jeudi 22 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2201507 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | CHAMBRE PRESIDENT |
| Avocat requérant | HOMEHR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 21 avril 2022 et le 1er juin 2023, M. A B, représenté par Me Homerh, demande au tribunal dans le dernier état de ses conclusions :
1°) d'annuler la décision du 21 février 2022 par laquelle la présidente du conseil départemental de l'Oise a rejeté son recours dirigé contre la décision de la caisse d'allocations familiales de l'Oise du 16 décembre 2021 lui notifiant un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 16 214,28 euros ;
2°) de prononcer la décharge de cette somme ou, subsidiairement, des sommes perçues en 2019 et antérieurement ;
3°) d'enjoindre au département de l'Oise et à la caisse d'allocations familiales de l'Oise de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification de la présente décision ;
4°) de mettre à la charge du département de l'Oise le versement à son conseil de la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions des articles 37 de la 91-647 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision du 21 février 2022 n'est pas suffisamment motivée ;
- l'indu n'est pas fondé dès lors que les sommes qu'il a perçues constituent des aides et secours financiers ;
- les sommes perçues en 2019 et antérieurement sont couvertes par la prescription biennale de l'article L. 262-45 du code de l'action sociale et des familles.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 avril 2023, la présidente du conseil départemental de l'Oise conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 7 juin 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Dhiver, présidente ;
- et les observations du représentant du département de l'Oise, qui soutient que la décision du 21 février 2022 est suffisamment motivée.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a fait l'objet d'une enquête, à l'issue de laquelle la caisse d'allocation de l'Oise lui a notifié, par une décision du 16 décembre 2021, un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 16 214,28 euros. M. B a formé un recours contre cette décision qui a été rejeté par la présidente du conseil départemental de l'Oise par une décision du 21 février 2022. M. B demande au tribunal d'annuler cette décision et de le décharger totalement ou, à défaut, partiellement de la somme de 16 214,28 euros.
Sur la décision du 21 février 2022 :
2. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de revenu de solidarité active, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.
3. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () imposent des sujétions () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. "
4. La décision par laquelle l'autorité administrative procède à la récupération de sommes indûment versées au titre du revenu de solidarité active est au nombre des décisions imposant une sujétion et doit, par suite, être motivée en application de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. Il en résulte qu'une telle décision doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. A ce titre, l'autorité administrative doit faire figurer dans la motivation de sa décision la nature de la prestation et le montant des sommes réclamées, ainsi que le motif et la période sur laquelle porte la récupération. En revanche, elle n'est pas tenue d'indiquer dans cette décision les éléments servant au calcul du montant de l'indu.
5. Il résulte de l'instruction que la décision de la présidente du conseil départemental de l'Oise du 21 février 2022 mentionne qu'elle porte sur un indu de revenu de solidarité active, en précise le montant et indique à M. B le motif de cet indu. En revanche, la période sur laquelle porte la récupération de l'indu ne figure pas dans la décision du 21 février 2022. Ainsi, cette décision ne satisfait pas à l'exigence de motivation et doit être annulée.
6. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que M. B est fondé à demander l'annulation de la décision de la présidente du conseil départemental de l'Oise du 21 février 2022.
Sur les conclusions en décharge :
7. L'annulation de la décision de la présidente du conseil départemental de l'Oise du 21 février 2022 n'étant prononcée que pour un vice de forme, les conclusions de M. B tendant à la décharge totale ou partielle de l'indu de revenu de solidarité active en litige sont rejetées.
Sur les conclusions en injonction :
8. L'annulation de la décision du 21 février 2022 implique que la présidente du conseil départemental de l'Oise statue à nouveau sur le recours formé le 9 février 2022 par M. B contre la décision de la caisse d'allocations familiales de l'Oise du 16 décembre 2021. Il y a lieu d'enjoindre à la présidente du conseil départemental de l'Oise d'y procéder dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
9. M. B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce et sous réserve que Me Homerh renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge du département de l'Oise le versement à Me Homerh d'une somme de 1 500 euros.
D E C I D E :
Article 1er : La décision de la présidente du conseil départemental de l'Oise du 21 février 2022 est annulée.
Article 2 : Il est enjoint à la présidente du conseil départemental de l'Oise de statuer sur le recours formé le 9 février 2022 par M. B contre la décision de la caisse d'allocations familiales de l'Oise du 16 décembre 2021, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le département de l'Oise versera à Me Homerh une somme de 1 500 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Homerh renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État.
Article 4: Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 5: Le présent jugement sera notifié à M. A B, au département de l'Oise et à Me Homerh.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 juin 2023.
La présidente,
Signé
M. Dhiver La greffière,
Signé
V. Martinval
La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
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01/06/2026
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01/06/2026