jeudi 22 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2201691 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | PELLETIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 23 mai, 27 et 29 juillet 2022 et 30 janvier 2024, Mme R J, M. AQ J, M. I J, M. O J, Mme N J épouse AE, M. G AE tant en leur nom personnel qu'en leur qualité de représentants légaux de leurs enfants mineurs D et C AE, Mme M AE, Mme K AE, M. F J, Mme Q V épouse J tant en leur nom personnel qu'en leur qualité de représentants légaux de leur enfant mineur B J, Mme AO J, Mme AG J, M. G J, Mme W J, M. AM J, Mme P AA épouse J tant en leur nom personnel qu'en leur qualité de représentants légaux de leurs enfants mineurs L et U J, M. AN, M. X J, Mme AJ AC tant en leur nom personnel qu'en leur qualité de représentants légaux de leurs enfants mineurs AL et AK J, Mme Y J, M. A J, Mme K J, M. Z AI tant en leur nom personnel qu'en leur qualité de représentants légaux de leur enfant mineur S AI, M. AH AE, M. T J, Mme AF AD tant en leur nom personnel qu'en leur qualité de représentants légaux de leurs enfants mineurs E et U J et M. T J en qualité d'administrateur légal de son enfant mineur, H J, représentés par Me Pelletier, demandent au tribunal :
1°) de condamner le CHU Amiens-Picardie à leur payer la somme de 135 142,49 euros ainsi que les intérêts au taux légal à compter du 24 janvier 2022 et la capitalisation de ces intérêts, en réparation du préjudice qu'ils estiment avoir subi en raison de la prise en charge de Khira Benhamou veuve J par cet établissement de santé ;
2°) de déclarer commun et opposable à la caisse primaire d'assurance maladie d'Amiens le jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge du CHU Amiens-Picardie la somme de 1 000 euros par requérant en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les dépens qui devront être remboursés à Mme N J épouse AE et M. G AE ;
4°) d'ordonner l'exécution provisoire du jugement à intervenir.
Ils soutiennent que :
- la responsabilité du CHU Amiens-Picardie est engagée à raison de la prise en charge fautive de Khira Benhamou veuve J ayant conduit à son décès ;
- le CHU Amiens-Picardie devra être condamné à rembourser les frais pour assister aux funérailles de la défunte à hauteur de 348,58 euros pour Mme R J, de 348,58 euros pour M. AQ J, 379,58 euros pour M. O J, 348,58 euros pour Mme N J épouse AE, 348,58 euros pour M. G AE, 348,58 euros pour Mme M AE, 348,58 euros pour M. F J, 379,60 euros pour Mme Q V épouse J, 324,60 euros pour B J, 379,58 euros pour M. G J, 379,58 euros pour Mme W J, 348,58 euros pour M. AM J, 348,58 euros pour M. X J, 314,58 euros pour Mme K J, 314,58 euros pour M. Z AI, 379,58 euros pour M. T J et 298,58 euros pour H J ;
- le CHU Amiens-Picardie devra être condamné à rembourser les frais exposés par Mme K J pour se rendre à l'expertise à hauteur de la somme de 371,64 euros et pour se faire assister aux opérations d'expertise à hauteur de la somme de 2 400 euros ;
- le CHU Amiens Picardie devra être condamné à rembourser à Mme P AA épouse J les frais kilométriques pour conduire Mme K J aux opérations d'expertise à hauteur de la somme de 80,53 euros ;
- le CHU Amiens Picardie devra être condamné à réparer le préjudice moral de M. T J à hauteur de la somme de 20 000 euros compte tenu de la cohabitation ayant existé avant le décès avec la défunte et à hauteur de 6 500 euros pour chacun des autres enfants, Mme R J, Mme N J épouse AE, M. F J, M. G J, M. AM J, M. X J et Mme K J ;
- le CHU Amiens Picardie devra être condamné à réparer à hauteur de la somme de 1 500 euros le préjudice moral de chacun des beaux-enfants de la défunte, M. AQ J, M. G AE, Mme Q V épouse J, Mme P AA épouse J, Mme AJ AC, M. Z AI et Mme AF AD ;
- le CHU Amiens Picardie devra être condamné à réparer à hauteur de la somme de 6 500 euros le préjudice moral de H J compte tenu de la cohabitation ayant existé avant le décès avec la défunte et à hauteur de la somme de 4 500 euros pour chacun des autres enfants, M. I J, M. O J, D AE, C AE, Mme M AE, Mme K AE, B J, Mme AO J, Mme AG J, Mme W J, L J, U J, M. AP J, AL J, AK J, Mme Y J, M. A J, S AI, M. AH AE, E J et U J ;
- le taux de perte chance d'éviter le décès doit être évalué à 70 % et ne s'appliquer que sur les préjudices moraux précités.
Par un mémoire en défense enregistré le 13 juillet 2022, le CHU Amiens-Picardie, représenté par la SCP Lebègue-Derbise, demande au tribunal de retenir un taux de perte de chance de 65 % d'éviter le décès de la patiente en lien avec le manquement commis et de réduire en de notables proportions les demandes indemnitaires.
La requête a été transmise à la CPAM de l'Oise qui n'a pas produit d'observations.
Vu :
- les ordonnances nos 1900890 du 6 novembre 2020 de la présidente du tribunal administratif d'Amiens taxant et liquidant les frais d'expertise, ordonnée le 16 septembre 2019, à la somme totale de 4 160 euros ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Menet, premier conseiller,
- les conclusions de M. Beaujard, rapporteur public,
- et les observations de Me Pelletier pour les consorts J et de Me Denys pour le CHU Amiens-Picardie.
Considérant ce qui suit :
1. Khira Benhamou veuve J, alors âgée de 76 ans, a été admise aux urgences du CHU Amiens-Picardie le 20 mars 2018 où a été diagnostiqué un syndrome inflammatoire biologique, l'infection de kystes hépatiques. Elle a bénéficié d'un traitement consistant notamment en l'administration d'anticoagulants. La patiente restera hospitalisée dans cet établissement public de santé où elle y décédera le 4 avril 2018 d'un arrêt cardiaque.
2. Par ordonnance du 16 septembre 2019, le juge des référés de ce tribunal saisi par les consorts J a ordonné une expertise médicale dont le rapport a été déposé le 2 novembre 2020. Par la présente requête, les consorts J demandent au tribunal la réparation de leurs préjudices.
Sur les conclusions indemnitaires :
En ce qui concerne le principe de responsabilité :
3. Aux termes du I. de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute ".
4. Il résulte de l'instruction, particulièrement de l'expertise judiciaire et n'est pas contesté que durant son hospitalisation au CHU Amiens-Picardie, l'état de santé de Khira Benhamou veuve J, qui souffrait d'un syndrome inflammatoire, nécessitait l'administration d'anticoagulants à des doses de plus en plus forte jusqu'à la stabilisation de son état. Toutefois, la patiente a été victime d'une surdose de ce traitement. Celui-ci était décelable suivant un examen du 2 avril 2018, qui n'a pas été soumis à l'avis de médecins cliniciens, de sorte qu'aucune adaptation thérapeutique n'a pu être mise en œuvre par l'administration d'un traitement antagoniste au produit anticoagulant notamment. Ce surdosage a provoqué un accident hémorragique grave puis le décès de la patiente par arrêt cardiaque. Il s'ensuit que les requérants sont fondés à soutenir que par le défaut de surveillance de ce surdosage pourtant identifié par les analyses, le CHU Amiens-Picardie engage sa responsabilité pour faute sur le fondement des dispositions du I. de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique.
En ce qui concerne la perte de chance :
5. Dans le cas où la faute commise lors de la prise en charge ou le traitement d'un patient dans un établissement public hospitalier a compromis ses chances d'obtenir une amélioration de son état de santé ou d'échapper à son aggravation, le préjudice résultant directement de la faute commise par l'établissement et qui doit être intégralement réparé n'est pas le dommage corporel constaté, mais la perte de chance d'éviter la survenue de ce dommage. La réparation qui incombe à l'hôpital doit alors être évaluée à une fraction du dommage corporel déterminée en fonction de l'ampleur de la chance perdue.
6. Il résulte de l'expertise que compte tenu de l'état de santé altéré de la patiente et de ses nombreuses comorbidités, la faute de l'établissement public de santé lui a fait perdre une chance d'éviter le décès comprise en 65 et 70 %.
7. Par une juste appréciation, il y a lieu d'évaluer la perte de chance d'éviter le décès par la victime à 70 % à la charge du CHU Amiens-Picardie.
En ce qui concerne les préjudices indemnisables :
S'agissant des frais divers :
Quant aux frais pour assister aux funérailles :
8. Si les requérants ont exposé des frais d'avion pour se rendre aux funérailles de Khira Benhamou veuve J en Algérie, ces dépenses qui résultent du choix de la famille de la victime de l'inhumer en Algérie sont sans lien avec le manquement commis et ne peuvent donc être indemnisées.
Quant aux frais relatifs aux opérations d'expertise :
9. Il résulte de l'instruction que pour faire valoir les droits à indemnisation par le CHU Amiens-Picardie des requérants, Mme K J a exposé des frais pour l'assistance d'un médecin-conseil à hauteur de la somme de 2 400 euros. Ces dépenses dont l'utilité à la solution du litige ne peut être contestée doivent être prises en charge intégralement par l'établissement public de santé.
10. Mme K J qui demeure à Savonnières (Indre-et-Loire) justifie avoir été en situation de détachement professionnel au Maroc lors des opérations d'expertise. Il résulte ainsi de l'instruction que Mme K J est fondée à demander la prise en charge intégrale des billets d'avion pour se rendre à l'expertise à laquelle elle a assisté (47,76 euros) et pour en revenir (175,36 euros). Les autres dépenses exposées par l'intéressée ont résulté de choix de déplacements personnels sans lien avec la faute commise et ne sont ainsi pas indemnisables. Il s'ensuit que le CHU Amiens-Picardie devra régler à Mme K J la somme totale de 223,12 euros, sans application du taux de perte de chance précité.
11. Mme P AA épouse J n'a pas participé aux opérations d'expertise, elle n'est ainsi pas fondée à demander la prise en charge par le CHU Amiens-Picardie des frais auxquels elle a dû faire face pour y conduire sa belle-sœur, Mme K J. Cette demande doit ainsi être écartée.
S'agissant du préjudice moral :
Quant au préjudice moral des enfants de la défunte :
12. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice moral en le fixant, compte tenu du taux de perte de chance précité, à la somme de 10 500 euros concernant M. T J, qui cohabitait avec la défunte et à la somme de 3 500 euros pour chacun des autres enfants, Mme R J, Mme N J épouse AE, M. F J, M. G J, M. AM J, M. X J et Mme K J, en l'absence de cohabitation avec la défunte.
Quant au préjudice moral des beaux-enfants de la défunte :
13. Pour établir avoir entretenu un lien affectif avec leur belle-mère de nature à leur ouvrir droit à réparation à ce titre, M. AQ J, M. G AE, Mme Q V épouse J, Mme P AA épouse J, Mme AJ AC et M. Z AI ont produit trois attestations qui concernent les trois filles de la défunte et neuf photographies dont l'exploitation ne permet pas de caractériser le lien allégué. Par suite, ces demandes ne peuvent qu'être écartées.
14. En raison de la cohabitation de Mme AF AD avec sa belle-mère, le lien affectif de nature à lui ouvrir droit à réparation au titre du préjudice moral est justifié. L'intéressée est ainsi fondée à obtenir la réparation de son préjudice à hauteur de la somme, compte tenu du taux de chance précité, de 1 050 euros.
Quant au préjudice moral des petits-enfants de la défunte :
15. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice moral en le fixant, compte tenu du taux de perte de chance précité, à la somme de 3 500 euros concernant E, U et H J, en raison de la cohabitation avec la défunte et à la somme de 2 100 euros pour chacun des autres petits-enfants, M. I J, M. O J, D AE, C AE, Mme M AE, Mme K AE, B J, Mme AO J, Mme AG J, Mme W J, L J, U J, M. AP J, AL J, AK J, Mme Y J, M. A J, S AI et M. AH AE en l'absence de cohabitation avec la défunte.
16. Il résulte de tout ce qui précède que le CHU Amiens-Picardie sera condamné, en réparation du préjudice subi, à payer à Mme R J la somme de 3 500 euros, à M. I J la somme de 2 100 euros, à M. O J la somme de 2 100 euros, à Mme N J épouse AE la somme de 3 500 euros, à M. G AE la somme de 244,01 euros, à Mme N J épouse AE et M. G AE, en qualité de représentants légaux de leurs enfants mineurs D et C AE la somme de 2 100 euros pour chacun des deux enfants, à Mme M AE la somme de 2 100 euros, à Mme K AE la somme de 2 100 euros, à M. F J la somme de 3 500 euros,
à M. F J et Mme Q V épouse J, en qualité de représentants légaux de leur enfant mineur B J la somme de 2 100 euros, à Mme AO J la somme de 2 100 euros, à Mme AG J la somme de 2 100 euros, à M. G J la somme de 3 500 euros, à Mme W J la somme de 2 100 euros, à M. AM J la somme de 3 500 euros, à M. AM J et Mme P AA épouse J, en qualité de représentants légaux de leurs enfants mineurs L et U J la somme de 2 100 euros pour chacun des deux enfants, à M. AN la somme de 2 100 euros, à M. X J la somme de 3 500 euros, à M. X J et Mme AJ AC, en qualité de représentants légaux de leurs enfants mineurs AL et AK J la somme de 2 100 euros pour chacun des deux enfants, à Mme Y J la somme de 2 100 euros, à M. A J la somme de 2 100 euros, à Mme K J la somme de 6 123,12 euros, à Mme K J et M. Z AI, en qualité de représentants légaux de leur enfant mineur S AI la somme de 2 100 euros, à M. AH AE la somme de 2 100 euros, à M. T J la somme de 10 500 euros, à Mme AF AD la somme de 1 050 euros, à M. T J et Mme AF AD, en qualité de représentants légaux de leurs enfants mineurs E et U J la somme de 3 500 euros pour chacun des deux enfants, à M. T J en qualité d'administrateur légal de H J la somme de 3 500 euros.
Sur les intérêts et leur capitalisation :
17. Les requérants ont droit aux intérêts au taux légal correspondant aux sommes mises à la charge du CHU Amiens-Picardie en réparation de leurs préjudices à compter du 26 janvier 2022, date de réception de la demande préalable indemnitaire.
18. La capitalisation des intérêts a été demandée le 23 mai 2022. Il y a lieu de faire droit à cette demande à compter du 26 janvier 2023, date à laquelle était due, pour la première fois, une année d'intérêts, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date.
Sur les conclusions tendant à ce que soit prononcée l'exécution provisoire du présent jugement :
19. Les jugements sont, conformément au principe rappelé à l'article L. 11 du code de justice administrative, exécutoires de plein droit. Les conclusions présentées par les requérants tendant à ce que soit prononcée l'exécution provisoire du présent jugement sont, dès lors, dépourvues d'objet et, comme telles, irrecevables.
Sur les dépens :
20. Il y a lieu de mettre les frais de l'expertise ordonnée le 16 septembre 2019, qui ont été liquidés et taxés à la somme de 4 160 euros par ordonnances nos 1900890 du 6 novembre 2020 de la présidente du tribunal administratif d'Amiens, à la charge définitive du CHU Amiens-Picardie.
Sur les frais exposés et non compris dans les dépens :
21. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du CHU Amiens-Picardie une somme globale de 1 500 euros au titre des frais exposés par les requérants et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1 er : Le CHU Amiens-Picardie est condamné à verser à Mme R J la somme de 3 500 euros en réparation des préjudices subis, avec intérêts au taux légal à compter du 26 janvier 2022. Les intérêts échus à la date du 26 janvier 2023 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 2 : Le CHU Amiens-Picardie est condamné à verser à M. I J la somme de 2 100 euros en réparation des préjudices subis, avec intérêts au taux légal à compter du 26 janvier 2022. Les intérêts échus à la date du 26 janvier 2023 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 3 : Le CHU Amiens-Picardie est condamné à verser à M. O J la somme de 2 100 euros en réparation des préjudices subis, avec intérêts au taux légal à compter du 26 janvier 2022. Les intérêts échus à la date du 26 janvier 2023 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 4 : Le CHU Amiens-Picardie est condamné à verser à Mme N J épouse AE la somme de 3 500 euros en réparation des préjudices subis, avec intérêts au taux légal à compter du 26 janvier 2022. Les intérêts échus à la date du 26 janvier 2023 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 5 : Le CHU Amiens-Picardie est condamné à verser à Mme N J épouse AE et M. G AE, en qualité de représentants légaux de leurs enfants mineurs D et C AE la somme de 2 100 euros pour chacun des deux enfants en réparation des préjudices subis, avec intérêts au taux légal à compter du 26 janvier 2022. Les intérêts échus à la date du 26 janvier 2023 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 6 : Le CHU Amiens-Picardie est condamné à verser à Mme M AE la somme de 2 100 euros en réparation des préjudices subis, avec intérêts au taux légal à compter du 26 janvier 2022. Les intérêts échus à la date du 26 janvier 2023 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 7 : Le CHU Amiens-Picardie est condamné à verser à Mme K AE la somme de 2 100 euros en réparation des préjudices subis, avec intérêts au taux légal à compter du 26 janvier 2022. Les intérêts échus à la date du 26 janvier 2023 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 8 : Le CHU Amiens-Picardie est condamné à verser à M. F J la somme de 3 500 euros en réparation des préjudices subis, avec intérêts au taux légal à compter du 26 janvier 2022. Les intérêts échus à la date du 26 janvier 2023 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 9 : Le CHU Amiens-Picardie est condamné à verser à M. F J et Mme Q V épouse J, en qualité de représentants légaux de leur enfant mineur B J la somme de 2 100 euros en réparation des préjudices subis, avec intérêts au taux légal à compter du 26 janvier 2022. Les intérêts échus à la date du 26 janvier 2023 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 10 : Le CHU Amiens-Picardie est condamné à verser à Mme AO J la somme de 2 100 euros en réparation des préjudices subis, avec intérêts au taux légal à compter du 26 janvier 2022. Les intérêts échus à la date du 26 janvier 2023 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 11 : Le CHU Amiens-Picardie est condamné à verser à Mme AG J la somme de 2 100 euros en réparation des préjudices subis, avec intérêts au taux légal à compter du 26 janvier 2022. Les intérêts échus à la date du 26 janvier 2023 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 12 : Le CHU Amiens-Picardie est condamné à verser à M. G J la somme de 3 500 euros en réparation des préjudices subis, avec intérêts au taux légal à compter du 26 janvier 2022. Les intérêts échus à la date du 26 janvier 2023 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 13 : Le CHU Amiens-Picardie est condamné à verser à Mme W J la somme de 2 100 euros en réparation des préjudices subis, avec intérêts au taux légal à compter du 26 janvier 2022. Les intérêts échus à la date du 26 janvier 2023 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 14 : Le CHU Amiens-Picardie est condamné à verser à M. AM J la somme de 3 500 euros en réparation des préjudices subis, avec intérêts au taux légal à compter du 26 janvier 2022. Les intérêts échus à la date du 26 janvier 2023 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 15 : Le CHU Amiens-Picardie est condamné à verser à M. AM J et Mme P AA épouse J, en qualité de représentants légaux de leurs enfants mineurs L et U J la somme de 2 100 euros pour chacun des deux enfants en réparation des préjudices subis, avec intérêts au taux légal à compter du 26 janvier 2022. Les intérêts échus à la date du 26 janvier 2023 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 16 : Le CHU Amiens-Picardie est condamné à verser à M. AN la somme de 2 100 euros en réparation des préjudices subis, avec intérêts au taux légal à compter du 26 janvier 2022. Les intérêts échus à la date du 26 janvier 2023 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 17 : Le CHU Amiens-Picardie est condamné à verser à M. X J la somme de 3 500 euros en réparation des préjudices subis, avec intérêts au taux légal à compter du 26 janvier 2022. Les intérêts échus à la date du 26 janvier 2023 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 18 : Le CHU Amiens-Picardie est condamné à verser à M. X J et Mme AJ AC, en qualité de représentants légaux de leurs enfants mineurs AL et AK J la somme de 2 100 euros pour chacun des deux enfants en réparation des préjudices subis, avec intérêts au taux légal à compter du 26 janvier 2022. Les intérêts échus à la date du 26 janvier 2023 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 19 : Le CHU Amiens-Picardie est condamné à verser à Mme Y J la somme de 2 100 euros en réparation des préjudices subis, avec intérêts au taux légal à compter du 26 janvier 2022. Les intérêts échus à la date du 26 janvier 2023 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 20 : Le CHU Amiens-Picardie est condamné à verser à M. A J la somme de 2 100 euros en réparation des préjudices subis, avec intérêts au taux légal à compter du 26 janvier 2022. Les intérêts échus à la date du 26 janvier 2023 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 21 : Le CHU Amiens-Picardie est condamné à verser à Mme K J la somme de 6 123,12 euros en réparation des préjudices subis, avec intérêts au taux légal à compter du 26 janvier 2022. Les intérêts échus à la date du 26 janvier 2023 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 22 : Le CHU Amiens-Picardie est condamné à verser à Mme K J et M. Z AI, en qualité de représentants légaux de leur enfant mineur S AI la somme de 2 100 euros en réparation des préjudices subis, avec intérêts au taux légal à compter du 26 janvier 2022. Les intérêts échus à la date du 26 janvier 2023 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 23 : Le CHU Amiens-Picardie est condamné à verser à M. AH AE la somme de 2 100 euros en réparation des préjudices subis, avec intérêts au taux légal à compter du 26 janvier 2022. Les intérêts échus à la date du 26 janvier 2023 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 24 : Le CHU Amiens-Picardie est condamné à verser à M. T J la somme de 10 500 euros en réparation des préjudices subis, avec intérêts au taux légal à compter du 26 janvier 2022. Les intérêts échus à la date du 26 janvier 2023 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 25 : Le CHU Amiens-Picardie est condamné à verser à Mme AF AD la somme de 1 050 euros en réparation des préjudices subis, avec intérêts au taux légal à compter du 26 janvier 2022. Les intérêts échus à la date du 26 janvier 2023 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 26 : Le CHU Amiens-Picardie est condamné à verser à M. T J et Mme AF AD, en qualité de représentants légaux de leurs enfants mineurs E et U J la somme de 3 500 euros pour chacun des deux enfants en réparation des préjudices subis, avec intérêts au taux légal à compter du 26 janvier 2022. Les intérêts échus à la date du 26 janvier 2023 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 27 : Le CHU Amiens-Picardie est condamné à verser à M. T J en qualité d'administrateur légal de H J la somme de 3 500 euros en réparation des préjudices subis, avec intérêts au taux légal à compter du 26 janvier 2022. Les intérêts échus à la date du 26 janvier 2023 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 28 : Les dépens, liquidés et taxés à la somme de 4 160 euros sont mis à la charge définitive du CHU Amiens-Picardie.
Article 29 : Le CHU Amiens-Picardie versera une somme globale de 1 500 euros aux consorts J au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 30 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 31 : Le présent jugement sera notifié à Mme K J, au centre hospitalier universitaire Amiens-Picardie et à la caisse primaire d'assurance maladie de l'Oise.
Délibéré après l'audience du 8 février 2024, à laquelle siégeaient :
M. Boutou, président,
M. Menet, premier conseiller,
Mme Parisi, conseillère.
Rendu public par mise à disposition le 22 février 2024.
Le rapporteur,
Signé
M. Menet
Le président,
Signé
B. Boutou La greffière,
Signé
A. Ribière
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2201691
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026