jeudi 28 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2201065 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP BEJIN - CAMUS - BELOT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 25 mars 2022, M. A B, représenté par la SCP Bejin-Camus-Belot, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2019 et des pénalités correspondantes ;
2°) d'ordonner la restitution de ces impositions dans les conditions prévues par l'article L. 208 du livre des procédures fiscales.
Il soutient que :
- le service a méconnu les dispositions de l'article 1649 quater-0 B bis du code général des impôts et l'interprétation administrative de la loi fiscale BOI-IR-BASE-10-10-10-40 paragraphe 30 dès lors qu'il n'a pas eu la libre disposition au 31 décembre 2019 des espèces retrouvées à son domicile lors de la perquisition du 21 mai 2019 puisqu'elles avaient été saisies ;
- les fonds retrouvés à son domicile lui avaient été confiés par un tiers et il n'en avait pas la libre disposition de sorte qu'il ne pouvait être imposé à ce titre ;
- une partie des fonds qui lui avaient été confiés en 2018 ne pouvait être imposée au titre de l'année 2019 ;
- il a été condamné avec cinq autres personnes pour la détention de ces fonds de sorte que l'imposition aurait dû être répartie en six.
Par un mémoire en défense enregistré le 27 juin 2022, la directrice départementale des finances publiques de la Somme conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Menet, premier conseiller,
- et les conclusions de M. Beaujard, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Suivant un jugement du 16 mars 2021 du tribunal correctionnel de Saint-Quentin, M. B a été condamné à une peine de trois ans d'emprisonnement dont une année assortie d'un sursis probatoire pour avoir commis entre les 28 novembre 2018 et 21 mai 2019 des faits de transport, de détention, d'acquisition, d'offre ou cession non autorisés de stupéfiants et cela en état de récidive légale.
2. L'autorité judiciaire a informé l'administration fiscale, en application de l'article L. 101 du livre des procédures fiscales, des faits pour lesquels M. B a été condamné. L'intéressé, a fait l'objet d'un contrôle sur pièces de sa situation fiscale à l'issue duquel l'administration fiscale l'a assujetti, selon la procédure de rectification contradictoire, à des cotisations supplémentaires d'impôts sur le revenu et de prélèvements sociaux au titre de l'année 2019. Par la présente requête, M. B demande au tribunal de le décharger de ces impositions supplémentaires et des pénalités correspondantes.
Sur le principe de l'imposition :
En ce qui concerne la présomption de perception d'un revenu imposable au titre de l'année 2019 :
3. Aux termes de l'article 1649 quater-0 B bis du code général des impôts : " Lorsqu'il résulte des constatations de fait opérées dans le cadre d'une des procédures prévues aux articles 53,75 et 79 du code de procédure pénale et que l'administration fiscale est informée dans les conditions prévues aux articles L. 82 C, L. 101 ou L. 135 L du livre des procédures fiscales qu'une personne a eu la libre disposition d'une somme d'argent, produit direct d'une des infractions visées aux 2 ou 3 du présent article, cette personne est présumée, sauf preuve contraire appréciée dans le cadre des procédures prévues aux articles L. 10 et L. 12 de ce même livre, avoir perçu un revenu imposable égal au montant de cette somme au titre de l'année au cours de laquelle cette disposition a été constatée. / La présomption peut être combattue par tout moyen et procéder notamment de l'absence de libre disposition des sommes mentionnées au quatrième alinéa, du caractère non imposable de ces sommes ou du fait qu'elles ont été imposées au titre d'une autre année. / Lorsque plusieurs personnes ont la libre disposition des biens ou de la somme mentionnés respectivement au premier et au quatrième alinéas, la base du revenu imposable est, sauf preuve contraire, répartie proportionnellement entre ces personnes. / 2. Le 1 s'applique aux infractions suivantes : / a. crimes et délits de trafic de stupéfiants prévus par les articles 222-34 à 222-39 du code pénal ".
4. Il résulte de l'instruction que M. B a été mis en cause par plusieurs personnes comme se livrant à une activité de trafic de stupéfiants. Lors de sa garde à vue du 21 mai 2019, l'intéressé a contesté avoir commis de tels faits et a indiqué que la somme de 166 740 euros retrouvée en numéraires à son domicile lors de la perquisition réalisée ce même jour lui avait été confiée par un individu dont il ne voulait pas fournir l'identité. M. B a été condamné par le tribunal correctionnel de Saint-Quentin pour ces faits de transport, de détention, d'acquisition, d'offre ou cession non autorisés de stupéfiants et cela en état de récidive légale, le 16 mars 2021, sur le fondement des articles 222-34 à 222-39 du code pénal. Le tribunal a, par ailleurs, ordonné la confiscation des numéraires saisis lors de la perquisition au domicile de M. B.
5. Ces constatations de fait qui viennent au soutien de la condamnation pénale sont revêtues de l'autorité absolue de la chose jugée. Le service, au regard de ces constatations pénales, a, sur le fondement de l'article 1649 quater-0 B bis du code général des impôts, regardé la somme de 166 740 euros retrouvée au domicile de l'intéressé lors de la perquisition du 21 mai 2019 comme un revenu imposable au titre de l'année 2019.
En ce qui concerne la contestation de la libre disposition :
Quant à l'application de la loi fiscale :
6. M. B n'apporte aucun élément permettant de relever qu'il n'avait pas la libre disposition des fonds retrouvés à son domicile. L'allégation selon laquelle il n'aurait été que le dépositaire de ceux-ci n'est étayée d'aucune pièce. Le fait que les sommes ont, à la suite de la perquisition, été saisies par les enquêteurs, ne permet pas, rétroactivement comme le soutient le requérant, d'écarter le fait que M. B en a eu la libre disposition auparavant.
7. M. B soutient que, ayant été condamné pour une période de prévention du 28 novembre 2018 et 21 mai 2019, l'imposition en litige devait être répartie sur les années 2018 et 2019. Toutefois, il a été constaté que les sommes en litige étaient à la disposition de M. B le 21 mai 2019 de sorte que, conformément aux dispositions précitées, elles sont réputées constituer un revenu imposable de M. B au titre de cette même année.
8. M. B, qui n'apporte pas la preuve qui lui incombe de ce qu'il n'aurait pas eu la libre disposition des sommes saisies à son domicile à l'occasion de la procédure pénale, n'est pas fondé à soutenir que le service a méconnu les dispositions de l'article 1649 quater-0 B bis du code général des impôts en regardant la somme confisquée par l'autorité judiciaire comme un revenu disponible au titre de l'année 2019.
Quant à l'interprétation administrative de la loi fiscale :
9. M. B ne peut utilement, sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, soutenir que les impositions en litige méconnaissent les énonciations contenues au paragraphe 30 de l'instruction publiée au bulletin officiel des finances publiques - impôts publiée le 12 septembre 2012 sous la référence BOI-IR-BASE-10-10-10-40, dès lors que cette interprétation de la loi fiscale concerne les dispositions de l'article 156 du code général des impôts et non celles de l'article 1649 quater-0 B bis du code général des impôts, sur le fondement desquelles M. B a été imposé.
Sur la répartition de l'imposition :
10. Le requérant soutient qu'ayant été condamné aux côtés de cinq autres prévenus, la charge de l'imposition devait être répartie entre eux tous. Toutefois, M. B, qui n'apporte pas la preuve que les espèces retrouvées chez lui auraient été à la libre disposition d'une autre personne que lui-même, n'est pas fondé à soutenir que l'imposition en litige aurait dû être répartie entre les six prévenus.
11. Il résulte de tout ce qui précède que le service était fondé à imposer les sommes en litige sur le fondement de l'article 1649 quater-0 B bis du code général des impôts entre les mains de M. B. La requête doit dès lors être rejetée, y compris, en tout état de cause, les conclusions à fin de restitution des impositions contestées sur le fondement de l'article L. 208 du livre des procédures fiscales.
D É C I D E :
Article 1 er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la directrice départementale des finances publiques de la Somme.
Délibéré après l'audience du 14 mars 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Demurger, présidente,
Mme Pierre, première conseillère,
M. Menet, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition le 28 mars 2024.
Le rapporteur,
Signé
M. Menet
La présidente,
Signé
F. Demurger La greffière,
Signé
A. Ribière
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2201065
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026