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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2201419

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2201419

jeudi 14 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2201419
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantJEARALLY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 27 avril 2022, la SARL Carrosserie 1001, représentée par Me Jearally, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre des exercices clos en 2017, 2018 et 2019 ;

2°) de prononcer la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée et des pénalités correspondantes qui lui ont été réclamés pour la période du 10 février 2017 au 31 décembre 2019 ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- le service a méconnu son droit au débat oral et contradictoire en ne convoquant pas M. A, gérant qualifié de fait par le service, qui n'a eu connaissance de la procédure qu'à l'occasion de sa propre procédure de redressement au titre de revenus distribués par la société ;

- le service a méconnu les dispositions de l'article L. 57A du livre des procédures fiscales dès lors que le délai pour répondre à ses observations à la proposition de rectification a été dépassé ;

- il a méconnu les dispositions de l'article L. 76B du livre des procédures fiscales dès lors que la proposition de rectification est entachée d'erreurs substantielles et d'incohérences.

Par un mémoire en défense enregistré le 25 juillet 2022, la directrice départementale des finances publiques de la Somme conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Menet, premier conseiller,

- et les conclusions de M. Beaujard, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. La SARL Carrosserie 1 001 qui exerce depuis le 10 février 2017 une activité d'entretien et de réparation de véhicules automobiles légers, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité à l'issue de laquelle l'administration fiscale, après avoir dressé un procès-verbal d'opposition à contrôle fiscal le 1er février 2021 et reconstitué le chiffre d'affaires de la société, l'a assujettie à des rappels de taxe sur la valeur ajoutée au titre de la période du 10 février 2017 au 31 décembre 2019 et à des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés au titre des exercices clos en 2017, 2018 et 2019. Par la présente requête, la SARL Carrosserie 1001 demande au tribunal de la décharger de ces impositions supplémentaires et des pénalités correspondantes.

2. Aux termes de l'article L. 67 du livre des procédures fiscales : " La procédure de taxation d'office () n'est applicable que si le contribuable n'a pas régularisé sa situation dans les trente jours de la notification d'une mise en demeure. () / Il n'y a pas lieu de procéder à cette mise en demeure () si un contrôle fiscal n'a pu avoir lieu du fait du contribuable ou de tiers. ". Aux termes de l'article L. 74 du même livre : " Les bases d'imposition sont évaluées d'office lorsque le contrôle fiscal ne peut avoir lieu du fait du contribuable ou de tiers ". Enfin, aux termes de l'article L. 76 du même livre : " Les bases ou éléments servant au calcul des impositions d'office et leurs modalités de détermination sont portées à la connaissance du contribuable trente jours au moins avant la mise en recouvrement des impositions. () / Les dispositions du présent article ne sont pas applicables dans les cas prévus au deuxième alinéa de l'article L. 67 ".

3. Il résulte de l'ensemble de ces dispositions que, lorsque les bases de l'imposition d'un contribuable ont été évaluées d'office à la suite de son opposition au contrôle fiscal, le législateur a entendu priver l'intéressé, qui s'est de lui-même placé en dehors des règles applicables à la procédure d'imposition, des garanties dont bénéficient les contribuables, qu'ils soient imposés selon la procédure contradictoire ou selon une procédure d'imposition d'office.

4. Il résulte de l'instruction que par un avis de vérification du 9 novembre 2020 et des courriers de mise en garde des 3 décembre 2020 et 5 janvier 2021, adressés au siège social de la société requérante, à son gérant, le service a avisé la société requérante de ce que des rendez-vous étaient successivement fixés aux 1er décembre 2020, 5 et 28 janvier 2021 pour la mise en œuvre des opérations de vérification. Aucun de ces rendez-vous n'a été honoré par la SARL Carrosserie 1001 empêchant par son fait toute opération de vérification. Le service était ainsi fondé à considérer que la société était en situation d'opposition à contrôle fiscal et à évaluer d'office son résultat imposable.

5. Cette procédure ayant été régulièrement mise en œuvre, la SARL Carrosserie 1001 ne peut utilement soutenir qu'elle a été privée de son droit au débat oral et contradictoire, que le service a méconnu les dispositions de l'article L. 76 B du livre des procédures fiscales en ce que la proposition de rectification du 8 avril 2021 serait entachée d'erreurs substantielles et d'incohérences et que le service a tardé à répondre à ses observations à la proposition de rectification en méconnaissance des dispositions de l'article L. 57 A du livre des procédures fiscales, alors, au demeurant, sur ce dernier point, qu'elle n'a pas présenté, dans le délai légal, d'observations suite à la réception de la proposition de rectification.

6. Il résulte de ce qui précède que la requête de la SARL Carrosserie 1001 doit être rejetée, y compris les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D É C I D E :

Article 1 er : La requête de la SARL Carrosserie 1001 est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SARL Carrosserie 1001 et à la directrice départementale des finances publiques de la Somme.

Délibéré après l'audience du 22 février 2024, à laquelle siégeaient :

M. Boutou, président,

Mme Pierre, première conseillère,

M. Menet, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition le 14 mars 2024.

Le rapporteur,

Signé

M. Menet

Le président,

Signé

B. Boutou La greffière,

Signé

A. Ribière

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 2201419

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