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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2200700

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2200700

jeudi 22 février 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2200700
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantSCP BEJIN - CAMUS - BELOT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 25 février 2022, M. B A, représenté par

la SCP Bejin-Camus-Belot, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquelles il a été assujetti au titre des années 2017, 2018 et 2019 et des pénalités correspondantes ;

2°) d'ordonner la restitution de ces impositions dans les conditions prévues par l'article L. 208 du livre des procédures fiscales.

Il soutient que :

- pour des raisons indépendantes de sa volonté, il ne peut justifier d'une attestation justifiant du nombre de jours travaillés de l'un de ses deux employeurs au titre de la période contrôlée et qu'il avait utilement suppléé cette carence en produisant ses bulletins de paie de la période ;

- ses fiches de paie établissent non seulement le nombre de jours travaillés mais également l'importance du kilométrage parcouru pendant la période ;

- il était fondé à recourir au barème fiscal pour établir ses frais réels.

Par un mémoire en défense enregistré le 25 mai 2022, la directrice départementale des finances publiques de la Somme conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Par courrier enregistré le 7 février 2024, postérieurement à la clôture d'instruction,

M. A a indiqué se désister de son instance. Ce courrier n'a pas été communiqué.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Menet, premier conseiller,

- et les conclusions de M. Beaujard, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, a fait l'objet d'un contrôle sur pièces de sa situation fiscale, à l'issue duquel l'administration fiscale l'a assujetti, selon la procédure de rectification contradictoire, a des cotisations supplémentaires d'impôts sur le revenu au titre des années 2017, 2018 et 2019. Par la présente requête, M. A demande au tribunal de le décharger de ces impositions supplémentaires et des pénalités correspondantes.

2. Aux termes de l'article 83 du code général des impôts : " Le montant net du revenu imposable est déterminé en déduisant du montant brut des sommes payées et des avantages en argent ou en nature accordés : () / 3° Les frais inhérents à la fonction ou à l'emploi lorsqu'ils ne sont pas couverts par des allocations spéciales. () / Les frais de déplacement de moins de quarante kilomètres entre le domicile et le lieu de travail sont admis, sur justificatifs, au titre des frais professionnels réels. Lorsque la distance est supérieure, la déduction admise porte sur les quarante premiers kilomètres, sauf circonstances particulières notamment liées à l'emploi justifiant une prise en compte complète. / Lorsque les bénéficiaires de traitements et salaires optent pour le régime des frais réels, l'évaluation des frais de déplacement, autres que les frais de péage, de garage ou de parking et d'intérêts annuels afférents à l'achat à crédit du véhicule utilisé, peut s'effectuer sur le fondement d'un barème forfaitaire fixé par arrêté du ministre chargé du budget en fonction de la puissance administrative du véhicule, retenue dans la limite maximale de sept chevaux, et de la distance annuelle parcourue. / Lorsque les bénéficiaires mentionnés au huitième alinéa ne font pas application dudit barème, les frais réels déductibles, autres que les frais de péage, de garage ou de parking et d'intérêts annuels afférents à l'achat à crédit du véhicule utilisé, ne peuvent excéder le montant qui serait admis en déduction en application du barème précité, à distance parcourue identique, pour un véhicule de la puissance administrative maximale retenue par le barème ". Il résulte de ces dispositions que, pour pouvoir déduire de son revenu imposable ses frais professionnels, le contribuable doit fournir des justifications suffisamment précises pour permettre d'en apprécier le montant et de vérifier qu'ils ont été effectivement exposés par lui à l'occasion de l'exercice de sa profession. Ainsi, il ne peut ni se borner à présenter un calcul théorique de ses frais ni faire état de dépenses sans établir qu'elles constituent une charge de sa fonction ou de son emploi et il doit également établir qu'il justifie de circonstances particulières. Si les contribuables peuvent avoir recours, pour calculer leurs frais de déplacement, au barème kilométrique forfaitaire établi par l'administration, ils ne sont fondés à le faire que s'ils déterminent avec une exactitude suffisante le nombre, l'importance et la nature professionnelle des déplacements correspondants.

3. Au titre de ses revenus des années 2017, 2018 et 2019, M. A a, en se fondant sur le barème forfaitaire issu de l'article 6 B de l'annexe IV au code général des impôts, déclaré des frais de déplacements entre son domicile et son travail à hauteur des sommes respectivement de 31 529 euros (189 trajets quotidiens de 416 kilomètres), 26 944 euros (148 trajets quotidiens de 454 kilomètres) et 17 533 euros (185 trajets de 234 kilomètres). Le service a remis en cause ces frais en relevant qu'ils n'étaient pas justifiés.

4. Durant la période contrôlée, M. A a travaillé pour un premier employeur du 1er mars 2017 au 29 mars 2019 et à compter du 1er avril 2019 pour un second employeur. Pour ces lieux de travail qui sont distants de plus de quarante kilomètres du domicile de M. A, l'intéressé n'a allégué ni justifié de la nécessité de maintenir son domicile à cette distance, ni d'aucune circonstance particulière notamment liée à l'emploi justifiant une prise en compte complète des frais de déplacement professionnel qu'il soutient avoir exposés. Par suite, ces éventuels frais ne sauraient être admis que dans la limite des quarante kilomètres prévue au 3o de l'article 83 du code général des impôts.

5. M. A, pour justifier du nombre de jours travaillés pour son premier employeur a fourni ses bulletins de paie. Si ces pièces permettent d'établir le nombre de jours d'absence au titre des congés de maladie ou ordinaire, elles n'établissent pas avec l'exactitude requise le nombre de jours au titre desquels M. A a effectivement fait des déplacements pour se rendre à son travail. Les jours de formation, les déplacements ou le télétravail sont par exemple des éléments qui ne peuvent apparaître sur ce type de pièces. La preuve du nombre et de la nature professionnelle des déplacements déclarés n'est ainsi pas rapportée.

6. M. A justifie par la production d'une attestation de son second employeur qu'entre le 1er avril 2019 et le 31 décembre 2019, il a dû se rendre à son travail durant 187 jours. La preuve du caractère professionnel des déplacements est rapportée mais pas leur importance dès lors que M. A a déclaré avoir utilisé deux véhicules de marque Mazda pour réaliser ses déplacements et produit à cet effet deux certificats d'immatriculation provisoire valables respectivement du 12 février 2015 au 11 mars 2015 et du 6 décembre 2017 au 5 janvier 2018. Aucun élément n'a été produit permettant d'établir que de telles distances ont pu effectivement être parcourues avec ces véhicules. Les pièces produites par M. A ne permettent en aucune manière de déterminer l'importance des déplacements professionnels réalisés à compter du 1er avril 2019.

7. Il s'ensuit que M. A n'est pas fondé à soutenir que le service a remis en cause à tort la déductibilité de ces frais réels déclarés et il en résulte que la requête de M. A doit être rejetée, y compris, en tout état de cause, les conclusions à fin de restitution des impositions contestées sur le fondement de l'article L. 208 du livre des procédures fiscales.

D É C I D E :

Article 1 er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la directrice départementale des finances publiques de la Somme.

Délibéré après l'audience du 8 février 2024, à laquelle siégeaient :

M. Boutou, président,

M. Menet, premier conseiller,

Mme Parisi, conseillère.

Rendu public par mise à disposition le 22 février 2024.

Le rapporteur,

Signé

M. Menet

Le président,

Signé

B. Boutou La greffière,

Signé

A. Ribière

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 2200700

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