lundi 22 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2201383 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | JU3 |
| Avocat requérant | BAZIN & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 avril 2022, ainsi qu'un mémoire enregistré le
9 février 2024 non communiqué, M. A B, représenté par Me Euvrard, demande au tribunal :
1°) de condamner le service départemental d'incendie et de secours de l'Aisne à lui verser une indemnité de 9 000 euros à titre de réparation des préjudices qu'il estime avoir subis du fait d'un dépassement du volume de travail maximal de 48 heures hebdomadaires au cours de certaines semaines des années 2013 à 2021 ;
2°) de mettre à la charge du service départemental d'incendie et de secours de l'Aisne la somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- en méconnaissance des dispositions combinées des articles L. 611-2 du code général de la fonction publique, 1er du décret n° 2001-623 du 12 juillet 2021, 3 du décret
n° 2000-815 du 25 août 2000 et 3 du décret n° 2001-1382 du 31 décembre 2021, le service départemental d'incendie et de secours de l'Aisne a commis une faute en programmant, à plusieurs reprises au cours des années antérieures, un nombre de gardes sur une même semaine qui conduit notamment à dépasser 48 heures de travail effectif sur une même semaine, y compris en appliquant la délibération du conseil d'administration du 8 décembre 2014 qui prévoit au titre d'un régime d'équivalence qu'une garde de 24 heures correspond à 17h06 heures de travail effectif ;
- les semaines durant lesquelles il a accumulé des heures de travail effectif en dépassement de la durée maximale de 48 heures sont détaillées dans sa demande indemnitaire préalable à laquelle il renvoie, et sont par ailleurs établies par des plannings qu'il produit au titre des années 2013 à 2021 : il a ainsi accompli, au titre des heures de travail effectif dépassant les 48 heures de travail effectif hebdomadaire, 54 heures en 2021, 50h06 en 2020, 40h12 en 2019, 33h42 en 2018, 56h42 en 2017, 60h42 en 2016, 45h48 en 2015, 51h58 en 2014 et 47h30 en 2013 ;
- il a subi un préjudice tiré du trouble dans ses conditions d'existence, de santé et de sécurité qu'il évalue à 1 000 euros pour chaque année concernée depuis 2013.
Par un mémoire en défense enregistré le 16 mars 2023, le service départemental d'incendie et de secours de l'Aisne, représenté par Me Poput, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. B la somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soulève à titre principal l'exception de prescription quadriennale à l'égard de la créance correspondant aux années 2013 à 2017 et soutient à titre subsidiaire que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 24 janvier 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au
12 février 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 2000-815 du 25 août 2000 ;
- le décret n° 2001-623 du 12 juillet 2001 ;
- le décret n° 2001-1382 du 31 décembre 2001 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Wavelet, premier-conseiller, pour statuer sur les litiges mentionnés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Wavelet, magistrat désigné,
- les conclusions de Mme Minet, rapporteure publique,
- et les observations de Me Poput pour le service départemental d'incendie et de secours de l'Aisne.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, sapeur-pompier professionnel au sein du service départemental d'incendie et de secours de l'Aisne, a adressé à cet établissement, par courrier du 21 décembre 2021, une demande préalable d'indemnisation des préjudices qu'il estime avoir subis du fait de dépassements de la durée maximale de travail effectif de 48 heures hebdomadaire entre 2013 et 2021. Cette demande a été rejetée implicitement. M. B demande au tribunal de condamner le service départemental d'incendie et de secours de l'Aisne à lui verser la somme de 9 000 euros à titre de réparation des préjudices qu'il estime avoir subis du fait d'un dépassement du volume de travail maximal de 48 heures hebdomadaire au cours de certaines semaines des années 2013 à 2021.
Sur la responsabilité :
2. D'une part, aux termes de l'article 1er du décret du 25 août 2000 relatif à l'aménagement de la réduction de temps de travail dans la fonction publique de l'Etat, rendu applicable aux agents des collectivités territoriales par l'article 1er du décret du 12 juillet 2001 pris pour l'application de l'article 7-1 de la loi du 26 janvier 1984 et relatif à l'aménagement et à la réduction du temps de travail dans la fonction publique territoriale : " () Le décompte du temps de travail est réalisé sur la base d'une durée annuelle de travail effectif de 1 607 heures maximum, sans préjudice des heures supplémentaires susceptibles d'être effectuées ". Aux termes de l'article 2 du même décret : " La durée du travail effectif s'entend comme le temps pendant lequel les agents sont à la disposition de leur employeur et doivent se conformer à ses directives sans pouvoir vaquer librement à des occupations personnelles ". Aux termes du 2ème alinéa de l'article 3 de ce décret : " La durée hebdomadaire du travail effectif, heures supplémentaires comprises, ne peut excéder ni quarante-huit heures au cours d'une même semaine, ni quarante-quatre heures en moyenne sur une période quelconque de douze semaines consécutives et le repos hebdomadaire, comprenant en principe le dimanche, ne peut être inférieur à trente-cinq heures ".
3. D'autre part, aux termes de l'article 1er du décret du 31 décembre 2001 relatif au temps de travail des sapeurs-pompiers professionnels, dans sa rédaction applicable au présent litige : " La durée de travail effectif des sapeurs-pompiers professionnels est définie conformément à l'article 1er du décret du 25 août 2000 susvisé auquel renvoie le décret du
12 juillet 2001 susvisé () ". Aux termes de l'article 2 du même décret : " La durée de travail effectif journalier définie à l'article 1er ne peut pas dépasser 12 heures consécutives () ". Aux termes de l'article 3 du même décret : " Par dérogation aux dispositions de l'article 2 relatives à l'amplitude journalière, une délibération du conseil d'administration du service d'incendie et de secours peut, eu égard aux missions des services d'incendie et de secours et aux nécessités de service, et après avis du comité technique, fixer le temps de présence à vingt-quatre heures consécutives. / Dans ce cas, le conseil d'administration fixe une durée équivalente au décompte semestriel du temps de travail, qui ne peut excéder
1 128 heures sur chaque période de six mois. / () ". Enfin, aux termes de la délibération du 8 décembre 2014 du conseil d'administration du service départemental d'incendie et de secours de l'Aisne : " La durée équivalente au décompte semestriel du temps de travail ne peut dépasser 1 128 heures par période de 6 mois, soit 47 gardes de 24 heures et
2 256 heures par an soit 94 gardes à l'année heures supplémentaires comprises. En conséquence, la durée légale de travail annuelle étant de 1 607 heures, une garde de
24 heures équivaut à 17h06 minutes de travail. / () ".
4. Lorsque le régime du temps de travail d'agents, tels que les sapeurs-pompiers professionnels, est déterminé en fonction d'une période de référence, en application en l'espèce des dispositions de droit interne précitées de l'article 2 du décret du 31 décembre 2001, la durée hebdomadaire maximale de travail de 48 heures prévue par le 2ème alinéa de l'article 3 du décret du 25 août 2000 ne s'apprécie pas pour chacune des périodes de sept jours comprises dans cette période de référence mais uniquement, en moyenne, sur l'ensemble de celle-ci, soit en l'espèce une durée de 1 128 heures sur chaque période de six mois.
5. En l'espèce, M. B se borne à soutenir que depuis 2013 au cours de certaines semaines sa durée hebdomadaire de travail a parfois été supérieure à 48 heures. Ce faisant, il ne démontre ni même n'allègue un dépassement du seuil de 1 128 heures par période de six mois. Il ne démontre pas davantage ni même n'allègue une méconnaissance des dispositions nationales précitées délimitant la durée hebdomadaire du travail effectif des fonctionnaires territoriaux, heures supplémentaires comprises, à quarante-quatre heures en moyenne sur une période quelconque de douze semaines consécutives. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le SDIS de l'Aisne aurait commis une faute dans l'organisation de ses gardes en méconnaissance des dispositions combinées des articles
L. 611-2 du code général de la fonction publique, 1er du décret du 12 juillet 2021, 3 du décret du 25 août 2000 et 3 du décret du 31 décembre 2021.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'exception de prescription quadriennale, que les conclusions présentées par M. B tendant à la condamnation du service départemental d'incendie et de secours de l'Aisne à lui verser la somme de 9 000 euros à titre de réparation des préjudices qu'il estime avoir subis du fait d'un dépassement du volume de travail maximal de 48 heures hebdomadaire au cours de certaines semaines des années 2013 à 2021 doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du SDIS de l'Aisne qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme de 1 000 euros que M. B demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
8. En revanche il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. B la somme de 500 euros demandée par le SDIS de l'Aisne sur le fondement des mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par M. B est rejetée.
Article 2 : M. B versera au service départemental d'incendie et de secours de l'Aisne la somme de 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions du SDIS de l'Aisne est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au service départemental d'incendie et de secours de l'Aisne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 juillet 2024.
Le magistrat désigné,
signé
F. Wavelet La greffière,
signé
S. Chatellain
La République mande et ordonne au préfet de l'Aisne en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026