jeudi 2 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2201846 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | BIDART-DECLE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 4 juin 2022, 26 septembre 2023, 2 février et 1er mars 2024, M. A B, M. D B, Mme C B, Lilou et Eden B, représentés par Me Bidart-Dècle, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) de condamner le centre hospitalier de Beauvais, ou subsidiairement, le service départemental d'incendie et de secours de l'Oise, à leur verser la somme globale de
944 876,57 euros, assortie des intérêts au taux légal, à compter du 11 mai 2020, date du refus du centre hospitalier de Beauvais de suivre l'avis de la commission de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales, subsidiairement à compter du 28 janvier 2021, date du rejet de leur demande de substitution par l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales, ou, à défaut, à compter de la date d'enregistrement de leur requête ;
2°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Beauvais, ou subsidiairement, du service départemental d'incendie et de secours de l'Oise, la somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- le médecin régulateur du service d'aide médicale urgente (SAMU) de l'Oise rattaché au centre hospitalier de Beauvais a commis une faute en ne déployant pas le véhicule médicalisé relevant des services mobiles d'urgence et de réanimation (SMUR), disponible au départ de Senlis compte-tenu des symptômes de M. A B qui présentait une oppression thoracique irradiant au bras, évocatrice d'un infarctus du myocarde ;
- à titre subsidiaire, le délai anormalement long mis par le service départemental d'incendie et de secours (SDIS) de l'Oise à le prendre en charge à la demande du médecin régulateur est constitutif d'une faute alors qu'en outre, la gravité de l'état de M. B a été sous-estimée par les sapeurs-pompiers présents ;
- le retard de prise en charge qui a résulté des fautes commises, s'il n'a eu aucune incidence sur l'arrêt cardiaque lui-même, a fait perdre à M. B une chance d'éviter les séquelles neurologiques qui ont résulté de l'encéphalopathie post anoxique sévère dont il a été atteint dans les suites de cet arrêt, qui doit être évaluée à 20 % ;
- M. A B a subi des pertes de gains professionnels actuels qui doivent être évaluées à la somme de 15 444 euros ;
- il a supporté des dépenses de santé actuelles d'un montant de 12 euros ;
- il a subi un préjudice lié à la nécessité de recourir à l'assistance d'une tierce personne jusqu'à la consolidation de son état de santé qui peut être évalué à la somme de 12 630 euros ;
- il a subi un déficit fonctionnel temporaire qui peut être évalué à la somme de
3 267 euros ;
- il a subi un préjudice lié aux souffrances endurées qui peut être évalué à la somme de 5 000 euros ;
- il a subi un préjudice esthétique temporaire qui peut être évalué à la somme de
400 euros ;
- il subit des pertes de gains professionnels futurs qui peuvent être évaluées à la somme de 36 820 euros, s'agissant des arrérages échus en janvier 2024, et à la somme de 414 262 euros, s'agissant des arrérages à échoir ;
- il subit un préjudice lié à l'incidence professionnelle de son dommage qui peut être évalué à la somme de 287 849 euros ;
- il subit un préjudice lié à la nécessité de recourir à l'assistance d'une tierce personne après consolidation de son état de santé qui peut être évalué à la somme de 32 383,08 euros ;
- il subit un préjudice lié à un déficit fonctionnel permanent de 50 % dont 35 % sont liés aux séquelles neurologiques dont il reste atteint, qui peut être évalué à la somme de
14 000 euros ;
- il subit un préjudice d'agrément lié à l'arrêt des compétitions en pêche sportive qui peut être évalué à la somme de 2 000 euros ;
- il subit un préjudice esthétique permanent qui peut être évalué à 300 euros ;
- il subit un préjudice d'établissement lié à la rupture d'avec sa compagne et mère de ses enfants qui peut être évalué à la somme de 6 000 euros ;
- M. D B et Mme C B, parents A B, subissent un préjudice d'affection qui peut être évalué à la somme de 6 000 euros chacun ;
- ils subissent un préjudice exceptionnel lié au bouleversement de leurs conditions d'existence qui peut être évalué à la somme de 6 000 euros ;
- ils subissent des pertes de revenus qui peuvent être évalués à la somme de 58 880 euros ;
- ils ont exposé des frais de déplacement qui représentent la somme de 9 379,09 euros ;
- Lilou et Eden B, enfants A B, subissent un préjudice d'affection qui peut être évalué à la somme de 12 000 euros chacun.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 22 mai et 29 septembre 2023 et 12 février et 22 mars 2024, le centre hospitalier de Beauvais, représenté par la SCP Lebègue Derbise, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- le médecin régulateur n'a commis aucune faute de nature à engager sa responsabilité ;
- l'envoi d'un véhicule médicalisé depuis Senlis n'aurait en rien permis une prise en charge plus rapide ou de meilleure qualité que l'envoi d'un véhicule de secours plus proche ;
- alors que seules les séquelles neurologiques conservées par M. A B sont en lien avec les fautes alléguées, il n'est pas établi que la cessation des activités professionnelles de l'intéressé, constatée depuis le dommage, n'aurait pas eu lieu même sans celles-ci dans les suites de l'arrêt cardiaque survenu le 6 juillet 2015.
Par un mémoire, enregistré le 15 septembre 2023, la caisse primaire d'assurance maladie de l'Oise demande au tribunal de condamner le centre hospitalier de Beauvais à lui verser la somme de 694 518,40 euros en remboursement de ses débours et de mettre à la charge de l'établissement l'indemnité forfaitaire de gestion prévue à l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 décembre 2023, le service départemental d'incendie et de secours de l'Oise, représenté par la SELAFA Cabinet Cassel, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge des consorts B en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que ses services n'ont commis aucune faute et qu'à cet égard, ils n'ont pas manqué de célérité alors qu'ils disposaient d'une adresse incomplète.
La requête, les mémoires et les pièces produites dans la présente instance ont été communiquées à la société Pro BTP qui n'a pas produit d'observation.
Par ordonnance du 4 mars 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 25 mars 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pierre,
- les conclusions de M. Beaujard, rapporteur public,
- et les observations de Me Bidart-Dècle, représentant les consorts B, et de
Me Denys, représentant le centre hospitalier de Beauvais.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, alors âgé de 35 ans, a présenté une oppression thoracique irradiant aux bras le 6 juillet 2015. Le médecin régulateur du centre de réception et de régulation des appels du SAMU de l'Oise, rattaché au centre hospitalier de Beauvais, a décidé l'envoi d'un véhicule de secours et d'assistance aux victimes du SDIS de l'Oise. Ce véhicule s'est rendu au domicile de M. B, a procédé à son bilan et l'a conduit, sur consignes du médecin régulateur, aux services des urgences du centre hospitalier de Compiègne-Noyon. A son arrivée, l'intéressé a été victime d'un arrêt cardio-respiratoire récupéré par les équipes médicales de l'établissement. Il en a toutefois gardé des séquelles importantes en lien avec une encéphalopathie post anoxique sévère.
2. Estimant sa prise en charge par le SAMU de l'Oise, et, à titre subsidiaire, par le SDIS de l'Oise, non conforme, il a saisi la commission de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales qui a ordonné une première expertise ayant conclu à l'absence de faute du SAMU de l'Oise. S'estimant insuffisamment informée, la commission a demandé un complément d'expertise qui a mis en lumière la possibilité pour le médecin régulateur d'envoyer un véhicule médicalisé relevant du SMUR, rattaché à Senlis. Si la commission a estimé dans son avis du 10 décembre 2019 que la responsabilité du centre hospitalier de Beauvais était engagée, l'assureur de celui-ci a refusé de formuler une offre d'indemnisation, tout comme l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales, qui ont estimé que la faute n'était pas établie.
3. Par la présente requête, M. B, ses parents et ses deux enfants, demandent la condamnation du centre hospitalier de Beauvais, ou, à titre subsidiaire, du SDIS de l'Oise, à réparer les préjudices qui ont résulté pour eux du dommage subi par M. B.
Sur la responsabilité :
4. Aux termes du I de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. () ".
5. Aux termes des articles L. 6311-1 et L. 6311-2, R. 6311-1 et R. 6311-2 du code de la santé publique, le centre de réception et de régulation des appels du service d'aide médicale urgente rattaché à un établissement public de santé est chargé d'assurer une écoute médicale permanente, de déterminer et déclencher la réponse la mieux adaptée à la nature des appels, de s'assurer de la disponibilité des moyens d'hospitalisation adaptés à l'état du patient, d'organiser si besoin le transport dans un établissement de santé et de veiller à l'admission du patient. Le médecin régulateur du centre 15 est chargé d'évaluer la gravité de la situation et de mobiliser l'ensemble des ressources disponibles (médecins généralistes, SMUR, ambulances, services d'incendie et de secours), en vue d'apporter la réponse la plus appropriée à l'état du patient et de veiller à ce que les soins nécessaires lui soient effectivement délivrés. A cet effet, ce médecin, assisté de permanenciers auxiliaires de régulation médicale qui localisent l'appel et évaluent le caractère médical de la demande, coordonne l'ensemble des moyens mis en œuvre dans le cadre de l'aide médicale urgente, vérifie que les moyens arrivent effectivement dans les délais nécessités par l'état de la personne concernée et assure le suivi des interventions. Enfin, la détermination par le médecin régulateur de la réponse la mieux adaptée se fonde sur trois critères, à savoir l'estimation du degré de gravité avérée ou potentielle de l'atteinte à la personne concernée, l'appréciation du contexte, l'état et les délais d'intervention des ressources disponibles, et dans le meilleur des cas, elle repose sur le dialogue entre le médecin régulateur et la personne concernée, ou, le cas échéant, son entourage.
6. Il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise utilement complété par la retranscription des enregistrements des échanges entre le centre de réception et de régulation des appels du SAMU de l'Oise et le SDIS de l'Oise puis avec le centre hospitalier de Compiègne-Noyon, qu'en dépit des symptômes présentés par M. B et décrits au médecin régulateur, l'hypothèse d'un infarctus du myocarde n'a pas été évoquée par celui-ci.
7. A cet égard, l'ensemble des experts s'étant prononcé sur la situation de M. B, a précisé que, même en présence d'un homme jeune et sans antécédent cardiaque mais présentant un tabagisme actif, comme M. B, l'hypothèse d'un syndrome coronarien aigu aurait dû être retenue en première intention et conduire, dans toute la mesure du possible, à envoyer promptement un véhicule médicalisé auprès de la victime. A cet égard, si le centre hospitalier de Beauvais soutient que l'envoi systématique d'un véhicule du SMUR n'est pas préconisé par le guide de la régulation, il se fonde pour ce faire sur l'hypothèse où n'est pas évoqué un syndrome coronarien aigu alors, qu'ainsi qu'il vient d'être dit, M. B en avait décrit les symptômes.
8. Il résulte également de l'instruction, et particulièrement du second rapport d'expertise qui reproduit les données sur lesquelles il se fonde, qu'au moment de l'appel, un véhicule médicalisé était disponible. Bien que situé à Senlis, soit à 26 minutes de trajet du domicile de M. B, compte-tenu de la gravité de l'état de l'intéressé dont les symptômes évoquaient un syndrome coronarien aigu, il appartenait au médecin régulateur, de déclencher l'envoi de ce véhicule, le cas échéant en plus de l'envoi, plus rapide, d'un véhicule non médicalisé relevant du SDIS de l'Oise, et ce, alors même que l'envoi de ce véhicule aurait momentanément conduit à découvrir le sud-est du département de l'Oise jusqu'au retour d'intervention d'un autre véhicule déjà engagé.
9. Par suite, alors que l'état de santé de M. B a été mal évalué par le médecin régulateur et aurait dû conduire à l'envoi du véhicule médicalisé du SMUR situé à Senlis disponible au moment de l'appel, les consorts B sont fondés à soutenir que la responsabilité du centre hospitalier de Beauvais est engagée à raison de la faute ainsi commise par le SAMU de l'Oise qui lui est rattaché.
10. En revanche, si les consorts B se prévalent également d'une faute du SDIS de l'Oise compte-tenu du délai de prise en charge de M. B, il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'intervention du SDIS, que celui-ci a reçu la demande du médecin régulateur à 22 h 52, a été déclenché à 22 h 57, que le véhicule est parti 23 h 00 pour arriver à
23 h 10 sur place et a transmis son bilan au médecin régulateur à 23 h 22 avant d'évacuer, sur consigne médicale, M. B vers le centre hospitalier de Compiègne-Noyon. Ces délais, en dépit des quelques minutes perdues alors que l'adresse précise de M. B au sein de la rue du bois d'Ageux n'avait pas été communiquée par le SAMU de l'Oise, ne révèle aucun manque de diligence fautif. Par suite, la responsabilité du SDIS de l'Oise ne saurait être engagée et la faute du SAMU de l'Oise pour n'avoir pas correctement indiqué l'adresse de la victime dont il disposait pourtant, n'a eu aucune incidence sur la prise en charge de M. B par les services du SDIS.
Sur la perte de chance :
11. Dans le cas où la faute commise lors de la prise en charge ou le traitement d'un patient dans un établissement public hospitalier a compromis ses chances d'obtenir une amélioration de son état de santé ou d'échapper à son aggravation, le préjudice résultant directement de la faute commise par l'établissement et qui doit être intégralement réparé n'est pas le dommage corporel constaté, mais la perte de chance d'éviter la survenue de ce dommage. La réparation qui incombe à l'hôpital doit alors être évaluée à une fraction du dommage corporel déterminée en fonction de l'ampleur de la chance perdue.
12. En l'espèce, il résulte de l'instruction et notamment du second rapport d'expertise que l'envoi du véhicule du SMUR de Senlis, tout en permettant de poser le diagnostic adéquat plus tôt et d'administrer à M. B un traitement antiagrégant et anticoagulant, n'aurait pu empêcher la survenance de l'arrêt cardiaque de l'intéressé. En revanche, cette médicalisation plus précoce aurait permis, selon les experts, non sérieusement contesté sur ce point par le centre hospitalier de Beauvais au seul motif qu'un traitement intra-hospitalier est de meilleure qualité qu'au sein d'un véhicule du SMUR, que M. B aurait eu une chance plus importante d'éviter les séquelles neurologiques dont il est demeuré atteint par la suite. Les experts ont estimé que la perte de chance associée à l'absence de prise en charge de M. B par le SMUR de Senlis était de 20 %. Il y a lieu de retenir ce taux de perte de chance.
Sur les préjudices :
13. Ainsi qu'il vient d'être dit, les experts ont estimé que seules les séquelles neurologiques du dommage de M. B sont en lien avec la faute du SAMU de l'Oise. A cet égard, s'ils ont procédé à une estimation de la part de ces séquelles au sein du déficit fonctionnel permanent de l'intéressé résultant de l'infarctus du myocarde dont il a été victime, qu'ils ont estimé à 35 % pour un déficit fonctionnel permanent total de 50 %, ils n'ont pas indiqué de même, s'agissant de l'évaluation des autres préjudices de M. B, la part relevant des seules séquelles neurologiques pour lesquelles le taux de perte de chance défini au point 12 est applicable. En l'absence de tout autre élément permettant de procéder à cette évaluation et de déterminer la part des débours de la caisse primaire d'assurance maladie de l'Oise imputables à ces seules séquelles, il y a lieu d'ordonner avant dire droit une expertise sur ces deux points.
D É C I D E :
Article 1er : Il sera, avant de statuer sur la requête des consorts B, procédé à une expertise médicale en présence de M. A B, de M. D B, de Mme C B, du centre hospitalier de Beauvais, de la caisse primaire d'assurance maladie de l'Oise et de la société Pro BTP.
Article 2 : L'expert sera désigné par la présidente du tribunal. Il prendra connaissance des motifs du présent jugement et accomplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il prêtera serment par écrit devant la greffière en chef du tribunal. L'expert déposera son rapport au greffe du tribunal et en notifiera copie aux parties dans le délai fixé par la présidente du tribunal dans sa décision le désignant.
Article 3 : L'expert aura pour mission de :
1°) prendre connaissance de l'ensemble des dossiers médicaux, chirurgicaux et hospitaliers de M. A B, et de tous autres documents utiles ; procéder, s'il le juge utile, à l'examen de M. A B ;
2°) déterminer dans les conditions fixées ci-dessous, la part des préjudices de M. B imputables aux seules séquelles neurologiques qu'il a conservées de l'infarctus du myocarde survenu le 6 juillet 2015, à l'exception de tout état antérieur ou de l'évolution normale ou prévisible de l'infarctus du myocarde en l'absence de séquelles neurologiques ou de toute cause étrangère ou pathologies intercurrentes :
I°) préjudices patrimoniaux :
a) préjudices patrimoniaux temporaires (avant consolidation) : perte de gains professionnels, dépenses de santé, notamment les frais médicaux et pharmaceutiques restés à sa charge, et frais divers ;
b) préjudices patrimoniaux permanents (après consolidation) : perte de gains professionnels futurs, dépenses de santé futures éventuelles et frais divers ;
II°) préjudices extra-patrimoniaux :
a) préjudices extra-patrimoniaux temporaires (avant consolidation) : déficit fonctionnel temporaire, souffrances endurées et préjudice esthétique en les évaluant sur une échelle de 1 à 7 ;
b) préjudices extra-patrimoniaux permanents (après consolidation) : déficit fonctionnel permanent, préjudice d'agrément et préjudice esthétique en les évaluant sur une échelle de 1 à 7, préjudice sexuel ;
3°) de déterminer les débours de la caisse primaire d'assurance maladie imputables aux seules séquelles neurologiques qu'a conservées M. A B de l'infarctus du myocarde survenu le 6 juillet 2015 à l'exception de tout état antérieur ou de l'évolution normale ou prévisible de la pathologie initiale en l'absence de séquelles neurologiques ;
4°) de manière générale, fournir au tribunal tous éléments susceptibles de lui permettre de statuer sur le recours en responsabilité.
Article 4 : Tous droits et moyens des parties sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement sont réservés jusqu'en fin d'instance.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, M. D B,
Mme C B, au centre hospitalier de Beauvais, au service départemental d'incendie et de secours de l'Oise, à la caisse primaire d'assurance maladie de l'Oise et à la société Pro BTP.
Délibéré après l'audience du 8 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. Boutou, président,
Mme Pierre, première conseillère,
M. Menet, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 mai 2024.
La rapporteure,
Signé
A-L Pierre
Le président,
Signé
B. Boutou
La greffière,
Signé
A. Ribière
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et de la prévention en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026