jeudi 26 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2201599 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | AMADIO PARLEANI GAZAGNES |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une ordonnance du 11 mai 2022, le président du tribunal administratif de Lille a, en application de l'article R. 761-5 du code de justice administrative, transmis au tribunal administratif d'Amiens la contestation de l'ordonnance du 7 avril 2022 par laquelle la magistrate désignée par le président du tribunal a fixé les frais et honoraires de l'expertise confiée à M. C et les a mis à la charge de la régie régionale des transports du Pas-de-Calais.
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 7 mai 2022, 1er mars et
17 mars 2023 sous le n° 2201599, la régie régionale des transports du Pas-de-Calais, représentée par Me Hourcabie, demande au tribunal de réformer l'ordonnance n° 1905071-9 du 7 avril 2022 de la magistrate désignée par le président du tribunal administratif de Lille et de mettre à la charge de la société Iveco France la somme de 74 128,56 euros au titre des frais et honoraires de l'expertise confiée à M. C.
Elle soutient que les incendies ne lui sont pas imputables et que l'expertise a été utile à la société Iveco France qui a pu identifier les désordres ainsi que la nature des réparations permettant d'y remédier.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 13 juillet 2022 et 17 mars 2023, ce dernier n'ayant pas donné lieu à communication, la société Iveco France, représentée par
Me Gazagnes, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la régie régionale des transports du Pas-de-Calais une somme de 2 500 euros au titre du L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens.
Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par un mémoire, enregistré le 7 mars 2023, le président du tribunal administratif de Lille a informé le tribunal qu'il ne présenterait pas d'observations.
Par ordonnance du 3 mars 2023, la clôture de l'instruction a été fixée en dernier lieu au 24 mars 2023, à 12 heures.
II. Par une ordonnance du 11 mai 2022, le président du tribunal administratif de Lille a, en application de l'article R. 761-5 du code de justice administrative, transmis au tribunal administratif d'Amiens la contestation de l'ordonnance du 7 avril 2022 par laquelle la magistrate désignée par le président du tribunal a fixé les frais et honoraires de l'expertise confiée à M. B et les a mis à la charge de la régie régionale des transports du Pas-de-Calais.
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 7 mai 2022, 1er mars et 17 mars 2023 sous le n° 2201600, la régie régionale des transports du Pas-de-Calais, représentée par Me Hourcabie, demande au tribunal de réformer l'ordonnance n° 1905071-9 du 7 avril 2022 de la magistrate désignée par le président du tribunal administratif de Lille et de mettre à la charge de la société Iveco France la somme de 9 937,50 euros au titre des frais et honoraires de l'expertise confiée à M. B.
Elle soutient que les incendies ne lui sont pas imputables et que l'expertise a été utile à la société Iveco France qui a pu identifier les désordres ainsi que la nature des réparations permettant d'y remédier.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 13 juillet 2022 et 17 mars 2023, ce dernier n'ayant pas donné lieu à communication, la société Iveco France, représentée par
Me Gazagnes, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la régie régionale des transports du Pas-de-Calais une somme de 2 500 euros au titre du L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens.
Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par un mémoire, enregistré le 7 mars 2023, le président du tribunal administratif de Lille a informé le tribunal qu'il ne présenterait pas d'observations.
Par ordonnance du 3 mars 2023, la clôture de l'instruction a été fixée en dernier lieu au 24 mars 2023, à 12 heures.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Rondepierre, conseiller rapporteure,
- les conclusions de Mme Minet, rapporteure publique,
- et les observations de Me Hourcabie, représentant la régie régionale des transports du Pas-de-Calais, et celles de Me Gueremy, représentant la société Iveco France.
Considérant ce qui suit :
1. Par une ordonnance du 18 juillet 2019, le juge des référés du tribunal administratif de Lille a, sur demande de la régie régionale des transports du Pas-de-Calais, ordonné une expertise et désigné M. C en qualité d'expert, aux fins de se prononcer sur l'origine, les causes et les conséquences des incendies de deux des autocars utilisés par la régie régionale des transports du Pas-de-Calais dans le cadre de l'exécution d'un marché de location de dix autocars. Par une ordonnance du 8 mars 2021, M. B a été désigné en qualité de sapiteur sur la partie comptable et financière de l'expertise, laquelle a été remise le 7 mars 2022. Par deux ordonnances du 7 avril 2022, la magistrate désignée par le président du tribunal administratif de Lille a mis à la charge de la régie régionale des transports du Pas-de-Calais les frais et honoraires d'expertise de M. C et de M. B, liquidés respectivement à 74 128, 56 euros et 9 937, 50 euros. Par deux requêtes enregistrées le 7 mai 2022 au greffe du tribunal administratif de Lille et transmises par deux ordonnances du 11 mai 2022 à la présidente du tribunal administratif d'Amiens, la régie régionale des transports du Pas-de-Calais demande la réformation des ordonnances du 7 avril 2022 et à ce que les frais et honoraires de l'expertise soient mis intégralement à la charge de la société Iveco France.
Sur la jonction des requêtes :
2. Les requêtes susvisées n° 2201599 et n° 2201600 présentées par la régie régionale des transports du Pas-de-Calais concernent les ordonnances du 7 avril 2022 par lesquelles la magistrate désignée par le président du tribunal administratif de Lille a fixé les frais et honoraires de l'expertise confiée à M. C et à M. B et on fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour y statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions tendant à la réformation des ordonnances du 7 avril 2022 :
3. Aux termes de l'article R. 621-11 du code de justice administrative : " Les experts et sapiteurs mentionnés à l'article R. 621-2 ont droit à des honoraires, sans préjudice du remboursement des frais et débours. / Chacun d'eux joint au rapport un état de ses vacations, frais et débours. Dans les honoraires sont comprises toutes sommes allouées pour étude du dossier, frais de mise au net du rapport, dépôt du rapport et, d'une manière générale, tout travail personnellement fourni par l'expert ou le sapiteur et toute démarche faite par lui en vue de l'accomplissement de sa mission. / Le président de la juridiction, après consultation du président de la formation de jugement () fixe par ordonnance, conformément aux dispositions de l'article R. 761-4, les honoraires en tenant compte des difficultés de l'opération, de l'importance, de l'utilité et de la nature du travail fourni par l'expert () et des diligences mises en œuvre pour respecter le délai mentionné à l'article R. 621-2. Il arrête sur justificatifs le montant des frais et débours qui seront remboursés à l'expert () ". Aux termes de l'article R. 621-13 du même code : " Lorsque l'expertise a été ordonnée sur le fondement du titre III du livre V, le président du Tribunal ou de la cour, après consultation, le cas échéant, du magistrat délégué, () en fixe les frais et honoraires par une ordonnance prise conformément aux dispositions des articles R. 621-11 et R. 761-4. Cette ordonnance désigne la ou les parties qui assumeront la charge de ces frais et honoraires. Elle est exécutoire dès son prononcé, et peut être recouvrée contre les personnes privées ou publiques par les voies de droit commun. Elle peut faire l'objet, dans le délai d'un mois à compter de sa notification, du recours prévu à l'article R. 761-5 ". Aux termes de l'article R. 761-5 du même code : " Les parties, ainsi que, le cas échéant, l'expert, peuvent contester l'ordonnance mentionnée à l'article R. 761-4 devant la juridiction à laquelle appartient l'auteur de l'ordonnance. / Sauf lorsque l'ordonnance émane du président de la section du contentieux du Conseil d'État, la requête est transmise sans délai par le président de la juridiction à un tribunal administratif conformément à un tableau d'attribution arrêté par le président de la section du contentieux. / Le président de la juridiction à laquelle appartient l'auteur de l'ordonnance ou, au Conseil d'État, le président de la section du contentieux est appelé à présenter des observations écrites sur les mérites du recours. / Le recours mentionné au précédent alinéa est exercé dans le délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance sans attendre l'intervention de la décision par laquelle la charge des frais est attribuée ".
4. Il résulte des dispositions de l'article R. 621-13 du code de justice administrative, dérogeant sur ce point à l'article R. 761-1 du même code, que la répartition des frais et honoraires de l'expert entre les parties intervient dans les circonstances de l'espèce, compte tenu notamment de l'utilité de l'expertise pour ces parties, sans que cette répartition ne soit déterminée par la seule circonstance qu'une de ces parties l'a demandée ou, à l'inverse, en a contesté le bien-fondé.
5. Il résulte de l'instruction que l'expertise, demandée par la régie régionale des transports du Pas-de-Calais, a notamment eu pour objet de déterminer les causes et origines de des incendies de deux des autocars utilisés par la régie régionale des transports du Pas-de-Calais dans le cadre de l'exécution d'un marché de location de dix autocars qu'elle a conclu en juin 2017. Il est constant que l'expert a conclu que l'un des incendies résultait d'une erreur de montage dans la fabrication de l'autocar endommagé, et qu'à la suite de cette expertise, la société Iveco France, en qualité de constructeur de ce véhicule, a fait procéder à la rectification de cette erreur pour la totalité des véhicules issus de la même série. Compte tenu du fait que l'expertise a été utile à la régie régionale des transports du Pas-de-Calais, notamment pour établir son préjudice et le cas échéant faire valoir ses droits, ainsi que des autres circonstances de l'espèce, tels que le sens des conclusions de l'expert orientant plus favorablement vers une responsabilité de la société Iveco France et l'utilité que l'expertise a également présenté pour cette dernière alors qu'elle lui a permis de remédier aux désordres affectant les autres véhicules produits, il y a lieu de répartir la charge des frais et honoraires d'expertise à parts égales entre les parties.
6. Il résulte de ce qui précède que la régie régionale des transports du Pas-de-Calais est fondée à demander dans cette mesure la réformation des ordonnances du 7 avril 2022.
7. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de la régie régionale des transports du Pas-de-Calais la somme que la société Iveco France réclame au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Le montant des frais et honoraires de l'expertise confiée à M. C et à M. B, s'élevant à la somme globale de 84 066,06 euros, est mis à la charge de la société Iveco France pour 50 % et à la régie régionale des transports du Pas-de-Calais pour 50 %.
Article 2 : Les ordonnances du 7 avril 2022 de la magistrate désignée par le président du tribunal administratif de Lille sont réformées en ce qu'elles ont de contraire au présent jugement.
Article 3 : Les conclusions de la société Iveco France présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la régie régionale des transports du Pas-de-Calais, à la société Iveco France, à M. A C, à M. D B et au président du tribunal administratif de Lille.
Délibéré après l'audience du 27 mars 2024 à laquelle siégeaient :
- M. Thérain, président,
- Mme Rondepierre, première conseillère,
- M. Le Gars, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 septembre 2024.
La rapporteure,
signé
A. Rondepierre
Le président,
signé
S. Thérain
La greffière,
signé
S. Chatellain
La République mande et ordonne au préfet du Pas-de-Calais en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Nos 2201599 et 2201600
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026