jeudi 19 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2201935 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL CHEYSSON MARCHADIER & ASSOCIES |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête enregistrée, sous le n° 2201935, le 15 juin 2022, l'Union régime obligatoire en prévention santé, représentée par Me Simonnet, demande au tribunal :
1°) d'annuler les titres de perception n° 2004/1110309 et n° 2006/1017948 émis par le groupe hospitalier public du sud de l'Oise les 4 janvier 2005 et 30 mars 2006 ;
2°) de prononcer la décharge de l'obligation de payer la somme de 791,63 euros mise à sa charge par ces titres ;
3°) par voie de conséquence, d'enjoindre au groupe hospitalier public du sud de l'Oise de lui restituer la somme de 552,75 euros ;
4°) de condamner le groupe hospitalier public du sud de l'Oise à lui verser la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les titres de recettes attaqués sont entachés d'un vice de forme dès lors qu'ils ne font pas apparaître les nom, prénom et qualité de leur auteur en méconnaissance du 4° de l'article
L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales et de l'article L. 111-2 du code des relations entre le public et l'administration ;
- en conséquence, la compétence de leur signataire n'est pas établie ;
- la créance sur laquelle porte le titre n° 2006/1017948 n'est pas fondée dès lors qu'elle se rapporte à des soins prodigués en 2006 et que l'agent concerné ne lui a été affilié qu'à compter du 1er janvier 2008 ;
- la créance sur laquelle porte le titre n° 2004/1110309 n'est pas fondée dès lors qu'elle se rapporte à des frais de santé relevant du régime complémentaire de la couverture de santé des fonctionnaires et agents publics qu'elle a cessé d'assurer depuis le 1er janvier 2017.
La requête et les pièces produites dans la présente instance ont été communiquées au groupe hospitalier public du sud de l'Oise et à la trésorerie municipale de Creil qui n'ont pas produit d'observations.
II. Par une requête enregistrée sous le n° 2202880, le 2 septembre 2022, l'Union régime obligatoire en prévention santé, représentée par Me Simonnet, demande au tribunal :
1°) d'annuler les titres de perception n° 2008/1085441, n° 2009/2240069 et
n° 2009/2244995 émis par le groupe hospitalier public du sud de l'Oise les 20 juillet 2008, 19 juillet et 1er août 2009 ;
2°) de prononcer la décharge de l'obligation de payer la somme de 990,40 euros mise à sa charge par ces titres ;
3°) par voie de conséquence, d'enjoindre au groupe hospitalier public du sud de l'Oise de lui restituer la somme de 990,40 euros ;
4°) de condamner le groupe hospitalier public du sud de l'Oise à lui verser la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les titres de recettes attaqués sont entachés d'un vice de forme dès lors qu'ils ne font pas apparaître les nom, prénom et qualité de leur auteur en méconnaissance du 4° de l'article
L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales et de l'article L. 111-2 du code des relations entre le public et l'administration ;
- en conséquence, la compétence de leur signataire n'est pas établie ;
- la créance sur laquelle porte le titre n° 2008/1085441 n'est pas fondée dès lors qu'elle se rapporte à des soins prodigués les 20 juillet et 5 septembre 2008 et que l'agent concerné ne lui était plus affilié à compter du 19 juillet 2008 ;
- les créances sur lesquelles portent les titres n° 2009/2240069 et n° 2009/2244995 ne sont pas fondées dès lors que les agents concernés n'étaient plus affiliés à la date des soins prodigués.
La requête et les pièces produites dans la présente instance ont été communiquées au groupe hospitalier public du sud de l'Oise et à la trésorerie municipale de Creil qui n'ont pas produit d'observations.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales,
- le code des relations entre le public et l'administration,
- le code justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pierre,
- et les conclusions de M. Menet, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La Mutualité fonction publique services (MFPS), devenue Union régime obligatoire en prévention santé (UROPS) est une union de mutuelles qui a assuré, jusqu'au 31 décembre 2016, la gestion des frais de santé du régime complémentaire de la couverture santé des fonctionnaires et agents publics et, jusqu'au 1er mars 2019, celle du régime obligatoire desdits fonctionnaires et agents publics. Elle a fait l'objet de plusieurs saisies administratives à tiers détenteur à l'effet de recouvrer notamment cinq titres de perception émis par le groupe hospitalier public du sud de l'Oise (GHPSO). Après communication de quatre titres exécutoires correspondants, l'UROPS conteste, par la requête n° 2201935, les titres n° 2004/1110309 et
n° 2006/1017948 et, par la requête n° 2202880, les titres n° 2008/1085441, n° 2009/2240069 et n° 2009/2244995 dont elle estime ne pas être redevable.
2. Les requêtes n° 2201935 et n° 2202880 présentées par l'UROPS présentent à juger des questions semblables. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
3. Aux termes de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci. ". Aux termes du 4° de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales : " Quelle que soit sa forme, une ampliation du titre de recettes individuel ou de l'extrait du titre de recettes collectif est adressée au redevable. () En application de l'article L. 111-2 du code des relations entre le public et l'administration, le titre de recettes individuel ou l'extrait du titre de recettes collectif mentionne les nom, prénoms et qualité de la personne qui l'a émis ainsi que les voies et délais de recours. / Seul le bordereau de titres de recettes est signé pour être produit en cas de contestation. ". Il résulte de ces dispositions, d'une part, que le titre de recettes individuel ou l'extrait du titre de recettes collectif adressé au redevable doit mentionner les nom, prénom et qualité de la personne qui l'a émis et, d'autre part, qu'il appartient à l'autorité administrative de justifier en cas de contestation que le bordereau de titre de recettes comporte la signature de l'émetteur.
4. Les titres de perception n° 2006/1017948, n° 2008/1085441, n° 2009/2240069 et
n° 2009/2244995 en litige ne comportent ni le nom, ni le prénom, ni la qualité de leur auteur en méconnaissance des dispositions précitées du code général des collectivités territoriales et le GHPSO n'a d'ailleurs pas produit les extraits de bordereau de titre de recettes, ni même d'autres documents, qui comporteraient ces informations.
5. S'agissant du titre de perception n° 2004/1110309, dont la mise en demeure de payer n° 24215952231 fait état, celui-ci n'a pas été communiqué à l'UROPS en dépit de sa demande réitérée en ce sens auprès de la trésorerie municipale de Creil qui s'est bornée à lui adresser une facture émise le 14 janvier 2022. De même et en dépit de la mesure d'instruction adressée en ce sens, les défendeurs ne l'ont pas produit dans le cadre de la présente instance, de sorte qu'il n'est pas possible de vérifier que ce titre de perception comporte les nom, prénom et qualité de son auteur. Par suite, l'UROPS est fondée à soutenir que sa régularité n'est pas établie.
6. Il résulte de ce qui précède, et pour ce seul motif, que l'UROPS est fondée à demander l'annulation des titres de perception attaqués.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. Le présent jugement, qui prononce l'annulation des cinq titres de perception contestés pour un motif de régularité en la forme, n'implique pas nécessairement, compte tenu de la possibilité d'une régularisation par l'administration, de prononcer la décharge de l'obligation de payer les sommes dues, ni, par voie de conséquence, le remboursement des sommes déjà saisies par le créancier. Les conclusions de la requête présentées en ce sens doivent dès lors être rejetées.
Sur les frais d'instance :
8. Il y a lieu de mettre à la charge du GHPSO la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par l'UROPS et non compris dans les dépens en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : Les titres de perception n° 2004/1110309, n° 2006/1017948, n° 2008/1085441,
n° 2009/2240069 et n° 2009/2244995 émis par le GHPSO à l'encontre de l'UROPS sont annulés.
Article 2 : Le GHPSO versera la somme de 1 500 euros à l'UROPS en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à l'Union régime obligatoire en prévention santé, au groupe hospitalier public du sud de l'Oise et à la trésorerie municipale de Creil.
Délibéré après l'audience du 5 décembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Boutou, président,
Mme Pierre, première conseillère,
M. Le Gars, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 décembre 2024.
La rapporteure,
Signé
A-L Pierre
Le président,
Signé
B. Boutou
La greffière,
Signé
A. Ribière
La République mande et ordonne à la ministre de la santé et de l'accès aux soins en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°s 2201935 et 2202880
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026