jeudi 1 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2201579 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | CHAMBRE PRESIDENT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 9 mai 2022, le 15 juin 2022 et le 7 octobre 2022, M. A B D et Mme E B D demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 21 mars 2022 par laquelle la caisse d'allocations familiales de l'Aisne a refusé d'accorder à M. B D une remise de sa dette de prime d'activité d'un montant de 2 508,33 euros pour la période de décembre 2019 à novembre 2020 ;
2°) de leur accorder une remise totale de cette dette.
Ils soutiennent que :
- ils sont de bonne foi ;
- ils sont dans une situation de précarité financière ne leur permettant pas de rembourser leur dette.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 7 juillet 2022, le 30 septembre 2022 et le 11 octobre 2022, la caisse d'allocations familiales de l'Aisne conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. et Mme B D ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
La présidente a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Dhiver, présidente, a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, après l'appel de l'affaire à l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 29 juillet 2021, la caisse d'allocations familiales de l'Aisne a notifié à M. B D un indu de prime d'activité d'un montant de 2 508,33 euros pour la période de décembre 2019 à novembre 2020. M. B D a sollicité une remise gracieuse de cette dette et, par une décision du 21 mars 2022, la caisse d'allocations familiales de l'Aisne a rejeté sa demande. M. et Mme B D demandent au tribunal d'annuler cette décision et de leur accorder la remise gracieuse de leur dette.
2. Aux termes de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service. () La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration. "
3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu de prime d'activité, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux de l'aide sociale, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise ou une réduction supplémentaire.
4. Si M. B D a pu de bonne foi déclarer qu'il était salarié et non apprenti, il résulte de l'instruction que le quotient familial de son foyer s'élève à 862 euros et les requérants n'établissent pas être dans une situation de précarité telle qu'ils ne seraient pas en mesure de rembourser la somme de 2 508,33 euros qui leur a été versée à tort, alors même qu'il leur est par ailleurs loisible de solliciter des remboursements échelonnés, adaptés à leurs capacités financières. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'accorder à M. et Mme B D une remise totale ou partielle de leur dette de prime d'activité.
5. Il résulte de ce qui précède que M. et Mme B D ne sont pas fondés à demander l'annulation de la décision de la caisse d'allocations familiales de l'Aisne du 21 mars 2022, ni la remise de leur dette de prime d'activité.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme B D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B D, premier dénommé, pour l'ensemble des requérants, et à la caisse d'allocations familiales de l'Aisne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er décembre 2022.
La présidente,
Signé
M. C La greffière,
Signé
N. Hamon-Lafin
La République mande et ordonne au préfet de l'Aisne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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