'éligibilité au bénéfice de l'aide financière exceptionnelle sollicitée par la société requérante est subordonnée à la condition tenant, d'une part, à une mesure d'interdiction d'accueil du public pour son activité principale ou à une perte de chiffre d'affaires d'au moins 50 % pour le mois de janvier 2021 et, d'autre part, à une mesure d'interdiction d'accueil au public avec une perte de chiffre d'affaires de 20 % ou une perte de chiffre d'affaires d'au moins 50 % pour les mois de février, mars et avril 2021.

10. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que la société requérante a subi une perte de chiffre d'affaires supérieure à 20 % pour les mois de février, mars et avril 2021, pour lesquels son activité de bar a fait l'objet d'une interdiction d'accueil du public. L'activité de bar de la SARL RBS ne pouvant être qualifiée de résiduelle au regard du chiffre d'affaires qu'elle produit, la société requérante est par voie de conséquence fondée à solliciter l'octroi d'une aide exceptionnelle sur le fondement du 1° du A du I. des articles 3-22, 3-24 et 3-26 du décret du

30 mars 2020 au titre des mois de février, mars et avril 2021.

11. En second lieu, aux termes de l'article L. 3331-1 du code de la santé publique : " Les débits de boissons à consommer sur place sont répartis en deux catégories selon l'étendue de la licence dont ils sont assortis () ". L'article L. 3331-3 de ce code prévoit que : " Les établissements titulaires d'une licence à consommer sur place ou d'une licence de restaurant peuvent vendre pour emporter les boissons correspondant à la catégorie de leur licence. / Les autres débits de boissons à emporter doivent, pour vendre des boissons alcooliques, être pourvus de l'une des deux catégories de licences ci-après () ". Par ailleurs, selon l'article 502 du code général des impôts : " Toute personne se livrant à la vente au détail de boissons ne provenant pas de sa récolte exerce son activité en qualité de débitant de boissons et est soumise à la législation des contributions indirectes. () ".

12. Il résulte des dispositions précitées que tout établissement dans lequel sont vendues des boissons, destinées tant à être consommées sur place qu'à être emportées, doit être qualifiée de débit de boissons. Dans ces conditions, en admettant même que l'activité principale de la SARL RBS soit la vente de boissons à emporter et non la vente de boissons à consommer sur place, ces activités correspondent en tout état de cause au secteur d'activité " débits de boissons ". Il s'ensuit que l'activité principale de la société requérante relève bien du secteur du 10 de la liste en annexe 1 du décret du 30 mars 2020. Dans ces conditions, la demande d'aide exceptionnelle présentée au titre du 2° du A du I. de l'article 3-19 du décret du 30 mars 2020 pour le mois de janvier 2021 est fondée, dès lors qu'il ressort des pièces du dossier que la société requérante a fait l'objet d'une perte d'au moins 50 % de son chiffre d'affaires.

S'agissant du montant des indemnités dues :

13. Aux termes du C du I de l'article 3-19 du décret du 30 mars 2020 : " Les entreprises mentionnées au a du 2° du A du I perçoivent une subvention dans les conditions suivantes : / () 2° si elles ont subi une perte de chiffre d'affaires inférieure ou égale à 70 %, le montant de la subvention est égal soit au montant de la perte de chiffre d'affaires dans la limite de 10 000 euros soit à 15 % du chiffre d'affaires de référence mentionné au IV du présent article () ". Aux termes du B du I des articles 3-22, 3-24 et 3-26 du même décret : " Les entreprises mentionnées au 1° du A du I perçoivent une subvention égale soit au montant de la perte de chiffre d'affaires dans la limite de 10 000 euros soit à 20 % du chiffre d'affaires de référence mentionné au IV du présent article. Les entreprises bénéficient de l'option qui est la plus favorable ".

14. Il ressort des pièces du dossier que par une décision du 29 mars 2021, la direction départementale des finances publiques a versée à la SARL RBS une somme de 1 500 euros au titre du mois de janvier 2021 et qu'il y a donc lieu, par voie de conséquence, de déduire cette somme de celle versée au titre de la condamnation sollicitée.

15. Il résulte de ce qui précède que l'Etat doit être condamné à verser à la SARL RBS une somme de 16 665 euros sur le fondement du 2° du A du I. de l'article 3-19 du décret du 30 mars 2020 au titre de la perte de chiffre d'affaires subie au cours du mois de janvier 2021, ainsi que la somme de 72 663 euros sur le fondement du 1° du A du I. des articles 3-22, 3-24 et 3-26 du même décret au titre de la perte de chiffre d'affaires subie en raison d'une interdiction d'accueil du public au cours des mois de février, mars et avril 2021, le surplus des conclusions aux fins de condamnation présentées par la société requérante devant en revanche être rejeté.

Sur la requête n° 2200690 :

16. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. () ".

17. Il résulte des dispositions de l'article R. 421-1 du code de justice administrative, qui sont applicables aux demandes de provision présentées sur le fondement des dispositions précitées, qu'en l'absence d'une décision de l'administration rejetant une demande formée devant elle par le requérant ou pour son compte, une requête tendant au paiement d'une provision d'une somme d'argent est irrecevable.

18. Il résulte de ce qui a été dit aux points 6, 10 et 12 que le présent jugement statue sur les conclusions aux fins de condamnation présentées par la SARL RBS et qu'il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête n° 2200690 tendant au versement d'une provision au même titre.

Sur les frais liés à l'instance :

19. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la SARL RBS et non compris dans les dépens sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin de provision de la requête n° 2200690.

Article 2 : Les décisions des 26 mars, 19 mai, 19 mai et 5 juillet 2021 de la direction départementale des finances publiques de l'Oise sont annulées.

Article 3 : L'Etat versera à la SARL RBS une somme de 16 665 euros au titre de l'aide sollicitée sur le fondement du 2° du A du I. de l'article 3-19 du décret du 30 mars 2020 pour le mois de janvier 2021.

Article 4 : L'Etat versera à la SARL RBS une somme de 72 663 euros au titre de l'aide sollicitée sur le fondement du 1° du A du I. des articles 3-22, 3-24 et 3-26 du décret du 30 mars 2020 pour les mois de février, mars et avril 2021.

Article 5 : L'Etat versera à la SARL RBS une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 6 : Le surplus des conclusions de la requête n° 2200689 est rejeté.

Article 7 : Le présent jugement sera notifié à la SARL RBS et à la direction départementale des finances publiques de l'Oise.

Délibéré après l'audience du 21 septembre 2022, à laquelle siégeaient :

- M. Thérain, président,

- Mme Rondepierre, première conseillère,

- M. Richard, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 décembre 2022.

Le président-rapporteur,

signé

S. Thérain

L'assesseur le plus ancien,

signé

A. RondepierreLa greffière,

signé

S. Chatellain

La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Nos 2200689 et 2200690

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TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

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