jeudi 14 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2201420 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | JEARALLY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 27 avril 2022, M. A B et Mme C B, représentés par Me Jearally, demandent au tribunal :
1°) de prononcer la réduction des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2017, 2018 et 2019 et des pénalités correspondantes';
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la proposition de rectification qui leur a été notifiée n'a pas été contresignée par le supérieur hiérarchique du vérificateur de sorte que la procédure est viciée';
- le service a méconnu le droit au débat oral et contradictoire de la SARL Carrosserie 1001 et les articles L. 57 A et L. 76 B du livre des procédures fiscales de sorte que ces irrégularités dans la procédure suivie à l'encontre de la société rendent nulles les rectifications en matière de revenus distribués ;
- le service a à tort considéré que M. B était gérant de fait de la SARL Carrosserie 1001';
- le service a imputé l'intégralité des résultats de la SARL Carrosserie 1001 à
M. B, sans avoir interrogé la société sur l'identité des bénéficiaires effectifs alors qu'il n'était titulaire de parts dans la société à hauteur de 50 % du capital social que jusqu'au 28 février 2018, date à laquelle il n'était plus associé ni gérant.
Par un mémoire en défense enregistré le 25 juillet 2022, la directrice départementale des finances publiques de la Somme conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales';
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Menet, premier conseiller,
- et les conclusions de M. Beaujard, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La SARL Carrosserie 1001 qui exerce depuis le 10 février 2017 une activité d'entretien et de réparation de véhicules automobiles légers, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité à l'issue de laquelle l'administration fiscale, après avoir dressé un procès-verbal d'opposition à contrôle fiscal le 1er février 2021 et reconstitué le chiffre d'affaires de la société, l'a assujettie à des rappels de taxe sur la valeur ajoutée au titre de la période du 10 février 2017 au 31 décembre 2019 et à des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés au titre des exercices clos en 2017, 2018 et 2019.
2. À la suite d'un contrôle sur pièces de la situation fiscale de M. et Mme B, l'administration fiscale, selon la procédure de rectification contradictoire, a assujetti ces derniers à des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux au titre des années 2017, 2018 et 2019 à raison de rectifications dans les catégories des revenus de capitaux mobiliers, en raison de revenus distribués de la part de la SARL Carrosserie 1001 sur le fondement du 1o du 1 de l'article 109 du code général des impôts, des bénéfices industriels et commerciaux et des traitements et salaires.
3. Par la présente requête, M. et Mme B demandent au tribunal de prononcer la réduction de ces impositions supplémentaires et des pénalités correspondantes à concurrence des rectifications à raison des revenus distribués.
Sur la régularité de la procédure d'imposition :
4. En premier lieu, eu égard à l'indépendance des procédures relatives à l'imposition, d'une part de la SARL Carrosserie 1001 et d'autre part, de M. et Mme B, ces derniers ne sauraient utilement invoquer, au soutien de leur demande de réduction des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux qui leur ont été assignées, l'irrégularité de la procédure d'imposition dont a fait l'objet la société précitée. Ce moyen ne peut ainsi qu'être écarté.
5. En second lieu, aux termes de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales : " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation ". Aux termes de l'article 350 terdecies de l'annexe III au code général des impôts : " I. - Sous réserve des dispositions des articles 409 et 410 de l'annexe II au code général des impôts, seuls les fonctionnaires de la direction générale des finances publiques appartenant à des corps des catégories A et B peuvent fixer les bases d'imposition et liquider les impôts, taxes et redevances ainsi que proposer les rectifications ".
6. M. et Mme B ne peuvent utilement soutenir que la procédure est entachée d'irrégularité en raison du défaut de visa du supérieur hiérarchique apposé sur la proposition de rectification du 8 avril 2021 qui leur a été notifiée dès lors que cette signature n'est requise qu'au cas où des pénalités sont infligées, en application de l'article L. 80 E du livre des procédures fiscales, ce qui n'a pas été le cas. Ce moyen doit ainsi être écarté.
Sur le bien-fondé des impositions :
En ce qui concerne la charge de la preuve :
7. Aux termes de l'article R. 194-1 du livre des procédures fiscales : " Lorsque, ayant donné son accord à la rectification ou s'étant abstenu de répondre dans le délai légal à la proposition de rectification, le contribuable présente cependant une réclamation faisant suite à une procédure contradictoire de rectification, il peut obtenir la décharge ou la réduction de l'imposition, en démontrant son caractère exagéré ".
8. M. et Mme B n'ont pas fait parvenir d'observations au service en réponse à la proposition de rectification du 8 avril 2021 qui leur a été régulièrement notifiée. Dès lors, les requérants doivent être regardés comme ayant accepté ces rectifications et supportent par suite la charge de la preuve du caractère exagéré des impositions en litige.
En ce qui concerne les revenus réputés distribués :
9. Aux termes de l'article 109 du code général des impôts : " 1. Sont considérés comme revenus distribués : / 1° Tous les bénéfices ou produits qui ne sont pas mis en réserve ou incorporés au capital () ". Aux termes de l'article 110 du même code : " Pour l'application du 1° du 1 de l'article 109 les bénéfices s'entendent de ceux qui ont été retenus pour l'assiette de l'impôt sur les sociétés ".
10. La qualité de seul maître de l'affaire suffit à regarder le contribuable comme bénéficiaire des revenus réputés distribués, en application du 1° du 1. de l'article 109 du code général des impôts, par la société en cause, la circonstance que l'intéressé n'aurait pas effectivement appréhendé les sommes correspondantes ou qu'elles auraient été versées à des tiers étant sans incidence à cet égard.
11. Il résulte de la proposition de rectification du 8 avril 2021 que le service a imposé entre les mains des requérants dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers, des revenus réputés distribués à raison du rehaussement du bénéfice taxable de la SARL Carrosserie 1001 au titre des exercices clos en 2017, 2018 et 2019 respectivement à hauteur des sommes de
7 048 euros, 24 914 euros et 53 593 euros en considérant que M. B était le seul maître de l'affaire. Le service, usant de son droit de communication auprès de la banque dans les livres de laquelle la SARL Carrosserie 1001 avait son compte, a relevé que durant toute la période vérifiée, M. B était seul titulaire des moyens de paiement et était le seul à avoir signé les chèques pour la société, y compris, après la cession par l'intéressé de ses parts sociales et la cessation de ses fonctions de gérant de droit de la société.
12. M. et Mme B qui ne contestent pas le principe et le montant des sommes réputées distribuées, se bornent à soutenir que M. B n'était gérant de droit de la société et titulaire de la moitié des parts sociales que jusqu'à leur cession, suivant un acte du 28 février 2018. Par ces seules allégations, les requérants ne remettent pas en cause les constatations précitées du service qui était ainsi fondé à regarder M. B comme étant le seul maître de l'affaire au sein de la SARL Carrosserie 1001 durant la période vérifiée.
13. Pour renverser la présomption d'appréhension des revenus réputés distribués précités, les requérants ne peuvent utilement soutenir que le service était tenu de recourir à la procédure de l'article 117 du code général des impôts et que M. B n'était gérant de droit et titulaire de la moitié des parts sociales de la société que durant une partie de la période vérifiée. Il s'ensuit que M. et Mme B qui n'apportent pas la preuve qui leur incombe du caractère exagéré des impositions en litige, ne sont pas fondés à solliciter la réduction des impositions en litige.
Sur les frais exposés et non compris dans les dépens :
14. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. et Mme B doit être rejetée, y compris les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1 er : La requête de M. et Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Mme C B
et à la directrice départementale des finances publiques de la Somme.
Délibéré après l'audience du 22 février 2024, à laquelle siégeaient :
M. Boutou, président,
Mme Pierre, première conseillère,
M. Menet, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition le 14 mars 2024.
Le rapporteur,
Signé
M. Menet
Le président,
Signé
B. Boutou La greffière,
Signé
A. Ribière
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2201420
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026