jeudi 2 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2201881 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | AVELIA AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 10 juin 2022 et 25 juillet 2023, M. D C et Mme B A, représentés par Me Bougerol-Rampal, demandent au tribunal :
1°) la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2014 à 2018 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- les propositions de rectification des 17 décembre 2019 et 20 juillet 2020 ne leur ont pas été régulièrement notifiées à leur domicile espagnol ;
- les impositions supplémentaires auxquelles ils ont été assujettis sont infondées alors que l'administration a pris en compte l'ensemble des crédits bancaires de la société " assurance Saint-Georges " et non les seules commissions perçues par elle.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 13 septembre 2022 et 7 août 2023, l'administratrice générale des finances publiques responsable de la direction de contrôle fiscal Nord conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- faute d'avoir joint un des justificatifs prévus au d) de l'article R. 197-3 du livre des procédures fiscales, la requête est irrecevable ;
- les moyens soulevés par M. C et Mme A ne sont pas fondés.
Le tribunal a été informé du décès de Mme B A par le mémoire enregistré le 25 juillet 2023.
Par ordonnance du 28 juillet 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 11 septembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pierre,
- et les conclusions de M. Beaujard, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La société " assurance Saint-Georges ", dont Mme A était gérante et associée, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité et d'un contrôle sur pièces au titre des exercices clos en 2014, 2015, 2016, 2017 et 2018, à l'issue desquels l'administration lui a notifié des rehaussements d'imposition en matière d'impôt sur les sociétés. M. C et Mme A ont, dans les suites de ces contrôles, été destinataires de trois propositions de rectification en date des 17 décembre 2019 et 20 juillet 2020 au titre de revenus réputés distribués par cette société entre 2014 et 2018. Les cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux en résultant ont été mises en recouvrement les 30 novembre et 31 décembre 2020. Par la présente requête, M. C en demande la décharge.
Sur la régularité de la procédure d'imposition :
2. Aux termes de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales : " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation. () ". Lorsque le pli contenant la proposition de rectification, envoyé en recommandé à l'adresse indiquée par le contribuable, est retourné à l'administration fiscale, la preuve que le contribuable a reçu notification régulière des rectifications peut résulter des mentions précises, claires et concordantes portées sur l'enveloppe et l'avis de réception retournés à l'expéditeur ou, à défaut, des attestations de l'administration postale ou de tout autre élément de preuve établissant la délivrance par le préposé du service postal, conformément à la réglementation en vigueur, d'un avis d'instance prévenant le destinataire que le pli est à sa disposition au bureau de poste.
3. Il résulte de l'instruction que les trois propositions de rectification des 17 décembre 2019 et 20 juillet 2020 ont été notifiées par recommandé avec avis de réception à l'adresse 7 VC La volte de l'entonnoir à Gouvieux. Les trois plis litigieux ont toutefois été réexpédiés à l'administration avec la mention " destinataire inconnu à l'adresse ". Si M. C soutient que lui et son épouse résidaient en Espagne à Saragosse depuis 2017 et 2018, il ne résulte d'aucun élément de l'instruction que ce changement d'adresse aurait été communiqué à l'administration. Par suite, la notification faite par elle à la dernière adresse indiquée par les contribuables est régulière. A cet égard, M. C ne saurait soutenir que l'administration fiscale française connaissait sa nouvelle adresse au motif que lui et son épouse ont déclaré des revenus en Espagne auprès des services fiscaux espagnols depuis 2018. De même, la seule circonstance que l'administration ait vainement tenté d'adresser des copies des propositions de rectification à différentes adresses dont une en Espagne, ne saurait établir que celle-ci avait connaissance de l'adresse effective des intéressés. Par suite, M. C n'est pas fondé à soutenir que les propositions de rectification des 17 décembre 2019 et 20 juillet 2020 ne lui ont pas été régulièrement notifiées.
Sur le bien-fondé de l'imposition :
4. D'une part, aux termes de l'article R. 194-1 du livre des procédures fiscales : " Lorsque, ayant donné son accord à la rectification ou s'étant abstenu de répondre dans le délai légal à la proposition de rectification, le contribuable présente cependant une réclamation faisant suite à une procédure contradictoire de rectification, il peut obtenir la décharge ou la réduction de l'imposition, en démontrant son caractère exagéré ". À défaut d'avoir présenté des observations à la suite des propositions de rectification des 17 décembre 2019 et 20 juillet 2020, qui, ainsi qu'il a été dit, sont réputées régulièrement notifiées aux intéressés, la charge de la preuve de l'exagération des impositions en litige pèse sur M. C.
5. D'autre part, aux termes du 1 de l'article 109 du code général des impôts : " Sont considérés comme revenus distribués : / 1° Tous les bénéfices ou produits qui ne sont pas mis en réserve ou incorporés au capital ; () ".
6. En se bornant à soutenir que les bases d'imposition retenues par l'administration pour établir le bénéfice de la société " assurance Saint-Georges " auraient inclus à tort les primes reversées aux compagnies d'assurance pour lesquelles la société avait le rôle d'intermédiaire, au lieu des seules commissions perçues par elle sans aucune autre précision, M. C n'apporte pas la preuve qui lui incombe de l'exagération des revenus réputés distribués par l'administration, alors d'ailleurs, qu'il résulte de l'instruction que la société a détourné des fonds en provenance de deux compagnies d'assurance, ce qu'a admis Mme A dans le cadre d'une audition, engendrant des encaissements nombreux et injustifiés sur le compte de la société qui ne tenait aucune comptabilité.
7. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. C doit être rejetée, y compris, les conclusions présentées en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D C et à l'administratrice générale des finances publiques responsable de la direction de contrôle fiscal Nord.
Délibéré après l'audience du 8 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. Boutou, président,
Mme Pierre, première conseillère,
M. Menet, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 mai 2024.
La rapporteure,
Signé
A-L Pierre
Le président,
Signé
B. Boutou
La greffière,
Signé
A. Ribière
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026