mercredi 3 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2200802 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | INGELAERE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 3 mars 2022 et
24 janvier 2023, Mme B A, représentée par Me Ingelaere, demande au tribunal :
1°) de condamner le service départemental d'incendie et de secours de l'Oise à lui verser la somme de 20 000 euros en réparation des préjudices matériel et moral qu'elle a subis à raison de l'illégalité de l'arrêté du 9 février 2016 par lequel elle a été reclassée dans le grade de rédacteur territorial de 1ère classe ;
2°) d'enjoindre au président du service départemental d'incendie et de secours de l'Oise de la réintégrer dans le grade d'infirmière cheffe de sapeurs-pompiers professionnels ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation sans délai, sous astreinte de 500 euros par semaine de retard ;
3°) de mettre à la charge du service départemental d'incendie et de secours de l'Oise une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa créance n'est pas prescrite ;
- l'arrêté du 9 février 2016 a été pris en méconnaissance de l'article 4 du décret du
30 septembre 1985 relatif au reclassement des fonctionnaires territoriaux reconnus inaptes à l'exercice de leurs fonctions dès lors, d'une part, qu'elle n'a pas été détachée préalablement dans le corps des rédacteurs territoriaux et, d'autre part, qu'elle n'a ni demandé ni accepté son intégration dans le corps des rédacteurs territoriaux ;
- l'illégalité de l'arrêté du 9 février 2016 lui a causé des préjudices matériel et moral à hauteur de 20 000 euros.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 27 octobre 2022 et 1er février 2023, le président du service départemental d'incendie et de secours de l'Oise conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- les conclusions à fin d'injonction présentées par Mme A sont irrecevables ;
- la créance de Mme A est prescrite depuis le 31 décembre 2020 ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés ;
- les préjudices invoqués par Mme A sont sans lien de causalité avec l'illégalité de l'arrêté du 9 février 2016 dès lors que l'intéressée était inapte aux fonctions d'infirmière cheffe de sapeurs-pompiers professionnels et devait être reclassée, et que ces préjudices ont pour origine le classement en catégorie A de son ancien corps par le décret du 30 août 2016 portant statut particulier du cadre d'emplois des infirmiers de sapeurs-pompiers professionnels ;
- les préjudices invoqués par Mme A ne sont pas établis.
Par ordonnance du 26 janvier 2023, la clôture de l'instruction a été fixée en dernier lieu au 24 février 2023 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 68-1250 du 31 décembre 1968 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 85-1054 du 30 septembre 1985
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Richard, rapporteur,
- et les conclusions de Mme Minet, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Suite au constat de son inaptitude physique à exercer ses fonctions, Mme B A, infirmière cheffe de sapeurs-pompiers professionnels, a été reclassée au grade de rédacteur territorial de 1ère classe par un arrêté du 9 février 2016. Par un courrier du 14 décembre 2021, Mme A a demandé l'indemnisation des préjudices qu'elle a subis en raison de l'illégalité de cet arrêté au SDIS de l'Oise, qui a explicitement refusé le 7 janvier 2022.
Mme A demande au tribunal le versement de cette indemnité.
2. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article 81 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale : " Les fonctionnaires territoriaux reconnus, par suite d'altération de leur état physique, inaptes à l'exercice de leurs fonctions peuvent être reclassés dans les emplois d'un autre cadre d'emploi, emploi ou corps s'ils ont été déclarés en mesure de remplir les fonctions correspondantes. Le reclassement est subordonné à la présentation d'une demande par l'intéressé ". Aux termes de l'article 2 du décret du 30 septembre 1985 relatif au reclassement des fonctionnaires territoriaux reconnus inaptes à l'exercice de leurs fonctions : " Lorsque l'état physique d'un fonctionnaire territorial, sans lui interdire d'exercer toute activité, ne lui permet pas d'exercer des fonctions correspondant aux emplois de son grade, l'autorité territoriale ou le président du centre national de la fonction publique territoriale ou le président du centre de gestion, après avis du comité médical, invite l'intéressé soit à présenter une demande de détachement dans un emploi d'un autre corps ou cadres d'emplois, soit à demander le bénéfice des modalités de reclassement prévues à l'article 82 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ".
3. D'autre part, aux termes de l'article 4 du même décret : " La situation du fonctionnaire détaché dans un autre corps ou cadres d'emplois en raison d'une inaptitude temporaire à l'exercice des fonctions de son corps ou cadres d'emplois d'origine est réexaminée à l'issue de chaque période de détachement par le comité médical qui se prononce sur l'aptitude de l'intéressé à reprendre ses fonctions initiales. / Si l'inaptitude antérieurement constatée demeure, sans que son caractère définitif puisse être affirmé, le comité médical propose le maintien en détachement de l'intéressé. / Si après l'expiration d'un délai d'un an suivant le détachement, le comité médical constate que l'intéressé est définitivement inapte à reprendre ses fonctions dans son corps ou cadres d'emplois d'origine, le fonctionnaire est, sur sa demande, intégré dans le corps cadres d'emplois de détachement ".
4. Mme A, qui n'établit pas n'avoir été que temporairement inapte à l'exercice des fonctions correspondant aux emplois de son grade d'infirmière cheffe de sapeurs-pompiers professionnels alors que le comité médical a estimé qu'elle l'était définitivement dans son avis du 21 janvier 2016, ne peut utilement se prévaloir des dispositions précitées de l'article 4 du décret du 30 septembre 1985. Par ailleurs, il ne résulte pas des dispositions citées au point 2 que le reclassement d'un agent doive être obligatoirement précédé de son détachement. Dans ces conditions, Mme A n'est pas fondée à soutenir que l'arrêté du 9 février 2016 prononçant son reclassement est illégal dès lors qu'elle n'a pas été détachée au préalable.
5. En second lieu, il résulte de l'instruction qu'après avoir présenté, le 10 juin 2014, une lettre de démission de ses fonctions d'infirmière cheffe de sapeurs-pompiers professionnels, Mme A, qui servait d'ores et déjà dans un service administratif conformément aux préconisations de l'avis du comité médical du 21 janvier 2016, a demandé son reclassement par un courrier du 30 juin 2015 dans laquelle elle revenait sur l'impossibilité pour elle d'assurer les fonctions correspondant aux emplois de son grade. Dans ces conditions, l'intéressée n'est pas fondée à soutenir que l'arrêté du 9 février 2016 prononçant son reclassement est illégal dès lors dès lors qu'elle n'a ni demandé ni accepté son intégration dans le corps des rédacteurs territoriaux.
6. Il résulte de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à soutenir que l'arrêté du 9 février 2016 est entaché d'une illégalité de nature à engager la responsabilité du service départemental d'incendie et de secours de l'Oise. Par suite, ses conclusions indemnitaires doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin de statuer sur la prescription de la créance constituée par l'indemnité demandée. Enfin, ses conclusions à fin d'injonction et ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au service départemental d'incendie et de secours de l'Oise.
Délibéré après l'audience du 5 avril 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Thérain, président,
- Mme Rondepierre, première conseillère,
- M. Richard, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 mai 2023.
Le rapporteur,
signé
J. Richard
Le président,
signé
S. Thérain
La greffière,
signé
S. Chatellain
La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
No 220080
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026